Qui a peur de l’identité nationale ? #3

Natacha Gray • 8 mars 2018

Identité, identités ? Des régions à l’Europe, en passant évidemment par la France comme nation, les questions dites « identitaires » sont aujourd’hui omniprésentes dans l’actualité, dans les discours, et dans les priorités, revendications ou inquiétudes exprimées par une majorité de citoyens français. Identités régionales, identité nationale, identité européenne s’emboîtent sans nécessairement s’opposer. Plus que jamais les premières s’affirment, la dernière reste encore à construire. Lignes Droites poursuit la réflexion sur ces questions.

Le premier article (à consulter en cliquant ici) a tenté de définir l’identité de la France et de montrer la difficulté à aborder ce sujet sans être accusé de faire le jeu de l’extrême-droite qui en a fait son cheval de bataille principal, ce qui a conduit les autres partis à contourner la question. La seconde partie (à consulter en cliquant ici) s’est attachée à comprendre pourquoi une fraction croissante de la population, bien au-delà de l’électorat du Front national, a le sentiment que l’identité du pays est aujourd’hui menacée, notamment par l’immigration de populations revendiquant une autre culture et ne manifestant plus, pour certaines, l’intention de s’intégrer à la communauté nationale et d’en accepter les lois et ses valeurs. Et cela d’autant moins qu’en face « l’autruisme », qui survalorise l’autre au détriment de soi, a remplacé l’altérité dans les discours d’une certaine gauche et d’une partie de la droite et du centre.

Il s’agit à présent de se demander comment redéfinir, défendre, faire accepter au plus grand nombre les valeurs que nous avons définies en première partie comme inhérentes à l’identité de la France ?

8. Vers des identités multiples et emboîtées ?

Comment refaire un peuple de ce patchwork d’identités multiples qui s’affirment aujourd’hui au travers d’un multiculturalisme qui fait ressembler notre pays davantage au salad bowl (bol de salade dans lequel les différents ingrédients se côtoient mais ne se mélangent pas) qu’au melting pot d’autrefois (le creuset où les différences se fondent), pour reprendre la typologie inventée par les sociologues et démographes américains ? Peut-il y avoir des appartenances multiples qui s’emboîteraient comme des poupées russes sans remettre en cause la solidité du tout ? Peut-on reconnaître les cultures régionales, voire les nationalismes (comme celui des Corses ou les Catalans) qui s’affirment en France comme en Europe sans affaiblir le sentiment d’appartenance à la Nation ? Et les revendications relevant de cultures exogènes, exigeant des exceptions en rupture avec les traditions voire avec les lois françaises, sont-elles compatibles avec la préservation de l’identité de la France ? La solution ne viendrait-elle pas de l’affirmation d’une culture européenne englobant celle de notre pays ? Existe-t-elle seulement et, dans l’affirmative, sur quelles valeurs communes s’est-elle construite et peut-elle être renforcée ?


Attachons-nous d’abord aujourd’hui à l’identité nationale : comment lui redonner du sens et réveiller la fierté et le sentiment d’être Français chez une partie de nos compatriotes ?

Il faut d’abord faire comprendre à nombre de nos concitoyens que l’on peut se sentir français sans pour autant devoir renier les autres appartenances qui fondent l’identité de chaque individu. Le corollaire est qu’en retour personne ne se réduit à une origine ethnique, une religion, un genre, une préférence sexuelle, un militantisme politique ou syndical mais que ce sont toutes ces appartenances croisées qui fondent une identité. La France d’autrefois mêlait d’ailleurs ces appartenances multiples sans que cela ne pose problème à qui que ce soit : on pouvait se définir par son village, de sa région ou pays d’origine, être issu d’une double culture préservée parallèlement, pratiquer une religion dans le cadre d’une communauté de croyants, militer dans un parti politique, adhérer à un syndicat, une association, être membre d’un club de sport et bien évidemment d’une lignée familiale. Et tout cela formait une identité globale tissée d’appartenances multiples qui se complétaient, éventuellement se contredisaient. Et ces individus, différents mais adhérant à des valeurs communes, respectant les mêmes lois, bénéficiant des mêmes droits et soumis aux mêmes devoirs, formaient le peuple français. La France était leur dénominateur commun et la valeur suprême englobante. Ainsi, jusqu’aux années 1990, à l’exception de quelques fondamentalistes, une appartenance religieuse ou ethnique n’était-elle qu’un élément constituant un individu, vécue dans le privé, en famille ou avec d’autres personnes partageant la même foi, des racines que l’on pouvait célébrer par des fêtes spécifiques au sein d’une diaspora par exemple, mais n’était pas un marqueur identitaire principal, voire unique, d’un individu.

Or de nos jours, l’actualité nous montre, au travers des revendications identitaires communautaristes, que de plus en plus d’individus s’enferment dans des appartenances parfois uniques qui ont supplanté le fait de se sentir avant tout Français. Pire, que chez certains, ce communautarisme (principalement ethnique et religieux) se constitue contre nos valeurs (par exemple la non-mixité…) et se brandit de façon ostentatoire ou revancharde comme une arme contre la France. On se dit musulman contre la France islamophobe, «  racisé  » contre la France raciste, stigmatisant la France et les Français, ou d’autres communautés présentes sur notre territoire, et exaltant un sentiment d’appartenance exclusif, agressif et méprisant que l’on prétend dénoncer chez autrui… Ces éructations identitaires provoquent, en retour, d’autres crispations identitaires elles aussi, rassemblant contre les autres et non sur des valeurs positives. On assiste ainsi à la résurgence de propos xénophobes, voire racistes, habilement entretenus par les provocations des extrêmes visant à démontrer ainsi par l’exemple (en généralisant quelques propos ouvertement outranciers) la justesse d’une cause artificiellement construite pour légitimer leur existence et leur action. C’est le cas notamment de certaines associations et d’une fraction de la gauche déboussolée par la perte du vote ouvrier, qui s’est cherché et trouvé dans les années 1980 une nouvelle raison d’être dans la dénonciation d’un racisme supposé des « souchiens » [i] ainsi qu’une oppression des minorités, dont personne ne parlait il y a encore quinze ans. Un des enjeux sera donc prioritairement de répondre à cette victimisation artificiellement construite et encouragée par certains partis et associations, entre autres par des contre-exemples dont les leaders de ces mouvements « racisés » identitaires, souvent universitaires, avocats, syndicalistes, en sont les illustrations vivantes, minorités visibles parfaitement intégrées, ayant bénéficié de l’ascenseur social à la française et de l’éducation gratuite pour tous, sans distinction aucune, invitées sur tous les plateaux des télévisions.

Il faudra dans le même temps recréer ce sentiment d’appartenance à la France, ce qui n’exclut nullement les autres appartenances dont beaucoup devraient retourner dans la sphère privée. Il faut donc réinsuffler des valeurs, du sens, une spiritualité, un héritage à défendre, un projet, tout ce qui renforcerait la fierté d’une appartenance à la France face à la marchandisation du monde, en d’autres termes redonner du sens au fait d’être Français (par naissance ou par acquisition), face également aux « valeurs » et au contre-projet offert par l’islamisme radical (culte des héros et du chef, glorification du collectif, respect, obéissance, discipline, promesse d’un au-delà…).

