Qui a peur de l’identité nationale ? #2

Natacha Gray • 25 février 2018

Deuxième partie

Identité, identités ? Des régions à l’Europe, en passant évidemment par la France comme nation, les questions dites « identitaires » sont aujourd’hui omniprésentes dans l’actualité, dans les discours, et dans les priorités, revendications ou inquiétudes exprimées par une majorité de citoyens français. Identités régionales, identité nationale, identité européenne s’emboîtent sans nécessairement s’opposer. Plus que jamais les premières s’affirment, la dernière reste encore à construire. Lignes Droites lance la réflexion sur ces questions, en commençant par le sujet sensible, parfois tabou, de l’identité nationale.


Deuxième partie


Dans une première partie ( à consulter en cliquant ici) nous avons vu que la question de l’identité nationale, qui réapparaît sous ce nom dans les années 1970, se nourrit en fait d’une réflexion déjà ancienne puisque déjà Voltaire et Renan avaient tenté de cerner ce qui faisait « le génie d’un peuple », son « âme » ou le « principe spirituel » d’une nation. La défense de principes et de valeurs jugées aujourd’hui menacés, dans un contexte de crise, de mondialisation uniformisante et de multiculturalisme devenu clivant, a longtemps été abandonnée à l’extrême droite, qui en a fait son cheval de bataille principal, ce qui a conduit les autres partis à contourner la question, de peur d’être accusés de faire le jeu du Front national. C ’est avec Nicolas Sarkozy et aujourd’hui Laurent Wauquiez que la droite s’est lancée à nouveau dans la défense et l’illustration de ce qui fait l’identité de la France, ce qui a provoqué d’inévitables remous au sein de leur famille politique. Nous en avons évoqué les principaux éléments constitutifs, sur lesquels semblent peser des menaces nouvelles et inquiétantes.

5. Le sentiment d’une identité menacée

Aujourd’hui le succès des discours identitaires tient en effet avant tout au fait que la majorité des Français, venant d’horizons politiques très variés, exprime le sentiment qu’ils sentent l’identité nationale gravement menacée. C’est ce que révèlent les enquêtes de terrain, les sondages, les votes, de protestation ou de défiance, mais aussi de conviction, comme en témoigne l’adhésion, plus durable que ce que l’on imaginait, d’une partie de l’électorat au programme de l’extrême droite qui a l’avantage d’avoir anticipé ce constat. Les manifestations et inquiétudes identitaires occupent également de plus en plus les conversations entre amis et les réseaux sociaux où ce thème devient un des plus fréquemment discutés, engendrant de moins en moins de polémiques comme si ce ressenti devenait paradoxalement plus rassembleur que clivant , s’exprimant désormais sans tabou, principalement sur le mode du « je ne reconnais plus ma France »). Déjà en 2013 Alain Finkielkraut exprimait-il ainsi sa nostalgie du passé en dénonçant la désagrégation rapide de l’identité nationale par son ouvrage au titre révélateur : L’identité malheureuse . Les arguments des inquiets ressemblent à un inventaire à la Prévert.

La langue , dont nous signalions précédemment qu’elle apparaît comme un élément constitutif essentiel de l’identité de la nation s’apprend mal, ou ne s’apprend plus. Dans un souci égalitariste de nivellement sur le moins-disant, certains réforment son orthographe, sa grammaire, des ouvrages sont réécrits pour les rendre accessibles au plus grand nombre … qui ne lit même plus cette littérature édulcorée. Dans certains quartiers de France, on n’entend plus parler le français. Contrairement aux premières vagues d’immigrants, nombreux sont ceux qui ne viennent pas à présent de pays francophones ou latins (ou des racines communes permettent un apprentissage plus rapide) et n’ont aucunement l’intention d’apprendre la langue du pays d’accueil, même une fois simplifiée à l’excès.

La laïcité , que l’on présente souvent comme l’ADN de notre République et une spécificité française, est mise à mal, attaquée par les ennemis de notre pays et de son système politique. Elle garantissait la cohésion nationale, elle est devenue clivante, certains la rejetant, car elles n’entrent pas dans leur schéma culturel qui place la loi de Dieu au-dessus de celle des hommes.

Notre Histoire même semble désorientée. Au grand récit national qui, comme tout récit historique, était sélectif et insistait sur les hauts faits de la France, de la construction de l’État en passant par la Renaissance, les Lumières, la Révolution, la diffusion de la culture française de par le monde, on a substitué récemment des programmes tout aussi orientés, mais qui, eux, poussent à la détestation de notre pays et, symétriquement, à la glorification des autres cultures, oubliant les hauts faits et les figures majeures de l’Histoire de France, mais également que la conquête coloniale, l’esclavagisme, le racisme furent des comportements partagés.

La culture française , sa littérature, son histoire, ses codes, son art de vivre sont noyés à la fois dans un multiculturalisme qui devrait s’y substituer et, « en même temps » dans une mondialisation gommant frontières et identités. « Il n’y a pas de culture française. Elle est diverse » ira jusqu’à dire le futur président de la République à Lyon en février 2017, lui qui en est pourtant profondément pétri, provoquant aussitôt une levée de boucliers indignés tous azimuts.

