Education Nationale : le constat d’une crise multiforme et généralisée

Natacha Gray • 19 février 2018

Nous avons évoqué dans un précédent article (ici) l’affaire du lycée Galliéni de Toulouse. Ces situations, lorsqu’elles éclatent au grand jour, médiatisées soit par des professeurs à bout de nerfs, soit par les élèves eux-mêmes fiers de leurs transgressions multiples (comme la gifle administrée en octobre dernier à une enseignante d’un lycée de Seine-Saint-Denis, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux), provoquent la stupeur et l’indignation dans l’opinion publique. Nombreux sont ceux qui, il y a peu encore, considéreraient les écoles, collèges et lycées comme de véritables sanctuaires préservés des problèmes sociétaux et des comportements inciviques, à l’image de ce qu’ils avaient connu enfants puis adolescents : autant dire qu’ils tombent de haut en découvrant l’ampleur du désastre !

Mais il faut bien savoir que ces scandales qui occupent ponctuellement l’actualité ne sont que la partie émergée et devenue caricaturale d’un iceberg qui fragilise de très nombreux établissements en France qui ne sont pourtant pas tous classés en zone sensible, c’est-à-dire dans les réseaux d’éducation prioritaire (REP). Seuls quelques cas, les plus graves, arrivent à la connaissance du grand public. Mais les insultes, les coups, le harcèlement, les intrusions de personnes extérieures au sein des établissements scolaires, le refus de l’autorité, sont hélas aujourd’hui vécus par de nombreux usagers de l’Éducation nationale. Le mot d’ordre est de ne pas faire de vagues. Alors on s’habitue au pire et la plupart des incivilités, à l’exception des plus graves ou de celles qui débordent sur l’extérieur, se règlent en interne. Il a fallu au lycée Galliéni l’ouverture d’une nouvelle option et l’arrivée concomitante d’une vingtaine de professeurs pour que ces derniers, horrifiés, ouvrent les yeux des anciens qui avaient fini par accepter que le non-droit et la violence fassent ainsi partie de leur quotidien.

Cependant la crise que traverse l’Éducation nationale ne se réduit pas à ces faits divers violents dont les échos parviennent, de façon de plus en plus audible aujourd’hui, au reste de la société. Le mal est infiniment plus profond, silencieux et multiforme comme si les bases de la vénérable institution avaient été rongées insidieusement depuis plusieurs décennies jusqu’à menacer tout l’édifice d’un effondrement inéluctable. Les causes du mal seront évoquées dans un prochain article, celui de ce jour se contentera d’en énumérer les symptômes principaux . Il s’agira juste de montrer que les épisodes du lycée Galliéni ou de la gifle médiatisée ne sont que la partie émergée d’un iceberg qui se fissure de partout .


La remise en cause de l’autorité

Dans ces écoles, collèges, lycées en crise violente, nous assistons aujourd’hui à l’aboutissement d’un long processus de culpabilisation des victimes, de destruction de l’autorité et des bases de notre système éducatif, à l’œuvre depuis des années au mieux dans l’indifférence quasi générale, au pire dans un déni de réalité constant. La seule différence avec un lycée bourgeois de centre-ville c’est que ce refus de toute forme d’autorité et de la hiérarchie, qui s’exprime ici en menaces explicites, souvent mises à exécution (règlements de compte, destructions matérielles, vandalisme sur les véhicules des professeurs) ou en agressions physiques et verbales violentes, se traduit ailleurs, dans les lycées calmes, en bavardages incessants, en refus de travailler et en chahuts récurrents.

Un exemple : obtenir le silence, en l’absence de sanctions (systématiquement contestées et qui doivent s’inscrire dans un règlement intérieur qui les rend de plus en plus difficiles à donner), y compris dans une bonne classe, est devenu quasiment impossible au point que les penseurs de l’École, appelés en interne les « pédagos », dans leur grande créativité et surtout mauvaise foi dès lors que l’expérience met en échec leurs réflexions théoriques, ont dû inventer deux parades successives. S’il y a une vingtaine d’années ces apprentis-sorciers préconisaient auprès des enseignants stagiaires « le silence pédagogique » (l’enseignant se tait jusqu’à ce que les élèves, surpris, fassent silence progressivement à leur tour afin que le cours recommence), certains en sont réduits aujourd’hui dans les instituts de formation des professeurs à vanter les mérites du « bruit pédagogique » (les élèves parlent entre eux dans la classe, s’interrogent et se répondent, se déplacent, en quasi autonomie, ils doivent se sentir comme chez eux, car la classe « ça doit être comme la vie », le professeur veillant juste à ce que le niveau des décibels reste supportable.

Dans les lycées qui font la une de l’actualité, il y a juste que le nivellement des exigences par le bas pour obtenir puis conserver un semblant de paix intérieure et le renoncement aux moyens de faire respecter l’autorité du professeur ou de l’administration ont commencé ici plus tôt qu’ailleurs, compte tenu souvent d’un contexte social et culturel particulier. Il ne fallait pas « stigmatiser » ni « décourager » des élèves venant des quartiers défavorisés, souvent de culture différente à la maison. La dégradation y est donc allée également plus vite, car les établissements scolaires ne sont plus des sanctuaires imperméables à tout ce qui se passe à l’extérieur de leurs enceintes : le trafic, le sexisme, les nouvelles formes de racisme, l’antisémitisme, la remise en cause des codes républicains et des valeurs françaises y entrent, en sortent, y entrent à nouveau, transformant ces anciens « sanctuaires » en zones de non-droit où la violence verbale et physique a remplacé les lois de la République par celles de la jungle. Et cela d’autant plus qu’au tournant des années 2000 les pédagogistes ont promu l’idée de « lycée ouvert » sur son environnement, ce qui supposait des interactions avec l’extérieur (invitations mais aussi sorties hors-les murs) et une architecture particulière pour les établissements qui se construisaient alors (avec des zones publiques, réservées, semi-réservées). En définitive les maux de la société s’y propagent, et réciproquement, dans une dialectique toxique permanente, comme on le voit dans le cas du lycée Galliéni.

S’il fut aisé de détruire un à un les fondements de l’autorité, parce que certains pédagogues pensaient encore qu’il était interdit d’interdire, la restaurer aujourd’hui paraît nettement plus difficile, en particulier parce que les premières générations, à qui l’on a donné tous les droits sans les contraindre à respecter leurs devoirs, sont aujourd’hui sorties du système scolaire et ont « importé » leurs comportements individualistes, leur refus de l’autorité et de toute contrainte, leurs comportements d’anciens « enfants-roi » dans la société tout entière. La plupart des maux dont souffre l’École sont ceux qui minent de nos jours la société tout entière.


La génération « j’ai le droit »

Car nous assistons bel et bien presque partout, à l’exception d’établissements qui prônent encore l’excellence et l’élitisme républicain et qui sont d’ailleurs pris d’assaut par les familles qui ont les moyens de contourner la carte scolaire, à un phénomène d’acculturation, de destruction de nos civilités et de la morale citoyenne, au triomphe de la génération « J’ai le droit » (pour reprendre le titre récent du professeur d’histoire-géographie Barbara Lefebvre [i] ). La démotivation des bons élèves pousse sur le désert culturel qu’on propose au nom d’un égalitarisme niveleur. Il devient de plus en plus difficulté d’enseigner sa matière puisque de nombreux élèves, soutenus par leurs parents, contestent aujourd’hui le contenu des programmes scientifiques ou d’histoire-géographie s’il ne va pas dans le sens de leurs croyances et exigent parfois d’en être dispensés. Parallèlement nous assistons à l’augmentation constante des violences verbales et physiques dont les élèves les plus faibles ont été les premières victimes et qui atteint aujourd’hui les professeurs. L’enseignante giflée évoquée précédemment avait eu comme seul tort aux yeux de ces enfants-rois et petits caïds que d’avoir osé confisquer le portable d’un élève en pleine classe : à ses yeux et ceux de ses camarades, elle n’en avait pas le droit. Tout est prétexte d’une part à contestation (le travail donné à la maison, l’interrogation écrite, une sanction, une conversation interrompue en classe), d’autre part à l’affirmation de ses droits. Encore une fois « la survalorisation du moi » prônée par les pédagogistes en réaction à une éducation traditionnelle jugée peu épanouissante et trop contraignante a forgé des générations revendicatives centrées sur elles-mêmes et sur leurs droits. Le professeur n’a pas le droit de les ennuyer, de les contrarier, de contredire les principes éducatifs et les croyances inculqués à la maison, il ne doit pas contraindre ni punir mais convaincre et tant pis pour lui s’il n’y parvient pas. En revanche certains élèves s’arrogent celui de l’humilier, de le provoquer. De nombreux parents se sont déchargés de leurs responsabilités éducatives sur les « experts » qu’étaient censés être les enseignants. Scène vécue dans une école toulousaine : deux mamans convoquées par la directrice et la maîtresse de leurs enfants (racketteurs, violents, harceleurs), clament à la cantonade en sortant, furieuses : « si les maîtresses ne sont pas capables d’éduquer les gosses, qu’elles changent de métier ».