Cela doit s’enseigner à nouveau dès l’école pour donner envie de participer à l’intelligence ou au génie français. Quelques pistes semblent s’imposer : redonner de l’importance du récit national fortement disloqué et dénaturé par les réformes du programme d’histoire, notamment depuis celle du collège de la précédente ministre de l’Éducation nationale ; réapprendre la maîtrise de notre langue et de son héritage littéraire ; faire respecter, déjà au sein des établissements scolaires où cela s’enseignait autrefois dès le plus jeune âge, les codes et le respect des règles qui fondent la vie en société. À tous les niveaux il s’agit d’impulser un second souffle à une laïcité clarifiée de toutes ses ambiguïtés, de refaire bloc, de retrouver le sens du collectif, l’attachement à une terre, la fierté d’une histoire, à tout ce qui constitue un peuple, de remettre en valeur un patrimoine commun, un ensemble de traditions, de lois, de droits et de libertés, de devoirs aussi, tout un paquetage immatériel dont on peut être fier et pour lequel on peut accepter de s’engager, de se battre. Car comme le soulignait Michel Onfray, personne n’ira mourir pour une télévision ou une machine à laver, symboles d’une société de consommation et d’une mondialisation sans racines.

C’est aussi la mission principale donnée au service national universel que le Président Macron s’est engagé à mettre en place et auquel les Français semblent très favorables même si sa mise en application semble aujourd’hui difficile pour différentes raisons. Il est néanmoins probable que ce ne sont pas les quelques semaines prévues par l’actuel projet de SNU en l’état qui suffiront à resserrer les liens entre les Français et à convaincre les ennemis de nos valeurs de leur bien-fondé, surtout pour des générations qui sont passées par l’École d’aujourd’hui où lesdites valeurs (respect, discipline, humilité, solidarité, sens de l’effort) sont souvent foulées au pied par des jeunes non éduqués, où l’enseignement de ce qui a fait la grandeur de la France (histoire, valeurs, littérature, arts…) a laissé place à un catalogue multiculturaliste où notre pays n’a pas toujours le beau rôle, même lorsque des enseignants tentent encore de transmettre l’esprit civique comme autrefois.


Dans un second temps, cette réaffirmation de l’identité nationale et de la fierté d’y appartenir n’exclut nullement la reconnaissance des identités régionales et des « nationalismes » au sens historique du terme (Corses, Catalans…). Le prochain article reviendra sur ce sujet qui ne sera donc pas évoqué trop longuement ici. Remarquons simplement déjà qu’un peu partout en Europe on assiste à la montée de revendications identitaires à l’échelle régionale : Catalogne, Corse, Écosse, Italie du Nord, Flandre... Cette progression des revendications régionales [ii] tient à plusieurs facteurs qu’il n’est pas l’objet de présenter ici. Mais il faut bien prendre conscience que cette affirmation identitaire à l’échelle infranationale, voire transfrontalière parfois, est déjà une réalité, qu’elle sera durable et ne fera qu’augmenter. Refuser le dialogue ne fera pas disparaître ce phénomène, bien au contraire. Or la puissance d’une nation repose, entre autres éléments essentiels, sur le désir de populations disparates de se réunir sur des valeurs, un héritage et un projet commun.

Les craintes d’un affaiblissement de l’État central en donnant davantage de poids au local existent, et elles sont fondées, mais c’est précisément en refusant d’entendre et de comprendre l’expression de ces identités locales que l’on risque d’aboutir à l’épreuve de force et au risque d’éclatement, comme en Catalogne espagnole. C’est pourquoi le dialogue est plus que jamais nécessaire afin de renforcer le camp autonomiste et éviter une escalade des revendications indépendantistes. Les Corses dont la majorité territoriale nationaliste (autonomistes et indépendantistes) a récemment présenté les revendications identitaires au Président Macron, parfaitement compatibles avec le maintien de l’île dans un cadre républicain, demandent un approfondissement de leur statut spécifique, qui ne l’est plus tant que cela depuis que la révision constitutionnelle de 2003 a institué un statut ex generis pour la Nouvelle-Calédonie, des compétences à la carte pour l’Outremer…

Il faudra sans doute reconnaître ces cultures communautaires, ces usages régionaux, ces spécificités marquées comme on a fini par le faire pour les territoires ultramarins. À ce titre une réflexion est à mener à l’heure où la mondialisation et l’homogénéisation des modes de vie et des paysages poussent, par réflexe, à redécouvrir ses racines en commençant par le local. La solidité du tout dépend de celle de l’adhésion de ses différents éléments : c’est ce que l’on nomme le consensus , qui est, pour les politologues, un des principaux fondements de la puissance d’une nation. Nous l’avons dit, on ne fédère pas durablement contre, mais pour. Et jamais par la contrainte, le mépris, l’indifférence et la table rase de ce qui constitue autrui dans son identité.


Troisièmement, il en est de même pour les communautés ethniques évoluant sur le sol français, déjà longuement évoquées dans le précédent article : rien de les empêche de pratiquer leur religion, de parler leur langue d’origine, de maintenir leurs usages vestimentaires et culinaires, leurs coutumes, dans la sphère privée, comme dans la sphère publique, tant que cela ne heurte pas les usages, lois et codes de la société d’accueil. C’était le cas avant les revendications communautaristes récentes, avant qu’un certain nombre de musulmans (29 %) ne soient convaincus par les propagandistes fondamentalistes que les lois divines (la charia) passent avant les lois de la République comme le montrait une enquête de l’Institut Montaigne en septembre 2016 qui insistait sur cette inquiétante tendance. Avant que la propagande salafiste, originaire des pays du Golfe et autrefois totalement étrangère à l’Islam méditerranéen, ne se répande dans certains quartiers, puis plus largement par voie médiatique et via les réseaux sociaux, il n’y avait pas d’incompatibilité ressentie entre la pratique de l’Islam et l’acceptation des principes républicains, comme le montre la proportion importante (46 %) de musulmans considérés par la même enquête comme parfaitement intégrés et sécularisés, dans le respect des valeurs républicaines et du principe de laïcité.

Aujourd’hui le problème vient de ce que les extrêmes de part et d’autre jouent sur les sentiments identitaires en les radicalisant, faisant croire aux musulmans qu’ils sont rejetés et menacés. Aux manipulations islamistes ont fait écho les discours d’une partie de la gauche, repris avec délectation par les médias, légitimant les revendications communautaristes au nom d’un relativisme culturel, d’une culpabilisation postcoloniale, allant jusqu’à soutenir les « camps décoloniaux », les stages en non-mixité et autres stigmatisations de la France « souchienne ». Nous le voyons avec l’affaire Tarik Ramadan (qui reste une question de droit commun et non un harcèlement anti-musulman comme le vivent une partie des croyants manipulés par la propagande des Frères musulmans), avec celle de Mennel (à qui l’on reproche non le voile comme cela se lit sur les réseaux, mais des propos complotistes et sa proximité avec des associations et personnages clairement en lutte contre les principes républicains), l’affaire Jeanne d’Arc (radicalisant les positions racistes et xénophobes et les procès d’intention qui font le jeu des extrêmes des deux côtés), le sujet est devenu si sensible et le piège si bien conçu que sortir de cette situation ne sera pas simple. Il faudra un effort d’explication qui doit avant tout venir des instances de l’Islam, une fois réformées et réorganisées comme le veut le Président Macron (car elles sont aujourd’hui majoritairement entre les mains des islamistes dits — à tort — « modérés », le courant des Frères Musulmans, dans lequel d’ailleurs une majorité de croyants en France ne se reconnaissent pas) ; davantage de lucidité, de retenue et donc éducation des internautes trop prompts à réagir et à radicaliser leurs positions, ce qui est exactement ce qui est voulu par les ennemis de la République ; nettement plus de sens civique de la part des médias qui donnent si facilement la parole à tous ceux qui cherchent à répéter, à défaut de le prouver, que la France est raciste, que la laïcité ou la démocratie ont fait leur temps, que l’avenir est au multiculturalisme, encourageant la culpabilité d’un côté, les revendications, la victimisation, voire la haine de l’autre…

La propagande islamiste a ainsi réussi en une quinzaine d’années à dresser contre la France une partie de ses enfants, parce que la bien-pensance de gauche et la crainte de voir criminaliser ses propos par la terreur idéologique qu’elle avait réussi à instaurer, via les médias, via le monde éducatif, ont muselé toute critique et laissé prospérer le discours de l’anti-France en toute impunité, faisant passer les dérapages, incivilités, voire même le terrorisme, pour des problèmes strictement économiques alors qu’on se rend compte aujourd’hui qu’il s’agissait aussi, et même avant tout, d’une question religieuse, identitaire et d’une véritable intentionnalité destructrice des valeurs, des principes républicains. Apparemment la réaction contre le communautarisme clivant, tardive, est en route, car beaucoup ont compris, à droite comme à gauche, qu’il n’était plus temps de se cacher derrière les dénis de réalité.