Les « racines chrétiennes » (qu’affirment fermement les populations et leurs élus dans les pays de l’Est de l’Europe) sont comme gommées dans les programmes, mais aussi des paysages au nom d’une laïcité mal comprise. Mais il est notable que nombreux sont ceux qui aujourd’hui , y compris dans les milieux athées et/ou laïcs , les revendiquent, à droite comme à gauche, témoignant par là qu’il ne s’agit pas là de simples croyances (qui relèvent de la sphère privée), mais de ce qui a forgé un peuple au fil des siècles, profondément marqué de son empreinte les paysages, les traditions, les comportements, les relations entre les êtres, les fêtes qui sont une occasion pour les Français de manifester leur cohésion et leur appartenance à un grand « tout » dépassant les opinions et spiritualités individuelles.


Dans les programmes de l’enseignement public, on ne donne plus à aimer notre pays, sa langue, son histoire, sa géographie. Comment veut-on alors que les jeunes, qui n’apprennent plus la citoyenneté et la fierté d’être français, et les étrangers que l’on prétend intégrer à la communauté nationale, l’aiment à leur tour ? Sans récit national, sans affirmation claire de ce qui fait la grandeur de notre pays, sans rappel ferme de ses codes et de ses lois, sans expression contagieuse de la fierté d’être ce que nous sommes, nous ne sommes plus capables d’émouvoir et de transcender. Alors l’islamisme intégriste, entre autres, s’en charge.


6. Où l’on rejoint la question sensible de l’immigration et de l’intégration

Il ne s’agit pas, comme le prétend une certaine police de la pensée qui cherche à étouffer le débat, de remettre en cause la tradition d’une France terre d’accueil qui fait partie de son ADN. Mais il est indéniable que l’arrivée de plus en plus massive de populations qui ne maîtrisent pas la langue, les codes, les lois de la République et de la France, pratiquant une religion, l’islam qui, dans la dérive de ceux qui font une lecture littérale du Coran, se prétend prioritaire pour le croyant sur les lois en vigueur, n’est pas sans poser de problème, car cette autre identité entre en conflit, parfois violent, avec notre identité nationale. Le risque est d’autant plus grand que la propagande islamiste, moins celle de Daesh que celle, plus subtile et sur le long terme, des Frères musulmans, finit par toucher une fraction non négligeable des populations musulmanes présentes sur le sol français, parfaitement intégrées pour la plupart, s’accommodant jusqu’alors sans problème des lois et comportements en usage dans le pays d’accueil, pratiquant un islam moderne, méditerranéen, bien loin des littéralistes du Coran. Mais voilà que certains, parmi ces populations intégrées, changent à leur tour leur comportement, leur façon de s’habiller, leurs relations entre les sexes ou avec les autres communautés, prônent la charia, exigent des exceptions (menus hallal, mise à égalité dans les fêtes religieuses…) qui ne leur avaient jamais semblé importantes auparavant. Perdant foi en la République, parce qu’elle les a déçues ou parce que des propagandistes affirment qu’elle ne peut que les décevoir, certaines populations issues de l’immigration ont adopté des réflexes communautaristes qui leur étaient parfaitement étrangers. À ceci s’ajoutent les rancœurs coloniales soudain réactivées par les nouveaux arrivants et le discours des propagandistes dont les médias mainstream , malheureusement, amplifient imprudemment l’écho.


Car l’affirmation des revendications identitaires de la part des Français (de naissance, par acquisition ou simplement de cœur) est aussi et avant tout une forme d’autodéfense de ce que nous sommes et représentons face à ceux qui ont fait profession de détruire la France dans ses valeurs, la République dans son système et de substituer leur modèle de société liberticide et quasi théocratique aux droits de l’homme et du citoyen qui ont inspiré notre démocratie libérale. Les Français constatent avec effroi que certains d’entre eux, ou de ceux qu’ils ont accueillis, sont capables de se retourner contre eux, jusqu'à commettre des crimes barbares sur le territoire ou à l’étranger, au côté des pires ennemis de notre pays. Le sentiment de ne plus être « chez soi » se développe chez les Français confrontés aux « camps décoloniaux », « stages en non-mixité » organisés par des personnes issues de l’immigration qui se présentent elles-mêmes comme « racisées » (tout en répétant que les races n’existent pas), propageant un racisme antiblanc ou anti-français totalement décomplexé et que l’on tente de justifier comme une revanche prise sur le colonialisme d’autrefois.


