Nationalisme corse et identités régionales

Natacha Gray • 19 mars 2018

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En France le problème corse est revenu au cœur de l’actualité avec l’incontestable victoire des nationalistes en décembre aux élections pour la nouvelle collectivité spécifique entrée en fonction le 1er janvier 2018, puis début février avec le voyage du président Macron sur l’île et sa fin de non-recevoir à la plupart des revendications qui lui ont été présentées. Où en sont les Corses ? Que veulent-ils ? Que veulent-ils encore ajouteront certains ? Un scénario à la catalane, avec le référendum pour l’indépendance et le bras de fer avec l’État espagnol, est-il possible ici ? Nous avons achevé le précédent article consacré à l’identité de la France (à consulter en cliquant ici ) sur l’idée d’identités emboîtées, du local à l’Europe, complémentaires et qui ne s’excluraient pas. L’identité corse peut-elle s’affirmer sans mettre en péril le caractère « un et indivisible » de la République française ? Le problème est complexe et demande une analyse dépassionnée, bien loin de la vision manichéenne et caricaturale qu’en donnent, depuis des années, les médias obsédés par le sensationnalisme ainsi que de nombreux politiques qui peinent à dépasser les incantations (République, indivisibilité…), les postures méprisantes, les rancœurs héritées de la violence terroriste du FLNC contre les intérêts continentaux et leurs craintes d’affaiblissement de l’État central.


Un constat : le renouveau des revendications régionales.


Un peu partout en Europe on assiste en effet à la montée de revendications identitaires à l’échelle régionale : Catalogne, Corse, Écosse, Italie du Nord, Flandre... Des coalitions regroupant partisans d’une autonomie approfondie et indépendantistes gagnent les élections locales, des référendums légaux (Écosse) ou non reconnus (Catalogne) sont organisés en vue d’obtenir l’indépendance. En Espagne on pensait les revendications progressivement éteintes depuis que la Constitution de 1978 avait donné de larges prérogatives aux «  autonomías  » aux identités marquées, mais le grave conflit entre la majorité nationaliste élue à la Generalitat suite au referendum d’autodétermination d’octobre 2017 et l’État espagnol montre qu’il n’en est rien. De même les tensions et provocations, de part et d’autre, qui ont accompagné le voyage du président Macron en Corse sont révélatrices du malaise et de l’incompréhension persistante entre pouvoir central et élus locaux.

Certes, tous les mouvements indépendantistes ont renoncé, les uns après les autres en Europe, à la lutte armée : en Catalogne Terra Lliure a abandonné les armes dès 1991, l’ETA a déposé officiellement les siennes en 2011 au Pays basque, le FLNC en a fait de même en Corse en 2014. On est bien loin des années 1970-1980 quand le nationalisme s’exprimait au travers de règlements de comptes, de mouvements terroristes, de bombes et d’assassinats politiques, le dernier en date étant celui du Préfet Érigna c en Corse le 6 février 1998. De cette époque ne restent que quelques prisonniers purgeant leur peine, que les États centraux considèrent comme relevant du droit commun et que les forces nationalistes revendiquent en tant que prisonniers politiques. Cet abandon de la violence correspond de fait à de réelles avancées institutionnelles, issues d’un dialogue renoué dans un cadre démocratique et que nous évoquerons plus tard.

Bien évidemment le sentiment identitaire ne date pas d’aujourd’hui ni même d’hier et repose sur le sentiment d’appartenance à une nation (au sens démographique, sociologique et historique du terme), qu’il faut distinguer de la nation (pays) au sens de laquelle le territoire régional est englobé. Pour éviter la confusion avec l’échelle de la France, on qualifie parfois de « régionales » les revendications nationalistes dans des régions historiquement dotées d’un fort sentiment d’appartenance (Corse, Catalogne). Rappelons qu’une nation rassemble des personnes, généralement sur un même territoire (même si une nation peut être diasporique), qui partagent entre elles un passé commun, une langue, une culture propre, souvent une religion et, dans le présent, «  le consentement mutuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de faire valoir l’héritage que l’on a reçu indivis  » pour reprendre une définition d’Ernest Renan. Cette définition est évidemment indissociable de la notion de peuple . La nation ajoute à l’idée de peuple la délimitation d’un territoire historique, des institutions ou, à défaut, la volonté de construire quelque chose ensemble pour conserver un certain nombre de valeurs, un patrimoine culturel, architectural, juridique, des pratiques, des coutumes. À ce titre, il est indéniable que les Corses, les Catalans, les Écossais, les Flamands furent et restent des nations, seule « l’identité padane », parmi ces courants nationalistes qui se font entendre aujourd’hui, semble être une construction récente (XXe siècle) de la Ligue du Nord (devenue la Ligue pour dépasser son périmètre historique) [i].


Nier la spécificité de la Corse et que ses habitants forment un peuple bien particulier, sur le prétexte que l’île est une collectivité territoriale française, c’est faire peu de cas de l’histoire et de la géographie, et se laisser aveugler par l’idéologie ou la rancœur héritée des temps où des militants indépendantistes armés défiaient la République, cagoulés et armés, tout en posant des bombes contre les intérêts continentaux. Difficile en effet d’oublier également, vingt ans après, le traumatisme face à la forfaiture impardonnable que fut, y compris pour de nombreux Corses, l’assassinat d’un préfet pour le seul motif qu’il incarnait par sa haute fonction la présence de l’État français sur l’île. Mais, quoi que l’on pense des revendications autonomistes ou indépendantistes, quelles que soient nos sympathies ou antipathies pour cette région longtemps « remuante » et frondeuse, cela ne doit pas conduire à des dénis de réalité qui empêchent tout dialogue constructif.

Géographes et sociologues peuvent témoigner que, comme toute île, sauf celles qui sont aisément reliées à un continent, la Corse a créé une civilisation originale qui est le syncrétisme de plusieurs influences, ce que Anne Meistersheim [ii] dans ses travaux sur le fait insulaire nomme la «  dialectique de l’ouverture/fermeture  » : une île est ouverte sur le monde, elle fut une étape sur les routes maritimes, recevant ainsi de nombreuses influences. Mais elle peut également se refermer sur elle-même, surtout quand il s’agit d’un espace montagneux, de faible superficie, et construire, au fil du temps, par synthèse des diverses influences, une civilisation originale à celle du continent lorsqu’il s’agit d’un espace intégré à un État plus ou moins lointain. Toutes les approches phénoménologiques, transdisciplinaires, s’appuyant sur le vécu des insulaires et l’expérience externe des continentaux, montrent la solidarité de fait entre les habitants, un lien social très vivant, des lois particulières fondées sur un code de l’honneur (toutes les îles méditerranéennes furent ainsi longtemps des régions de vendetta), des pratiques et coutumes spécifiques, un fort attachement au territoire et à ses spécificités, à la transmission de ce qui fait l’identité îlienne, et souvent une langue spécifique qui n’est pas un patois et a survécu aux multiples influences extérieures. Et de fait la Corse n’est française que depuis 1769, quand elle fut conquise militairement après 4 siècles de rattachement à la République de Gènes et quelques décennies d’indépendance au cours desquels elle mit en application la première constitution démocratique de l’Histoire, accordant même le droit de vote aux femmes en 1755 ! L’Université de Corse (à Corte) fut d’ailleurs pionnière dans l’étude des spécificités des espaces insulaires, mettant en évidence une triple caractéristique : l’insularité (ce qui caractérise un espace entouré par la mer, généralement montagneux, avec des coûts liés à l’éloignement, une économie particulière…), l’iléité (les coutumes, la vie quotidienne, le lien social, le fait d’être et de se sentir un îlien) et l’insularisme (une certaine propension à la révolte et aux revendications, la capacité à se soulever contre l’État central quand une île est rattachée administrativement à un espace exogène).

Ces caractéristiques s’appliquent à la Corse, il faudrait être aveugle ou de bien mauvaise foi pour le nier et faire semblant de croire que, parce que la collectivité relève administrativement de la République française, elle en aurait perdu de facto toute spécificité et que son identité particulière se serait effacée.


Les causes de ce renouveau régional sont multiples.