Mais comment convaincre les familles que l’objet principal de l’École est de transmettre des connaissances et des méthodes, d’émanciper les esprits, quand la secte pédagogiste se répand depuis vingt-cinq ans en interne, et dans les médias séduits par ces nouveaux discours, que l’important ce ne sont pas les connaissances mais « l’estime de soi », « l’élève au centre du système éducatif », « l’apprenant autonome construisant seul son propre savoir » ,que la mission d’un enseignant est « d’éduquer au vivre ensemble » et non pas d’instruire comme au temps du ministère de l’Instruction publique [ii] !

L’entrisme islamiste

Sur ce point les problèmes rencontrés à l’école sont les mêmes que dans la société tout entière. Dans de nombreux établissements, et pas seulement dans les zones sensibles, l’École doit également faire face à la propagande islamiste qui pousse certains élèves à demander le droit de ne pas suivre certains cours qui heurtent leurs croyances ou qui contestent en permanence les enseignements. Il y a quelques mois l’ancien chef d’établissement Bernard Ravet [iii] témoignait du cas du collège marseillais dont il fut le principal, mais, au-delà, libéré du devoir de réserve, de celui de nombreux d’établissements publics où administration et enseignants, totalement démunis, sont confrontés à une véritable guerre de position menée par l’islamisme. Un enseignement parallèle et contradictoire est dispensé dans des écoles coraniques fréquentées par les élèves hors temps scolaire, par des brochures distribuées à la porte des établissements, des surveillants prosélytes, des élèves propagandistes et sexistes, des parents intrusifs. « Depuis plus de dix ans, écrit-il, le fanatisme frappe à la porte de dizaines d’établissements. Il cherche à empiéter sur le territoire physique de la République, centimètre par centimètre, en imposant ses signes et ses normes dans l’espace scolaire, dans les cours de récréation, les cantines, les piscines. Il cherche aussi à envahir les salles de classe. » Et Bernard Ravet de décrire comment, sur de multiples sujets (l’égalité entre les hommes et les femmes, darwinisme, Shoah, astronomie, SVT …), les professeurs sont de plus en plus contestés dans leur enseignement.

Le Livret sur la laïcité distribué aux enseignants en octobre 2015 stipule dangereusement qu’il « faut pouvoir éviter la confrontation ou la comparaison du discours religieux et du savoir scientifique. Dans les disciplines scientifiques (SVT, physique-chimie, etc.), il est essentiel de refuser d’établir une supériorité de l’un sur l’autre comme de les mettre à égalité ». Mais aujourd’hui on n’en est plus là : des élèves contestent les programmes, arguant qu’en cas de différences ou d’oppositions, c’est ce qui est écrit dans le Coran qui fait loi, ou que la charia est supérieure aux lois de la République. Les dispenses de sport abondent chez les jeunes filles voire les enfants musulmanes pour des raisons de « pudeur » souvent justifiées par des certificats médicaux de complaisance. Les relations entre certains garçons et les femmes professeurs (et bien entendu avec leurs camarades filles) dont ils refusent l’autorité et même la proximité physique sont devenues parfois délicates. Parallèlement, antisémitisme et sexisme progressent dans ces établissements grignotés et déstabilisés par les coups de boutoir islamistes.


La multiplication des enseignements parallèles.

Parallèlement il faut également noter l’éclosion d’établissements privés sous et hors contrat. Ces dernières sont majoritairement confessionnelles et musulmanes.


Le privé sous-contrat (environ 13 000 établissements), essentiellement confessionnel et catholique (fin 2015 il n’y avait que 3 écoles musulmanes sous contrat et environ 130 écoles juives) financé en partie et contrôlé par l’État, ne pose pas de problème car il applique des programmes nationaux et emploie des enseignants titulaires d’un concours de recrutement validé et organisé par l’Éducation nationale. Néanmoins son essor actuel est révélateur du malaise : ainsi l’enseignement catholique notamment ne peut-il plus faire face à la demande et a demandé à l’État de revoir les règles de financement (fixées au milieu des années 1980 selon le ratio de l’époque entre élèves inscrits dans le public et dans le privé) pour pouvoir répondre aux innombrables demandes insatisfaites de familles qui ne vont pas tant y chercher un enseignement religieux (en général facultatif et extrêmement discret) mais des valeurs et une instruction, les parents espérant retrouver la paix scolaire, de bonnes conditions d’étude, le respect ou la discipline qui sont trop souvent remises en cause dans le public. D’abord réservé aux classes sociales aisées, ce phénomène a gagné aujourd’hui des classes moyennes et modestes, et cela d’autant plus que le coût de la scolarité est généralement proportionnel aux ressources. Cet essor est un symptôme du désamour et de la rupture de confiance de nombreuses familles avec l’école publique.


Le principal problème est posé par les écoles hors contrat , à 90% musulmanes (et souvent de tendance salafiste), en plein essor : 500 000 enfants sont scolarisés actuellement dans un des 1300 établissements (début 2017) proposant une éducation confessionnelle ou, pour à peine 10% d’entre elles, alternative (méthodes Montessori, Steiner…). La dernière enquête diffusée publiquement datant de 2016, il y en a certainement davantage aujourd’hui : au premier trimestre 2017, pour la seule académie de Versailles, il y avait 40 ouvertures prévues. Un rapport interne y pointait déjà en 2016 « d’inquiétantes dérives dans les écoles inspectées, notamment une faillite éducative bien réelle ». Car ces écoles ne sont pas tenues de suivre les programmes de l'Éducation nationale et leurs professeurs ne sont pas des fonctionnaires, l’État n’y a aucun droit de regard et une simple déclaration d’ouverture suffit. Certes il faut encore trouver le lieu ou le terrain, voire parfois des financements locaux, mais le clientélisme de certains maires y pourvoit malheureusement. Le gouvernement a tenté de mettre fin à cette lacune juridique en exigeant un droit de regard avant l’ouverture, mais le texte a été rejeté par le Conseil d’État l’année dernière. À défaut, de plus en plus de contrôles renforcés sont effectués sur les écoles déjà ouvertes, mais il est rare d’en obtenir la fermeture pour insuffisance pédagogique ou troubles à l'ordre public. Ainsi à Toulouse la justice a-t-elle annulé en août 2017 l’interdiction d’ouverture de l’école coranique Al Badr [iv] , qui avait ému au Rectorat en raison des risques de propagande salafiste. Pire, la plupart des contrôles sont aujourd’hui refusés par les responsables, faisant de ces écoles coraniques des lieux difficilement contrôlables, initialement financés de l’étranger, actuellement plutôt par les Frères musulmans via l’UOIF, comme en témoigne cet article du Figaro (ici) [v] relatant l’inquiétude du gouvernement socialiste dès 2016. Ainsi, les parents qui refusent de scolariser leurs enfants dans un établissement dépendant de l’Éducation nationale en raison de programmes et codes contraires à leur culture et leurs croyances, peuvent-ils éviter que leurs enfants ne soient confrontés au contre-modèle que l’École est censée offrir aux élèves bénéficiant d’une double culture.

Enfin citons, à un échelon d’apprentissage supérieur, l’entrisme islamiste ou de mouvements communautaristes contraires à la tradition universaliste républicaine dans les universités ou dans la formation des enseignants, entorses récurrentes sur lesquelles le Grand Orient de France [vi] alertait explicitement en décembre dernier par une adresse publique au Président de la République et aux parlementaires, citant notamment quelques cas dont certains ont fait l’actualité (comme les stages syndicaux en non-mixité) et rompant avec les vagues invocations républicaines généralement de mise dans ce genre de communiqué.