L’actualité conforte ce sentiment de dépossession et de danger face à des communautés qui rejettent les codes et les lois de la République. Même s’il n’est pas possible de lier délinquance et immigration, puisque la France refuse les statistiques ethniques, il est indéniable que l’actualité met en lumière dans le sentiment d’insécurité (qui ne leur est pas évidemment réductible) le rôle de populations issues de ladite immigration, accentuant le sentiment d’envahissement et surtout d’impuissance de l’État (impunité de multirécidivistes en raison de l’âge, policiers attaqués ...) face à ce que l’on nomme pudiquement des « incivilités », mot bien faible pour des actes qui relèvent de la délinquance, petite ou grande (attaque contre les forces de l’ordre, l’institution scolaire, les pompiers, trafics en tous genres, harcèlement de rue jusqu’au viol). Les faits divers (agressions, harcèlement, vandalisme…), essentiellement véhiculés par les réseaux dans un jeu malsain avec les médias mainstream (les uns cachent pour ne pas « stigmatiser », les autres amplifient et font tourner en boucle, alimentant les théories complotistes) traduisent clairement le choc de plusieurs cultures, notamment deux : la culture française face au modèle de la charia véhiculé par l’islamisme radical. Tout cela alimente des peurs face à ces minorités devenues plus visibles et la tentation de repli identitaire pour défendre le patrimoine commun ainsi attaqué.

Ces inquiétudes se trouvent amplifiées par les migrations massives, mal contrôlées, de populations de culture différente, de toute évidence mal intégrées faute de moyens suffisants, omniprésentes dans l’actualité. Les médias en font trop, cherchant à convaincre sur l’émotion, mais renforçant en retour le sentiment que l’on cherche à imposer aux Français un changement de société, donc d’identité, sur lequel ils n’ont pas été consultés.

Ces comportements sont heureusement loin d’être dominants parmi les musulmans de France, mais ce sont ceux qui s’expriment le plus fortement, le plus violemment et avec le plus de moyens. C’est donc ceux qui sont vus et entendus : racisme anti-français (jusqu’à l’invention du terme de « souchien », entendu sous-chien, aux connotations péjoratives pour désigner les Français de souche), antiblanc, christianophobie, antisémitisme, djihad, attaques contre les civilisations et les mœurs françaises, contre la liberté (qui passe par la tenue vestimentaire) des femmes, remise en cause des sapins et fêtes de Noël en entreprise, des crèches dans les régions de tradition chrétienne, des croix sur des espaces publics, drapeaux brûlés, symboles de l’autorité attaqués…


En outre l’exaspération est à son comble, car de nombreux Français ont le sentiment d’un deux poids deux mesures dans la façon qu’ont les pouvoirs publics et les médias de gérer la question identitaire. La fierté d’être ce que l’on est ne serait acceptable que dans la bouche de certains (Africains, Arabe, Latinos …). L’Africain peut se dire légitimement fier d’être noir et le Maghrébin d’être arabe et très attaché à une riche culture millénaire. Et c’est heureux, on ne se construit que sur des racines et dans l’estime de soi, pas dans le mépris, la honte et la culpabilité. L’un et l’autre peuvent afficher leurs appartenances ethniques ou religieuses par des pratiques que l’on accepte au nom du multiculturalisme et du légitime attachement de chaque individu à ce qui le constitue. Mais le Français qui se dit fier d’être français est suspecté de xénophobie, sa fierté d’être occidental en fait un raciste , celui qui affirme en plus sa foi chrétienne est suspecté d’extrémisme religieux, par nature prosélyte, et on le trouve d’emblée trop voyant. Les élus se rendent aux fêtes religieuses de communautés non chrétiennes diverses, mais pourchassent les symboles du christianisme dans l’espace public. Pire, ceux que Lénine aurait appelés des « idiots utiles », souvent parmi les laïcards mono-obsessionnels qui ne voient le danger que venant de l’Église catholique, devancent de supposées revendications pour exiger à la place de communautés religieuses musulmanes qui n’ont absolument rien demandé (et ne l’auraient probablement jamais fait) la disparition ici d’une crèche, là d’un sapin de Noël, ici encore d’une croix, renforçant chez certains la certitude d’un complot contre la France et son identité, toutes deux affaiblies par les attaques sournoises d’une sorte de cinquième colonne qui les menacerait de l’intérieur. Dans ce multiculturalisme qui devrait devenir la norme, une seule culture serait exclue : la culture occidentale.


7. Identité, altérité et les risques de « l’autruisme ».

Chez les individus les « troubles de l’identité » sont du ressort des psychiatres. L’individu va mieux lorsqu’il se « retrouve », qu’il définit ses valeurs, ses aspirations, ses talents et qu’il s’accepte enfin tel qu’il est. Mais dans les territoires, qui soignera les identités blessées ? La responsabilité des élus est grande, des médias aussi , qui participent presque tous, depuis des années, à cette grande braderie des valeurs et à ce relativisme culturel où tout se vaut et tout s’accepte.

Définir clairement l’identité nationale, c’est-à-dire les valeurs sur lesquelles s’est bâtie une nation, permet d’intégrer l’autre, de le décentrer , de lui donner envie de rejoindre cette nouvelle communauté. Ce qui ne l’empêche nullement de rester fidèle et fier de sa culture d’origine, et l’on sait la richesse des doubles cultures et leur apport à la stratigraphie des influences qui a forgé l’esprit si particulier de la nation France. L’école autrefois aidait à se décentrer par rapport à la culture transmise à la maison, donc à s’intégrer et à s’élever par la méritocratie républicaine (qui suppose effort et apprentissage), laquelle passe par la maîtrise de la langue et des codes. Or les programmes scolaires actuels et le relativisme ambiant, pire le déclinisme français qui peut aller jusqu’à la culpabilisation et la remise en cause du modèle véhiculé, accentuent le centrage de l’autre sur lui-même tout en lui faisant détester la nation d’accueil. Ce n’est pas ainsi qu’on lui donnera envie de nous rejoindre. « Comment apprendre à ceux qui viennent chez nous d'aimer la France quand nous-mêmes ne l'aimons plus." (Laurent Wauquiez en décembre dernier dans un entretien à Causeur). Car « c'est notre regard qui enferme souvent les autres dans leurs plus étroites appartenances, et c'est notre regard qui peut les libérer » (Amin Maalouf).