De façon générale cette progression des revendications régionales [iii] et leur durcissement récent peuvent être mis en relation avec plusieurs facteurs et il faut bien en prendre conscience afin de se convaincre que cette affirmation des nationalismes locaux est une réalité, qu’elle sera durable et ne fera qu’augmenter. Refuser le dialogue ne fera pas disparaître ce phénomène, bien au contraire.

D’une part la réaction à la mondialisation et l’homogénéisation des modes de vie, des paysages, la disparition de traditions locales, la crainte de l’extinction de langues locales faute de nouveaux locuteurs, l’ouverture des frontières et la mobilité résidentielle produisent à toutes les échelles un retour aux « racines », la volonté de s’ancrer dans un territoire, une culture, une histoire, de préserver les héritages du passé, de réactiver une identité propre. À cet égard le renouveau des nationalismes, qui dès les années 1980 a fait éclater des États comme la Yougoslavie qui fédérait plusieurs « nations » n’est qu’une traduction parmi d’autres (citons le renouveau des parlers et langues locaux, les régionalismes, le retour des produits à l’ancienne, le succès de la littérature du terroir…) de cet ancrage identitaire dans le local face à la perte de repères collectifs et individuels.

D’autre part le déclinisme français, les programmes scolaires qui n’enseignent plus la fierté d’appartenir à une patrie glorieuse, l’essor d’un communautarisme clivant ont effrité peu à peu le sentiment d’appartenance national et, par contrecoup, renforcé les mécanismes d’identification à des repères locaux.

En outre la réaction parfois rigide, à certaines périodes de l’histoire récente, des États centraux à toute demande d’approfondissement de l’autonomie n’ont fait que cristalliser le mécontentement et cela d’autant plus que les populations concernées ont l’impression qu’il y a véritablement deux poids deux mesures dans la prise en compte du sentiment identitaire. Sur le plan interne en effet les mêmes élus ou leaders politiques qui acceptent l’affirmation visible (par exemple par le vêtement) d’autres modes de vie et croyances, des entorses multiples aux lois de la République de populations d’origine exogène au nom d’un relativisme culturel très permissif sont souvent ceux qui se montrent les plus intransigeants envers les revendications identitaires de leurs propres minorités historiques (corses, basques, catalanes…). Sur le plan extérieur on félicite de même les Kurdes pour un référendum sans bases légales quand on le reproche aux Catalans, suscitant un profond sentiment d’injustice et un immense élan de solidarité pour la Catalogne espagnole chez les autonomistes et indépendantistes de régions françaises à forte identité. La France, reconnaîtrait aux autres peuples ce qu’elle refuse à ses propres minorités nationales. Pour se faire entendre, il s’agit donc de demander le plus pour obtenir au moins quelque chose. C’est ce qu’il s’est passé en Catalogne où nombre de votants, autonomistes, disent avoir soutenu l’indépendance pour faire pression sur l’État central face au blocage et au refus de dialogue depuis 2010 mis en place par le Partido popular.

En Corse les mêmes causes produisent les mêmes effets qu’ailleurs. Il est d’ailleurs amusant et (en apparence) paradoxal que le sentiment d’une démission de l’État central sur les questions identitaires ait fait des Corses au cours de l’été 2016, à la fois dans ce qu’ils exprimaient et dans le regard de nombreux continentaux, les défenseurs de l’identité nationale française lors de mouvements de protestations « musclés » face à des provocations et une agression islamiste sur la plage de Sisco, entraînant un arrêté municipal interdisant le burkini. Ce genre de réaction collective, épidermique, immédiate et identitaire, était présenté jadis par les médias comme une manifestation de xénophobie voire de racisme d’une île fermée sur elle-même hostile à toute modernité. Aujourd’hui elle est vécue par beaucoup au contraire comme un attachement aux valeurs laïques et une défense de l’identité et des modes de vie occidentaux face aux partisans de la charia. Les réseaux sociaux ont largement contribué à restaurer l’image de la Corse et à tempérer la présentation caricaturale de l’île par les politiques et les médias, incapables d’expliquer la complexité de ce territoire particulier et de sortir d’un manichéisme réducteur.

Rappelons que de très nombreuses revendications corses ont été satisfaites depuis les années 1980. La loi du 2 mars 1982 portant statut particulier de la région corse , complétée par la loi du 30 juillet 1982 relative aux compétences a été suivie par la promulgation de la loi du 13 mai 1991 portant statut de la collectivité territoriale de Corse qui fait de l’île l’exemple unique d’une collectivité territoriale qui n’était plus une véritable région mais qui restait malgré tout régi par le droit applicable aux régions, sauf dans tous les cas où existait une disposition spécifique. La loi du 22 janvier 2002 lui a donné des compétences nouvelles sans en modifier le statut. Et le 7 août 2015 la loi portant nouvelle organisation territoriale de la République comporte plusieurs nouvelles dispositions : la Corse n’est plus qualifiée de « collectivité territoriale », mais de « collectivité de Corse ». Enfin, à compter du 1er janvier 2018 la Corse est devenue une collectivité à statut particulier au sens de l’article 72 de la Constitution qui remplace à la fois les deux conseils départementaux et l’actuelle collectivité territoriale. C’est qu’à partir de la présidence de François Mitterrand, en particulier avec Pierre Joxe ministre de l’Intérieur (pourtant particulièrement jacobin mais qui eut une compréhension particulièrement éclairée du problème corse), il y eut une réelle volonté politique de traiter un problème lui-aussi avant tout politique, que l’on déclinait ensuite en termes juridiques et constitutionnels, ce qui faisait apparaître des limites dans la concrétisation des décisions (comme avec la notion de « peuple corse », proposée par Pierre Joxe mais rejetée par le Conseil Constitutionnel). Ces précisions méthodologiques ont toute leur importance car l’on verra un peu plus tard que la démarche actuelle du Président Macron est inversée, partant d’arguties juridiques qui empêchent de considérer le problème sur le plan politique.

La situation n’était donc pas bloquée, ce qui explique d’ailleurs que les revendications politiques passent aujourd’hui par la voie légale de l’élection et non plus, comme autrefois, par la violence terroriste. Alors comment comprendre aujourd’hui les nouvelles revendications corses, à la fois institutionnelles et sociétales, présentées comme une surenchère par certains ?

Il y a déjà le fait que les nationalistes, alliés au sein de la coalition Pè a Corsica , ont obtenu une victoire indiscutable (56,5 %) aux élections de décembre 2017 pour la nouvelle collectivité territoriale unique qui a vu le jour au 1er janvier 2018, réunissant les deux courants rivaux, les autonomistes autour de Gilles Simeoni (élu président de l’Exécutif de Corse) et les indépendantistes avec Jean-Guy Talamoni (président de l’assemblée de Corse). Le programme est clair : «  obtenir sous trois ans un véritable statut d’autonomie de plein droit et de plein exercice et de le mettre en œuvre en dix ans  », reconnaissant que l’indépendance, que tous les membres de la coalition ne demandent évidemment pas, est dans «  l’imaginaire collectif  » mais qu’elle n’est pas d’actualité. Les « natio » Corses, depuis le renouveau du nationalisme local dans les années 1960, se sont toujours vu conseiller par les politiques continentaux d’user d’abord de la voie légale pour porter leurs revendications, ensuite de se faire élire dans les assemblées représentatives. On en reparlerait après. Or c’est fait. Forts de cette nouvelle onction du suffrage universel, les deux présidents ont engagé un dialogue depuis cet été avec Mme Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, et avec le Président du Sénat Gérard Larcher.

Ensuite, comme on l’a rappelé précédemment, le renouveau des nationalismes est un phénomène mondial face à ce qui est perçu comme une double menace, la mondialisation qui homogénéise les identités et les provocations islamistes qui touchent également l’île dans une moindre mesure que sur le continent.

En outre la révision constitutionnelle de 2003 a accordé de très larges statuts d’autonomie à d’autres collectivités en Outremer (statut ex generis pour la Nouvelle Calédonie avec compétence pour adopter des « lois de pays », compétences à la carte pour les autres), permis quelques « entorses » aux lois républicaines dans certains territoires, prix du maintien dans la République (rois à Wallis-et-Futuna, polygamie à Mayotte). Les Corses demandent donc une inscription spécifique et séparée de la collectivité dans la Constitution. Parallèlement ils mettent en avant la comparaison avec d’autres espaces insulaires en Europe qui bénéficient d’un plus large statut d’autonomie (Sardaigne, Sicile, Baléares, Canaries et Madère). L’idée soutenue par de nombreux juristes (non corses) est celle d’un nouveau statut hybride qui donnerait davantage d’autonomie à la collectivité à l’instar de ses voisines méditerranéennes et des territoires français ultramarins (notamment sur le foncier, la fiscalité et la langue ) mais qui ne contreviendrait pas au principe « d’indivisibilité de la République ».