Depuis une quinzaine d’années, le marché du soutien scolaire privé connaît également un essor spectaculaire, creusant encore les inégalités entre les élèves, alors que le gauchisme de salon qui a longtemps inspiré réformes et programmes prétendait précisément les réduire. Le recours aux cours particuliers, autrefois réservé aux classes aisées s’est étendu aux classes moyennes et même aux ménages les plus modestes. Des entreprises le dominent (Complétude, Acadomia, Bordas, Keepschool …) et tentent de se démarquer de l’enseignement traditionnel (fondé sur le bachotage et la restitution de savoirs) en vantant l’acquisition des savoir-faire et en se présentant comme des « contre-modèles » du système scolaire, profitant ainsi de la détérioration de son image et des inquiétudes parentales. La distance s’accroît entre élèves qui peuvent en bénéficier (occasionnellement, un peu, beaucoup, au tarif étudiant ou avec des professeurs expérimentés) et entre ces derniers et ceux qui n’y ont pas accès.

Presque partout, et pas seulement dans les quartiers défavorisés, on cherche donc à échapper à la baisse des exigences et à la violence scolaire en évitant telle école, tel collège, tel lycée par le privé sous et hors contrat ou par diverses ruses pour contourner la carte scolaire. Les stratégies parentales d'évitement et de complément ne sont pas la cause du problème, comme l'ancienne ministre de l'Éducation le faisait croire par une culpabilisation des familles, elles sont les symptômes les plus manifestes de la détérioration de notre école publique.

Un effondrement du niveau

Une des conséquences en effet de cette situation désastreuse c’est bien évidemment l’effondrement du niveau que soulignent de plus en plus fréquemment des enquêtes internes ou internationales depuis 25 ans, quel que soit le niveau socioprofessionnel des familles.

C’est ainsi que l’étude Pirls (Progress in International Reading Literacy Study) réalisée tous les cinq ans en 50 pays sur des classes de CM1 a révélé en décembre 2017 le faible niveau des écoliers français en matière de lecture et de compréhension . Non seulement notre pays, arrivé en 34e position, régresse dans le classement, mais il passe au-dessous de la moyenne européenne. C’est là sans doute l'échec le plus emblématique de l'école « de la République » qui ne permet même plus à une classe d’âge de sortir du système scolaire en maîtrisant sa propre langue. C’est aussi la faillite la plus grave, car elle conditionne toutes les autres. Les causes, sur lesquelles nous reviendrons dans un prochain article, en sont multiples : des méthodes d’apprentissage que le ministre actuel a annoncé vouloir réformer ; la vacuité dangereuse des idéologies pédagogistes (respecter le « rythme » des élèves, ne jamais contraindre, leur donner le temps, refuser le redoublement, supprimer les devoirs de mécanisation et mémorisation des apprentissages, affirmer que la grammaire vient toute seule, par « l’usage », ce qui témoigne au passage d’un incroyable mépris pour l’intelligence des élèves et leur capacité à progresser par l’effort, en particulier ceux des quartiers difficiles) ; et enfin le recrutement au rabais, faute de vocations, d’enseignants mal formés dont une enquête récente pointait en décembre les graves lacunes en orthographe, grammaire et syntaxe [vii]

Pour ce qui est des sciences, en décembre 2016 l’enquête Pisa (programme international pour le suivi des acquis des élèves) avait testé dans 70 pays le niveau des élèves de 3e en mathématiques, culture scientifique et compréhension de l'écrit : les résultats montraient un recul de quatre points en mathématiques et 40 % d’élèves défavorisés en difficulté (contre 34 % en moyenne ailleurs).

En septembre 2017 une autre enquête Pisa testant le niveau de 3e pour 32 pays pour ce qui est du travail en groupe , révélait que la France était classée 20e sur 32 pays. Un bon tiers des élèves se situait au niveau le plus bas, seuls 6 % des élèves français décrochaient la note maximale.

L’enquête Timss ( Trends in International Mathematics and Science Study ), publiée en novembre 2016 et testant le niveau de CM1 (50 pays) et de terminale scientifique (9 pays) témoignait que la France dans ces disciplines était très en dessous de la moyenne internationale, devancée très largement par plusieurs pays d’Asie, mais également par des pays voisins comme l’Allemagne ou le Portugal. À peine 11 % des élèves français arrivent à se hisser au niveau des meilleurs en mathématiques et sciences. Les résultats de cette étude révélaient également que seul 1 % réussissaient à se classer dans le niveau avancé contre 15 % 1995, 11 % à un niveau élevé contre … 64 % en 95 !

Plus inquiétant encore : la dictée du ministère de l’Éducation nationale sur le niveau CM2 testé en 1987, 2007 et 2015, ce qui permet d’étudier le niveau des élèves sur le temps long et dans un même pays, révélait qu’il y avait bel et bien un déclin important : non seulement les écoliers d’aujourd’hui faisaient 7 fautes de plus que leurs prédécesseurs des années 80, mais la catégorie de ceux qui font « au moins 25 fautes » a bondi de de 5,4 % à 19,8 ! Et pourtant le texte ne présentait aucune difficulté linguistique particulière, les lacunes portaient essentiellement sur des accords simples et sur le respect de la syntaxe.

Évidemment, comme à chaque enquête qui pointe du doigt la dégringolade, on trouve toujours au sein de l’institution quelques obstinés dans le déni pour prétendre que les outils s’appliquent mal à la France, que tel contexte n’était pas comparable à tel autre. Il n’en reste pas moins qu’en ce qui concerne le niveau des écoliers ou des étudiants français les études se suivent et se ressemblent hélas. Toutes pointent le retard de la France par rapport aux meilleurs standards européens.


Des professeurs en souffrance


À la démotivation des élèves, y compris les meilleurs qui ne trouvent plus de sens dans les apprentissages, les programmes déconnectés des besoins réels et les exigences au rabais, répond depuis des années celle des enseignants. Plus que la démotivation, la souffrance ! Le succès inattendu de l’ouvrage paru en août 2017 « Éducation nationale une machine à broyer » d’Isabelle Dignocourt, professeur de français depuis 25 ans, témoigne par l’écho qu’il a reçu en interne d’un titre qui fait mouche.

À l’appui de ce constat, on peut citer par exemple la multiplication inquiétante des démissions constatées par un rapport sénatorial (rapport Carles-Ferrat) en janvier 2017, lesquelles avaient triplé depuis 2012 pour les jeunes enseignants en collège, doublé au lycée. Il en est de même parmi les enseignants titulaires qui sont deux fois plus nombreux en 2017 à démissionner que 6 ans auparavant. Les statistiques des syndicats un an plus tard témoignent non seulement de la poursuite, mais aussi d’une explosion du phénomène. Et encore la tendance est-elle freinée par la difficulté actuelle à pouvoir poser sa démission, celle-ci étant de plus en plus refusée ou retardée en raison des « nécessités du service ».

Les congés maladie pour dépression augmentent et il faut des semaines voire des mois pour obtenir un rendez-vous dans les cellules reconversion des Rectorats. Car les stratégies de reconversion se multiplient, le site « Aide aux Profs » devenu depuis 2016 « Après Prof » dit avoir été contacté depuis sa fondation en 2006 par 13 000 enseignants et les accompagne dans la volonté de changer de carrière (en 2014 une enquête ministérielle montrait que 68% des enseignants envisageaient de quitter la profession). Fort heureusement pour l’institution, les professeurs, fonctionnant en vase clos et peu ouverts sur les réalités économiques de la société, non aidés voire entravés aujourd’hui dans cette volonté de seconde carrière par leur administration, en restent souvent au niveau des intentions.

Non seulement l’Éducation nationale ne retient plus ses enseignants (surtout les jeunes effrayés et découragés par cette confrontation brutale au réel après cinq ans d’études minimum et de nombreux fantasmes sur un métier rêvé), mais elle fait face dans le même temps à une crise profonde du recrutement des professeurs puisque l’on ne parvient plus à remplir les postes offerts aux différents concours de recrutement, faute de candidats ou parce que les jurys, conservant encore quelques exigences de qualité académique refusent bien souvent des candidats dont le niveau est bien en deçà du minimum exigible. Ce sont donc de nombreux contractuels qui comblent les postes vacants, souvent pris sur une licence ou un simple CV. C’est ainsi qu’en plus des candidatures spontanées, il est arrivé que des chefs d’établissements, désespérés d’attendre en vain un enseignant ou un remplaçant que le Rectorat peine à dégoter, recrutent directement via … Le Bon Coin ! On en est là.