Intégrer suppose une dialectique entre soi et un autre, mettant en jeu l’ altérité : bienveillance, écoute, prise en compte de l’autre pour ce qu’il est, et réciproquement. On s’affirme tel qu’on est en face de celui qui arrive et on lui présente le modèle qu’on lui propose d’adopter. L’autre se situe par rapport à ce que nous affirmons constituer notre identité et notre modèle et décide, ou non, de rejoindre notre communauté et d’en adopter les codes. Il sait au moins ce à quoi il devra un jour parvenir s’il décide de s’intégrer.


Mais aujourd’hui c’est une altérité dévoyée, ce que la philosophe Françoise Bonardel appelle l’ autruisme , qui malheureusement domine dans les discours de la bien-pensance politico-médiatique. On fait passer l’autre avant soi-même, on s’efface devant lui. Soit cet autre, l’étranger, n’a plus rien à quoi se confronter puisqu’on le renvoie constamment vers lui-même, soit on lui présente des valeurs aux définitions changeantes et constamment remises en cause de l’intérieur même de la communauté nationale (laïcité, mixité, libertés, droits et devoirs …), soit, et c’est bien pire, on lui présente la communauté qui l’accueille comme inférieure à sa propre civilisation, honteuse, coupable et devant expier ses fautes ad vitam aeternam . L’identité de la France, nous l’avons dit, a toujours été d’intégrer sur des ressemblances. Que devient-elle à partir du moment où elle se cache, honteuse, laissant celui qui arrive face à lui-même, sans modèle qu’il décidera ou non d’adopter.



À suivre : 8. La solution ? Vers des identités multiples et emboîtées ?

