Municipales Toulouse       « S’occuper aussi de ceux qui vont mal »  (Deuxième partie )

Natacha Gray • 10 décembre 2019

Ensemble, cela veut dire avec tout le monde, i.e. sans oublier personne !


Ensemble, cela veut dire avec tout le monde, i.e. sans oublier personne !


Si la mairie fait déjà beaucoup dans l’action sociale (cf la 1ère partie de cette tribune Municipales Toulouse S occuper aussi de ceux qui vont mal Part1 ), elle peut faire encore mieux. Ses partenaires associatifs aussi, et surtout ! Et notamment en direction de ceux qui vont souvent mal, eux aussi, résidents et commerçants, victimes par ricochet des politiques de relogement des populations migrantes portées par les associations, ou de leur installation spontanée sous forme de squats (avec ou sans la complicité desdites associations).


Nous partirons ici, parce que l’auteur de ces lignes ne le connaît que trop bien, de l’exemple de l’avenue de Muret (1ère et 2èmepartie), en particulier d’une opération de relogement de moyenne durée de 22 familles nombreuses du camp de Ginestous dans un immeuble sis aux 1, 3 et 5 de la rue d’Alès (dont une façade donne sur l’avenue), opération portée par la Mairie de Toulouse sur proposition de deux associations, Soleiha 31 et France Horizon. Ce provisoire est malheureusement devenu durable, certaines populations initiales étant aujourd’hui remplacées par d’autres populations migrantes alors que le reste, qui devait s’intégrer « en huit mois » ( !) est toujours dans les locaux, ayant très peu changé son mode de vie en presque trente mois de présence, faisant de la vie des riverains un véritable enfer quotidien, dans l’indifférence totale des associations partenaires dont l’une a, semble-t-il, complètement disparu de la circulation, indifférente aux conséquences d’un projet dont elle était pourtant co-initiatrice. Quant à l’autre, par la personne de son président pour la région Occitanie, la voilà désormais promue … colistière de Jean-Luc Moudenc sur la liste « Toulouse ensemble » !

Nous aimerions à cette occasion rappeler à ce militant humanitaire que « ensemble » veut dire « avec tout le monde » , sans mépris ni a priori, y compris envers les populations résidentes et les commerçants du quartier qui ne mordent pas et méritent sans doute, eux aussi, que l’on s’intéresse également à leur sort, surtout quand ils vont mal. Soulignons également que le chef de file de La République en marche, dont ce responsable associatif semble s’inspirer, a prétendu il y a quelques mois qu’il n’y avait rien de plus simple que de « traverser la rue ». Deux ans et demi après le lancement de ce projet et une brève apparition de ce responsable lors d’une réunion de quartier, nous attendons toujours qu’il le fasse (certes c’est une avenue, légèrement plus large qu’une rue) et vienne un jour aux nouvelles. Et qu’informe la Municipalité de façon impartiale.


Le lecteur pressé pourra directement se rendre à la troisième partie qui est une série de propositions pour pallier les erreurs passées et améliorer la politique d’aide sociale au logement. Désormais partenaires du Maire et de ses services, nous espérons que les associations auront désormais une politique globale et non hémiplégique et que, engageant maintenant toute une équipe au service du Bien commun, elles seront davantage dans la prise en compte des intérêts de tous et non plus de quelques-uns.



1. Reprenons pour commencer l’exemple de la rue d’Alès, symptomatique d’un manque criant d’information et d’un fiasco en termes de méthodologie du « vivre ensemble »


Premier épisode . En juillet 2017 les résidents assistent, incrédules, à l’installation de 22 familles (nombreuses !) de gens du voyage aux numéros 3 et 5 de la rue d’Alès (le n°1 étant occupé depuis l’hiver par des femmes avec enfants), dont une partie des fenêtres donne sur l’avenue de Muret. Il n’y a eu aucune information initiale ni postérieure à l’installation. Les résidents sont d’autant plus désemparés que les nuisances se multiplient aussitôt : vacarme diurne et nocturne, d’autant plus traumatisant qu’en plein été il n’est plus possible d’ouvrir ses fenêtres le soir, dépôts d’ordures en masse sur la voirie (encombrants mais aussi immondices), apparition de rats jusqu’alors inconnus dans le quartier, vols à l’arrachée et à la roulotte, occupation de l’espace public et de propriétés privées, y compris en forçant le portail, stationnement anarchique surtout le soir de camionnettes qui entravent la circulation, mendicité souvent agressive… Des dizaines d’enfants jouent jusque tard dans la rue ou sur la place de la Croix de Pierre, très bruyamment, traversent l’avenue et le giratoire, lieux à forte circulation, sans regarder. Les riverains automobilistes témoignent effrayés de dizaines d’accidents évités de justesse.