Une série d’autres symptômes traduit d’ailleurs en négatif la crise que de l’extérieur le grand public peine peut-être à imaginer : les syndicats dénoncent en effet une tendance de l’administration en 2017 à refuser toute demande de détachement dans le Supérieur aux enseignants du secondaire qui avaient obtenu un poste de PrCe (professeur certifié) ou PrAg (professeur agrégé) dans une université. Les Rectorats émettent un avis négatif sur les demandes de congé formation, refusent les temps partiels, y compris le prolongement de ceux qui déjà avait été obtenu depuis des années, font la sourde oreille devant les démissions posées. Comme toujours, au lieu de réfléchir aux causes, on tente, de façon autoritaire, de mettre la poussière sous le tapis et d’en masquer les symptômes. Augmentant en cela le désespoir d’enseignants qui ne voient plus de porte de sortie et perdent l’estime d’eux-mêmes devant ce manque de considération tout en ruminant leur rancœur contre l’institution.


Devant cette série de constats alarmants qui, pour la première fois, sont enfin reconnus publiquement au plus haut niveau, on comprend les espoirs immenses placés par le corps enseignant, le personnel non enseignant et les parents dans les réformes et mesures à venir. La rénovation de l’École, devant un tel chantier, ne pourra se faire que sur le temps long, loin de toute idéologie et posture politicienne, et dans le climat de confiance réciproque que Jean-Michel Blanquer, qui bénéficie déjà de celle des usagers, a restaurée entre tous les acteurs de terrain et leur ministère de tutelle. Il était temps !


Dans les deux prochains articles, nous nous demanderons comment notre École a pu en arriver là, des responsabilités sociétales au triomphe et aux ravages des théories pédagogistes.



Notes et références

[i]Barbara LEFEVRE, Génération « J’ai le droit », la faillite de notre éducation , Albin Michel, 2018

[ii] Le ministère de l’Instruction publique a pris le nom d’Éducation nationale » sous le gouvernement Herriot en 1932. Depuis certains, comme Jean-Pierre Chevènement (ministre de l’EN de 1984 à 1986) avaient tenté de rappeler que l’objectif premier de l’éducation était d’instruire et de nombreuses voix s’élèvent aujourd’hui pour souhaiter que ce ministère retrouve son nom initial.

[iii] Bernard RAVET, Principal de collège ou imam de la République ? , Edition Kéro, 2017