par Institut Thomas More 27 juin 2026
Dans un rapport inédit, l’Institut Thomas More dresse l’inventaire des décisions politiques qui ont mis la France à genoux pendant ces 50 dernières années. Chute du niveau scolaire, 35 heures, système de retraite, chômage, déficits, dette, insécurité… Autant d'occasions ratées pour maintenir la France sur le chemin de la prospérité !  "Notre ambition, dans ce rapport, est d’identifier les cinquante décisions qui ont mis la France à genoux en cinquante ans, de les replacer dans leur contexte, d’expliquer les motivations de fond ou les choix opportunistes qui ont abouti à ce qu’elles soient prises, de décrire et chiffrer leur impact et leurs effets cumulatifs, les comparer aussi aux options prises par des pays semblables. Ce travail inédit n’a jamais été réalisé de cette manière : il constitue une somme considérable. Les données citées, les sources et les conséquences mesurées sont issues de statistiques et de rapports publics et parfois privés, incontestables. Il se veut et nous l’avons pensé ainsi, d’intérêt général. Car dans la perspective de 2027, il constitue un préalable à l’élaboration de tout programme crédible. Au regard de la gravité de sa situation, il est impossible de penser redresser le pays sans analyser objectivement les causes" https://institut-thomas-more.org/2026/06/25/rapport36/
par Jean-Marie Montali 10 juin 2026
"Emmanuel Razavi vit sous protection policière. Nora Bussigny est régulièrement la cible de menaces et de campagnes de haine. D’autres parmi nous vivent la même chose. Leur point commun ? Avoir enquêté sur l’islamisme, ses réseaux, l’antisémitisme contemporain ou encore les dérives de la dictature iranienne. Face aux intimidations, aux menaces de mort et aux tentatives de censure, le plus inquiétant n’est peut-être pas la violence des fanatiques. Le plus inquiétant est le silence. Celui d’une partie du monde médiatique, intellectuel et politique, qui semble avoir renoncé à défendre des principes qu’il prétend pourtant universels ." Jean-Marie Montali (né en 1962) est un journaliste français spécialisé en presse écrite , auteur de plusieurs ouvrages et réalisateur de documentaires pour la télévision . Grand reporter , il a occupé divers postes de direction, notamment rédacteur en chef , directeur adjoint et directeur exécutif de la rédaction au Figaro Magazine , directeur adjoint de la rédaction de France-Soir , et directeur adjoint des rédactions du Parisien – Aujourd'hui en France . Dans La Nouvelle Revue Politique, il s'insurge contre une étrange hiérarchie de l’indignation ... https://nouvellerevuepolitique.fr/journalistes-le-silence-qui-deshonore/
par Nicolas Baverez dans FigaroVox 9 juin 2026
"Choose France" est souvent présenté comme un énorme succès de l'économie française. Nicolas Baverez remet les choses en perspective ... "La véritable mesure de l’attractivité de la France reste fournie par la balance des paiements : or elle fait apparaître au 30 juin 2025, sur douze mois, des entrées nettes d’investissements directs de 29,5 milliards, mais des sorties nettes des investissements de portefeuille à hauteur de 136,6 milliards. La France est en réalité confrontée à une fuite massive de capitaux, mais surtout de talents" https://www.lefigaro.fr/vox/economie/nicolas-baverez-de-choose-france-a-loose-france-20260606 CHRONIQUE - La stratégie de restauration de l’attractivité de la France, mise en scène par Choose France sous les ors de Versailles, se trouve en réalité minée par le bilan calamiteux des présidences d’Emmanuel Macron. Passer la publicité La 9 e édition du sommet Choose France , qui s’est déroulée le 1 er juin au château de Versailles, s’est achevée sur un record de promesses d’investissement dans l’Hexagone : 93 milliards d’euros contre 87 milliards cumulés de 2018 à 2025. Et ce en raison de la décision du conglomérat japonais SoftBank, présidé par Masayoshi Son, de mobiliser 75 milliards pour la construction de data centers dans notre pays. Ces annonces, effectuées alors que la guerre d’Iran et le blocage du détroit d’Ormuz font basculer l’économie mondiale dans la stagflation, sont d’autant plus positives qu’elles favoriseront le rattrapage du retard que la France a accumulé dans la révolution de l’IA, avec une capacité de calcul limitée à 1,5 GW fin 2025, loin derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni. Elles soulignent l’intérêt des investisseurs internationaux pour notre pays, en raison des atouts que constituent son énergie nucléaire décarbonée, ses infrastructures et sa situation géographique au cœur du grand marché européen. Elles confirment le succès de la promotion de l’attractivité de la France vis-à-vis des entreprises étrangères, qui demeure l’unique réussite de la politique économique conduite par Emmanuel Macron depuis 2017. Passer la publicité Mais, pour cette raison même, les résultats de Choose France et l’amélioration de l’image de la France demeurent à la fois partiels et fragiles. Tous les projets annoncés ne sont pas réalisés, comme l’a montré l’abandon de plusieurs gigafactories, spécialisées notamment dans la construction de batteries et les semi-conducteurs. Les emplois effectivement créés sont très inférieurs à ceux affichés. Par ailleurs, les opérations annoncées en 2026 concernent en quasi-totalité des data centers, très consommateurs d’électricité, d’eau et d’espace. Avec pour corollaire un risque de dépendance aux géants de la Big Tech américaine qui poursuivent la vassalisation numérique de l’Europe et de monopolisation de l’électricité décarbonée par l’IA au détriment des autres entreprises et des ménages. Les filiales de groupes étrangers n’entrent par ailleurs que pour 15 % de la valeur ajoutée dans notre pays contre 18 % en Allemagne et en Italie et 22 % en Espagne, ce qui témoigne d’un déficit persistant d’attractivité dont la première cause se trouve dans le niveau excessif du coût du travail, de la fiscalité et de la réglementation. La véritable mesure de l’attractivité de la France reste fournie par la balance des