A ces considérations institutionnelles s’ajoutent des revendications que l’on pourrait qualifier de sociétales, celles qui ont directement un impact sur la vie quotidienne des habitants de l’île. Il en est ainsi de l’amnistie réclamée pour ceux que les Corses considèrent comme des « prisonniers politiques » (des prisonniers suspectés d’être mêlés à des affaires de terrorisme) ou à défaut d’un « rapprochement familial » par une incarcération locale pour faciliter la visite des proches. La langue corse est également un point de discorde fondamental avec Paris : les nationalistes demandent sa coofficialité sur le territoire, notamment l’autorisation d’employer le corse à égalité avec le français dans les collectivités locales, l’enseignement, le droit insulaire, etc. Le bilinguisme serait obligatoire à l’école et un rapport de l’exécutif préconise même une obligation statutaire de formation en langue corse pour les fonctionnaires, agents publics et personnels des médias. Les Corses souhaitent également la création d’un statut de résident pour lutter contre la spéculation immobilière et de voir l’île envahie par des résidences secondaires et les locaux, dans l’incapacité d’acheter, contraints de partir sans espoir de retour. On rejoint ici les revendications institutionnelles : empêcher les gens qui en ont les moyens d’acheter en Corse au détriment des insulaires serait évidemment une discrimination, donc contraire à la Constitution, sauf si l’on y insère un dispositif spécifique pour la Corse, ce qui est précisément demandé.


Une situation qui semble bloquée

Du côté corse de nombreux espoirs avaient été placés dans la récente visite du Président Macron sur l’Île. Hélas, malgré de timides avancées, la situation paraît bloquée. Le Président avait choisi manifestement des symboles (la date anniversaire de l’assassinat du Préfet Érigna c il y a vingt ans ; se faire accompagner de Jean-Pierre Chevènement, un des plus fermes opposants à l’autonomie corse et qui avait même démissionné en 2000 en raison de son hostilité aux accords de Matignon [iv] ; assister à une cérémonie d’hommage au préfet avant même de rencontrer les élus nationalistes de l’île) auxquels a répondu un autre symbole (le refus initial d’installer le drapeau français aux côtés des drapeaux corse et européen). Aujourd’hui le paradoxe est qu’au moment où le fait politique s’est renforcé, on ne prend plus en compte la spécificité de l’île. Si on compare avec d’autres périodes de discussions entre la Corse et l’État que ce soit en 1982 avec Mitterrand, en 1989 avec Joxe, en 1998-2002 avec Jospin, il y a eu, à chaque fois, d’abord un cadre et une volonté politiques qui révélaient l’acceptation claire par l’État de l’existence d’une spécificité corse. Ensuite on tentait de décliner ces avancées en termes juridiques et constitutionnels. Aujourd’hui on ergote au contraire sur des difficultés juridiques en pinaillant sur des mots : peut-il y avoir plusieurs peuples (dont le peuple corse) au sein d’un peuple (le peuple français) ? Pierre Joxe voulait l’inscrire dans la Constitution, le Conseil d’État avait rejeté cette proposition au nom de l’indivisibilité de la République : une nation, un peuple [v]. Vingt-cinq ans après, on revient et on bloque sur cette question purement sémantique en l’enrobant de grands principes incantatoires ! A l’heure où les nationalistes corses ont obtenu une écrasante majorité par les urnes, le gouvernement inverse la question et ne pose plus le problème en termes politiques mais insiste sur des difficultés techniques et juridiques , posant des préalables et des lignes rouges infranchissables. C’est un dialogue de sourds qui révèle d’une part l’absence de prise en compte du fait politique corse par le Président de la République et sa méconnaissance du dossier, non pas parce qu’il serait incapable de le comprendre mais parce que, de toute évidence, cette échelle locale ne l’intéresse pas. Son attitude cassante lors de sa venue sur l’île démontre clairement qu’il n’y a pas de volonté politique de situer le dialogue en cours à la hauteur des enjeux. C’est le triste constat fait par les nationalistes, principalement par Gilles Simeoni, parlant « d’occasion historique manquée » de faire avancer conjointement les revendications corses tout en inscrivant l’île plus fermement dans le cadre de la République française.


Certes le problème n’est pas simple. Bien évidemment beaucoup, à commencer par nos dirigeants, craignent que la reconnaissance d’identités locales affaiblisse le sentiment d’appartenance à la nation, déjà fort mal en point. Or l’on sait que, face aux multiples menaces qui pèsent sur nos États (terrorisme, déclassement économique…), l’échelle nationale doit être plus que jamais renforcée. À ceci s’ajoute le fait que la reconnaissance de micro-États affaiblirait des économies nationales déjà en crise. En effet les territoires « sécessionnistes » sont souvent riches (mais pas toujours, comme le montre l’exemple corse) et, à ce titre, contribuent à la solidarité nationale bien plus qu’ils n’en reçoivent, et cela sans contrepartie en termes d’approfondissement de l’autonomie. C’était notamment le cas des Catalans qui non seulement n’ont rien obtenu en termes d’autonomie fiscale ou de reconnaissance symbolique au niveau de la Constitution mais qui, en outre, ont vu reculer certains de leurs droits spécifiques reconnus par l’ Estatut de 2006, supprimés en 2010. Enfin le morcellement de l’Europe en États nouveaux rendrait tout accord majoritaire de plus en plus difficile. Et à l’heure où l’on parle de mettre en place une défense européenne, elle n’en serait que plus compromise par l’indépendance de petits territoires dont on sait que la défense n’est pas une dépense prioritaire et qu’ils délèguent cette compétence aux États les plus puissants.


Le maintien du dialogue est nécessaire

Au-delà des ressentiments (et l’auteur de cet article a toujours du mal à oublier les groupuscules cagoulés défiant la République et le traumatisme de l’assassinat d’un préfet de la République) et des convictions personnelles (à dominante jacobine ou girondine, pour reprendre la vieille opposition politique), l’honnêteté intellectuelle oblige à dépasser le manichéisme, à tenter de penser la complexité et à agir avec pragmatisme dans la recherche du Bien commun.

La réaffirmation de l’identité nationale et des valeurs françaises est une priorité, mais il faut bien comprendre, comme nous l’expliquent les autonomistes, qu’elle n’exclut nullement la reconnaissance des identités régionales et des « nationalismes » au sens historique du terme (Corses, Catalans…).

Le fait est que cette affirmation identitaire est une réalité, qu’elle s’est constituée sur des bases historiques et culturelles, qu’elle sera durable et ne fera qu’augmenter. Refuser le dialogue ne fera pas disparaître ce phénomène, bien au contraire. Le dialogue est plus que jamais nécessaire afin de renforcer le camp autonomiste et éviter une escalade des revendications indépendantistes comme en Catalogne, dont les élus ont été contraints, devant la surdité de l’État central, de demander le plus pour espérer relancer le processus et avancer a minima . Ensuite la puissance d’une nation repose, entre autres éléments essentiels, sur le consensus, l’envie de populations disparates de se réunir sur des valeurs, un héritage et un projet commun.

Il faut donc reconnaître ces cultures communautaires, ces usages régionaux, ces spécificités marquées, et en Corse en particulier, dès lors que le sentiment identitaire ne se conçoit plus majoritairement en dehors du continent mais dans un système d’identités emboîtées et complémentaires et où de nombreux « natios » envisagent désormais une autonomie renforcée en parfaite intégration dans la République française. Il s’agit de comprendre la spécificité de ce bout de France îlien, comme on l’a fait pour les territoires ultramarins lors de la révision constitutionnelle de 2003. Il semble définitivement acté, puisque le Président Macron s’y est, comme Mme Gouraud, engagé, qu’un article spécifique sera consacré à la Corse dans la Constitution (ce qui permettra de ne plus la ramener aux articles 72, 73 et 74 qui énumèrent les statuts et compétences des diverses collectivités au sein de la République). Mais ce n’est là qu’un aspect de ce que les nationalistes veulent présenter au Président Macron. Les questions relevant de la vie quotidienne sont prioritaires aux yeux des électeurs corses. Le contexte est favorable, un rendez-vous historique reste possible après le dialogue de sourds de février. Puisse le chef de l’État être bien conseillé ou prendre la peine d’étudier le dossier corse au-delà des caricatures, des rancœurs et des a priori .