Second épisode . Ce n’est que début août, enfin, que l’adjoint au maire responsable du secteur fait déposer une lettre explicative dans les boîtes aux lettres des résidents et leur explique enfin ce qui se passe et qui sont ces nouveaux arrivants. Toulouse Habitat a acquis le bâtiment pour un projet de logement mais a accepté de le mettre à la disposition de la ville de Toulouse. Le fait qu’un adjoint au maire, élu du quartier, soit aussi le président du bailleur social a sans doute favorisé le montage de l’opération. Un lieu d’hébergement y est ainsi ouvert au n°1 depuis l’hiver 2016-2017 pour femmes isolées (25 places), géré par l’association Le Touril. Les numéros 3 et 5 ont été remis en état par la ville de Toulouse et 22 familles du camp de Ginestous, qui vient d’être démantelé, y sont donc accueillies depuis l’été. A l’initiative du projet se trouvent deux associations, Soleilha31 et France Horizon , chargées de l’accompagnement social. Ces familles en effet, explique-t-il dans son courrier, ont intégré un « dispositif d’insertion sociale et professionnelle » et signé un règlement intérieur et une convention qui les engage à la scolarisation des enfants, l’apprentissage du français, la recherche d’un emploi … Des travailleurs sociaux seront « présents sur le site tous les jours (sic !) afin de sensibiliser les occupants notamment sur le respect du voisinage et le traitement des ordures ménagères ». Le numéro d’Allo Toulouse est rappelé afin qu’en cas « d’incivilités » de « manquement au respect des règles d’occupation de l’espace public », une « équipe de la police municipale soit dépêchée sur place ». M. Biasotto ajoute qu’en accord avec Olivier Arsac, en charge de la Sécurité publique, les agents de la police municipale seront « davantage présentes sur le secteur, notamment en soirée, afin d’assurer la sécurité de tous ».

De toute évidence les nuisances prévisibles, et hélas effectives, étaient prévues. Malheureusement elles ne cessent pas pour autant et s’amplifient même au cœur de l’été. Le soir les familles installées rue d’Alès sont rejointes par des dizaines de personnes issues probablement du même camp, mais relogées ailleurs, qui occupent l’espace public avec leurs camionnettes où l’on charge et décharge du matériel de manière très animée en bloquant la circulation. Les travailleurs sociaux sont-ils vraiment sur le site ou absents parce que ce sont les vacances d’été ? On ne les voit pas et, s’ils sont là, leur parole porte peu puisque rien ne change. Les policiers municipaux sont souvent aperçus, tout comme la police nationale, pour le tapage nocturne et le stationnement anarchique (milieu d’avenue et de rue, places livraison, banque, handicap…) mais tout reprend dans la minute suivant leur départ. Les mails à l’élu de quartier, les appels à Allo Toulouse se multiplient.


Troisième épisode . Franck Biasotto, le responsable du Secteur Rive Gauche, réunit à la mi-septembre les habitants en colère qui se sont exprimés par mails, lettres et appels au numéro donné dans le courriel. La date de la réunion a circulé de bouche à oreille car seuls les habitants qui sont sur la liste de diffusion du secteur Rive Gauche en ont été normalement avertis. La salle est pleine comme elle ne l’a jamais été, à l’image des centaines de mails, SMS, lettres que l’élu dit avoir trouvé à son retour de vacances , témoignage de problèmes récurrents, dont il dit réellement prendre conscience, et d’un immense mécontentement. Il s’y attendait, reconnaît-il, mais pas dans une telle proportion. Résidents et commerçants exposent de vive voix les innombrables nuisances supportées depuis l’installation des familles qui continuent à vivre exactement comme elles le faisaient dans le camp de Ginestous, sans se soucier le moins du monde de leur environnement. Les témoignages affluent, rien que des faits et des constats, exempts de tout propos raciste. L’élu du quartier se dit très satisfait de la grande tenue de cette réunion, malgré la foule et la colère qui se manifeste.


Sont présents ce jour-là, pour la première et unique fois, les deux responsables des associations à l’origine du projet . Affirmant s’appuyer sur leur expérience, ils assurent l’assemblée qu’il suffit de patienter, qu’il faut un délai de « huit mois » avant que l’intégration se fasse (ce qui semble alors déjà très long aux riverains les plus proches). Le maire de quartier annonce une récupération du bâtiment pour réhabilitation et mise en place de logements sociaux pour la fin 2019 . Les représentants des associations s’engagent à intervenir et à rappeler aux familles qu’elles ont signé un contrat de bonne conduite et de respect du voisinage. Mais ils ne semblent pas prendre la mesure du problème : pas un mot de réconfort ce jour-là, pas un mea culpa, juste des certitudes et beaucoup de mépris. Des riverains proposent de les accueillir chez eux le soir après 19h, pour que les personnes qu’ils mandateront ou eux-mêmes jugent de visu et de façon auditive. En vain, une responsable rappelle qu’elle ne reçoit les populations aidées que dans les bureaux de l’association (quid des « travailleurs sociaux » présents sur place tous les jours dont parlait la lettre de l’élu municipal ?), et qu’à cette heure-là, ils sont fermés depuis longtemps. Ils ne travaillent pas le soir : c’est ballot, car c’est tous les soirs et la nuit que la situation devient insupportable. Quant à l’autre, très silencieux et manifestement un peu plus compatissant et ennuyé que sa collègue, le voilà parti bien avant la fin de la réunion. Au moins à la mairie promet-on de faire passer plus souvent les services de nettoyage pour nettoyer immondices et encombrants qui s’accumulent quotidiennement. Ce qui sera effectivement fait, résolvant partiellement le problème d’hygiène et de pollution visuelle. .


