Oui, c’était écrit
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Observatrice
et partie prenante en tant que déléguée LR d’une circonscription, organisatrice
de la primaire et des élections sur mon territoire, j’ai regardé, comme
beaucoup de Français, le reportage « C’était écrit » sur France 5
concernant François Fillon ( à retrouver ici sur le site de France TV en cliquant ici
).
Plutôt
mal à l’aise devant ce déballage médiatique durant toute la campagne de la
présidentielle, mais retenue durant la campagne par une loyauté que peu peuvent
contredire, j’ai regardé ce reportage avec le plus d'objectivité et de
détachement possible.
Un
reportage finalement très juste, très précis sur ce que nous ressentions, nous,
cadres et militants sur le terrain depuis de longs mois, je dirais presque des
années.
Sur le plan national, malgré les victoires aux départementales et aux régionales, nous pressentions que rien ne serait gagné. La réussite de la primaire avait pu nous (re)donner espoir, mais, tout observateur averti ne pouvait pas être dupe.
Localement, depuis 2014, la droite n’avait connu que des défaites : les départementales d’abord, que l’on nous annonçait triomphantes, puis les régionales. Sur le terrain, nous ne sentions pas d’engouement particulier, ni de dynamique. Dans notre microcosme oui, surement, mais sur le terrain, sur les marchés, dans les réunions publiques…rien. Les jolies infographies, les photos tous sourires et les slogans plein de lyrisme à la méthode Coué n’ont jamais remplacé l’incarnation des valeurs et des convictions, le courage, et la prise de risque.
La primaire de la droite et du centre avait pu donner l’illusion quelques semaines, mais au fond, et la guerre Sarkozy-Juppé-Fillon l’avait démontré pendant la campagne, nous savions tous que nous avions trop de différences idéologiques, pas de socle commun suffisamment solide pour partir à la bataille de la présidentielle. Nous avions des idées, un projet voté en conseil national, mais rien de fondateur et rassembleur.
Entre les europhiles et les eurosceptiques, les libéraux et les ultra-libéraux, les étatistes, les conservateurs et ultra-conservateurs…rien de clair, un agrégat de compromis et de compromissions, un bilan 2007-2012 contestable, des alliances contre nature avec des « alliés » prêts à nous planter des couteaux dans le dos à la moindre difficulté, des égos surdimensionnés, des amateurs, des politiques hors-sols loin de la réalité des français, des opportunistes, et des revanchards. Il y avait évidemment quelques exceptions, bien vite noyées dans la masse du néant. La guerre Copé/Fillon en 2012, puis les affaires Bygmalion et comptes de campagne avaient laissé des traces indélébiles, et ces guerres larvées n’étaient propices à aucun rassemblement, ce que démontre avec beaucoup de justesse ce documentaire.
Le programme de François Fillon, par son côté profondément réformateur et libéral, avait pu rassembler une partie de la droite. Mais c’était sans compter sur nos propres « amis » Juppéistes et du centre qui se sont fait un plaisir de le caricaturer, et tout particulièrement sur l’avortement et la sécurité sociale, repris par une presse aux aguets où tout ce qui n’est pas de gauche ou bien-pensant est forcément extrémiste.
Fillon, Sarkozy, Juppé…les guerres et les haines étaient telles qu'aucun des trois n’aurait supporté de voir l’un ou l’autre accéder au pouvoir. L’assassinat politique de Fillon a finalement arrangé un peu tout le monde.