[i] Il est néanmoins est indéniable que l’unité italienne est récente et que le morcellement géographique de l’Italie a permis, jusqu’au siècle dernier, la permanence de territoires multiples aux identités variées, irréductibles aux autres, comme l’avait si bien montré Fernand Braudel dans son ouvrage sur la Méditerranée et le monde méditerranéen .


[ii] Anne Meistersheim, Figures de l’île , Ajaccio, 2001

Fondatrice de l’IDIM (Institut de développement des îles de la Méditerranée. Université de Corse).


[iv] Les « Accords de Matignon», résultats de tractations entre le gouvernement de Lionel Jospin et les mouvements nationalistes corses, avaient pour objectif de redéfinir la place de la langue corse et les relations avec les mouvements nationalistes. Ils aboutissent à la loi de janvier 2002 et à la démission le 29 août 2000 du Ministre de l’Intérieur, en désaccord avec le Premier Ministre et qui en avait appelé à «  la vigilance républicaine  » : «  Les nationalistes corses doivent être — politiquement s’entend — combattus ».


[v] L’article 1er du statut de 1991, adopté par le Parlement malgré l’avis défavorable du Conseil d’État, qui l’avait considéré comme inconstitutionnel, disposait que «  la République française garantit à la communauté historique et culturelle vivante que constitue le peuple corse, composante du peuple français, les droits à la préservation de son identité culturelle et à la défense de ses intérêts économiques et sociaux spécifiques  ». Le Conseil constitutionnel a jugé que « la mention faite par le législateur du “ peuple corse, composante du peuple français ” est contraire à la Constitution, laquelle ne connaît que le peuple français sans distinction d’origine, de race ou de religion » (cons. n° 13).