Quatrième épisode . Ce fut le seul moment dans cette histoire où les habitants pensèrent être entendus et respectés dans leurs droits. Les nuisances perdurent, s’amplifient et se diversifient de plus belle : territorialisation d’un espace qui dépasse la rue d’Alès (au point que, côté Garonne, on met en place une grille pour protéger la résidence de la Digue des trafics en tous genres, des agressions et autres incivilités récurrentes, transformant la rue d’Alès en impasse encore plus aisée à confisquer et communautariser), rejet des populations résidentes, insultes racistes, vols dans les magasins. Les plaintes aussi. Ainsi, deux mois plus tard les habitants sont-ils informés que face à la persistance de nuisances et au non-respect du contrat par une majorité de familles , la majorité d’entre elles ont été déplacées. Seules six restent désormais .

Est-ce la réduction du nombre ou les leçons de la fermeté envers les irrespectueux ? Un calme relatif revient avec les familles qui restent. Les habitants ont le sentiment d’avoir été entendus. Du moins par l’élu du quartier. Car côté associatif, c’est le silence absolu. Les initiateurs du projet viennent-ils au moins sur le terrain de temps à autre ? Mystère.


Cinquième épisode . Hélas, le répit n’est que provisoire. D’autres populations non francophones apparaissent dans le bâtiment courant 2019, plus nombreuses que les précédentes, encore plus irrespectueuses, bruyantes et bagarreuses (y compris avec les autres habitants de l’immeuble et avec les riverains), ne cherchant pas à communiquer, essentiellement des Roms albanais qui territorialisent la rue, entravent la circulation et empêchent les résidents de se rendre aux places de parking louées ou achetées à proximité. Le vacarme permanent jour et nuit reprend de plus belle, avec les vols et agressions directes (coups, arrachages de portables etc.). Le trafic en bas le soir aussi. Les résidents terrifiés n’osent même plus aller jusqu’à leur place de parking puisqu’il fait passer par la rue d’Alès.

Face à ce déferlement d’incivilités en tous genre, pas de nouvelles de la municipalité ou des associations. Les habitants en colère pensent logiquement que la mairie a modifié son projet et a réinstallé de nouvelles familles . Certains s’en émeuvent par courrier, sans réponse. Lors de la réunion de juin 2019 où l’élu du quartier et ses collaborateurs égrainent les différents volets de leur action municipale, la question des squats, repoussée à la fin à une heure fort tardive, ne leur apporte trop rapidement que des réponses vagues et partielles. Qui sont ces gens, où en est le projet, que fait la mairie ? Ont-ils été installés légalement comme les précédents? Ou illégalement, conseillés par les associations ? Rien n’est dit de clair. On apprend juste que le départ d’une des associations un weekend, sans prévenir la mairie, a provoqué (quelle étrange coïncidence !) l’installation immédiate de squatteurs bizarrement prévenus. Que fait la municipalité face au squat? Est-elle seulement au courant des nuisances ? Silence radio.



En conclusion, deux ans et demi plus tard, rien ne semble bouger . On est bien loin des « huit mois » d’intégration et de normalisation . Bien au contraire, la situation a considérablement empiré dans une indifférence générale . La police passe régulièrement pour des bagarres, du tapage nocturne, mais rien ne change sur la durée. La récupération du bâtiment par Toulouse Habitat n’a toujours pas lieu, la fin de 2019 approche dans un immobilisme désespérant. Les squats de l’avenue, le vacarme et les problèmes d’hygiène et de sécurité de la rue d’Alès sont devenus le premier sujet de conversation dans la rue, dans les commerces, entre voisins. On se raconte la dernière nuit blanche, le dernier réveil brutal, les rats dans les poubelles et les caves qui sont revenus, voire la dernière agression verbale ou physique, la dernière entrave agressive à la circulation.

Les habitants se sentent trahis par la municipalité et abandonnés et cela d’autant plus qu’à à partir du mois de mai 2019, à la rue d’Alès et au campement de Roms du carrefour Langlade s’est donc ajouté l’immense squat sur le site d’EDF , même si ce dernier ne pose pas autant de problèmes aux habitants, la majorité (hélas pas tous) des squatteurs tentant de vivre paisiblement et de s’intégrer. Seulement les habitants (à l’exception évidemment des militants du Comité de quartier qui a multiplié les recours pour retarder le projet) attendaient avec impatience les nouvelles constructions de standing prévues sur le site d’EDF et l’installation de services (Poste, commerces, services administratifs …) pour redonner un nouveau dynamisme et de la valeur au quartier, atténuer l’image désormais insécure, dégradée et paupérisée véhiculée par les squats et les populations installées depuis plus de deux ans par les associations. L’espoir a été, des mois durant, que cette opération de standing, ferait monter la valeur foncière (en panne par rapport à d’autres quartiers proches « à cause de l’environnement », comme le disent pudiquement les agences immobilières) et surtout aiderait à la résorption du problème de la rue d’Alès qui fait vivre un enfer à tous.