paiements : or elle fait apparaître au 30 juin 2025, sur douze mois, des entrées nettes d’investissements directs de 29,5 milliards, mais des sorties nettes des investissements de portefeuille à hauteur de 136,6 milliards. La France est en réalité confrontée à une fuite massive de capitaux, mais surtout de talents (elle a été ravalée au 19 e rang pour l’accueil des entrepreneurs et des cerveaux) et d’entreprises, avec pour symboles le déménagement de Criteo et la cotation à succès de TotalEnergies aux États-Unis. La stratégie de restauration de l’attractivité de la France, mise en scène par Choose France sous les ors de Versailles, se trouve en réalité minée par le bilan calamiteux des présidences d’Emmanuel Macron en termes de déstabilisation des institutions de la V e République, de paralysie et de faillite de l’État, d’explosion des violences et de disparition de la paix civile. La production, l’investissement et l’innovation ne peuvent se développer dans un environnement d’incertitude radicale et d’hostilité à l’entreprise. Or la dissolution de 2024 a ouvert un cycle d’instabilité politique qui risque fort d’être amplifié et non pas refermé par l’élection présidentielle de 2027. L’ordre public a disparu et l’ultraviolence gagne l’ensemble du territoire et de la population, comme le montrent la montée en puissance du narcotrafic ou les émeutes qui ont à nouveau accompagné la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions. L’attractivité de la France est ruinée par la schizophrénie d’une politique économique qui prétend encourager les investissements étrangers tout en poursuivant l’euthanasie des entreprises françaises, créant une paradoxale préférence économique pour l’étrangerSimultanément, l’économie française a basculé dans la stagflation sous l’effet d’un triple choc fiscal, financier et énergétique. L’activité est en récession depuis le premier trimestre 2026 ; l’inflation est passée de 0,9 % à 2,4 % et dépassera 3 % cette année ; le chômage a augmenté de 0,7 % sur un an et tendra vers 9 % de la population active ; le déficit se situera autour de 5,5 % du PIB, portant la dette à près de 120 % du PIB. Ce surendettement est devenu insoutenable, dès lors que le seul service de la dette représentera bientôt 3,5 % du PIB, ce qui exigera un équilibre strict pour toutes les autres dépenses de l’État, des collectivités locales et de la protection sociale. La France, l’homme malade de l’Europe L’attractivité de la France est ainsi ruinée par la schizophrénie d’une politique économique qui prétend encourager les investissements étrangers tout en poursuivant l’euthanasie des entreprises françaises, créant une paradoxale préférence économique pour l’étranger. Au moment même où l’État déroule le tapis rouge et se mobilise pour accueillir géants américains et capitaux japonais, le nombre de faillites atteint un record et les destructions d’emplois se multiplient, notamment dans l’industrie, entraînant une floraison de plans sociaux. Tandis que les oligarques de la Silicon Valley, les promoteurs des Lumières sombres et du transhumanisme, les princes de Wall Street et les as de la gestion de fortune banquettent dans la galerie des Batailles, les entreprises françaises, touchées de plein fouet par le troisième choc pétrolier, sont accablées de hausses d’impôts (23 milliards en 2025 et 21 milliards en 2026), de prélèvements sociaux (2 milliards en plus de la hausse du smic de 2,4 %) et de réglementations kafkaïennes (avec pour dernier avatar la transposition de la directive européenne de 2023 sur la transparence des rémunérations). La France est ainsi devenue un pays de non-droit pour les entreprises, où l’imprévisibilité du cadre réglementaire et fiscal compromet tout investissement de long terme. Keynes, interrogé dans les années 1930 sur la meilleure manière de sortir du trou, avait répondu : « Il faut d’abord cesser de le creuser. » Emmanuel Macon a choisi de creuser le trou des finances publiques de plus en plus vite et de plus en plus profondément, jusqu’à faire de la France l’homme malade de l’Europe. En accumulant 1 500 milliards d’euros de dettes publiques supplémentaires en dix ans, il a fait exploser le modèle français reposant, d’un côté, sur une croissance tirée par la seule consommation alimentée par des aides sociales financées à crédit et, de l’autre, sur la chute de la production, de l’emploi, de l’investissement et des exportations. Le naufrage de la France n’a rien de fatal. Son redressement dépend effectivement de son attractivité économique, qui est indissociable de sa compétitivité, de sa souveraineté et de sa sécurité. Et notre pays dispose d’atouts majeurs qui sont reconnus au-delà de nos frontières, qu’il s’agisse des entrepreneurs et des chercheurs, de l’épargne, de l’énergie décarbonée, des infrastructures, des grandes entreprises internationalisées, de sa culture et de sa civilisation. Mais ces points forts sont annihilés par l’improductivité et la faillite de l’État, incapable d’assurer les services de base alors qu’il accapare 57,2 % du PIB, ainsi que par la détestation et la prédation des entreprises par la classe politique. Et ce alors même qu’elles ne sont pas seulement le lieu de la création des richesses marchandes, dont dépendent le financement des services publics et celui de la solidarité, mais celui où se tissent en grande partie le lien social et la citoyenneté. Attirer les entreprises étrangères, c’est bien ; cesser de tuer les entreprises françaises, c’est mieux !
par Bérénice Levet, philosophe et essayiste, membre du Conseil d’orientation de l’Institut Thomas More 31 mai 2026
"Si ôter la vie n’est plus considéré comme substantiellement contraire à la notion d’humanité, avec la légalisation de l’euthanasie, notre société risque de perdre ses repères moraux, pourtant nécessaires pour affronter la montée de la violence, s’inquiète la philosophe." Un très beau texte sur un sujet qui dépasse largement les clivages politiques et dont les enjeux sont fondamentaux pour notre société ! https://institut-thomas-more.org/2026/05/12/legaliser-leuthanasie-cest-briser-a-jamais-lequation-de-lhumanite-et-du-non-possumus/