par Arthur de Watrigant 5 avril 2026
"La loi du milieu" un éditorial d'Arthur de Watrigant dans le dernier numéro de "L'incorrect" https://lincorrect.org/editorial-darthur-de-watrigant-la-loi-du-milieu/ Rachida Dati a perdu, Patrick Cohen jubile sur France Inter. Il n’a pas tort ce lundi 23 mars au matin. Toutes les planètes étaient alignées, des retraits de listes à la réforme du scrutin qui l’inquiétait quelques mois plus tôt, comme nous le révélions dans ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Legrand-Cohen. Mais voilà, la sentence est tombée, l’ex-ministre de la Culture ne siègera pas rue de Rivoli. Pour service rendu (sic), le château de Versailles lui ouvre ses portes, il y a pire comme antichambre pour attendre les procès. Emmanuel Grégoire peut souffler. L’affaire ignoble du réseau pédocriminel dans le périscolaire parisien ne l’a pas affecté. Il annonce l’avenir en grande pompe : toujours plus de HLM, et le paradis des LGBT. La cohabitation s’annonce rock’n’roll. Mais Paris n’est pas la France, et les municipales ne sont pas une élection nationale. Tirer des conclusions pour 2027 s’avère périlleux. En revanche, la carte est limpide. Les grandes métropoles à la gauche et aux progressistes ; le reste aux autres. Le fossé entre les Français et les élites s’agrandit. Bientôt, ils ne se croiseront plus du tout. Il est des pouvoirs d’autant plus sûrs d’eux-mêmes qu’ils ne se reconnaissent plus comme tels. Ils se croient naturels. Ils ne s’imposent pas : ils vont de soi. Depuis longtemps, l’audiovisuel public français exerce ce magistère feutré. Il ne gouverne pas le pays ; il en administre le récit. C’est un sanctuaire moderne qui voit une caste se contempler sous les traits de l’universel. C’est tout le privilège des cléricatures tardives : elles parlent au nom de tous depuis leur nombril. Rien, d’ailleurs, n’est tout à fait caché. Les connivences, les indulgences, les enthousiasmes comme les répulsions composent un paysage si connu qu’il en devient presque invisible. « Avec Patrick, on fait ce qu’il faut pour Dati », affirmait Thomas Legrand pour rassurer les socialistes. Les petites phrases ont parfois cette vertu de condenser un régime. C’est un monde qui a ses rites. Il aime particulièrement les cérémonies funèbres, qui permettent de travestir le bilan en élégie, surtout dès qu’un socialiste tombe. Jack Lang ? « Le plus grand ministre de la Culture de la ve ». Jospin ? « Le meilleur Premier ministre de la ve ». On a la canonisation aussi généreuse que l’excommunication sur France Inter. Mais les 35 heures n’existent pas au Purgatoire. Et puis survient parfois un grain de sable dans cette belle mécanique de l’innocence. Les Rayons et les Ombres, le film magistral de Xavier Giannoli. En choisissant Jean Luchaire pour raconter la collaboration, le cinéaste touche juste : il rappelle que les trahisons ne sont pas l’apanage d’un camp et naissent aussi dans les salons, les rédactions, les consciences raffinées et… à gauche. Soudain, le récit se trouble : quoi, la gauche n’est pas immunisée contre le mal ? Heureusement, des experts volent à la rescousse : l’historien Laurent Joly – qui, il y a un an, appelait à voter contre le RN en toute neutralité et tentait de liquider Jean-Yves Camus la veille dans Le Monde – est convoqué sur France 5 pour affirmer que « Luchaire est une anomalie ». Ça en fait tout de même un paquet… D’ailleurs quelques villes gagnées par LFI, au Blanc-Mesnil et ailleurs, refoulaient des odeurs d’épuration le jour d’intronisation des nouveaux maires. Certains avaient prévenu, mais par crainte de guerre civile, on a préféré leur agrafer une étiquette de facho sur la tronche. La paix vaut bien tous les renoncements. S’il y en a un qui ne renonce pas, c’est bien Charles Alloncle. Le jeune député et rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public s’apprête à rendre ses conclusions. Elles ne seront peut-être jamais publiées, et toutes les preuves peuvent disparaître. Il suffit d’un vote. Ses adversaires le savent. Ils ont tout essayé : corruption, menaces, diffamation, des plus hautes sphères du privé jusqu’au perchoir de l’Assemblée. Rien n’y fait, Alloncle ne flanche pas. Il accuse. Le scandale est immense. Tentaculaire. Quant au pluralisme, il fait pâle figure face au système mafieux. Un système qui absout les siens et condamne les autres. Un monde qui se croit encore le centre alors qu’il n’est plus qu’un milieu.
par Maxime Duclos 26 mars 2026
Depuis quelques années, l’Allemagne a engagé un tournant stratégique majeur. Longtemps critiquée pour la faiblesse relative de son effort militaire, elle opère aujourd’hui un réarmement rapide et assumé, notamment au sein de son armée de terre, la Heer. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : un budget de défense passé d’environ 44 milliards d’euros en 2020 à près de 79 milliards en 2025, avec des projections dépassant les 100 milliards si l’on intègre les enveloppes exceptionnelles engagées depuis 2022. Officiellement, cette montée en puissance s’inscrit dans le contexte du conflit russo- ukrainien et dans une volonté de renforcer la sécurité européenne. Cet argument est recevable. L’environnement stratégique s’est dégradé, et il est logique que les États européens cherchent à combler leurs lacunes militaires. L’Allemagne, première puissance économique du continent, ne pouvait durablement rester en retrait. Mais au-delà de cette lecture immédiate, une question demeure : jusqu’où ira ce réarmement, et dans quel but réel s’inscrit-il à long terme ? Les ambitions affichées sont considérables. La modernisation de l’équipement de la Heer, avec une montée en puissance massive des chars Léopard, des véhicules blindés, de l’artillerie, des systèmes antiaériens et des drones, traduit une volonté claire : disposer d’une armée complète, robuste et projetable. L’objectif implicite, parfois évoqué dans certains cercles, de faire de l’armée allemande la première force terrestre d’Europe, marque une rupture stratégique profonde. Certes, l’Allemagne est aujourd’hui un allié, au sein de structures communes comme l’OTAN et l’Union européenne, un allié qui collabore étroitement avec le gouvernement et l’industrie française. Des projets de développement commun sont en cours dans le secteur de la défense et de la BITD (Base industrielle et technologique de défense), notamment le projet SCAF (Système de combat aérien du futur), qui prévoit d’ici 2040 de développer un nouvel avion de chasse destiné à remplacer le Rafale et l’Eurofighter. Le MGCS (Main Ground Combat System) est le futur système de combat terrestre destiné à remplacer les chars Leclerc français et Léopard 2 allemands vers 2040. Le projet MAWS (Maritime Airborne Warfare System) est une coopération lancée par une lettre d’intention franco-allemande en 2018 pour concevoir une capacité européenne de patrouille maritime et de lutte ASM (anti-sous-marine). Mais l’histoire enseigne une réalité simple : les alliances évoluent au gré des intérêts nationaux. Cette histoire européenne ne peut être écartée d’un revers de main. Les conflits passés, de la guerre de 1870 sous Otto von Bismarck et Napoléon III jusqu’aux deux guerres mondiales, ont façonné un équilibre fondé sur la méfiance autant que sur la coopération. Pendant des décennies, cet équilibre s’est traduit non pas par des plafonds juridiques stricts, mais par une forme de retenue politique et stratégique propre à l’Allemagne. Sans être formalisées comme après 1945, certaines limites existaient de facto : sous- investissement militaire, armée réduite et culture de réserve héritée de l’histoire. Le tournant opéré depuis 2022 marque une rupture : sous l’effet du conflit russo-ukrainien, ces freins politiques et historiques ont été levés, ouvrant la voie à un réarmement rapide et massif, notamment à travers un fonds exceptionnel de 100 milliards d’euros. C’est ici que doit s’exprimer une position claire. Oui, l’Allemagne a le droit d’assurer sa défense et de participer à la sécurité du continent. Mais elle ne peut pas être considérée comme un État militaire « comme les autres ». Son histoire militaire au XXe siècle, marquée par deux conflits mondiaux majeurs et des dizaines de millions de morts, impose une responsabilité particulière. Je pense en particulier aux propos de Monsieur Thierry Berthier, enseignant-chercheur au Centre de recherche Saint-Cyr et directeur scientifique de la Fédération professionnelle européenne des drones de sécurité. Sa recommandation pose question : « L’Allemagne pourrait s’engager à son tour dans le développement de sa propre dissuasion nucléaire, avec un soutien technologique franco-britannique. » Bien entendu, cette phrase vient compléter une analyse plus large sur le réarmement de l’Europe. Mais de tels propos peuvent inquiéter. Sommes-nous aujourd’hui réellement prêts, nous Européens, mais Français avant tout, à accompagner le développement de la dissuasion nucléaire allemande ? Il est permis d’en douter. Ignorer cette réalité au nom d’une lecture purement contemporaine serait une faute stratégique. Le réarmement allemand ne doit pas être refusé, mais il doit être encadré, transparent et politiquement assumé au niveau européen. Il ne peut se faire sans débat, sans limites et sans vigilance. Car l’histoire montre que les dynamiques de puissance, une fois enclenchées, échappent parfois à ceux qui les initient. Le véritable danger ne réside pas dans le réarmement en lui-même, mais dans l’oubli des leçons de l’histoire et dans l’absence de cadre politique clair. À long terme, ce type de transformation stratégique peut redéfinir les équilibres européens. Et si aujourd’hui personne ne peut sérieusement envisager une confrontation, il serait irresponsable d’écarter toute dérive future par principe. La lucidité impose donc une ligne simple : coopérer avec l’Allemagne, mais sans naïveté ; accompagner son réarmement, mais en fixant des exigences claires à l’échelle européenne. Car en matière de puissance militaire, l’histoire européenne a déjà montré que les équilibres ne sont jamais définitivement acquis.