2. Il suffisait de demander…


C’est alors qu’une résidente rencontre Jean-Luc Moudenc et l’informe de l’ampleur du problème. Réellement inquiet face à ce qui lui est rapporté et dont il ignorait l’ampleur, le Maire diligente aussitôt une réunion d’information à l’intention des résidents et commerçants pour faire le point en face à face, bien que le bâtiment ne soit pas propriété de la Mairie mais de Toulouse Habitat.


Une délégation (deux résidents, un commerçant) participe ainsi à une réunion multipartite où sont présents la plupart des services concernés : Toulouse Habitat ; l’élu chargé des solidarités, Daniel Rougé ; des personnes chargées de la lutte contre l’exclusion et/ou du secteur Rive gauche travaillant avec Franck Biasotto.

Et les habitants apprennent et comprennent enfin de quoi il s’agit et ce qui se profile.


Primo, pourquoi il y a toujours des gens rue d’Alès en dépit des délais et projets annoncés initialement par l’élu de quartier. Profitant du relogement, comme prévu, d’une partie des gens du voyage et du départ avant terme d’une des associations qui « oublie » ( !) de prévenir la mairie, le bâtiment a été aussitôt squatté par des populations migrantes, essentiellement une colonie de Roms albanais, qui s’étoffe de jour en jour, soutenus par une autre association (dont on n’apprendra pas le nom) qui, elle, refuse de collaborer avec les services municipaux. On a donc changé de problématique : Toulouse Habitat et la Mairie sont victimes eux aussi , l’installation est donc illégale, le dialogue difficile et la procédure, car plainte a été déposée, suit son cours.

Par contre s’il reste encore deux familles parmi les 6 qui avaient été laissées sur place dans les premiers mois du projet, et si les services de la Mairie ont accepté d’en installer d’autres, c’est justement parce que « la nature a horreur du vide » et qu’il fallait éviter que le reste de l’immeuble ne soit squatté à son tour en attendant le début de l’opération immobilière. C’est une stratégie, du pragmatisme, et non une trahison par rapport à ce qui avait été annoncé en août 2017.


Deuxio, c’est la bonne nouvelle. Suite à la plainte déposée, la délégation apprend que la Justice a enfin tranché, que ces populations extra-européennes non éligibles au statut de réfugié, doivent être expulsées, qu’elles ont même reçu un commandement à quitter les lieux au premier juillet 2020 (prise en compte, malgré l’illégalité, de la trêve hivernale et scolaire, même s’il ne semble pas que les enfants, à une exception près récemment arrivée, fréquentent l’école) ; qu’en cas de refus, il y aura appel au Concours de la Force Publique , qui lui-même devra attendre en termes d’effectifs que le contexte soit favorable, et qui peut être contrarié par un appel de la part des squatteurs. Normalement, courant 2020, ce squat, comme celui d’EDF, devrait être évacué. Mais on comprend au moins que la Mairie sait, et qu’elle agit.


Tertio, les travaux prévus auront bien lieu , retardés par le squat du numéro 3 de l’immeuble : ils commenceront en 2020 sur les numéros 1 et 5 (permis de construire en l’ars, début des travaux en octobre, marquant la fin de la mise à disposition des locaux aux populations logées par Toulouse métropole Habitat) pour livraison en janvier 2022.


Ainsi, les habitants comprennent enfin ce qui se passe, sont informés de la procédure et ont enfin un horizon temporel en tête. Ils ne sont plus dans le fatalisme et se rendent compte que l’immobilisme n’est qu’apparent et que, contre toute attente, non seulement la mairie est consciente des nuisances (ses services ont en leur possession des photos d’un récent dépôt sauvage, ils ont connaissance des pratiques mafieuses et du trafic le soir, les statistiques des interventions police fréquentes, des plaintes …) mais qu’elle agit en amont. Mais en silence et de façon invisible pour les principaux concernés, et c’est bien là le problème.


Enfin, par la même occasion, la délégation est informée dans le détail de l’évolution de la procédure en cours pour le squat EDF, qui n’était pas l’objet de la réunion mais qui est évoqué régulièrement en réunions mensuelles bipartites avec la Préfecture , plus facile malgré le nombre car facilitée par le travail de France Horizon qui aide au recensement, aujourd’hui achevé. A cette occasion les habitants apprennent que 90 squats ont été évacués à Toulouse en 2019. En dépit des apparences, la Mairie agit donc bien dans l’ombre.