par Maxime Duclos 30 mai 2026
Un billet d'humeur de notre ami Maxime Duclos Il est temps de mettre sur la table un sujet dont peu osent réellement parler. Tout le monde le pressent. Beaucoup s’y préparent déjà. Pourtant, rares sont ceux qui acceptent d’aborder publiquement cette réalité : l’élection présidentielle de 2027 risque de provoquer en France une fracture politique et sociale d’une ampleur inédite, y compris au sein même des familles. Car derrière l’échéance électorale qui approche, une autre réalité se dessine progressivement : celle d’un affrontement idéologique devenu profondément émotionnel. À titre personnel, je suis convaincu que 2027 verra une dynamique puissante en faveur du camp national et souverainiste. Et avec elle, très probablement, une majorité parlementaire capable de remettre au cœur du débat les intérêts de la Nation, la souveraineté, l’autorité de l’État, la stabilité et la défense des intérêts français. Mais ce billet n’a pas pour objectif d’analyser les sondages ou les rapports de force électoraux. Le sujet ici est plus humain. Depuis plusieurs années, la politique ne divise plus seulement les électeurs : elle fragmente désormais les cercles privés, les groupes d’amis, les couples et parfois même les familles. Beaucoup de Français le vivent déjà sans forcément l’exprimer : certains évitent volontairement les sujets politiques lors des repas de famille ; d’autres préfèrent se taire plutôt que d’assumer certaines convictions ; d’autres encore constatent qu’un simple désaccord politique suffit désormais à déclencher tensions, jugements moraux ou ruptures relationnelles. Et cette situation risque de s’intensifier fortement à mesure que la campagne présidentielle approchera. Car l’élection de 2027 ne sera pas une élection classique. Elle opposera des visions du monde profondément différentes. D’un côté, une vision souverainiste, attachée à la Nation, à l’autorité, à la maîtrise des frontières, à la stabilité et à une approche pragmatique des politiques publiques. De l’autre, une vision davantage mondialisée, progressiste et idéologique, souvent portée par une lecture morale des débats politiques plutôt que par une logique d’efficacité concrète. Car il faut rappeler une chose simple : une loi ne devrait jamais être votée parce qu’elle est “bien-pensante”, médiatiquement valorisée ou moralement à la mode. Une loi devrait être votée parce qu’elle est utile, applicable, efficace et finançable. Or, depuis plusieurs années, le débat public s’est progressivement transformé en affrontement moral permanent. Celui qui pense différemment n’est plus simplement contredit : il est parfois immédiatement caricaturé, disqualifié ou assimilé à une menace politique ou sociale. Et c’est précisément ce climat qui peut devenir dangereux dans les sphères familiales. Car beaucoup de personnes engagées politiquement — ou simplement attachées à certaines valeurs traditionnelles, souverainistes ou patriotiques — vont probablement faire face, dans les prochains mois, à des réactions parfois très virulentes de la part de proches influencés par un climat médiatique extrêmement polarisé. Il faut être lucide : une partie importante du débat public reposera moins sur l’analyse des programmes que sur une stratégie de diabolisation du camp national. Nous assisterons probablement à une campagne où certains médias, certaines figures militantes et certains relais politiques chercheront avant tout à faire peur, à hystériser le débat et à présenter toute alternative souverainiste comme une menace pour la démocratie. Dans ce contexte, il sera essentiel de garder son calme. Car le véritable piège serait de répondre à la radicalité par la radicalité. Il faudra faire preuve de patience, de retenue et parfois même de distance émotionnelle face à certains débats devenus impossibles. Tout le monde ne réagit pas de manière rationnelle à la politique, surtout dans un climat de tension médiatique permanente. Les réseaux sociaux, les bulles algorithmiques et les logiques de confirmation idéologique ont profondément transformé la manière dont beaucoup de citoyens perçoivent la réalité politique. Il faut donc accepter que certaines personnes proches puissent réagir avec émotion, inquiétude ou hostilité à l’idée d’une victoire du camp national. Mais cela ne doit pas conduire à la haine, à la rupture familiale ou à l’animosité permanente. Car la stabilité, le calme et le pragmatisme doivent précisément rester les qualités de ceux qui prétendent vouloir redresser le pays. Ne tombons pas dans le piège de la colère permanente ou de la conflictualisation absolue des relations humaines. La politique passe. Les élections passent. Les familles, elles, doivent continuer d’exister après les campagnes électorales. Et si 2027 doit être une année de rupture politique, elle ne doit pas devenir une année de rupture humaine.
par Élodie Messéant dans Contrepoints 29 mai 2026
"Engagements de 87 milliards d’euros, prix déconnectés du marché, cas de sur-rémunération, fraude non sanctionnée… La Cour des comptes a publié un rapport qui évalue le coût réel du soutien étatique aux énergies renouvelables (EnR) : un scandale bien étouffé." Une tribune passionnante sur le coût exorbitant de développement coute que coute des ENR en France à lire dans Contrepoints : https://contrepoints.org/soutien-aux-energies-renouvelables-ou-comment-le-contribuable-se-fait-plumer/
par Maxime Duclos 27 mai 2026