par Arthur de Watrigant 5 avril 2026
"La loi du milieu" un éditorial d'Arthur de Watrigant dans le dernier numéro de "L'incorrect" https://lincorrect.org/editorial-darthur-de-watrigant-la-loi-du-milieu/ Rachida Dati a perdu, Patrick Cohen jubile sur France Inter. Il n’a pas tort ce lundi 23 mars au matin. Toutes les planètes étaient alignées, des retraits de listes à la réforme du scrutin qui l’inquiétait quelques mois plus tôt, comme nous le révélions dans ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Legrand-Cohen. Mais voilà, la sentence est tombée, l’ex-ministre de la Culture ne siègera pas rue de Rivoli. Pour service rendu (sic), le château de Versailles lui ouvre ses portes, il y a pire comme antichambre pour attendre les procès. Emmanuel Grégoire peut souffler. L’affaire ignoble du réseau pédocriminel dans le périscolaire parisien ne l’a pas affecté. Il annonce l’avenir en grande pompe : toujours plus de HLM, et le paradis des LGBT. La cohabitation s’annonce rock’n’roll. Mais Paris n’est pas la France, et les municipales ne sont pas une élection nationale. Tirer des conclusions pour 2027 s’avère périlleux. En revanche, la carte est limpide. Les grandes métropoles à la gauche et aux progressistes ; le reste aux autres. Le fossé entre les Français et les élites s’agrandit. Bientôt, ils ne se croiseront plus du tout. Il est des pouvoirs d’autant plus sûrs d’eux-mêmes qu’ils ne se reconnaissent plus comme tels. Ils se croient naturels. Ils ne s’imposent pas : ils vont de soi. Depuis longtemps, l’audiovisuel public français exerce ce magistère feutré. Il ne gouverne pas le pays ; il en administre le récit. C’est un sanctuaire moderne qui voit une caste se contempler sous les traits de l’universel. C’est tout le privilège des cléricatures tardives : elles parlent au nom de tous depuis leur nombril. Rien, d’ailleurs, n’est tout à fait caché. Les connivences, les indulgences, les enthousiasmes comme les répulsions composent un paysage si connu qu’il en devient presque invisible. « Avec Patrick, on fait ce qu’il faut pour Dati », affirmait Thomas Legrand pour rassurer les socialistes. Les petites phrases ont parfois cette vertu de condenser un régime. C’est un monde qui a ses rites. Il aime particulièrement les cérémonies funèbres, qui permettent de travestir le bilan en élégie, surtout dès qu’un socialiste tombe. Jack Lang ? « Le plus grand ministre de la Culture de la ve ». Jospin ? « Le meilleur Premier ministre de la ve ». On a la canonisation aussi généreuse que l’excommunication sur France Inter. Mais les 35 heures n’existent pas au Purgatoire. Et puis survient parfois un grain de sable dans cette belle mécanique de l’innocence. Les Rayons et les Ombres, le film magistral de Xavier Giannoli. En choisissant Jean Luchaire pour raconter la collaboration, le cinéaste touche juste : il rappelle que les trahisons ne sont pas l’apanage d’un camp et naissent aussi dans les salons, les rédactions, les consciences raffinées et… à gauche. Soudain, le récit se trouble : quoi, la gauche n’est pas immunisée contre le mal ? Heureusement, des experts volent à la rescousse : l’historien Laurent Joly – qui, il y a un an, appelait à voter contre le RN en toute neutralité et tentait de liquider Jean-Yves Camus la veille dans Le Monde – est convoqué sur France 5 pour affirmer que « Luchaire est une anomalie ». Ça en fait tout de même un paquet… D’ailleurs quelques villes gagnées par LFI, au Blanc-Mesnil et ailleurs, refoulaient des odeurs d’épuration le jour d’intronisation des nouveaux maires. Certains avaient prévenu, mais par crainte de guerre civile, on a préféré leur agrafer une étiquette de facho sur la tronche. La paix vaut bien tous les renoncements. S’il y en a un qui ne renonce pas, c’est bien Charles Alloncle. Le jeune député et rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public s’apprête à rendre ses conclusions. Elles ne seront peut-être jamais publiées, et toutes les preuves peuvent disparaître. Il suffit d’un vote. Ses adversaires le savent. Ils ont tout essayé : corruption, menaces, diffamation, des plus hautes sphères du privé jusqu’au perchoir de l’Assemblée. Rien n’y fait, Alloncle ne flanche pas. Il accuse. Le scandale est immense. Tentaculaire. Quant au pluralisme, il fait pâle figure face au système mafieux. Un système qui absout les siens et condamne les autres. Un monde qui se croit encore le centre alors qu’il n’est plus qu’un milieu.
par Maxime Duclos 26 mars 2026
Depuis quelques années, l’Allemagne a engagé un tournant stratégique majeur. Longtemps critiquée pour la faiblesse relative de son effort militaire, elle opère aujourd’hui un réarmement rapide et assumé, notamment au sein de son armée de terre, la Heer. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : un budget de défense passé d’environ 44 milliards d’euros en 2020 à près de 79 milliards en 2025, avec des projections dépassant les 100 milliards si l’on intègre les enveloppes exceptionnelles engagées depuis 2022. Officiellement, cette montée en puissance s’inscrit dans le contexte du conflit russo- ukrainien et dans une volonté de renforcer la sécurité européenne. Cet argument est recevable. L’environnement stratégique s’est dégradé, et il est logique que les États européens cherchent à combler leurs lacunes militaires. L’Allemagne, première puissance économique du continent, ne pouvait durablement rester en retrait. Mais au-delà de cette lecture immédiate, une question demeure : jusqu’où ira ce réarmement, et dans quel but réel s’inscrit-il à long terme ? Les ambitions affichées sont considérables. La modernisation de l’équipement de la Heer, avec une montée en puissance massive des chars Léopard, des véhicules blindés, de l’artillerie, des systèmes antiaériens et des drones, traduit une volonté claire : disposer d’une armée complète, robuste et projetable. L’objectif implicite, parfois évoqué dans certains cercles, de faire de l’armée allemande la première force terrestre d’Europe, marque une rupture stratégique profonde. Certes, l’Allemagne est aujourd’hui un allié, au sein de structures communes comme l’OTAN et l’Union européenne, un allié qui collabore étroitement avec le gouvernement et l’industrie française. Des projets de développement commun sont en cours dans le secteur de la défense et de la BITD (Base industrielle et technologique de défense), notamment le projet SCAF (Système de combat aérien du futur), qui prévoit d’ici 2040 de développer un nouvel avion de chasse destiné à remplacer le Rafale et l’Eurofighter. Le MGCS (Main Ground Combat System) est le futur système de combat terrestre destiné à remplacer les chars Leclerc français et Léopard 2 allemands vers 2040. Le projet MAWS (Maritime Airborne Warfare System) est une coopération lancée par une lettre d’intention franco-allemande en 2018 pour concevoir une capacité européenne de patrouille maritime et de lutte ASM (anti-sous-marine). Mais l’histoire enseigne une réalité simple : les alliances évoluent au gré des intérêts nationaux. Cette histoire européenne ne peut être écartée d’un revers de main. Les conflits passés, de la guerre de 1870 sous Otto von Bismarck et Napoléon III jusqu’aux deux guerres mondiales, ont façonné un équilibre fondé sur la méfiance autant que sur la coopération. Pendant des décennies, cet équilibre s’est traduit non pas par des plafonds juridiques stricts, mais par une forme de retenue politique et stratégique propre à l’Allemagne. Sans être formalisées comme après 1945, certaines limites existaient de facto : sous- investissement militaire, armée réduite et culture de réserve héritée de l’histoire. Le tournant opéré depuis 2022 marque une rupture : sous l’effet du conflit russo-ukrainien, ces freins politiques et historiques ont été levés, ouvrant la voie à un réarmement rapide et massif, notamment à travers un fonds exceptionnel de 100 milliards d’euros. C’est ici que doit s’exprimer une position claire. Oui, l’Allemagne a le droit d’assurer sa défense et de participer à la sécurité du continent. Mais elle ne peut pas être considérée comme un État militaire « comme les autres ». Son histoire militaire au XXe siècle, marquée par deux conflits mondiaux majeurs et des dizaines de millions de morts, impose une responsabilité particulière. Je pense en particulier aux propos de Monsieur Thierry Berthier, enseignant-chercheur au Centre de recherche Saint-Cyr et directeur scientifique de la Fédération professionnelle européenne des drones de sécurité. Sa recommandation pose question : « L’Allemagne pourrait s’engager à son tour dans le développement de sa propre dissuasion nucléaire, avec un soutien technologique franco-britannique. » Bien entendu, cette phrase vient compléter une analyse plus large sur le réarmement de l’Europe. Mais de tels propos peuvent inquiéter. Sommes-nous aujourd’hui réellement prêts, nous Européens, mais Français avant tout, à accompagner le développement de la dissuasion nucléaire allemande ? Il est permis d’en douter. Ignorer cette réalité au nom d’une lecture purement contemporaine serait une faute stratégique. Le réarmement allemand ne doit pas être refusé, mais il doit être encadré, transparent et politiquement assumé au niveau européen. Il ne peut se faire sans débat, sans limites et sans vigilance. Car l’histoire montre que les dynamiques de puissance, une fois enclenchées, échappent parfois à ceux qui les initient. Le véritable danger ne réside pas dans le réarmement en lui-même, mais dans l’oubli des leçons de l’histoire et dans l’absence de cadre politique clair. À long terme, ce type de transformation stratégique peut redéfinir les équilibres européens. Et si aujourd’hui personne ne peut sérieusement envisager une confrontation, il serait irresponsable d’écarter toute dérive future par principe. La lucidité impose donc une ligne simple : coopérer avec l’Allemagne, mais sans naïveté ; accompagner son réarmement, mais en fixant des exigences claires à l’échelle européenne. Car en matière de puissance militaire, l’histoire européenne a déjà montré que les équilibres ne sont jamais définitivement acquis.