A l’issue de cette réunion où toutes les parties ont pu s’exprimer en toute confiance et sans procès d’intention, la délégation ressort rassurée et consciente qu’à la municipalité, on ne les oublie pas. Ils ont reçu la promesse de faire passer encore plus souvent les services chargés de l’enlèvement des encombrants et de multiplier le soir les interventions de la police municipale pour éviter agressions et tapage nocturne (et par la même occasion les deals et l’afflux de populations extérieures rue d’Alès). Ce qui a été fait, de toute évidence, car le calme revient dans les jours qui suivent, aidé en cela il est vrai par les intempéries qui n’incitent pas les squatteurs à rester dehors jusque tard dans la nuit.

Les résidents sont donc rassurés, mais perplexes. Pourquoi ne pas avoir les informés auparavant ? Ils ne demandaient pourtant pas que l’on rase gratis demain, ni une solution à court terme, ce sont des adultes responsables, non militants ni idéologues, qui voulaient simplement se savoir soutenus et comprendre ce qui se passait. Lors de cette réunion, on leur a simplement expliqué patiemment et avec force détail les procédures en cours, la lenteur de l’Etat de droit, les blocages juridiques, tout ce qui pourrait encore retarder la fin du cauchemar, leurs interlocuteurs ont exposé qui fait quoi entre la Préfecture, les bailleurs sociaux et la Mairie, les attributions des uns et des autres, les périmètres d’action respectifs et les espaces de collaboration. La confiance, et l’espoir, reviennent. Il suffisait de peu.

Presque rien en fait. Comment n’y a-t-on pas pensé auparavant ? Pourquoi avoir laissé monter à ce point l’inquiétude, le désespoir et la colère ? Dans un autre quartier que cette avenue de Muret très métissée ethniquement, une telle absence d’information et de considération aurait même pu faire monter de façon prodigieuse racisme et xénophobie, l’inverse de ce qui était recherché. Il y a donc des leçons à tirer de ce fiasco.




3. Les leçons de l’histoire. Il faudrait, pour le prochain mandat :



Primo, de la pédagogie : informer régulièrement sur les procédures en cours et les responsabilités,


Il s’agit déjà d’expliquer clairement, et régulièrement, qui fait quoi , en d’autres termes qui a la charge de quoi, ou dans le langage des administrés, qui est « responsable ». Tout le monde ne maîtrise pas nécessairement les procédures juridiques, et encore moins les compétences des uns et des autres. Nous sommes à Toulouse, c’est donc, pour la majeure partie de nos concitoyens, comme on l’entend dans les conversations de rue, la Mairie qui est responsable de tout, traduit en clair par « l’adjoint en charge du quartier qui s’en fiche » ou « Moudenc qui ne fait rien » ou pire, « qui ne veut rien faire ». Or il n’en est rien.


Car pourtant non, le squat de la rue d’Alès ne relève pas de la Mairie directement, même si celle-ci a été associée au projet initial et que l’adjoint responsable du secteur est aussi le président du bailleur social qui a fait l’acquisition du bâtiment. Et quand bien même : on n’expulse pas comme ça, par simple appel à la force publique, des gens illégalement installés sur sa propriété privée. C’est déjà au propriétaire de porter plainte, ce que Toulouse Habitat a bel et bien fait mais ce qu’ignoraient les riverains , tenus désinformés de ce qui se jouait sous leurs fenêtres et dont ils sont les victimes. C’est la Justice qui vient de trancher : à la date prévue ces squatteurs devront partir et, en cas de refus, ce sera à la Préfecture d’ordonner le Concours de la Force Publique pour les expulser, en supposant qu’entre-temps ces habitants illégaux (ou plus exactement l’association qui les a installés) n’aient pas introduit une nouvelle action en justice retardant de facto l’expulsion.


Non, le squat EDF sur l’îlot Oasis ne relève pas non plus de la mairie puisqu’il s’agit d’un propriétaire privé, en l’occurrence EDF, qui seul a été en mesure de porter plainte et de mener l’action en justice : c’est la Justice qui, pour des raisons humanitaires, a décidé initialement de ne pas expulser les squatteurs, la nécessité d’avoir un toit étant considérée comme prioritaire sur les intérêts privés du propriétaire, et c’est encore la Justice qui , dans un second temps, a décidé qu’il fallait prendre des mesures d’expulsion pour des raisons de sécurité (risques électriques). Et c’est la Préfecture qui décidera un jour quand et comment cela devra être fait avec le CFP.


Les procédures sont longues et difficiles , et cela d’autant plus que les cas se multiplient et que la Justice est débordée. En l’état actuel de la législation, on ne peut faire autrement. C’est le revers de l’Etat de droit . Sans doute, avec l’inflation des cas à traiter et l’habilité des personnes en infraction de jouer avec les textes de loi, de multiplier les appels, et de retarder leur expulsion, qui intervient de toutes manières tôt ou tard, un squat n’étant jamais appelé à rester, faudra-t-il revoir ces procédures, redonner aux propriétaires la faculté de retrouver plus rapidement le droit de jouir de leur bien. C’est exactement la même problématique que pour les expulsions du territoire national pour les personnes qui ont été jugée non habilitées à y rester, il y a souvent un fossé, notamment temporel, entre la décision de justice et son exécution, ou pire sa non-exécution. Mais c’est là un problème national. A l’électeur de voter pour les candidats qui proposent d’y remédier. La municipalité n’y est pour rien. Mais l’électeur lambda, qui ne sait pas grand-chose des attributions de chacun, des règles de droit et du partage des compétences, si on ne le lui explique pas, ne le sait pas. Et tourne logiquement sa colère vers l’élu de proximité, ou l’équipe dont il est membre.