Au printemps 2026, l'Assemblée nationale se trouve confrontée à l'un des défis majeurs de son histoire contemporaine : l’effondrement de la natalité française. Ce phénomène ne constitue pas l'unique crise nationale, mais il s'impose comme un défi vital que le gouvernement actuel, et plus encore l'exécutif futur, devra relever d'une main ferme et résolue. Le dépôt d'un nouveau texte législatif à la Présidence ravive un débat nécessaire, mais met en lumière l'écart abyssal entre la froideur des solutions bureaucratiques et la réalité sociologique du pays.  La proposition de loi n° 2679 intitulé : “ faciliter l’accès au logement des familles par la création d’un prêt à taux zéro” pose un constat démographique initial indiscutable lorsqu’elle rappelle pertinemment qu'« en 2025, 651 000 décès ont été enregistrés [...] tandis que 645 000 naissances ont été recensées » et qu'elle admet judicieusement que « le logement et son accession demeurent l'un des plus marquants » freins au projet parental , mais l'examen rigoureux du texte révèle un manque de fond flagrant dès lors que l'exposé des motifs affirme de manière simpliste que « le prêt à taux zéro constitue un instrument indispensable pour notre société » et qu'« il a pour vocation de proposer une aide concrète aux familles » , limitant ainsi la relance de la natalité au seul dispositif de l'article 1er destiné à « financer [...] l'acquisition, la construction ou l'agrandissement de la résidence principale » dans la limite d'un « plafond de 100 000 euros par opération ». Cette posture, bien qu'appuyée sur la réalité statistique rappelant qu'« un jeune sur cinq doit renoncer à avoir un bébé à cause de son logement », mérite d'être abordée avec une plus grande nuance psychologique. S'il est crucial de reconnaître la sincérité de ces difficultés matérielles sans poser de jugement sur les couples actuels, il apparaît tout aussi impératif de constater l'influence profonde du modèle de surconsommation et d'ultra libéralisme dans lequel évolue la jeunesse. L'hésitation face à la parentalité ne saurait être réduite à une simple impasse immobilière ; elle traduit également la nécessité d'accompagner et de guider les consciences vers la valeur fondamentale de la cellule familiale. Face aux injonctions d'un individualisme ambiant qui privilégie parfois le confort personnel et les plaisirs immédiats, le rôle de la puissance publique n'est pas de blâmer, mais d'offrir un cheminement rassurant, capable de réorienter les priorités loin des dérives matérialistes pour redonner le goût de l'engagement durable. Enfin, l'analyse se positionne foncièrement contre la dérive légistique et budgétaire de l'Article 2, lequel énonce de manière automatique que « la perte de recettes pour l'État est compensée à due concurrence par la création d'une taxe additionnelle à l'accise sur les tabacs ». Ce recours systématique à la fiscalité punitive, devenu une clause de style interchangeable pour satisfaire formellement aux exigences de l'article 40 de la Constitution, trahit une paresse méthodologique. Le financement du réarmement démographique de la Nation ne peut pas dépendre d'une taxe comportementale instable, mais doit être compensé de manière économiquement viable par une baisse ciblée et rigoureuse des dépenses de fonctionnement superflues de l'État. En définitive, bien que cette proposition de loi soit, dans la forme, en partie recevable, le fond du problème n'y est pas pleinement discuté. L'urgence démographique exige de travailler sur plusieurs paliers essentiels afin de rassurer et d'accompagner les jeunes couples. Des mesures fiscales protectrices, des aménagements ambitieux du temps familial et un accompagnement moral vers un modèle centré sur la famille sont indispensables pour relancer la natalité. Stop aux demi-mesures unilatérales et technocratiques : il est temps d'ouvrir le champ des possibles et de guider la société, car la chute de la natalité en France ne représente pas un simple défi comptable, elle signe une lente extinction culturelle.
par Gabrielle Cluzel (dans Boulevard Voltaire) 11 mai 2026
Quand les fervents défenseurs du "vivre ensemble" se heurte au réel ... Un édito de Gabrielle Cluzel dans Boulevard Voltaire : https://www.bvoltaire.fr/edito-allegorie-a-la-concorde-le-vrai-vivre-ensemble-a-detruit-le-fantasme/
par Le bureau LD31 8 mai 2026
Une conférence de Thibault de Montbrial qui promet d'être passionnante sur le thème "France le choc ou la chute" ! Salle Barcelone mercredi 20 mai à 18h30 Thibault de Montbrial est un avocat français , président du Centre de Réflexion sur la Sécurité Intérieure (CRSI), un think thank ayant pour objectif de « permettre aux différents professionnels concernés ainsi plus généralement qu’à toutes les personnes intéressées, de se rencontrer et d’échanger ». Il souhaite aussi « permettre de contribuer au débat public et politique sur les questions de sécurité intérieure en proposant des analyses et en apportant des propositions opérationnelles concrètes » [
par Maxime Duclos 30 avril 2026
La France a fait le choix de la puissance. L'actualisation de la Loi de Programmation Militaire (LPM) 2024-2030, adoptée en commission le 23 avril 2026, confirme une trajectoire de réarmement : le budget des armées aura doublé entre 2017 et 2027. En injectant 36 milliards d’euros de ressources nouvelles pour la période 2026-2030, portant le budget total à 435,7 milliards d’euros, la Nation assume son rang. L’objectif est clair : porter l’effort de défense à 2,5 % du PIB d’ici 2030. Cette démarche n'est pas qu'une question de chiffres, c'est une stratégie de survie industrielle. La France impose désormais une « économie de guerre » où l’État peut exiger des industriels la constitution de stocks stratégiques couvrant jusqu’à 6 mois d’activité. Nos fleurons de la Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD) sont les piliers de cette souveraineté : l'accélération des livraisons de munitions, avec une hausse vertigineuse de +400 % pour les munitions téléopérées et +190 % pour l'artillerie de 155 mm, prouve que nous passons d'une logique de flux à une logique de masse. Soutenir nos industries, c'est garantir que nos Rafale, nos frégates et nos blindés ne soient jamais à court d'effecteurs dans un conflit de haute intensité. Réinvestir dans notre défense, c'est aussi refuser la dépendance technologique. En finançant des ruptures dans le spatial, l'IA et le combat ollaboratif, la France s'assure de rester maîtresse de son destin face aux pressions hégémoniques mondiales. à suivre... Maxime Duclos