par Renaud Girard dans FigaroVox 25 mars 2026
Une tribune très instructive de Renaud Girard dans FigaroVox sur l'Iran: https://www.lefigaro.fr/vox/monde/renaud-girard-les-trois-erreurs-strategiques-de-la-theocratie-iranienne-20260303 CHRONIQUE - En bombardant les pétromonarchies du Golfe, les ayatollahs ont ajouté à leur idéologie obscurantiste une imbécillité stratégique. Au pouvoir à Téhéran depuis 47 ans, la théocratie chiite iranienne n’a jamais paru aussi faible. Elle est à la fois contestée de l’intérieur et attaquée de l’extérieur. À découvrir Intérieurement, elle a perdu tout soutien auprès des classes moyennes éduquées, depuis qu’elle a réprimé dans le sang, le 8 janvier 2026, les manifestations populaires contre la vie chère et la mauvaise gestion économique du gouvernement. Passer la publicité Extérieurement, elle est attaquée, depuis le 28 février 2026, par les deux plus grandes puissances militaires présentes au Moyen-Orient, à savoir les États-Unis d’Amérique et Israël. Son chef quasi-sacré, l’ayatollah Khamenei, a été tué, dès le début de la guerre par un missile de Tsahal, qui a montré, une fois de plus, son talent à recueillir des renseignements fiables en territoire ennemi et à y effectuer des frappes précises au mètre près. Trump s’est montré habile quand il a promis l’immunité aux gardiens de la révolution s’ils déposaient leurs armes Les Américains et les Israéliens n’ont pas caché que leur guerre visait à obtenir un changement de régime. Y parviendront-ils ? Cela dépendra de leur volonté ou non de prendre des risques supplémentaires, y compris sous la forme de commandos de forces spéciales à terre. Mais, à Washington comme à Jérusalem, on sait qu’une situation aussi favorable ne se reproduira pas en Iran avant très longtemps. C’est le moment ou jamais pour renverser le gouvernement islamique à Téhéran. Trump s’est montré habile quand il a promis l’immunité aux gardiens de la révolution s’ils déposaient leurs armes. Le problème le plus difficile aujourd’hui est celui du choix d’un bon pouvoir de transition pour remplacer celui des ayatollahs. Les Américains ont-ils en tête une personnalité iranienne qui pourrait jouer le rôle que joue la nouvelle présidente Delcy Rodriguez au Venezuela ? Sont-ils prêts à présider une transformation encore plus profonde des institutions iraniennes ? Songent-ils à confier la gestion des affaires courantes à l’armée régulière iranienne ? La question du pouvoir de transition à Téhéran devrait préoccuper la Maison-Blanche bien davantage que le gouvernement de Jérusalem. Benyamin Netanyahou a déjà eu son succès, en décapitant un régime qui affirmait publiquement vouloir « effacer Israël de la carte » du Moyen-Orient. Pour Donald Trump, l’affaire est plus compliquée. Il faut qu’il obtienne, à l’issue de son expédition militaire, un Iran à la fois stable et aligné sur les intérêts américains. Si tel n’était pas le cas, le 47e président des États-Unis aborderait l’automne et la campagne pour les élections de mi-mandat du 3 novembre 2026 dans les pires conditions. Car le Parti démocrate se ferait fort de le traiter de parjure, lui qui avait solennellement promis aux électeurs américains qu’il ne commencerait jamais de guerre. À lire aussi Attaque en Iran : le régime des mollahs s’active pour organiser la succession et contredire le scénario de son effondrement Trump s’est engagé dans une très grosse partie de poker internationale. Force est de constater qu’elle a bien commencé pour lui. Mais elle est loin d’être terminée. Un gros joueur ne peut se juger que sur ses gains, lorsqu’il est dans l’avion qui décolle de Las Vegas. Trump n’est pas encore dans cette situation. C’est maintenant qu’il devra jouer très finement, en surfant sur son avantage. La théocratie iranienne est dans une situation aux antipodes de celle des gouvernements américain et israélien. Elle est dans un état de grande faiblesse. Elle est proche du point de rupture. Comment en est-elle venue là ? En 2003, elle était pourtant dans une situation solide. Intérieurement, le pouvoir religieux suprême ne s’était pas opposé à l’élection d’un président réformateur, le populaire Mohammad Khatami, élu en 1997, et réélu en 2001. Extérieurement, l’Amérique lui avait fait un cadeau en or en Irak sans le vouloir, en y renversant le pouvoir sunnite de Saddam Hussein, pour le remplacer par un pouvoir chiite proche de Téhéran. Au lieu de profiter intelligemment d’une situation aussi favorable, l’ayatollah Khamenei a commis trois fautes stratégiques lourdes. Au lieu de saisir l’occasion de la difficile Administration américaine de la Mésopotamie pour aider les Américains et se réconcilier avec eux, l’ayatollah Khamenei a été saisi par la démesure. En 2005, son pouvoir s’en prend verbalement à Israël et organise des forums révisionnistes à Téhéran, prétendant que l’Occident a beaucoup exagéré le nombre des victimes de la Shoah, etc. En 2006, par défaut de contrôle de son vassal libanais, Téhéran laisse le Hezbollah attaquer physiquement le territoire israélien internationalement reconnu. La réplique israélienne sera maladroite et inachevée. À lire aussi Frappé au cœur, le régime iranien met le feu au Moyen-Orient La première erreur stratégique fut d’avoir pris de la maladresse pour de la faiblesse. Israël n’est pas un pays faible. C’est une nation riche, industrieuse, très déterminée à se défendre. En menaçant directement Israël, la théocratie iranienne s’est imprudemment attaquée à plus fort qu’elle. Elle a fini par perdre. Lorsque Trump est revenu au pouvoir au début de 2025, elle aurait dû se méfier et faire d’immédiates concessions, comme reconnaître le droit à l’existence d’Israël dans ses frontières de 1966, et renoncer à enrichir l’uranium au-delà de 4 %, qui est le taux requis pour la production d’électricité. La seconde erreur stratégique fut d’avoir privilégié la coûteuse constitution militaro-politique d’un axe chiite au Moyen-Orient (Téhéran-Bagdad-Damas-Beyrouth-Sanaa) à la satisfaction des besoins économiques essentiels d’une population iranienne jeune et en pleine expansion démographique. La puissance d’un pays est une affaire intérieure bien davantage qu’une affaire extérieure. Vous n’êtes jamais puissants si vous avez la population contre vous. La troisième erreur stratégique vient d’être commise. Pourquoi l’Iran s’est-il mis à bombarder les pétromonarchies du Golfe, lesquelles avaient tout fait pour persuader Trump de ne pas se lancer dans la guerre ? N’aurait-il pas été plus intelligent de n’attaquer aucun État sunnite, de concentrer tous ses tirs contre Israël, et de tenter de soulever l’oumma des musulmans contre les « diables » sionistes ? À leur idéologie obscurantiste, les ayatollahs ont ajouté, pour leur perte, leur imbécillité stratégique.
par Maxime Duclos 19 février 2026
Quentin est parti. Il est tombé, fauché par une haine viscérale, celle de l'anti-patriotisme, de l'anti-France. Ce jeune homme que l'on décrit comme pieux, sain, respectable et profondément non-violent. Un casier judiciaire vierge pour seul témoin de son intégrité était l'incarnation même de l'honneur. C’est au nom de ses valeurs les plus hautes qu’il avait choisi de s’engager dans la sécurité du collectif Némésis à Lyon. Un engagement digne, celui de protéger les femmes du fléau des agressions sexuelles et des violences. Il nous a quittés en martyr, et sa perte vient meurtrir une fois de plus une France déjà dépressive. Nos larmes coulent, mêlées de colère et d'une tristesse infinie. Alors, comment rester rationnel face à l'inacceptable ? Comment retrouver la raison quand le cœur hurle ? La réponse est dans la sublimation : nous devons convertir cette douleur en une force qui nous dépasse. Car cette cause, c’est la France. Partout, des rassemblements en son hommage s'organisent, mais ils sont massivement interdits par les préfectures, sous prétexte d'éviter des débordements alimentés par les contre-manifestations d’une extrême-gauche complice, celle de LFI et de ses satellites. Notre combat est juste, il est légitime. Mais pour qu’il soit victorieux, nous ne devons pas céder à la pulsion de la rue interdite. Nous devons rester focalisés sur le seul levier capable de redonner des couleurs à nos villes et nos campagnes : le vote. Votez, mes amis. Jeunes, seniors, retraités : votez pour l'avenir de la France. Votez pour qu'enfin la droite puisse réformer ce système à bout de souffle, pour que la "Justice rouge" soit endiguée, pour que la sécurité redevienne un droit et non un souvenir, et pour que nous cessions enfin de verser des larmes de sang. Leur antifascisme tue. Leur fascisme rouge tue. Mais notre détermination, elle, est immortelle. Restons concentrés, restons stables, et votons. « L'honneur, le bon sens, l'intérêt supérieur de la Patrie, commandent à tous les Français libres de continuer le combat, là où ils seront et comme ils pourront. » Charles De Gaulle Pour Quentin. Pour la France !
par Maxime Duclos 30 janvier 2026