Mais au-delà, et c’est la quatrième et dernière échelle de réflexion, ne faudrait-il pas travailler tous ensemble au sein de l’UE à la définition d’une identité européenne qui engloberait l’identité nationale française ? Et cela pour trois raisons.

La première est le risque de se couper d’autres pays de l’UE, notamment ceux de l’est de l’Europe où les questions identitaires sont posées aujourd’hui sans tabou et où le rapprochement entre États se fait sur cette préoccupation-là. On se souvient de la volonté de la Pologne d’inscrire «  les racines chrétiennes de l’Europe  » dans la Constitution européenne rejetée en 2005 et des clivages qui s’étaient alors dessinés entre pays partenaires ! Partout en Europe on assiste à la progression rapide et parfois même à la victoire électorale de partis, que les médias français qualifient aussitôt d’extrême droite, qui ont fait de la préservation de l’identité nationale leur principal thème de campagne. C’est le cas cette semaine de l’Italie, comme ce le fut en Autriche, en Allemagne et dans les pays de l’est de l’Europe. Les opinions publiques, et la plupart des partis, de droite comme de gauche, soutiennent très massivement des gouvernements élus sur cet axe majeur de leur programme qu’est la préservation de leur identité nationale jugée menacée par l’afflux depuis deux ans de migrants originaires d’Afrique ou du Moyen-Orient, de confession musulmane, dans des proportions qu’il est difficile d’intégrer dans des pays en crise où le taux de chômage et le sentiment de déclassement sont importants, traumatisés de surcroît par une actualité récurrente autour de l’insécurité, d’agressions diverses [notamment dans des incidents impliquant les femmes].

Face à cela, hélas, la seule réponse de l’Union européenne est le déni de réalité et le mépris [qui passe par une catégorisation manichéenne : les peuples ayant « mal » voté sont qualifiés par certains de nazis, fachos, d’extrême-droite, certains appelant même l’Histoire récente à la rescousse pour expliquer la résurgence de tendances profondes] mais aussi la menace, puisque la Commission européenne n’a rien trouvé de mieux que d’engager une action devant la Cour de Justice de l’UE contre la République tchèque, la Pologne et la Hongrie pour leur refus d’accueillir leur quota de migrants fixé contre leur volonté.

Cet aveuglement des instances de Bruxelles risque de coûter cher à la construction européenne. La semaine dernière, le premier ministre de la République tchèque, Andrej Babis, déclarait solennellement devant les députés dans une séance retransmise en direct par la télévision nationale. : «  nous sommes, par principe, contre le fait que qui que ce soit nous dicte qui a le droit de vivre et de travailler dans notre pays  », assurant que le pays n’accueillera aucun migrant dans le cadre des quotas obligatoires de l’UE. Il faisait écho à l’intransigeance de la Hongrie : «  Aucune personne ne sera installée en Hongrie contre le gré du peuple hongrois  » déclarait en septembre dernier le chef de la diplomatie hongroise, Péter Szijjarto.

Les pays de l’Est, malgré des rivalités du passé, se rapprochent donc aujourd’hui dans une vision commune de l’identité européenne et dans le cadre du groupe de Visegrad [République tchèque, Slovaquie, Pologne et Hongrie], tentant de défendre à Bruxelles une autre politique que celle de l’UE : ils prennent acte que leurs peuples refusent les migrations et demandent à remplacer l’accueil par l’assistance matérielle et financière vers les pays générant des flux migratoires tout en renforçant leurs frontières. Ces pays ont d’ailleurs déjà transféré des aides importantes à des pays africains. On voit que l’on est bien loin de la vision manichéenne véhiculée par nos médias et par certains élus, réduisant la réaction nationaliste à une progression d’une « extrême-droite » forcément raciste et égoïste. L’éditorialiste de l’Express, Christian Makarian, le reconnaissait cette semaine dans son commentaire des leçons à tirer des élections italiennes [iii] : «  L’Europe actuelle souligne la plus grande faillite de la sociologie : la rémanence du fait culturel est désormais le facteur fondamental de l’identité européenne . Les opinions publiques ne supportent plus de se voir imposer, dans le désordre et la confusion, une nouvelle société multiculturelle au sujet de laquelle on ne les a pas consultées. Elles remettent en question les partis et les responsables qui en ont décidé ainsi et — plus grave — risquent bientôt de contester les institutions mêmes et les principes qui ont permis de prendre ces décisions  ».

La seconde raison qui inciterait à travailler sur ce qui fonde une identité européenne commune est qu’au niveau interétatique, il faut une « âme » pour redonner du souffle à cette Europe qui convainc les élus, mais nettement moins les populations gagnées par la désillusion, l’euroscepticisme, voire l’europhobie. Le sentiment d’appartenance à une échelle qui dépasse la nation ne se fera pas sur de simples intérêts économiques partagés. La célèbre formule, probablement apocryphe, que l’on attribue à l’un des pères de l’Europe, Jean Monnet : «  si c’était à refaire je commencerais par la culture  », témoigne par son succès de la pertinence de cette intime conviction. Travailler sur l’identité européenne, sur ce qui nous rassemble, c’est forger une identité à cette Union qui apparaît à beaucoup, pour l’instant, comme un simple rassemblement froid de partenaires économiques qui ne sont pas d’accord sur grand-chose.

La troisième raison c’est que l’union fait la force. Parler d’identité européenne, c’est sans doute déjà vaincre les réticences de ceux qui craignent l’enfermement des frontières, les réflexes identitaires exclusifs et xénophobes et qui restent hésitants à se saisir de ce combat. À la réflexion, peu de choses différencient notre identité nationale de celle de nos partenaires européens : notre langue, notre Histoire [bien qu’un certain nombre d’épisodes y ont été partagés avec d’autres] et notre laïcité [qui, dans les faits, se vit généralement de la même manière hors de nos frontières puisqu’il s’agit de garantir la coexistence pacifique des diverses religions]. Pour le reste, démocratie libérale, racines chrétiennes, droits de l’homme et du citoyen, égalité entre hommes et femmes, héritage de l’Humanisme et des Lumières, le substrat est le même et pourrait constituer un socle identitaire solide. «  Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas » prophétisait André Malraux. Il faut donc donner un sens, un enracinement dans l’Histoire, une spiritualité à cette Europe et cela d’autant plus, qu’en face, c’est une autre spiritualité, un autre projet qui vient nous combattre sur notre propre territoire.