par Renaud Girard dans FigaroVox 25 mars 2026
Une tribune très instructive de Renaud Girard dans FigaroVox sur l'Iran: https://www.lefigaro.fr/vox/monde/renaud-girard-les-trois-erreurs-strategiques-de-la-theocratie-iranienne-20260303 CHRONIQUE - En bombardant les pétromonarchies du Golfe, les ayatollahs ont ajouté à leur idéologie obscurantiste une imbécillité stratégique. Au pouvoir à Téhéran depuis 47 ans, la théocratie chiite iranienne n’a jamais paru aussi faible. Elle est à la fois contestée de l’intérieur et attaquée de l’extérieur. À découvrir Intérieurement, elle a perdu tout soutien auprès des classes moyennes éduquées, depuis qu’elle a réprimé dans le sang, le 8 janvier 2026, les manifestations populaires contre la vie chère et la mauvaise gestion économique du gouvernement. Passer la publicité Extérieurement, elle est attaquée, depuis le 28 février 2026, par les deux plus grandes puissances militaires présentes au Moyen-Orient, à savoir les États-Unis d’Amérique et Israël. Son chef quasi-sacré, l’ayatollah Khamenei, a été tué, dès le début de la guerre par un missile de Tsahal, qui a montré, une fois de plus, son talent à recueillir des renseignements fiables en territoire ennemi et à y effectuer des frappes précises au mètre près. Trump s’est montré habile quand il a promis l’immunité aux gardiens de la révolution s’ils déposaient leurs armes Les Américains et les Israéliens n’ont pas caché que leur guerre visait à obtenir un changement de régime. Y parviendront-ils ? Cela dépendra de leur volonté ou non de prendre des risques supplémentaires, y compris sous la forme de commandos de forces spéciales à terre. Mais, à Washington comme à Jérusalem, on sait qu’une situation aussi favorable ne se reproduira pas en Iran avant très longtemps. C’est le moment ou jamais pour renverser le gouvernement islamique à Téhéran. Trump s’est montré habile quand il a promis l’immunité aux gardiens de la révolution s’ils déposaient leurs armes. Le problème le plus difficile aujourd’hui est celui du choix d’un bon pouvoir de transition pour remplacer celui des ayatollahs. Les Américains ont-ils en tête une personnalité iranienne qui pourrait jouer le rôle que joue la nouvelle présidente Delcy Rodriguez au Venezuela ? Sont-ils prêts à présider une transformation encore plus profonde des institutions iraniennes ? Songent-ils à confier la gestion des affaires courantes à l’armée régulière iranienne ? La question du pouvoir de transition à Téhéran devrait préoccuper la Maison-Blanche bien davantage que le gouvernement de Jérusalem. Benyamin Netanyahou a déjà eu son succès, en décapitant un régime qui affirmait publiquement vouloir « effacer Israël de la carte » du Moyen-Orient. Pour Donald Trump, l’affaire est plus compliquée. Il faut qu’il obtienne, à l’issue de son expédition militaire, un Iran à la fois stable et aligné sur les intérêts américains. Si tel n’était pas le cas, le 47e président des États-Unis aborderait l’automne et la campagne pour les élections de mi-mandat du 3 novembre 2026 dans les pires conditions. Car le Parti démocrate se ferait fort de le traiter de parjure, lui qui avait solennellement promis aux électeurs américains qu’il ne commencerait jamais de guerre. À lire aussi Attaque en Iran : le régime des mollahs s’active pour organiser la succession et contredire le scénario de son effondrement Trump s’est engagé dans une très grosse partie de poker internationale. Force est de constater qu’elle a bien commencé pour lui. Mais elle est loin d’être terminée. Un gros joueur ne peut se juger que sur ses gains, lorsqu’il est dans l’avion qui décolle de Las Vegas. Trump n’est pas encore dans cette situation. C’est maintenant qu’il devra jouer très finement, en surfant sur son avantage. La théocratie iranienne est dans une situation aux antipodes de celle des gouvernements américain et israélien. Elle est dans un état de grande faiblesse. Elle est proche du point de rupture. Comment en est-elle venue là ? En 2003, elle était pourtant dans une situation solide. Intérieurement, le pouvoir religieux suprême ne s’était pas opposé à l’élection d’un président réformateur, le populaire Mohammad Khatami, élu en 1997, et réélu en 2001. Extérieurement, l’Amérique lui avait fait un cadeau en or en Irak sans le vouloir, en y renversant le pouvoir sunnite de Saddam Hussein, pour le remplacer par un pouvoir chiite proche de Téhéran. Au lieu de profiter intelligemment d’une situation aussi favorable, l’ayatollah Khamenei a commis trois fautes stratégiques lourdes. Au lieu de saisir l’occasion de la difficile Administration américaine de la Mésopotamie pour aider les Américains et se réconcilier avec eux, l’ayatollah Khamenei a été saisi par la démesure. En 2005, son pouvoir s’en prend verbalement à Israël et organise des forums révisionnistes à Téhéran, prétendant que l’Occident a beaucoup exagéré le nombre des victimes de la Shoah, etc. En 2006, par défaut de contrôle de son vassal libanais, Téhéran laisse le Hezbollah attaquer physiquement le territoire israélien internationalement reconnu. La réplique israélienne sera maladroite et inachevée. À lire aussi Frappé au cœur, le régime iranien met le feu au Moyen-Orient La première erreur stratégique fut d’avoir pris de la maladresse pour de la faiblesse. Israël n’est pas un pays faible. C’est une nation riche, industrieuse, très déterminée à se défendre. En menaçant directement Israël, la théocratie iranienne s’est imprudemment attaquée à plus fort qu’elle. Elle a fini par perdre. Lorsque Trump est revenu au pouvoir au début de 2025, elle aurait dû se méfier et faire d’immédiates concessions, comme reconnaître le droit à l’existence d’Israël dans ses frontières de 1966, et renoncer à enrichir l’uranium au-delà de 4 %, qui est le taux requis pour la production d’électricité. La seconde erreur stratégique fut d’avoir privilégié la coûteuse constitution militaro-politique d’un axe chiite au Moyen-Orient (Téhéran-Bagdad-Damas-Beyrouth-Sanaa) à la satisfaction des besoins économiques essentiels d’une population iranienne jeune et en pleine expansion démographique. La puissance d’un pays est une affaire intérieure bien davantage qu’une affaire extérieure. Vous n’êtes jamais puissants si vous avez la population contre vous. La troisième erreur stratégique vient d’être commise. Pourquoi l’Iran s’est-il mis à bombarder les pétromonarchies du Golfe, lesquelles avaient tout fait pour persuader Trump de ne pas se lancer dans la guerre ? N’aurait-il pas été plus intelligent de n’attaquer aucun État sunnite, de concentrer tous ses tirs contre Israël, et de tenter de soulever l’oumma des musulmans contre les « diables » sionistes ? À leur idéologie obscurantiste, les ayatollahs ont ajouté, pour leur perte, leur imbécillité stratégique.
par Maxime Duclos 19 février 2026
Quentin est parti. Il est tombé, fauché par une haine viscérale, celle de l'anti-patriotisme, de l'anti-France. Ce jeune homme que l'on décrit comme pieux, sain, respectable et profondément non-violent. Un casier judiciaire vierge pour seul témoin de son intégrité était l'incarnation même de l'honneur. C’est au nom de ses valeurs les plus hautes qu’il avait choisi de s’engager dans la sécurité du collectif Némésis à Lyon. Un engagement digne, celui de protéger les femmes du fléau des agressions sexuelles et des violences. Il nous a quittés en martyr, et sa perte vient meurtrir une fois de plus une France déjà dépressive. Nos larmes coulent, mêlées de colère et d'une tristesse infinie. Alors, comment rester rationnel face à l'inacceptable ? Comment retrouver la raison quand le cœur hurle ? La réponse est dans la sublimation : nous devons convertir cette douleur en une force qui nous dépasse. Car cette cause, c’est la France. Partout, des rassemblements en son hommage s'organisent, mais ils sont massivement interdits par les préfectures, sous prétexte d'éviter des débordements alimentés par les contre-manifestations d’une extrême-gauche complice, celle de LFI et de ses satellites. Notre combat est juste, il est légitime. Mais pour qu’il soit victorieux, nous ne devons pas céder à la pulsion de la rue interdite. Nous devons rester focalisés sur le seul levier capable de redonner des couleurs à nos villes et nos campagnes : le vote. Votez, mes amis. Jeunes, seniors, retraités : votez pour l'avenir de la France. Votez pour qu'enfin la droite puisse réformer ce système à bout de souffle, pour que la "Justice rouge" soit endiguée, pour que la sécurité redevienne un droit et non un souvenir, et pour que nous cessions enfin de verser des larmes de sang. Leur antifascisme tue. Leur fascisme rouge tue. Mais notre détermination, elle, est immortelle. Restons concentrés, restons stables, et votons. « L'honneur, le bon sens, l'intérêt supérieur de la Patrie, commandent à tous les Français libres de continuer le combat, là où ils seront et comme ils pourront. » Charles De Gaulle Pour Quentin. Pour la France !
par Maxime Duclos 30 janvier 2026
