Aiguisons l'Europe
L’Europe est la seule voie d’avenir pour la France.
L’Europe est la seule voie d’avenir pour la France.
La géographie offre ceci d’unique et d’implacable parmi les sciences humaines qu’elle soumet des faits imparables à notre analyse. Ce en quoi elle se distingue d’autres disciplines également passionnantes comme l’histoire ou l’économie qui, elles, versent régulièrement dans les réinterprétations successives de ceux qui se haussent tour à tour aux positions où ils peuvent les réécrire.
La géographie nous enseigne sans aucun fard que la France, seule, n’aura jamais les moyens d’assurer à son peuple la sécurité, le bien-être, la richesse collective qui lui sont nécessaires pour construire le bel avenir auquel nous aspirons pour nos enfants. Et ceci malgré le génie inégalé de notre peuple, qui nous a valu dans le passé une influence sur le cours du monde bien supérieure à ce que notre statut démographique, industriel, agricole ou militaire aurait dû nous conférer. Chacun pressent, chacun comprend que le lustre, le rayonnement, la gloire de la France d’il y a cent ans ne reviendront pas à une France qui ne saurait s’inscrire dans la dynamique d’une Europe affirmée et conquérante.
L ’Europe est la seule voie d’avenir pour la France, mais pas n’importe quelle Europe.
Pas l’Europe qui sacrifie l’emploi et la sécurité de ses peuples aux ravages de la mondialisation.
Pas l’Europe qui affaiblit ses Etats-Membres en excitant au sein des régions des ambitions déplacées qui les mènent à se rêver en rivales des Etats.
Pas l’Europe qui détruit la cohésion de son corps social en promouvant les communautarismes de tous acabits.
Pas l’Europe qui décompose ses classes moyennes en édifiant les castes des très riches et les castes des très pauvres.
Pas l’Europe qui saigne à mort son industrie et son agriculture pour porter à bout de bras un dogme de libéralisation des échanges dont elle est, dans le concert des monstres froids que sont les grands blocs géopolitiques, la seule avocate sincère et par là-même la plus grave victime.
Construisons l’Europe car nous n’avons pas d’autre choix. Mais donnons-nous les moyens de construire une Europe avisée, pragmatique et puissante.
Réformons sa gouvernance pour que chaque membre y progresse à son propre rythme, et assurons-nous que la France y jouera un rôle prépondérant. Et, au sein des zones de coopérations les plus cohérentes, donnons-nous les moyens d’unir nos forces pour pouvoir effectivement peser sur le cours de notre destin.
Abandonnons l’illusion du credo du libéralisme mondial dont nous ne sommes que les idiots utiles. Affirmons sans détour la primauté de la vocation de l’Union à assurer d’abord et avant tout le bien-être des peuples européens. Œuvrer à la libéralisation des échanges mondiaux doit rester un objectif de long terme, mais seulement si les négociations prennent place avec des partenaires qui sont en majorité de bonne volonté; ces conditions sont loin d’être réunies aujourd’hui !
Confirmons le primat du statut de l’Etat-Nation comme élément essentiel du succès de la construction européenne pour les décennies à venir. Rien dans un avenir proche ne supplantera l’Etat-Nation dans sa capacité à assurer la cohésion du corps social: supprimons toute initiative qui consiste à saper son autorité, même s’il peut être envisagé, pour des prérogatives précisément délimitées, d’en transférer une partie à une gouvernance collective.