Le monde traverse aujourd'hui un véritable tsunami technologique, une révolution de l’intelligence artificielle qui, sous l’impulsion de l’impérialisme débridé des géants de la Silicon Valley comme NVIDIA, OpenAI ou les projets titanesques d’Elon Musk, est en train de redéfinir les rapports de force mondiaux. Face à cette déferlante qui brutalise l’Europe et nous force enfin à sortir de notre zone de confort léthargique, la France ne doit plus se contenter d’être une simple spectatrice de son propre déclin, mais doit s'affirmer comme une puissance de souveraineté intégrale, riche de son histoire, de ses révolutions et de son génie industriel. Nous possédons une carte maîtresse que le monde entier nous envie et que nos concurrents tentent de copier à prix d'or : notre parc nucléaire civil, socle d'une indépendance énergétique qui doit devenir l’arme de guerre économique absolue pour nos champions nationaux. La survie de fleurons comme Mistral AI ne passera pas par des subventions administratives saupoudrées par une bureaucratie bruxelloise déconnectée des réalités de terrain, mais par un choix stratégique radical et gaullien : offrir à nos infrastructures de calcul et à nos pépites technologiques une alimentation massive de 1 GW de puissance nucléaire stable au coût marginal d’EDF, soit environ 50 €/MWh. Pour mesurer l’abîme stratégique qui nous sépare de la concurrence, il suffit de regarder outre-Atlantique où Microsoft est contraint d'engager des milliards pour ressusciter la centrale de Three Mile Island à un coût estimé à 130 $/MWh ; la France dispose ici d'un avantage comparatif inédit qu’elle doit exploiter pour faire de son territoire le hub mondial de l’IA. Cette énergie souveraine est le carburant indispensable du projet Fluidstack en Essonne, visant à déployer d'ici 2028 à Bruyères-le-Châtel le plus grand cluster d’IA d’Europe, un campus géant capable de rivaliser frontalement avec les infrastructures de Microsoft. Cette excellence technologique n’est pas un cas isolé : elle s’inscrit dans la lignée de nos réussites en matière de Défense, véritable carte maîtresse pour redorer le blason bleu-blanc-rouge. Lorsque l’on parcourt les revues spécialisées comme DSI ou Diplomatie, on comprend que le projet Vortex de Dassault Aviation, ce drone suborbital boosté à l’IA ainsi que le programme SCAF (Système de Combat Aérien du Futur) et les innovations de rupture de Thales et Safran sur l'IA embarquée et la cybersécurité ne sont pas des chimères, mais la preuve que la France reste une nation de premier rang. Cependant, cette puissance de feu industrielle, portée également par MBDA et Naval Group, restera vaine si nous ne mettons pas fin à deux hémorragies distinctes mais également dévastatrices. D'un côté, nous subissons la fuite de nos ingénieurs et de nos cerveaux, qui s’exilent faute de perspectives industrielles audacieuses ou de reconnaissance. De l'autre, nous assistons au départ massif de nos investisseurs et créateurs de richesse, avec 800 millionnaires ayant quitté le territoire l'année dernière, représentant une perte sèche de 4,4 milliards de dollars de capitaux fuyant des surtaxes infernales et un climat fiscal punitif. On ne bâtit pas une puissance mondiale en chassant ceux qui peuvent financer nos licornes de demain. Soutenir nos géants en devenir exige de coupler notre puissance nucléaire à un assouplissement fiscal radical et des incitations massives à l'investissement local. C’est avec cette force de caractère, héritée du Général de Gaulle, que nous devons imposer une stratégie de rupture pour protéger nos talents et nos capitaux, car la technologie, l'énergie et la rigueur budgétaire sont les seules clés pour que la France cesse de se complaire dans un souverainisme nostalgique pour redevenir, enfin, le centre de gravité du futur mondial.
par Lignes Droites 10 janvier 2026
Il fallait bien que cela arrive. Après avoir réglé les questions mineures — crise démocratique, dette publique, cohésion nationale — la République pouvait enfin se consacrer à l’essentiel : la gravure inclusive sur plaque commémorative. Grâce à une décision éclairée, mesurée et courageuse, le juge administratif a solennellement confirmé que l’Histoire de France pouvait désormais être racontée par des formulations inclusives respectueus·e·s des diversités genrées et lexicales. À Paris, les monument·e·s emblématiques accueillent désormais les passant·e·s, les visiteur·se·s, les citoyen·ne·s et les usager·ère·s occasionnel·le·s de l’espace public urbain patrimonial. La Tour Eiffel, ancien symbole phallo-vertical non questionné, reçoit aujourd’hui les regardeur·se·s émerveillé·e·s dans une neutralité syntaxique enfin apaisée. Le fer reste riveté, mais la langue, elle, a été soigneusement déconstruite. Au Musée du Louvre, les œuvre·s exposé·e·s continuent d’être observé·e·s par des public·s pluriel·le·s, tandis que les cartel·s explicatif·ve·s s’emploient à réparer rétroactivement les biais genré·e·s de cinq siècles de création artistiqu·e·s. La Joconde sourit toujours, mais désormais elle sourit à tou·te·s, ce qui, juridiquement, change tout. À Notre-Dame de Paris, les bâtisseur·se·s médiéval·e·s, les artisan·e·s, les restaurateur·rice·s contemporain·e·s et les décideur·se·s politico-administratif·ve·s sont enfin réuni·e·s dans une même phrase, longue, prudente et parfaitement imprononçable. La cathédrale a brûlé, mais la grammaire, elle, a été sauvée. Sous l’Arc de Triomphe, les combattant·e·s mort·e·s pour la Patrie reposent en paix, désormais certain·e·s que leur sacrifice est reconnu dans un cadre lexical respectueux de l’égalité symbolique. Le soldat inconnu demeure inconnu, mais il ou elle ou iel est grammaticalement reconnu·e, ce qui, chacun·e en conviendra, était l’urgence mémorielle de notre temps. Dans les jardins du Luxembourg, les sénateur·rice·s, parlementair·e·s, collaborateur·rice·s, assistant·e·s, promeneur·se·s et joggeur·se·s méditent ensemble sur la neutralité de l’État, assis·e·s sur des chaise·s métalliqu·e·s non genré·e·s. La République respire, rassuré·e par cette décision ferme : le sens n’est pas altéré, seulement l’accès cognitif. Sur les Champs-Élysées, les manifestant·e·s engagé·e·s, les consommateur·rice·s responsable·s, les touriste·s international·e·s et les automobilist·e·s contrarié·e·s circulent dans une harmonie grammaticale fragile mais juridiquement validée. Les plaques commémoratives, patient·e·s, expliquent à chacun·e ce qu’il ou elle ou iel doit comprendre du passé, à condition de réussir à finir la phrase. À Montmartre, le Sacré-Cœur domine la ville et rappelle que la transcendance reste possible, à condition d’être accompagnée d’une note explicative inclusive. À l’Opéra Garnier, les chanteur·se·s, musicien·ne·s, technicien·ne·s et gestionnair·e·s culturel·le·s produisent des œuvres chantées en italien, applaudies en français et commentées en écriture inclusive réglementaire. On nous dira, bien sûr, que rien n’est imposé. Que tout est facultatif. Que personne n’est contraint·e. C’est simplement autorisé, validé, encouragé, gravé, protégé et sanctuarisé par la jurisprudence. Une liberté souple, discrète, institutionnalisée. Ainsi Paris poursuit son œuvre civilisatrice : la pierre demeure, l’Histoire reste inchangée, mais le récit, lui, doit faire preuve de vigilance, d’exemplarité et d’une endurance visuelle certaine. La capitale n’est plus seulement une ville-musée : elle est devenue un manuel de grammaire morale à ciel ouvert. Paris, ville des Lumières, entre définitivement dans l’ère des caractères spéciaux. Et l’on peut désormais l’affirmer sans crainte : la typographie a triomphé là où la réflexion s’est arrêtée.
par Nicole Doro 3 janvier 2026
Une nouvelle agression au couteau, dans le métro parisien, a failli faire 3 nouvelles victimes. L’agresseur ? Comme d’habitude un étranger (malien), comme d’habitude sous OQTF, comme d’habitude déjà condamné pour le même type d’agression... Le triste quotidien aujourd’hui, en France. Mais si ce énième drame a pu se produire, c’est « grâce » (si vous me permettez cette locution...) aux « sages » du Conseil Constitutionnel qui ont, le 7 août dernier et à une voix près, censuré l’allongement de la durée de rétention pour les étrangers jugés dangereux alors que le texte avait été adopté par les députés quelques semaines plus tôt. Cette voix, c’est celle du président, Richard Ferrand, qui a ainsi fait pencher la balance. Mesdemoiselles, à votre sortie de l’hôpital, j’espère que vous vous fendrez d’une lettre de remerciement ! Que voulez-vous Mesdemoiselles, chez les socialistes, l’idéologie est plus forte que tout ! Plus forte que la réalité de notre société, qu’ils refusent de voir, plus forte que la sécurité d’une nation et de ses habitants, dont ils n’ont que faire, plus forte que l’abîme qui s’ouvre sous leurs pieds à chaque nouvelle agression ! Les étrangers, c’est leur ADN aux gens de gauche, fussent-ils délinquants, violeurs, agresseurs, ils sont, comme le disait si bien feu leur gourou Mitterrand « chez eux chez nous ». Et bien moi, petite fille d’immigrés italiens, venus comme tant d’autres trouver du travail en France à l’aube du XXème siècle, ayant pour s’intégrer francisé les prénoms de leurs 8 enfants, n’ayant jamais bénéficie de quelques avantages que ce soit, moi je refuse de voir mon pays sombrer dans un aveuglement dévastateur ! Non, Messieurs les sages, vous ne l’êtes plus ! Vous avez du sang sur les mains. Vous n’avez même plus cette once de bon sens, dont le vieux Descartes disait qu’il était « la chose du monde la mieux partagée » et qui pourtant vous ouvrirait les yeux sur ce qui s’appelle le réel ! Au bord du précipice, vous continuez d’avancer, aveuglés par une idéologie surannée que vous refusez de remettre en question. Béni sera le jour où cette instance suprême que devrait être le Conseil Constitutionnel sera dirigée par de vrai sages, qui placeront la sécurité de la France et des français au-delà de tout. Nicole DORO