Le monde traverse aujourd'hui un véritable tsunami technologique, une révolution de l’intelligence artificielle qui, sous l’impulsion de l’impérialisme débridé des géants de la Silicon Valley comme NVIDIA, OpenAI ou les projets titanesques d’Elon Musk, est en train de redéfinir les rapports de force mondiaux. Face à cette déferlante qui brutalise l’Europe et nous force enfin à sortir de notre zone de confort léthargique, la France ne doit plus se contenter d’être une simple spectatrice de son propre déclin, mais doit s'affirmer comme une puissance de souveraineté intégrale, riche de son histoire, de ses révolutions et de son génie industriel. Nous possédons une carte maîtresse que le monde entier nous envie et que nos concurrents tentent de copier à prix d'or : notre parc nucléaire civil, socle d'une indépendance énergétique qui doit devenir l’arme de guerre économique absolue pour nos champions nationaux. La survie de fleurons comme Mistral AI ne passera pas par des subventions administratives saupoudrées par une bureaucratie bruxelloise déconnectée des réalités de terrain, mais par un choix stratégique radical et gaullien : offrir à nos infrastructures de calcul et à nos pépites technologiques une alimentation massive de 1 GW de puissance nucléaire stable au coût marginal d’EDF, soit environ 50 €/MWh. Pour mesurer l’abîme stratégique qui nous sépare de la concurrence, il suffit de regarder outre-Atlantique où Microsoft est contraint d'engager des milliards pour ressusciter la centrale de Three Mile Island à un coût estimé à 130 $/MWh ; la France dispose ici d'un avantage comparatif inédit qu’elle doit exploiter pour faire de son territoire le hub mondial de l’IA. Cette énergie souveraine est le carburant indispensable du projet Fluidstack en Essonne, visant à déployer d'ici 2028 à Bruyères-le-Châtel le plus grand cluster d’IA d’Europe, un campus géant capable de rivaliser frontalement avec les infrastructures de Microsoft. Cette excellence technologique n’est pas un cas isolé : elle s’inscrit dans la lignée de nos réussites en matière de Défense, véritable carte maîtresse pour redorer le blason bleu-blanc-rouge. Lorsque l’on parcourt les revues spécialisées comme DSI ou Diplomatie, on comprend que le projet Vortex de Dassault Aviation, ce drone suborbital boosté à l’IA ainsi que le programme SCAF (Système de Combat Aérien du Futur) et les innovations de rupture de Thales et Safran sur l'IA embarquée et la cybersécurité ne sont pas des chimères, mais la preuve que la France reste une nation de premier rang. Cependant, cette puissance de feu industrielle, portée également par MBDA et Naval Group, restera vaine si nous ne mettons pas fin à deux hémorragies distinctes mais également dévastatrices. D'un côté, nous subissons la fuite de nos ingénieurs et de nos cerveaux, qui s’exilent faute de perspectives industrielles audacieuses ou de reconnaissance. De l'autre, nous assistons au départ massif de nos investisseurs et créateurs de richesse, avec 800 millionnaires ayant quitté le territoire l'année dernière, représentant une perte sèche de 4,4 milliards de dollars de capitaux fuyant des surtaxes infernales et un climat fiscal punitif. On ne bâtit pas une puissance mondiale en chassant ceux qui peuvent financer nos licornes de demain. Soutenir nos géants en devenir exige de coupler notre puissance nucléaire à un assouplissement fiscal radical et des incitations massives à l'investissement local. C’est avec cette force de caractère, héritée du Général de Gaulle, que nous devons imposer une stratégie de rupture pour protéger nos talents et nos capitaux, car la technologie, l'énergie et la rigueur budgétaire sont les seules clés pour que la France cesse de se complaire dans un souverainisme nostalgique pour redevenir, enfin, le centre de gravité du futur mondial.
par Lignes Droites 10 janvier 2026
Il fallait bien que cela arrive. Après avoir réglé les questions mineures — crise démocratique, dette publique, cohésion nationale — la République pouvait enfin se consacrer à l’essentiel : la gravure inclusive sur plaque commémorative. Grâce à une décision éclairée, mesurée et courageuse, le juge administratif a solennellement confirmé que l’Histoire de France pouvait désormais être racontée par des formulations inclusives respectueus·e·s des diversités genrées et lexicales. À Paris, les monument·e·s emblématiques accueillent désormais les passant·e·s, les visiteur·se·s, les citoyen·ne·s et les usager·ère·s occasionnel·le·s de l’espace public urbain patrimonial. La Tour Eiffel, ancien symbole phallo-vertical non questionné, reçoit aujourd’hui les regardeur·se·s émerveillé·e·s dans une neutralité syntaxique enfin apaisée. Le fer reste riveté, mais la langue, elle, a été soigneusement déconstruite. Au Musée du Louvre, les œuvre·s exposé·e·s continuent d’être observé·e·s par des public·s pluriel·le·s, tandis que les cartel·s explicatif·ve·s s’emploient à réparer rétroactivement les biais genré·e·s de cinq siècles de création artistiqu·e·s. La Joconde sourit toujours, mais désormais elle sourit à tou·te·s, ce qui, juridiquement, change tout. À Notre-Dame de Paris, les bâtisseur·se·s médiéval·e·s, les artisan·e·s, les restaurateur·rice·s contemporain·e·s et les décideur·se·s politico-administratif·ve·s sont enfin réuni·e·s dans une même phrase, longue, prudente et parfaitement imprononçable. La cathédrale a brûlé, mais la grammaire, elle, a été sauvée. Sous l’Arc de Triomphe, les combattant·e·s mort·e·s pour la Patrie reposent en paix, désormais certain·e·s que leur sacrifice est reconnu dans un cadre lexical respectueux de l’égalité symbolique. Le soldat inconnu demeure inconnu, mais il ou elle ou iel est grammaticalement reconnu·e, ce qui, chacun·e en conviendra, était l’urgence mémorielle de notre temps. Dans les jardins du Luxembourg, les sénateur·rice·s, parlementair·e·s, collaborateur·rice·s, assistant·e·s, promeneur·se·s et joggeur·se·s méditent ensemble sur la neutralité de l’État, assis·e·s sur des chaise·s métalliqu·e·s non genré·e·s. La République respire, rassuré·e par cette décision ferme : le sens n’est pas altéré, seulement l’accès cognitif. Sur les Champs-Élysées, les manifestant·e·s engagé·e·s, les consommateur·rice·s responsable·s, les touriste·s international·e·s et les automobilist·e·s contrarié·e·s circulent dans une harmonie grammaticale fragile mais juridiquement validée. Les plaques commémoratives, patient·e·s, expliquent à chacun·e ce qu’il ou elle ou iel doit comprendre du passé, à condition de réussir à finir la phrase. À Montmartre, le Sacré-Cœur domine la ville et rappelle que la transcendance reste possible, à condition d’être accompagnée d’une note explicative inclusive. À l’Opéra Garnier, les chanteur·se·s, musicien·ne·s, technicien·ne·s et gestionnair·e·s culturel·le·s produisent des œuvres chantées en italien, applaudies en français et commentées en écriture inclusive réglementaire. On nous dira, bien sûr, que rien n’est imposé. Que tout est facultatif. Que personne n’est contraint·e. C’est simplement autorisé, validé, encouragé, gravé, protégé et sanctuarisé par la jurisprudence. Une liberté souple, discrète, institutionnalisée. Ainsi Paris poursuit son œuvre civilisatrice : la pierre demeure, l’Histoire reste inchangée, mais le récit, lui, doit faire preuve de vigilance, d’exemplarité et d’une endurance visuelle certaine. La capitale n’est plus seulement une ville-musée : elle est devenue un manuel de grammaire morale à ciel ouvert. Paris, ville des Lumières, entre définitivement dans l’ère des caractères spéciaux. Et l’on peut désormais l’affirmer sans crainte : la typographie a triomphé là où la réflexion s’est arrêtée.
par Nicole Doro 3 janvier 2026
Une nouvelle agression au couteau, dans le métro parisien, a failli faire 3 nouvelles victimes. L’agresseur ? Comme d’habitude un étranger (malien), comme d’habitude sous OQTF, comme d’habitude déjà condamné pour le même type d’agression... Le triste quotidien aujourd’hui, en France. Mais si ce énième drame a pu se produire, c’est « grâce » (si vous me permettez cette locution...) aux « sages » du Conseil Constitutionnel qui ont, le 7 août dernier et à une voix près, censuré l’allongement de la durée de rétention pour les étrangers jugés dangereux alors que le texte avait été adopté par les députés quelques semaines plus tôt. Cette voix, c’est celle du président, Richard Ferrand, qui a ainsi fait pencher la balance. Mesdemoiselles, à votre sortie de l’hôpital, j’espère que vous vous fendrez d’une lettre de remerciement ! Que voulez-vous Mesdemoiselles, chez les socialistes, l’idéologie est plus forte que tout ! Plus forte que la réalité de notre société, qu’ils refusent de voir, plus forte que la sécurité d’une nation et de ses habitants, dont ils n’ont que faire, plus forte que l’abîme qui s’ouvre sous leurs pieds à chaque nouvelle agression ! Les étrangers, c’est leur ADN aux gens de gauche, fussent-ils délinquants, violeurs, agresseurs, ils sont, comme le disait si bien feu leur gourou Mitterrand « chez eux chez nous ». Et bien moi, petite fille d’immigrés italiens, venus comme tant d’autres trouver du travail en France à l’aube du XXème siècle, ayant pour s’intégrer francisé les prénoms de leurs 8 enfants, n’ayant jamais bénéficie de quelques avantages que ce soit, moi je refuse de voir mon pays sombrer dans un aveuglement dévastateur ! Non, Messieurs les sages, vous ne l’êtes plus ! Vous avez du sang sur les mains. Vous n’avez même plus cette once de bon sens, dont le vieux Descartes disait qu’il était « la chose du monde la mieux partagée » et qui pourtant vous ouvrirait les yeux sur ce qui s’appelle le réel ! Au bord du précipice, vous continuez d’avancer, aveuglés par une idéologie surannée que vous refusez de remettre en question. Béni sera le jour où cette instance suprême que devrait être le Conseil Constitutionnel sera dirigée par de vrai sages, qui placeront la sécurité de la France et des français au-delà de tout. Nicole DORO