En conclusion , il ne faut pas qu’une droite honteuse hésite encore à se réapproprier la défense de l’identité nationale, terrifiée par les anathèmes lancés par une certaine gauche. Le combat pour définir, préserver et faire rayonner l’identité de la France n’appartient à personne. Le Front national s’est saisi de ce thème avant tout le monde, mais il n’en est pas le propriétaire exclusif. Il ne l’a même pas « confisqué » : comme pour le drapeau, Jeanne d’Arc ou la Marseillaise, il n’a fait que ramasser ce dont les autres partis s’étaient peu à peu détournés. Sans doute parce que l’on croyait, à tort, que ces valeurs-là [libertés, égalité des droits, fraternité, responsabilité, respect des règles qui fondent le contrat social, laïcité] étaient si solidement ancrées dans nos pratiques qu’il n’y avait plus besoin d’en parler. Après les attentats, des Français de tous bords se sont réapproprié les symboles de la France [drapeau et hymne national], affirmant également leur appartenance à une culture judéo-chrétienne qui a façonné notre histoire, nos mœurs et nos paysages. Il faut qu’il en soit ainsi de l’identité, qui n’est pas un gros mot et qui ne doit plus servir à stigmatiser, pour le faire taire, celui qui le prononce. Toute réflexion sur l’identité française ne vient pas nécessairement d’une supposée «  fachosphère  ». Ce procès d’intention et ces anathèmes fonctionnent d’ailleurs de moins en moins sur les réseaux et les plateaux de télévision. Mais chez de nombreux hommes et femmes politiques, c’est un peu comme si ce mouvement de fond n’était pas encore perçu. Il serait pourtant dommage de manquer une fois encore ce rendez-vous avec les citoyens, les électeurs, la France et l’Europe.



[i] « Souchien » : terme méprisant (sous-chien) inventé pour désigner les Blancs et utilisé pour la première fois il y a une dizaine d’années par la leader du Parti des Indigènes de la République, Houria Bouteldja. On ne le dénonce habituellement que lorsqu’il est repris par un de ceux qui sont ici visés par ce terme volontairement dégradant.


[ii] Pour éviter la confusion avec l’échelle de la France, on qualifiera ici de « régionales » les revendications nationalistes dans des régions historiquement dotées d’un fort sentiment d’appartenance (Corse, Catalogne) bien qu’il s’agisse ici de peuples (au sens historique et culturel aussi, même si la Constitution leur dénie ce qualificatif) constituant, au sens des démographes et sociologues, de véritables « nations ».