La proposition qui s’impose est ainsi que résidents et commerçants soient régulièrement informés (réunions , lettres et mails, présence annoncée de l’élu de quartier dans l’avenue …) ; que pour chaque opération de ce genre ils aient aussi un référent unique ( un nom, un mail direct, un numéro de téléphone) pour faire remonter les informations et doléances et éviter l’actuelle dispersion des témoignages ou la résignation inévitable quand on ne sait pas à qui s’adresser exactement ; et que cet interlocuteur référent soit clairement indiqué sur des courriels réguliers qui tiendront les habitants informés de l’évolution du projet ou de ses éventuelles modifications.



Reconnaître les résidents et commerçants comme des co-acteurs


A contrario il faut que les personnes qui vivent et travaillent sur place et dont la vie quotidienne et professionnelle est impactée par les décisions municipales, ou dans lesquelles la Mairie est un partenaire essentiel, soient aussi reconnues comme co-acteurs : tout projet devrait avoir ainsi un ou plusieurs référents chez les résidents et commerçants , désigné(s) ou élu(s) lors de la première réunion d’information, chargé(s) de collecter les doléances et les remarques et de les faire remonter, clairement indiqué(s) sur les courriels ou courriers de la mairie. Si l’on n’est pas au courant des problèmes ou de leur aggravation, on ne risque pas de les corriger.


Il faut aussi faire en sorte que l’écoute offerte soit bienveillante, dans la confiance et sans procès d’intention . C’est-à-dire sans filtre de gauche (ou influencée par le gauchisme culturel du genre LREM ou centrisme) faisant voir tout migrant comme une victime intouchable et indemne de tout reproche et toute personne qui se plaint face aux incivilités commises par une personne étrangère comme un xénophobe ou raciste patenté . Les résidents gardent encore douloureusement le souvenir de leurs premiers appels à Allo Toulouse, comme l’avait pourtant proposé le maire de quartier dans son premier courrier. Dans le meilleur des cas on leur demandait d’un air docte d’être patients, comme s’ils étaient des empêcheurs de tourner en rond, et non des victimes, mais beaucoup ont eu la désagréable et humiliante expérience de se faire administrer des leçons d’humanité quand ce ne sont pas des accusations directes de racisme. Et l’inversion de culpabilité fait mal ! Ces malheureuses expériences ont été remontées vers l’élu du quartier qui a promis de revoir les conditions de l’accueil téléphonique, d’y expliquer la situation afin qu’on y montre davantage de compréhension et de respect de l’appelant. De toute évidence ce fut fait, mais trop tard. Car, peine perdue, la plupart des résidents, découragés, humiliés, avaient cessé de témoigner depuis longtemps. Du moins de considérer la municipalité comme un interlocuteur valable, se tournant alors dans leurs doléances vers d’autres partis d’opposition, jugés davantage à l’écoute.


Un numéro dédié, d’écoute et de collecte des informations (mieux adapté que le mail pour les personnes âgées) permettrait en outre aux services municipaux, et aux associations auxquelles les témoignages et plaintes seraient transmis, de mieux mesurer l’ampleur des problèmes et du mécontentement au-delà de statistiques nécessairement faussées . Lors de la réunion de septembre 2017 l’élu de quartier a mentionné avoir été surpris par l’avalanche de mails et sms reçus pendant l’été alors que les « statistiques de la police nationale ne montraient pas une hausse des incivilités » (sic). Et pour cause ! Les habitants et commerçants ont fait valoir que personne n’allait perdre une demi-journée (encore moins s’il faut la renouveler régulièrement) au poste de police pour porter plainte contre des gens difficilement identifiables, avec risques évidents de représailles, pour une serrure de voiture forcée, un portail dégondé, une boîte à lettre forcée, une insulte dans la rue, un dépôt d’ordures sauvage, un poulet volé dans une rôtisserie et la grivèlerie quotidienne dans les épiceries ! Surtout qu’il s’agit financièrement de petits délits dont le montant de la réparation ne dépasse pas la franchise, donc non couverts ou à peine par les assurances. Les commerçants les plus impactés se sont équipés et débrouillés seuls : caméras vidéo, batte de baseball derrière le comptoir pour tenter d’éviter les vols et les menaces.


En outre un numéro dédié, une personne référente, permettrait de « vider son sac » et de se sentir moins seul. Il ne s’agit pas de demander une intervention immédiate, une solution spontanée. Mais de savoir que l’on n’est pas considéré comme un citoyen de seconde zone, de se rassurer en se disant que désormais on sait ce qui se passe à la municipalité. Ce qui, jusqu’à ces derniers jours, n’était pas évident.



