Toulouse s’attaque aux incivilités
Le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc a annoncé la création d’une brigade des incivilités. Cette initiative constitue une étape supplémentaire et fort louable dans les efforts soutenus qu’il a entrepris depuis le début de son mandat pour extraire la ville du retard dans lequel elle est plongée en termes de propreté et de sécurité.
Car les incivilités se situent à la rencontre du manque de propreté et de l’insécurité: si elles ne constituent pas en soi des agressions caractérisées avec le but de voler ou de blesser quelqu’un, elles ont tout de même pour résultat, quand ce n’est pas pour objet, de dégrader la qualité de vie de ceux qui en sont victimes. Car ceux qui subissent les incivilités ressentent un recul de leur épanouissement et de leur tranquillité, ainsi que le déclassement de leur cadre de vie. Comme toujours, les victimes les plus touchées sont les plus faibles et les plus modestes d’entre nous.
Nous espérons que la brigade des incivilités, dont le nom résonne de façon particulièrement martiale, ne se bornera pas à verbaliser les actes d’incivisme. Il en est effet des actes d’incivilité qui génèrent un sentiment d’insécurité pire que l’incivisme et qui, de ce fait, ont une contribution supérieure au mal-être de nos concitoyens les plus vulnérables: les jeux de certaines bandes dans le métro qui consistent à empêcher la fermeture des portes des voitures, et donc à retarder des rames entières de passagers aux heures de pointe; la mendicité agressive; les sollicitations explicites et insistantes de vendeurs illégaux, pour ne citer que quelques exemples.
Nous ne méconnaissons pas les difficultés que recèle une telle approche: naviguer en permanence entre le risque de procès d’intention et le traitement de signaux faibles, bien que réels; séparer continuellement le subjectif de l’objectif sur un sujet et dans des circonstances qui sont toujours caractérisés, par définition, par une haute charge émotionnelle; s’obliger sans relâche à une mesure extrême dans l’emploi proportionné de la force, alors même que les personnes verbalisées peuvent avoir des réactions violentes.
Il nous paraît cependant que c’est à travers cette partie la plus exigeante de sa mission que la brigade rendra les services les plus précieux à notre ville. Nous sommes confiants que, là comme ailleurs, le pragmatisme, la justesse de vue et la détermination du maire de Toulouse et de ses équipes feront de cette initiative un succès.