par Maxime Duclos 19 février 2026
Quentin est parti. Il est tombé, fauché par une haine viscérale, celle de l'anti-patriotisme, de l'anti-France. Ce jeune homme que l'on décrit comme pieux, sain, respectable et profondément non-violent. Un casier judiciaire vierge pour seul témoin de son intégrité était l'incarnation même de l'honneur. C’est au nom de ses valeurs les plus hautes qu’il avait choisi de s’engager dans la sécurité du collectif Némésis à Lyon. Un engagement digne, celui de protéger les femmes du fléau des agressions sexuelles et des violences. Il nous a quittés en martyr, et sa perte vient meurtrir une fois de plus une France déjà dépressive. Nos larmes coulent, mêlées de colère et d'une tristesse infinie. Alors, comment rester rationnel face à l'inacceptable ? Comment retrouver la raison quand le cœur hurle ? La réponse est dans la sublimation : nous devons convertir cette douleur en une force qui nous dépasse. Car cette cause, c’est la France. Partout, des rassemblements en son hommage s'organisent, mais ils sont massivement interdits par les préfectures, sous prétexte d'éviter des débordements alimentés par les contre-manifestations d’une extrême-gauche complice, celle de LFI et de ses satellites. Notre combat est juste, il est légitime. Mais pour qu’il soit victorieux, nous ne devons pas céder à la pulsion de la rue interdite. Nous devons rester focalisés sur le seul levier capable de redonner des couleurs à nos villes et nos campagnes : le vote. Votez, mes amis. Jeunes, seniors, retraités : votez pour l'avenir de la France. Votez pour qu'enfin la droite puisse réformer ce système à bout de souffle, pour que la "Justice rouge" soit endiguée, pour que la sécurité redevienne un droit et non un souvenir, et pour que nous cessions enfin de verser des larmes de sang. Leur antifascisme tue. Leur fascisme rouge tue. Mais notre détermination, elle, est immortelle. Restons concentrés, restons stables, et votons. « L'honneur, le bon sens, l'intérêt supérieur de la Patrie, commandent à tous les Français libres de continuer le combat, là où ils seront et comme ils pourront. » Charles De Gaulle Pour Quentin. Pour la France !
par Maxime Duclos 30 janvier 2026
Le monde traverse aujourd'hui un véritable tsunami technologique, une révolution de l’intelligence artificielle qui, sous l’impulsion de l’impérialisme débridé des géants de la Silicon Valley comme NVIDIA, OpenAI ou les projets titanesques d’Elon Musk, est en train de redéfinir les rapports de force mondiaux. Face à cette déferlante qui brutalise l’Europe et nous force enfin à sortir de notre zone de confort léthargique, la France ne doit plus se contenter d’être une simple spectatrice de son propre déclin, mais doit s'affirmer comme une puissance de souveraineté intégrale, riche de son histoire, de ses révolutions et de son génie industriel. Nous possédons une carte maîtresse que le monde entier nous envie et que nos concurrents tentent de copier à prix d'or : notre parc nucléaire civil, socle d'une indépendance énergétique qui doit devenir l’arme de guerre économique absolue pour nos champions nationaux. La survie de fleurons comme Mistral AI ne passera pas par des subventions administratives saupoudrées par une bureaucratie bruxelloise déconnectée des réalités de terrain, mais par un choix stratégique radical et gaullien : offrir à nos infrastructures de calcul et à nos pépites technologiques une alimentation massive de 1 GW de puissance nucléaire stable au coût marginal d’EDF, soit environ 50 €/MWh. Pour mesurer l’abîme stratégique qui nous sépare de la concurrence, il suffit de regarder outre-Atlantique où Microsoft est contraint d'engager des milliards pour ressusciter la centrale de Three Mile Island à un coût estimé à 130 $/MWh ; la France dispose ici d'un avantage comparatif inédit qu’elle doit exploiter pour faire de son territoire le hub mondial de l’IA. Cette énergie souveraine est le carburant indispensable du projet Fluidstack en Essonne, visant à déployer d'ici 2028 à Bruyères-le-Châtel le plus grand cluster d’IA d’Europe, un campus géant capable de rivaliser frontalement avec les infrastructures de Microsoft. Cette excellence technologique n’est pas un cas isolé : elle s’inscrit dans la lignée de nos réussites en matière de Défense, véritable carte maîtresse pour redorer le blason bleu-blanc-rouge. Lorsque l’on parcourt les revues spécialisées comme DSI ou Diplomatie, on comprend que le projet Vortex de Dassault Aviation, ce drone suborbital boosté à l’IA ainsi que le programme SCAF (Système de Combat Aérien du Futur) et les innovations de rupture de Thales et Safran sur l'IA embarquée et la cybersécurité ne sont pas des chimères, mais la preuve que la France reste une nation de premier rang. Cependant, cette puissance de feu industrielle, portée également par MBDA et Naval Group, restera vaine si nous ne mettons pas fin à deux hémorragies distinctes mais également dévastatrices. D'un côté, nous subissons la fuite de nos ingénieurs et de nos cerveaux, qui s’exilent faute de perspectives industrielles audacieuses ou de reconnaissance. De l'autre, nous assistons au départ massif de nos investisseurs et créateurs de richesse, avec 800 millionnaires ayant quitté le territoire l'année dernière, représentant une perte sèche de 4,4 milliards de dollars de capitaux fuyant des surtaxes infernales et un climat fiscal punitif. On ne bâtit pas une puissance mondiale en chassant ceux qui peuvent financer nos licornes de demain. Soutenir nos géants en devenir exige de coupler notre puissance nucléaire à un assouplissement fiscal radical et des incitations massives à l'investissement local. C’est avec cette force de caractère, héritée du Général de Gaulle, que nous devons imposer une stratégie de rupture pour protéger nos talents et nos capitaux, car la technologie, l'énergie et la rigueur budgétaire sont les seules clés pour que la France cesse de se complaire dans un souverainisme nostalgique pour redevenir, enfin, le centre de gravité du futur mondial.
par Lignes Droites 10 janvier 2026
Il fallait bien que cela arrive. Après avoir réglé les questions mineures — crise démocratique, dette publique, cohésion nationale — la République pouvait enfin se consacrer à l’essentiel : la gravure inclusive sur plaque commémorative. Grâce à une décision éclairée, mesurée et courageuse, le juge administratif a solennellement confirmé que l’Histoire de France pouvait désormais être racontée par des formulations inclusives respectueus·e·s des diversités genrées et lexicales. À Paris, les monument·e·s emblématiques accueillent désormais les passant·e·s, les visiteur·se·s, les citoyen·ne·s et les usager·ère·s occasionnel·le·s de l’espace public urbain patrimonial. La Tour Eiffel, ancien symbole phallo-vertical non questionné, reçoit aujourd’hui les regardeur·se·s émerveillé·e·s dans une neutralité syntaxique enfin apaisée. Le fer reste riveté, mais la langue, elle, a été soigneusement déconstruite. Au Musée du Louvre, les œuvre·s exposé·e·s continuent d’être observé·e·s par des public·s pluriel·le·s, tandis que les cartel·s explicatif·ve·s s’emploient à réparer rétroactivement les biais genré·e·s de cinq siècles de création artistiqu·e·s. La Joconde sourit toujours, mais désormais elle sourit à tou·te·s, ce qui, juridiquement, change tout. À Notre-Dame de Paris, les bâtisseur·se·s médiéval·e·s, les artisan·e·s, les restaurateur·rice·s contemporain·e·s et les décideur·se·s politico-administratif·ve·s sont enfin réuni·e·s dans une même phrase, longue, prudente et parfaitement imprononçable. La cathédrale a brûlé, mais la grammaire, elle, a été sauvée. Sous l’Arc de Triomphe, les combattant·e·s mort·e·s pour la Patrie reposent en paix, désormais certain·e·s que leur sacrifice est reconnu dans un cadre lexical respectueux de l’égalité symbolique. Le soldat inconnu demeure inconnu, mais il ou elle ou iel est grammaticalement reconnu·e, ce qui, chacun·e en conviendra, était l’urgence mémorielle de notre temps. Dans les jardins du Luxembourg, les sénateur·rice·s, parlementair·e·s, collaborateur·rice·s, assistant·e·s, promeneur·se·s et joggeur·se·s méditent ensemble sur la neutralité de l’État, assis·e·s sur des chaise·s métalliqu·e·s non genré·e·s. La République respire, rassuré·e par cette décision ferme : le sens n’est pas altéré, seulement l’accès cognitif. Sur les Champs-Élysées, les manifestant·e·s engagé·e·s, les consommateur·rice·s responsable·s, les touriste·s international·e·s et les automobilist·e·s contrarié·e·s circulent dans une harmonie grammaticale fragile mais juridiquement validée. Les plaques commémoratives, patient·e·s, expliquent à chacun·e ce qu’il ou elle ou iel doit comprendre du passé, à condition de réussir à finir la phrase. À Montmartre, le Sacré-Cœur domine la ville et rappelle que la transcendance reste possible, à condition d’être accompagnée d’une note explicative inclusive. À l’Opéra Garnier, les chanteur·se·s, musicien·ne·s, technicien·ne·s et gestionnair·e·s culturel·le·s produisent des œuvres chantées en italien, applaudies en français et commentées en écriture inclusive réglementaire. On nous dira, bien sûr, que rien n’est imposé. Que tout est facultatif. Que personne n’est contraint·e. C’est simplement autorisé, validé, encouragé, gravé, protégé et sanctuarisé par la jurisprudence. Une liberté souple, discrète, institutionnalisée. Ainsi Paris poursuit son œuvre civilisatrice : la pierre demeure, l’Histoire reste inchangée, mais le récit, lui, doit faire preuve de vigilance, d’exemplarité et d’une endurance visuelle certaine. La capitale n’est plus seulement une ville-musée : elle est devenue un manuel de grammaire morale à ciel ouvert. Paris, ville des Lumières, entre définitivement dans l’ère des caractères spéciaux. Et l’on peut désormais l’affirmer sans crainte : la typographie a triomphé là où la réflexion s’est arrêtée.