par Le Bureau de Lignes Droites 31 3 janvier 2026
Chers amis, Nous vous présentons nos meilleurs vœux de santé, de bonheur et de réussite pour la nouvelle année, à vous-mêmes ainsi qu’à vos proches. L’espoir est bien là malgré la criticité de notre situation ! Notre pays, la France, traverse la situation la plus difficile qu’il ait connue depuis les années trente et quarante: les finances de l’Etat sont hors de contrôle, la sécurité a déserté l’espace public, les frontières ne nous protègent plus, on nous oblige à accueillir les détraqués du monde entier et on s’interdit de les empêcher de nuire, le communautarisme triomphe, le citoyen qui essaie de défendre honnêtement son pays est désavoué au profit de l’immigrant illégal qui prétend détruire notre civilisation, l’hôpital n’est plus en mesure de soigner, l’école n’est plus en mesure d’éduquer. La caste au pouvoir a renversé les valeurs qui ont fondé notre démocratie : l’impunité règne, des privilèges ont été instaurés pour les minorités, l’oisiveté prévaut sur le mérite, les droits surclassent les devoirs, la fureur de la déconstruction et de la haine de soi l’emporte sur l’amour de la patrie et sur le respect pour les générations qui ont fait de la France le superbe pays qu’il est aujourd’hui. Les chars sont envoyés face aux agriculteurs –qui pourtant s’agenouillent devant la Marseillaise- alors que les dealers, les délinquants et les casseurs hurlent publiquement leurs insultes contre la France et, pour les quelques-uns d’entre eux qui sont arrêtés, sont condamnés à des peines dérisoires et libérés le lendemain de leur arrestation. Quatorze ans de progressisme enragé -cinq ans de hollandisme et neuf ans de macronisme- ont fait leur œuvre de destruction. François Hollande a eu la décence de ne pas se présenter à un second mandat à la présidence de la République. Emmanuel Macron aura-t’il à son tour le jugement nécessaire pour mettre fin à la spirale de folie qui engloutit la France, soit en démissionnant, soit en dissolvant l’Assemblée Nationale ? Car l’espoir est là ! Le peuple français, longtemps victime des formateurs d'opinion soixante-huitards qui lui ont imposé l'idéologie diversitaire et permissive pendant près de soixante ans, reprend sa liberté de penser. Le moment arrive où notre peuple portera aux responsabilités des dirigeants respectueux de nos traditions, de ceux qui produisent, de ceux qui nous nourrissent, de ceux qui travaillent, de ceux qui respectent la loi, de ceux qui vivent leur foi dans leur espace privé sans en faire une revendication ni une provocation sociétale permanente. La volonté éclate partout chez notre peuple de rétablir l’ordre et l’autorité, de rendre sa noblesse au mérite, de replacer l’intérêt général au coeur des décisions, de mettre fin à la foire aux privilèges, de reprendre le contrôle de nos finances publiques, de ne plus tolérer l’entrisme religieux ni communautariste. C’est en installant la droite au pouvoir que nous répondrons à ces aspirations. Nous Lignes Droites 31 oeuvrons pour que la droite revienne aux responsabilités – et pour qu’elle s’unisse afin d’y accéder, car si elle en été écartée dans le passé, c’est à cause de son incapacité à s’unir. Les élections municipales de mars 2026 seront la première occasion d’élire des dirigeants de droite et de mettre un terme à cette spirale de folie. Dans chaque commune de Haute-Garonne où cela sera possible, Lignes Droites 31 soutiendra la liste d’union des droites : nous soutiendrons les listes qui sont déjà en préparation à Blagnac, à Launaguet, à Muret, à Tournefeuille et à Toulouse. A mesure que d’autres listes d’union des droites se formeront dans d’autres communes, nous leur apporterons notre aide également. Nous sommes impatients de mener ce combat à vos côtés pour le redressement notre pays ! Bien cordialement, Le Bureau de Lignes Droites 31
par Eric Duprix (Radio Présence) 7 décembre 2025
Nicolas Bonleux était l'invité cette semaine d'Eric Duprix dans l'émission "La mêlée de l'info" sur Radio Présence avec Monique Iborra (ex-députée de la Haute-Garonne) et Julien Klotz, conseiller départemental de la Haute-Garonne. L'émission peut être réécouté en replay ici : https://www.radiopresence.com/emissions/information/regionale/la-melee-de-l-info/article/la-melee-de-l-info-du-05-dec-120177
par Maxime Duclos 25 novembre 2025
Une tribune d'un de nos fidèle adhérents, Maxime Duclos : La situation politique actuelle ressemble à un champ de ruines. Emmanuel Macron, président de la République, se retrouve aujourd’hui au bord du gouffre. Selon les derniers sondages, près de deux Français sur trois souhaitent sa démission. Un président rejeté par une majorité du pays, isolé politiquement, et désormais prisonnier de ses propres manœuvres. Tout remonte à la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024. En activant l’article 12 de la Constitution, Emmanuel Macron pensait reprendre la main, créer une nouvelle dynamique et affaiblir ses opposants. En réalité, il a plongé la France dans une crise démocratique sans précédent. L’Assemblée est devenue ingouvernable, les forces politiques s’entre-déchirent, aucun compromis n’est possible. La majorité relative est devenue synonyme d’impuissance. E. Macron croyait sans doute que l’instabilité pousserait les Français à se lasser des partis d’opposition, à réclamer un retour à l’ordre et à son autorité. Mais le calcul s’est retourné contre lui. Les Français ne croient plus à ses équilibres précaires, ils en ont assez des manœuvres et des discours creux. Le pouvoir s’est vidé de sens, et l’Élysée s’est transformé en forteresse assiégée. L’épisode S. Lecornu en est la parfaite illustration. Lundi 6 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a remis sa démission, conscient qu’il allait droit vers une motion de censure. Dans un réflexe de survie, Emmanuel Macron lui a demandé de rester encore quarante-huit heures, le temps de tenter l’impossible : trouver un accord entre des forces irréconciliables. Une manœuvre de plus pour gagner du temps. Pendant ce temps-là, le pays s’enlise, et le président se tait. Là où il aurait dû parler, rassurer, agir, il reste muet. Autour de lui, le cercle se fissure. Ses plus proches alliés prennent leurs distances. Édouard Philippe l’invite à envisager la démission, Gabriel Attal trace sa route en solo, conscient que le macronisme vit ses dernières heures. Même son propre camp prépare déjà l’après. Ce silence présidentiel est celui d’un homme seul, coupé du réel, persuadé encore d’incarner la solution alors qu’il est devenu le problème. Politiquement, toutes les options sont dans l’impasse. Un Premier ministre de gauche serait immédiatement censuré. Un maintien de S. Lecornu ne ferait que prolonger l’agonie. Les oppositions, qu’elles soient du Rassemblement national ou du Nouveau Front populaire, ont déjà prévenu : aucune confiance, aucune alliance. La dissolution du Parlement, en revanche, apparaît de plus en plus inévitable. Dans ce chaos institutionnel, une certitude émerge. Sans union des droites, rien ne changera. Si les Républicains, si Reconquête, si Identité Liberté, Debout la France etc... persistent dans leur isolement, la responsabilité nous incombera entièrement. Pas à Macron, pas à la gauche, à nous. Marion Maréchal a déjà fait part de sa volonté d’une union des droites, mais tiendra-t-elle parole ? Est-ce un coup de com’ pour remonter dans les sondages et satisfaire la grande majorité de la demande des Français ? L’avenir nous le dira. Les sondages sont clairs : 52% des Français appellent de leurs vœux une coalition conservatrice et patriotique. Chez les électeurs de droite, c’est encore plus massif : 88% des sympathisants RN, 82% des LR, 100% des zemmouristes veulent cette alliance. 100% ! Imaginez : même si E. Zemmour refuse, toute sa base ira voir ailleurs. Mais si par fierté, par calcul personnel ou par peur de perdre un ego, ces partis refusent de suivre l’exemple d’Éric Ciotti qui, lui, a quitté Les Républicains pour bâtir une alliance réelle avec le RN, alors oui : nous serons responsables. Responsables de laisser la Macronie s’accrocher, responsables de laisser la gauche revenir, responsables d’une Assemblée ingouvernable et d’un pays qui s’enlise. À ce jour, le Premier ministre Sébastien Lecornu réussi de peu à se maintenir à son poste, la récente motion de censure ayant échoué pour 18 voix. Le Président le sait, le Parlement également et les Français, bien entendu, s'attendent à la chute du Premier ministre dans les mois à venir ; ce n'est plus qu'une question de temps. L'alliance honteuse, faite de fausses promesses tenues lors du discours de politique générale de Sébastien Lecornu, entre les Socialistes et Les Républicains restera gravée dans l'histoire. Ils devront en assumer les conséquences. Mais cette alliance reste éphémère et fragile : 18 voix manquantes peuvent vite apporter leur soutien à la censure et la faire adopter. S'en suivra, je le pense sincèrement, au minimum une dissolution de l'Assemblée nationale et, si cela arrive, la Droite aura la lourde charge d'être responsable du destin de la France. La Droite ne pourra pas trouver d'excuses : ce ne sera ni la Gauche, ni le Centre qui sera responsable du nombre de sièges que la Droite obtiendra, car tout le monde est conscient que si l'union des droites est fonctionnelle, alors aucune alliance centro-gauchiste ne pourra arrêter ce raz-de-marée populaire et patriote. Dans le chaos actuel et face à l'attente claire des Français, les responsables politique de droite doivent dépasser leurs divergences personnelles et s'unir sans délai, non par intérêt partisan, mais par devoir envers le destin de la France.