par Le Bureau de Lignes Droites 31 3 janvier 2026
Chers amis, Nous vous présentons nos meilleurs vœux de santé, de bonheur et de réussite pour la nouvelle année, à vous-mêmes ainsi qu’à vos proches. L’espoir est bien là malgré la criticité de notre situation ! Notre pays, la France, traverse la situation la plus difficile qu’il ait connue depuis les années trente et quarante: les finances de l’Etat sont hors de contrôle, la sécurité a déserté l’espace public, les frontières ne nous protègent plus, on nous oblige à accueillir les détraqués du monde entier et on s’interdit de les empêcher de nuire, le communautarisme triomphe, le citoyen qui essaie de défendre honnêtement son pays est désavoué au profit de l’immigrant illégal qui prétend détruire notre civilisation, l’hôpital n’est plus en mesure de soigner, l’école n’est plus en mesure d’éduquer. La caste au pouvoir a renversé les valeurs qui ont fondé notre démocratie : l’impunité règne, des privilèges ont été instaurés pour les minorités, l’oisiveté prévaut sur le mérite, les droits surclassent les devoirs, la fureur de la déconstruction et de la haine de soi l’emporte sur l’amour de la patrie et sur le respect pour les générations qui ont fait de la France le superbe pays qu’il est aujourd’hui. Les chars sont envoyés face aux agriculteurs –qui pourtant s’agenouillent devant la Marseillaise- alors que les dealers, les délinquants et les casseurs hurlent publiquement leurs insultes contre la France et, pour les quelques-uns d’entre eux qui sont arrêtés, sont condamnés à des peines dérisoires et libérés le lendemain de leur arrestation. Quatorze ans de progressisme enragé -cinq ans de hollandisme et neuf ans de macronisme- ont fait leur œuvre de destruction. François Hollande a eu la décence de ne pas se présenter à un second mandat à la présidence de la République. Emmanuel Macron aura-t’il à son tour le jugement nécessaire pour mettre fin à la spirale de folie qui engloutit la France, soit en démissionnant, soit en dissolvant l’Assemblée Nationale ? Car l’espoir est là ! Le peuple français, longtemps victime des formateurs d'opinion soixante-huitards qui lui ont imposé l'idéologie diversitaire et permissive pendant près de soixante ans, reprend sa liberté de penser. Le moment arrive où notre peuple portera aux responsabilités des dirigeants respectueux de nos traditions, de ceux qui produisent, de ceux qui nous nourrissent, de ceux qui travaillent, de ceux qui respectent la loi, de ceux qui vivent leur foi dans leur espace privé sans en faire une revendication ni une provocation sociétale permanente. La volonté éclate partout chez notre peuple de rétablir l’ordre et l’autorité, de rendre sa noblesse au mérite, de replacer l’intérêt général au coeur des décisions, de mettre fin à la foire aux privilèges, de reprendre le contrôle de nos finances publiques, de ne plus tolérer l’entrisme religieux ni communautariste. C’est en installant la droite au pouvoir que nous répondrons à ces aspirations. Nous Lignes Droites 31 oeuvrons pour que la droite revienne aux responsabilités – et pour qu’elle s’unisse afin d’y accéder, car si elle en été écartée dans le passé, c’est à cause de son incapacité à s’unir. Les élections municipales de mars 2026 seront la première occasion d’élire des dirigeants de droite et de mettre un terme à cette spirale de folie. Dans chaque commune de Haute-Garonne où cela sera possible, Lignes Droites 31 soutiendra la liste d’union des droites : nous soutiendrons les listes qui sont déjà en préparation à Blagnac, à Launaguet, à Muret, à Tournefeuille et à Toulouse. A mesure que d’autres listes d’union des droites se formeront dans d’autres communes, nous leur apporterons notre aide également. Nous sommes impatients de mener ce combat à vos côtés pour le redressement notre pays ! Bien cordialement, Le Bureau de Lignes Droites 31
par Eric Duprix (Radio Présence) 7 décembre 2025
Nicolas Bonleux était l'invité cette semaine d'Eric Duprix dans l'émission "La mêlée de l'info" sur Radio Présence avec Monique Iborra (ex-députée de la Haute-Garonne) et Julien Klotz, conseiller départemental de la Haute-Garonne. L'émission peut être réécouté en replay ici : https://www.radiopresence.com/emissions/information/regionale/la-melee-de-l-info/article/la-melee-de-l-info-du-05-dec-120177
par Maxime Duclos 25 novembre 2025
Une tribune d'un de nos fidèle adhérents, Maxime Duclos : La situation politique actuelle ressemble à un champ de ruines. Emmanuel Macron, président de la République, se retrouve aujourd’hui au bord du gouffre. Selon les derniers sondages, près de deux Français sur trois souhaitent sa démission. Un président rejeté par une majorité du pays, isolé politiquement, et désormais prisonnier de ses propres manœuvres. Tout remonte à la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024. En activant l’article 12 de la Constitution, Emmanuel Macron pensait reprendre la main, créer une nouvelle dynamique et affaiblir ses opposants. En réalité, il a plongé la France dans une crise démocratique sans précédent. L’Assemblée est devenue ingouvernable, les forces politiques s’entre-déchirent, aucun compromis n’est possible. La majorité relative est devenue synonyme d’impuissance. E. Macron croyait sans doute que l’instabilité pousserait les Français à se lasser des partis d’opposition, à réclamer un retour à l’ordre et à son autorité. Mais le calcul s’est retourné contre lui. Les Français ne croient plus à ses équilibres précaires, ils en ont assez des manœuvres et des discours creux. Le pouvoir s’est vidé de sens, et l’Élysée s’est transformé en forteresse assiégée. L’épisode S. Lecornu en est la parfaite illustration. Lundi 6 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a remis sa démission, conscient qu’il allait droit vers une motion de censure. Dans un réflexe de survie, Emmanuel Macron lui a demandé de rester encore quarante-huit heures, le temps de tenter l’impossible : trouver un accord entre des forces irréconciliables. Une manœuvre de plus pour gagner du temps. Pendant ce temps-là, le pays s’enlise, et le président se tait. Là où il aurait dû parler, rassurer, agir, il reste muet. Autour de lui, le cercle se fissure. Ses plus proches alliés prennent leurs distances. Édouard Philippe l’invite à envisager la démission, Gabriel Attal trace sa route en solo, conscient que le macronisme vit ses dernières heures. Même son propre camp prépare déjà l’après. Ce silence présidentiel est celui d’un homme seul, coupé du réel, persuadé encore d’incarner la solution alors qu’il est devenu le problème. Politiquement, toutes les options sont dans l’impasse. Un Premier ministre de gauche serait immédiatement censuré. Un maintien de S. Lecornu ne ferait que prolonger l’agonie. Les oppositions, qu’elles soient du Rassemblement national ou du Nouveau Front populaire, ont déjà prévenu : aucune confiance, aucune alliance. La dissolution du Parlement, en revanche, apparaît de plus en plus inévitable. Dans ce chaos institutionnel, une certitude émerge. Sans union des droites, rien ne changera. Si les Républicains, si Reconquête, si Identité Liberté, Debout la France etc... persistent dans leur isolement, la responsabilité nous incombera entièrement. Pas à Macron, pas à la gauche, à nous. Marion Maréchal a déjà fait part de sa volonté d’une union des droites, mais tiendra-t-elle parole ? Est-ce un coup de com’ pour remonter dans les sondages et satisfaire la grande majorité de la demande des Français ? L’avenir nous le dira. Les sondages sont clairs : 52% des Français appellent de leurs vœux une coalition conservatrice et patriotique. Chez les électeurs de droite, c’est encore plus massif : 88% des sympathisants RN, 82% des LR, 100% des zemmouristes veulent cette alliance. 100% ! Imaginez : même si E. Zemmour refuse, toute sa base ira voir ailleurs. Mais si par fierté, par calcul personnel ou par peur de perdre un ego, ces partis refusent de suivre l’exemple d’Éric Ciotti qui, lui, a quitté Les Républicains pour bâtir une alliance réelle avec le RN, alors oui : nous serons responsables. Responsables de laisser la Macronie s’accrocher, responsables de laisser la gauche revenir, responsables d’une Assemblée ingouvernable et d’un pays qui s’enlise. À ce jour, le Premier ministre Sébastien Lecornu réussi de peu à se maintenir à son poste, la récente motion de censure ayant échoué pour 18 voix. Le Président le sait, le Parlement également et les Français, bien entendu, s'attendent à la chute du Premier ministre dans les mois à venir ; ce n'est plus qu'une question de temps. L'alliance honteuse, faite de fausses promesses tenues lors du discours de politique générale de Sébastien Lecornu, entre les Socialistes et Les Républicains restera gravée dans l'histoire. Ils devront en assumer les conséquences. Mais cette alliance reste éphémère et fragile : 18 voix manquantes peuvent vite apporter leur soutien à la censure et la faire adopter. S'en suivra, je le pense sincèrement, au minimum une dissolution de l'Assemblée nationale et, si cela arrive, la Droite aura la lourde charge d'être responsable du destin de la France. La Droite ne pourra pas trouver d'excuses : ce ne sera ni la Gauche, ni le Centre qui sera responsable du nombre de sièges que la Droite obtiendra, car tout le monde est conscient que si l'union des droites est fonctionnelle, alors aucune alliance centro-gauchiste ne pourra arrêter ce raz-de-marée populaire et patriote. Dans le chaos actuel et face à l'attente claire des Français, les responsables politique de droite doivent dépasser leurs divergences personnelles et s'unir sans délai, non par intérêt partisan, mais par devoir envers le destin de la France.