Obliger les associations partenaires à dialoguer avec les résidents


C’est sans doute là le manquement principal. Lorsqu’un projet est confié à une ou plusieurs associations, par exemple en termes d’aide aux migrants, elles « oublient » singulièrement de traverser la rue et de demander AUSSI aux commerçants et habitants quels sont les effets du projet, si cela se passe bien, s’il y a des choses à corriger ...

Les résidents n’ont rencontré les deux représentants de Soleilha31 et France Horizon qu’une seule fois en deux ans et demi, le jour de la réunion d’information de septembre 2017. L’un d’eux a été parfois aperçu de l’autre côté de la route avec les squatteurs (rue d’Alès et sur le squat EDF) et ce qu’il reste des populations initialement installées, mais personne parmi les commerçants et résidents interrogés ne l’ont jamais vu traverser la rue, s’enquérir auprès des gens qui vivent là de l’évolution de la cohabitation, de la résolution éventuelle des nuisances évoquées deux ans auparavant… Quant à l’autre …

On espère que la leçon sera entendue et que les responsables d’associations, dont le colistier de Jean-Luc Moudenc, n’hésiteront plus à consulter les résidents, rendre visite aux commerçants pour les tenir au courant de l’avancée des projets. Ou simplement leur demander comment ils vont. Car eux aussi peuvent aller très mal.



Apprendre de ses erreurs


Reconnaître que pour qu’une personne ou une famille s’intègre, adapte son mode de vie à l’environnement qu’elle rejoint, avec cette règle d’or que la liberté de chacun s’arrête là où commence celle des autres, il faut créer de la mixité sociale , l’isoler du groupe d’où elle sort. Mettre ensemble plusieurs dizaines de personnes habituées à vivre nuitamment bruyamment en plein air ne les incitera pas à abandonner ce mode de vie, bien au contraire. Comment avoir pu imaginer que loger en un même immeuble 22 familles nombreuses, rejointes le soir par d’autres personnes, par dizaines, du camp dont elles étaient originaires, les inciterait à s’intégrer « en huit mois ». Au contraire, on a assisté à un procédé de territorialisation communautaire et agressive, cherchant à exclure et décourager les résidents antérieurs dans un périmètre élargi.

S’occuper de « ceux qui ne vont pas bien » ne doit pas conduire à créer des nuisances chez d’autres qui, à leur tour, n’iront pas bien du tout. Surtout si c’est pour ensuite les oublier totalement et se désintéresser de leur sort. Le deux poids deux mesures est toujours vécu comme une injustice. Et provoque des votes contestataires. Mais il est vrai que lors des réunions de quartiers, quand le sujet a été abordé, il a été aisé de constater qu’AUCUN des défenseurs de ces populations qui refusent de s'intégrer et imposent leur mode de vie aux autres ne vivait dans le quartier où ils ont contribué à les installer et où ils favorisent leur maintien.


Il s’agit aussi de se préoccuper de tous ceux qui sont en situation de mal logement et pas simplement des migrants d’Afrique et des populations nomades venant d’Europe de l’Est ou, de plus en plus, des Balkans. L’avenue de Muret, par exemple, connaît un certain nombre de SDF français, connus et appréciés par les résidents depuis des années, et qui restent en situation de grande précarité, logés en caravane, en voiture ou en squat. Il est vrai que ces personnes ont toutes un ou plusieurs chiens, ce qui les exclut de nombreux foyers. Sans doute serait-il bon de penser aussi à eux et de leur proposer a minima des logements collectifs avec chenil ou chambres où les chiens sont admis , voire de vrais logements à eux aussi, comme aux populations migrantes. Le fait qu’ils soient Européens et souvent Français n’en fait pas pour autant des pauvres de seconde zone. Sinon on accentue le sentiment de deux poids de mesure et de préférence communautaire de la part des associations.


Ces populations installées doivent être obligées à se plier aux règles du droit au même titre que les autres résidents . Autant dire que furent et sont très mal vécus les inévitables contraventions des résidents, sur une zone devenue partiellement payante et avec de nombreuses places réservées, sanctions normales, fréquentes, quasi immédiates, alors que des camions et camionnettes, de grosses voitures squattaient tous les jours les places livraison, banques ou handicapés ou, stationnées en pleine rue, entravaient le passage en toute impunité. Aujourd’hui la circulation est encore empêchée impasse d’Alès, par des véhicules ou par des bandes, rendant aujourd’hui encore quasi impossible l’accès des automobilistes à un parking qu’ils louent ou ont acheté dont la seule entrée (pour ceux qui n’habitent pas la barre Beaulieu) passe par la grille fermant la rue d’Alès.