par Nicole Doro 3 janvier 2026
Une nouvelle agression au couteau, dans le métro parisien, a failli faire 3 nouvelles victimes. L’agresseur ? Comme d’habitude un étranger (malien), comme d’habitude sous OQTF, comme d’habitude déjà condamné pour le même type d’agression... Le triste quotidien aujourd’hui, en France. Mais si ce énième drame a pu se produire, c’est « grâce » (si vous me permettez cette locution...) aux « sages » du Conseil Constitutionnel qui ont, le 7 août dernier et à une voix près, censuré l’allongement de la durée de rétention pour les étrangers jugés dangereux alors que le texte avait été adopté par les députés quelques semaines plus tôt. Cette voix, c’est celle du président, Richard Ferrand, qui a ainsi fait pencher la balance. Mesdemoiselles, à votre sortie de l’hôpital, j’espère que vous vous fendrez d’une lettre de remerciement ! Que voulez-vous Mesdemoiselles, chez les socialistes, l’idéologie est plus forte que tout ! Plus forte que la réalité de notre société, qu’ils refusent de voir, plus forte que la sécurité d’une nation et de ses habitants, dont ils n’ont que faire, plus forte que l’abîme qui s’ouvre sous leurs pieds à chaque nouvelle agression ! Les étrangers, c’est leur ADN aux gens de gauche, fussent-ils délinquants, violeurs, agresseurs, ils sont, comme le disait si bien feu leur gourou Mitterrand « chez eux chez nous ». Et bien moi, petite fille d’immigrés italiens, venus comme tant d’autres trouver du travail en France à l’aube du XXème siècle, ayant pour s’intégrer francisé les prénoms de leurs 8 enfants, n’ayant jamais bénéficie de quelques avantages que ce soit, moi je refuse de voir mon pays sombrer dans un aveuglement dévastateur ! Non, Messieurs les sages, vous ne l’êtes plus ! Vous avez du sang sur les mains. Vous n’avez même plus cette once de bon sens, dont le vieux Descartes disait qu’il était « la chose du monde la mieux partagée » et qui pourtant vous ouvrirait les yeux sur ce qui s’appelle le réel ! Au bord du précipice, vous continuez d’avancer, aveuglés par une idéologie surannée que vous refusez de remettre en question. Béni sera le jour où cette instance suprême que devrait être le Conseil Constitutionnel sera dirigée par de vrai sages, qui placeront la sécurité de la France et des français au-delà de tout. Nicole DORO
par Le Bureau de Lignes Droites 31 3 janvier 2026
Chers amis, Nous vous présentons nos meilleurs vœux de santé, de bonheur et de réussite pour la nouvelle année, à vous-mêmes ainsi qu’à vos proches. L’espoir est bien là malgré la criticité de notre situation ! Notre pays, la France, traverse la situation la plus difficile qu’il ait connue depuis les années trente et quarante: les finances de l’Etat sont hors de contrôle, la sécurité a déserté l’espace public, les frontières ne nous protègent plus, on nous oblige à accueillir les détraqués du monde entier et on s’interdit de les empêcher de nuire, le communautarisme triomphe, le citoyen qui essaie de défendre honnêtement son pays est désavoué au profit de l’immigrant illégal qui prétend détruire notre civilisation, l’hôpital n’est plus en mesure de soigner, l’école n’est plus en mesure d’éduquer. La caste au pouvoir a renversé les valeurs qui ont fondé notre démocratie : l’impunité règne, des privilèges ont été instaurés pour les minorités, l’oisiveté prévaut sur le mérite, les droits surclassent les devoirs, la fureur de la déconstruction et de la haine de soi l’emporte sur l’amour de la patrie et sur le respect pour les générations qui ont fait de la France le superbe pays qu’il est aujourd’hui. Les chars sont envoyés face aux agriculteurs –qui pourtant s’agenouillent devant la Marseillaise- alors que les dealers, les délinquants et les casseurs hurlent publiquement leurs insultes contre la France et, pour les quelques-uns d’entre eux qui sont arrêtés, sont condamnés à des peines dérisoires et libérés le lendemain de leur arrestation. Quatorze ans de progressisme enragé -cinq ans de hollandisme et neuf ans de macronisme- ont fait leur œuvre de destruction. François Hollande a eu la décence de ne pas se présenter à un second mandat à la présidence de la République. Emmanuel Macron aura-t’il à son tour le jugement nécessaire pour mettre fin à la spirale de folie qui engloutit la France, soit en démissionnant, soit en dissolvant l’Assemblée Nationale ? Car l’espoir est là ! Le peuple français, longtemps victime des formateurs d'opinion soixante-huitards qui lui ont imposé l'idéologie diversitaire et permissive pendant près de soixante ans, reprend sa liberté de penser. Le moment arrive où notre peuple portera aux responsabilités des dirigeants respectueux de nos traditions, de ceux qui produisent, de ceux qui nous nourrissent, de ceux qui travaillent, de ceux qui respectent la loi, de ceux qui vivent leur foi dans leur espace privé sans en faire une revendication ni une provocation sociétale permanente. La volonté éclate partout chez notre peuple de rétablir l’ordre et l’autorité, de rendre sa noblesse au mérite, de replacer l’intérêt général au coeur des décisions, de mettre fin à la foire aux privilèges, de reprendre le contrôle de nos finances publiques, de ne plus tolérer l’entrisme religieux ni communautariste. C’est en installant la droite au pouvoir que nous répondrons à ces aspirations. Nous Lignes Droites 31 oeuvrons pour que la droite revienne aux responsabilités – et pour qu’elle s’unisse afin d’y accéder, car si elle en été écartée dans le passé, c’est à cause de son incapacité à s’unir. Les élections municipales de mars 2026 seront la première occasion d’élire des dirigeants de droite et de mettre un terme à cette spirale de folie. Dans chaque commune de Haute-Garonne où cela sera possible, Lignes Droites 31 soutiendra la liste d’union des droites : nous soutiendrons les listes qui sont déjà en préparation à Blagnac, à Launaguet, à Muret, à Tournefeuille et à Toulouse. A mesure que d’autres listes d’union des droites se formeront dans d’autres communes, nous leur apporterons notre aide également. Nous sommes impatients de mener ce combat à vos côtés pour le redressement notre pays ! Bien cordialement, Le Bureau de Lignes Droites 31
par Eric Duprix (Radio Présence) 7 décembre 2025
Nicolas Bonleux était l'invité cette semaine d'Eric Duprix dans l'émission "La mêlée de l'info" sur Radio Présence avec Monique Iborra (ex-députée de la Haute-Garonne) et Julien Klotz, conseiller départemental de la Haute-Garonne. L'émission peut être réécouté en replay ici : https://www.radiopresence.com/emissions/information/regionale/la-melee-de-l-info/article/la-melee-de-l-info-du-05-dec-120177
par Maxime Duclos 25 novembre 2025
Une tribune d'un de nos fidèle adhérents, Maxime Duclos : La situation politique actuelle ressemble à un champ de ruines. Emmanuel Macron, président de la République, se retrouve aujourd’hui au bord du gouffre. Selon les derniers sondages, près de deux Français sur trois souhaitent sa démission. Un président rejeté par une majorité du pays, isolé politiquement, et désormais prisonnier de ses propres manœuvres. Tout remonte à la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024. En activant l’article 12 de la Constitution, Emmanuel Macron pensait reprendre la main, créer une nouvelle dynamique et affaiblir ses opposants. En réalité, il a plongé la France dans une crise démocratique sans précédent. L’Assemblée est devenue ingouvernable, les forces politiques s’entre-déchirent, aucun compromis n’est possible. La majorité relative est devenue synonyme d’impuissance. E. Macron croyait sans doute que l’instabilité pousserait les Français à se lasser des partis d’opposition, à réclamer un retour à l’ordre et à son autorité. Mais le calcul s’est retourné contre lui. Les Français ne croient plus à ses équilibres précaires, ils en ont assez des manœuvres et des discours creux. Le pouvoir s’est vidé de sens, et l’Élysée s’est transformé en forteresse assiégée. L’épisode S. Lecornu en est la parfaite illustration. Lundi 6 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a remis sa démission, conscient qu’il allait droit vers une motion de censure. Dans un réflexe de survie, Emmanuel Macron lui a demandé de rester encore quarante-huit heures, le temps de tenter l’impossible : trouver un accord entre des forces irréconciliables. Une manœuvre de plus pour gagner du temps. Pendant ce temps-là, le pays s’enlise, et le président se tait. Là où il aurait dû parler, rassurer, agir, il reste muet. Autour de lui, le cercle se fissure. Ses plus proches alliés prennent leurs distances. Édouard Philippe l’invite à envisager la démission, Gabriel Attal trace sa route en solo, conscient que le macronisme vit ses dernières heures. Même son propre camp prépare déjà l’après. Ce silence présidentiel est celui d’un homme seul, coupé du réel, persuadé encore d’incarner la solution alors qu’il est devenu le problème. Politiquement, toutes les options sont dans l’impasse. Un Premier ministre de gauche serait immédiatement censuré. Un maintien de S. Lecornu ne ferait que prolonger l’agonie. Les oppositions, qu’elles soient du Rassemblement national ou du Nouveau Front populaire, ont déjà prévenu : aucune confiance, aucune alliance. La dissolution du Parlement, en revanche, apparaît de plus en plus inévitable. Dans ce chaos institutionnel, une certitude émerge. Sans union des droites, rien ne changera. Si les Républicains, si Reconquête, si Identité Liberté, Debout la France etc... persistent dans leur isolement, la responsabilité nous incombera entièrement. Pas à Macron, pas à la gauche, à nous. Marion Maréchal a déjà fait part de sa volonté d’une union des droites, mais tiendra-t-elle parole ? Est-ce un coup de com’ pour remonter dans les sondages et satisfaire la grande majorité de la demande des Français ? L’avenir nous le dira. Les sondages sont clairs : 52% des Français appellent de leurs vœux une coalition conservatrice et patriotique. Chez les électeurs de droite, c’est encore plus massif : 88% des sympathisants RN, 82% des LR, 100% des zemmouristes veulent cette alliance. 100% ! Imaginez : même si E. Zemmour refuse, toute sa base ira voir ailleurs. Mais si par fierté, par calcul personnel ou par peur de perdre un ego, ces partis refusent de suivre l’exemple d’Éric Ciotti qui, lui, a quitté Les Républicains pour bâtir une alliance réelle avec le RN, alors oui : nous serons responsables. Responsables de laisser la Macronie s’accrocher, responsables de laisser la gauche revenir, responsables d’une Assemblée ingouvernable et d’un pays qui s’enlise. À ce jour, le Premier ministre Sébastien Lecornu réussi de peu à se maintenir à son poste, la récente motion de censure ayant échoué pour 18 voix. Le Président le sait, le Parlement également et les Français, bien entendu, s'attendent à la chute du Premier ministre dans les mois à venir ; ce n'est plus qu'une question de temps. L'alliance honteuse, faite de fausses promesses tenues lors du discours de politique générale de Sébastien Lecornu, entre les Socialistes et Les Républicains restera gravée dans l'histoire. Ils devront en assumer les conséquences. Mais cette alliance reste éphémère et fragile : 18 voix manquantes peuvent vite apporter leur soutien à la censure et la faire adopter. S'en suivra, je le pense sincèrement, au minimum une dissolution de l'Assemblée nationale et, si cela arrive, la Droite aura la lourde charge d'être responsable du destin de la France. La Droite ne pourra pas trouver d'excuses : ce ne sera ni la Gauche, ni le Centre qui sera responsable du nombre de sièges que la Droite obtiendra, car tout le monde est conscient que si l'union des droites est fonctionnelle, alors aucune alliance centro-gauchiste ne pourra arrêter ce raz-de-marée populaire et patriote. Dans le chaos actuel et face à l'attente claire des Français, les responsables politique de droite doivent dépasser leurs divergences personnelles et s'unir sans délai, non par intérêt partisan, mais par devoir envers le destin de la France.
par Nicolas Conquer (Valeurs Actuelles) 23 novembre 2025
A l’heure de l’IA, l’immigration choisie devient un grand déclassement "Cette question deviendra l’une des dimensions majeures des prochaines échéances électorales en France. Ceux qui continueront de célébrer « l’immigration choisie » sans condition seront jugés pour ce qu’ils sont : les fossoyeurs silencieux de la mobilité sociale de nos enfants." https://www.valeursactuelles.com/economie/a-lheure-de-lia-limmigration-choisie-devient-un-grand-declassement
par Louise Morice dans Frontières 23 novembre 2025
Je suis de la génération Bataclan. La génération qui n’a pas connu la guerre, mais qui voit le sang couler sur son propre sol. Chaque année, chaque mois, chaque semaine. Nous avons grandi dans l’ombre des sirènes et des bougies, dans la peur sourde des métros bondés, des gares trop silencieuses, des sacs abandonnés. Je fais partie d’une génération qui vit la barbarie à chaque coin de rue ; d’une génération de femmes qui hésite à mettre une jupe, de garçons qui baissent les yeux pour éviter une provocation. Nous sommes ceux qui ont appris trop tôt ce que veut dire mourir pour rien. Je suis de la génération qui n’oubliera jamais, et qui ne pardonnera pas. Remplie de colère, parce qu’on ne nous protège pas. Remplie de colère, parce qu’ils ont les clés mais préfèrent le déni, la lâcheté, plutôt que le courage d’affronter le réel. Ils disent craindre la guerre civile, mais la guerre est déjà là, diffuse, rampante, dans les cœurs et dans les rues. J’avais seize ans, j’étais au lycée. Je me souviens du message sur la conversation de classe : « Y’a encore un attentat à Paris. » Encore. Ce mot résonne encore plus fort que les balles. Ce n’était pas le premier. Et nous savons, hélas, que ce ne sera pas le dernier. Louise Morice, média Frontières
par Jeanne Durieux (Le Figaro) 10 novembre 2025
"Contrairement au conflit à Gaza, ou à la guerre en Ukraine, la guerre au Soudan passe largement sous les radars politiques et médiatiques." "il n’y a pas d’armes actionnées par des Juifs, donc pas d’antisémitisme à galvaniser sous le masque de la bonne cause" Deux poids et deux mesures avec Gaza ? Une chronique de Jeanne Durieux sur un conflit qui passe largement sous les radars politiques et médiatiques à lire dans le Figaro : https://www.lefigaro.fr/international/pourquoi-parle-t-on-moins-du-conflit-au-soudan-que-de-gaza-ou-de-l-ukraine-20251108 DÉCRYPTAGE - Contrairement au conflit à Gaza, ou à la guerre en Ukraine, la guerre au Soudan passe largement sous les radars politiques et médiatiques. Des civils abattus d’une rafale de kalachnikov le long des talus, des hommes rassemblés en groupe pour être brûlés vifs, des enfants épuisés et muets qui déambulent sans parents le long des camps de réfugiés, des femmes atones au regard hanté qui taisent les viols collectifs dont elles ont été victimes. Voilà quelques-unes de la kyrielle d’images insoutenables qui ont envahi les réseaux sociaux ces derniers jours, presque deux semaines après la prise de la ville soudanaise d’El-Fasher par les FSR, les Forces de soutien rapide. Un premier bilan fait état d’environ 3000 civils abattus, mais le bilan pourrait être en réalité considérablement plus élevé. À découvrir Ces massacres de civils, dont l’horreur augmente à chaque témoignage rapporté par les ONG, jettent une lumière crue sur le conflit sanglant qui sévit au Soudan depuis plus de deux ans. Il oppose, sur un échiquier soudanais très complexe mêlé d’enjeux ethniques et religieux, les généraux Al-Burhan, chef de l’armée régulière, à Mohamed Daglo dit Hemedti, à la tête des FSR. Et s’inscrit dans le temps long d’une guerre multifactorielle qui ensanglante la région du Darfour depuis des décennies. Et pourtant, les massacres qui sévissent dans ce pays d’Afrique de l’Est bordé par la mer Rouge peinent à bénéficier d’une couverture médiatique ou de dénonciations proportionnelles à la hauteur des 150.000 morts et des 12 millions de déplacés depuis 2023. Contrairement au conflit à Gaza qui engendre depuis deux ans nombre de mobilisations, réactions, et polarise profondément la société française, la guerre au Soudan ne génère qu’une discrète indignation, voire un silence indifférent, malgré plusieurs récits publiés par les médias (dont Le Figaro ). Comment, malgré tout, expliquer cet angle mort ? Le Soudan échappe aux schémas impérialistes et colonialistes Le Soudan est un pays «inclassable», présente d’emblée le chercheur Marc Lavergne. À cheval sur l’Afrique noire et le monde arabe, multiethnique et multireligieux, lié à la Méditerranée, mais aussi à l’Afrique centrale et au Sahel, il échappe à toute catégorisation géographique mais également historique. Le Soudan a été conquis par les Britanniques et les Égyptiens à la fin du XIXe siècle, qui y ont établi un condominium [un territoire sur lequel plusieurs puissances exercent conjointement une souveraineté, NDLR], avant que le pays ne proclame son indépendance en 1956. Mais en réalité, «les Anglais n’ont pas vraiment colonisé le pays puisqu’ils n’y voyaient qu’une mainmise formelle. Ils sont d’ailleurs regrettés par les Soudanais», pointe encore Marc Lavergne. Par cette histoire, le Soudan échappe aux schémas classiques «impérialistes et colonialistes» qui ont profondément forgé les dynamiques actuelles de la plupart des pays africains. Et c’est d’abord là que le bât blesse. Concrètement, le Soudan n’est pas considéré comme un pays où doit s’exercer une lutte anti-impérialiste ou décoloniale, matrice des discours actuels qui défendent par exemple ardemment la Palestine en «lutte» contre «l’État colonisateur» que serait Israël. En réalité, «le conflit qui déchire le Soudan n’est pas une guerre idéologique mais un conflit pour l’argent», avance Marc Lavergne. Les factions en guerre cherchent en partie à contrôler le pays pour des motivations économiques : ils se disputent notamment la mainmise sur le contrôle des ressources économiques soudanaises agricoles et minières (comme l’or et pétrole). Et dans ce conflit, «le sort, comme l’opinion des civils, est complètement évacué» pointe le spécialiste. Le conflit à Gaza accapare la question du génocide Or, c’est précisément le conflit idéologique qui fait de Gaza une tragédie abondamment exposée. Se joue là le paradoxe de la solidarité sélective : les défendeurs de la cause palestinienne requièrent une prise en charge mondiale de cette tragédie mais s’opposent de l’autre «à l’universalité funéraire» pour d’autres conflits, pointait l’écrivain Kamel Daoud dans les colonnes du Point dès novembre 2024. Selon le prix Goncourt, il n’est pas populaire de plaindre tous les morts, quelles que soient leurs origines. Il poursuivait : «Si vous abordez ce sujet tragique [de la guerre au Soudan, NDLR], vous êtes accusé de cacher un conflit armé ’exclusif’ [celui de Gaza, NDLR], de changer de sujet, de procrastiner et de manipuler.» Par ailleurs, de façon évidente, les mobilisations autour du conflit armé à Gaza servent de relais à l’antisémitisme. Très concrètement au Soudan, «il n’y a pas d’armes actionnées par des Juifs, donc pas d’antisémitisme à galvaniser sous le masque de la bonne cause. (...)», appuie Kamel Daoud. Ce que corrobore l’avocat et essayiste Gilles William Golnadel dans une tribune publiée au Figaro : «[Il y a] une focalisation sur la chose juive par une sorte de fascination», expose-t-il pour justifier l’exposition qui entoure Gaza. Or, au Soudan, «les musulmans y tuent d’autres musulmans, ce qui équivaut à zéro. La mort ne devient importante que si elle suscite des émotions collectives à travers un casting précis», pointe encore Kamel Daoud. Davantage de personnes peuvent avoir été assassinées en une semaine à el-Fasher, sans aucune exagération, qu’en deux ans à Gaza. Nathaniel Raymond, directeur exécutif du laboratoire humanitaire de recherches à Yale Pourtant, les ethnies du Darfour (Fours, Masalit et Zaghawa) ont été victimes d’un génocide au début des années 2000, notamment de la part des Janjawid, ces milices arabes dont découlent aujourd’hui les FSR. Et ces violences contre les ethnies non arabes ont redoublé avec la reprise du conflit en 2023. Mais aujourd’hui, la question du «génocide» dans le débat public est presque exclusivement captée par les événements à Gaza. «Les informations qui remontent du terrain [au Soudan] témoignent d’un nettoyage ethnique voire d’un génocide en cours. On s’est posé des questions très longtemps sur Gaza, on a eu toutes sortes de débats, “est-ce un génocide ou pas ?” alors qu’au Darfour, on avait des éléments [pour le caractériser] et on n’en parlait pas du tout», a pointé le 6 novembre 2025 sur le plateau de C ce soir Meriem Amellal, journaliste spécialiste de l’Afrique à France 24. Plus prosaïque, Nathaniel Raymond, directeur exécutif du laboratoire humanitaire de recherches à Yale, établissait un parallèle cette semaine : «davantage de personnes peuvent avoir été assassinées en une semaine à el-Fasher, sans aucune exagération, qu’en deux ans à Gaza». Et pour cause : après la prise de cette ville, il n’y a pas eu de mouvement massif de population, comme c’est normalement le cas dans une zone nouvellement conquise. Cette constatation «augmente la probabilité que la majorité des civils soient morts, capturés ou cachés» dans l’enceinte de la ville, indique un rapport établi par l’université de Yale et cité par le Middle East Eye . Les Nations unies estiment à environ 60.000 le nombre de personnes ayant réussi à fuir el-Fasher − près de 200.000 personnes sont en conséquence toujours entre les mains des sanguinaires milices. À titre de comparaison, 67.000 civils environ auraient trouvé la mort à Gaza depuis le 7 octobre 2023, selon le décompte (invérifiable) du Hamas. En clair, le Soudan est bien loin des projections collectives et des débats qui agitent et polarisent nos sociétés occidentales. Au sein de cette guerre africaine s’entrelacent de nombreux enjeux internes qui entravent notre implication morale dans le conflit. En Occident, «on ne fait pas la différence entre tous les Soudanais, même s’il existe de nombreuses différences ethniques», éclaire Marc Lavergne, - à l’inverse, là encore, du conflit à Gaza, qui oppose deux parties clairement connues et identifiées. Ce que corrobore encore Kamel Daoud dans sa chronique au Point : «Le corps d’un Soudanais est-il moins choquant parce qu’il n’a pas d’histoire qui nous ressemble ?» s’interroge-t-il. Par ailleurs, depuis deux ans, le conflit soudanais oppose deux généraux belligérants unanimement dénoncés. Les Forces de soutien rapide se sont certes rendues complices de nombreux massacres de civils, largement documentés ces derniers jours, mais les exactions du gouvernement dit «légal» du général Al-Burhan les talonnent sur l’échelle de la violence. «Concrètement, les troupes d’Al-Burhan tuent certes moins de gens, mais les milices qui sont alliées à l’armée régulière font les basses besognes. Et de façon générale, l’armée n’a que faire des civils», résume Roland Marchal, chercheur au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po Paris. Par ailleurs, les acceptions des termes «gouvernement légal» et «gouvernement rebelle» ne s’appliquent pas réellement au Soudan. «Lorsque deux généraux anciens complices s’affrontent, qui est dans la légalité et qui ne l’est pas ?» interroge le chercheur Marc Lavergne. Et ce dernier de poursuivre : «Entre une armée putschiste, dirigée par al-Burhan, qui a ruiné le pays et pris le pouvoir par un coup d’État, et les Forces de sécurité rapide dirigées par le général Hemedti, grand responsable de la crise du Darfour en 2005, qu’on présente comme des rebelles alors qu’ils sont avant tout des Bédouins, à qui accorder la légitimité ?» De quel côté se placer ? Un tel parti pris est, à l’inverse, plus évident dans le cas du conflit en Ukraine : il y a d’un côté l’agresseur, la Russie, et l’agressé, l’Ukraine, dont une partie des terres a été envahie par l’armée russe. Peu d’intérêt stratégique La donne géopolitique impose également sa grille de lecture : celle des Européens est d’abord liée aux décisions de Washington et à la menace russe. Là encore, l’attention constante qu’accorde la France au conflit russo-ukrainien se justifie ainsi par la proximité géographique et culturelle avec l’Ukraine. Cette dernière étant aux portes de l’Europe et candidate à l’UE et l’Otan, les Français ont tout intérêt à peser pour la victoire de l’Ukraine et la résolution du conflit. Dans le cas du Soudan, la France, qui avait soutenu la chute du régime d’Omar el-Béchir en 2019 en s’affirmant se placer du côté «de ce nouveau Soudan», y accorde en réalité peu d’intérêt. «Il n’y a plus cette génération de gens qui ont connu la Françafrique et qui conservent des liens et des intérêts forts sur le continent», dépeint Marc Lavergne, pour qui «la France s’est désintéressée du Soudan».