Enfin, le cas des gens du voyage sédentarisés, comme l’étaient les populations de Ginestous, a démontré que deux ans et demi plus tard, ils vivent encore majoritairement dehors , dans la rue, sur des parkings proches, en tribu, se retrouvant, parlant fort, se disputant bruyamment, mangeant ensemble la nuit à l’extérieur ou sur les balcons. De toute évidence la vie enfermée ne leur convient pas. Peut-être faut-il plutôt favoriser l’installation en camp et caravanes dotées de tout le confort moderne et mettre plutôt l’accent sur la scolarisation des enfants, l’apprentissage de la langue et sur l’acquisition des règles de droit, l’accès à l’emploi. Il n’est pas certain que de leur côté l’accès à un logement fermé et individuel ait été leur première priorité. Il ne faut pas juger de leurs besoins au travers de notre prisme culturel, dans une approche misérabiliste qui frise le néo-colonialisme et que l’on trouve dans trop d’associations dites humanitaires.



A défaut de quoi, nombre de résidents et commerçants, exaspérés par les nuisances persistantes et convaincus que rien ne se passe ni ne se passera, fatalistes et en colère face au silence de la Mairie et surtout à l’indifférence totale (le mépris ?) des associations responsables de ces projets, légaux ou non, perdent patience et menacent de diriger leurs votes vers des candidats qui, eux, semblent davantage à l’écoute de leurs problèmes.

Car le vivre-ensemble, c’est dans les deux sens que cela se passe . Et ceux à qui des élus et associations extérieurs imposent des résidents allogènes qui n’ont pas les mêmes façons de vivre, voire indélicats et qui occasionnent des nuisances, aimeraient aussi que lesdites associations aient la décence de leur demander aussi, de temps à autre, s’ils vont bien et comment cela se passe pour eux. Résidents et commerçants ne sont pas des citoyens de seconde zone, indignes de respect, ni des « racistes » lorsqu’ils exposent ce qu’ils endurent, juste des Toulousains qui tiennent à rappeler que le « vivre-ensemble » suppose un respect mutuel et une vision du monde moins hémiplégique et manichéenne que celle que véhiculent de nombreuses associations dites solidaires ou humanitaires.


par Maxime Duclos 19 février 2026
Quentin est parti. Il est tombé, fauché par une haine viscérale, celle de l'anti-patriotisme, de l'anti-France. Ce jeune homme que l'on décrit comme pieux, sain, respectable et profondément non-violent. Un casier judiciaire vierge pour seul témoin de son intégrité était l'incarnation même de l'honneur. C’est au nom de ses valeurs les plus hautes qu’il avait choisi de s’engager dans la sécurité du collectif Némésis à Lyon. Un engagement digne, celui de protéger les femmes du fléau des agressions sexuelles et des violences. Il nous a quittés en martyr, et sa perte vient meurtrir une fois de plus une France déjà dépressive. Nos larmes coulent, mêlées de colère et d'une tristesse infinie. Alors, comment rester rationnel face à l'inacceptable ? Comment retrouver la raison quand le cœur hurle ? La réponse est dans la sublimation : nous devons convertir cette douleur en une force qui nous dépasse. Car cette cause, c’est la France. Partout, des rassemblements en son hommage s'organisent, mais ils sont massivement interdits par les préfectures, sous prétexte d'éviter des débordements alimentés par les contre-manifestations d’une extrême-gauche complice, celle de LFI et de ses satellites. Notre combat est juste, il est légitime. Mais pour qu’il soit victorieux, nous ne devons pas céder à la pulsion de la rue interdite. Nous devons rester focalisés sur le seul levier capable de redonner des couleurs à nos villes et nos campagnes : le vote. Votez, mes amis. Jeunes, seniors, retraités : votez pour l'avenir de la France. Votez pour qu'enfin la droite puisse réformer ce système à bout de souffle, pour que la "Justice rouge" soit endiguée, pour que la sécurité redevienne un droit et non un souvenir, et pour que nous cessions enfin de verser des larmes de sang. Leur antifascisme tue. Leur fascisme rouge tue. Mais notre détermination, elle, est immortelle. Restons concentrés, restons stables, et votons. « L'honneur, le bon sens, l'intérêt supérieur de la Patrie, commandent à tous les Français libres de continuer le combat, là où ils seront et comme ils pourront. » Charles De Gaulle Pour Quentin. Pour la France !
par Maxime Duclos 30 janvier 2026
Le monde traverse aujourd'hui un véritable tsunami technologique, une révolution de l’intelligence artificielle qui, sous l’impulsion de l’impérialisme débridé des géants de la Silicon Valley comme NVIDIA, OpenAI ou les projets titanesques d’Elon Musk, est en train de redéfinir les rapports de force mondiaux. Face à cette déferlante qui brutalise l’Europe et nous force enfin à sortir de notre zone de confort léthargique, la France ne doit plus se contenter d’être une simple spectatrice de son propre déclin, mais doit s'affirmer comme une puissance de souveraineté intégrale, riche de son histoire, de ses révolutions et de son génie industriel. Nous possédons une carte maîtresse que le monde entier nous envie et que nos concurrents tentent de copier à prix d'or : notre parc nucléaire civil, socle d'une indépendance énergétique qui doit devenir l’arme de guerre économique absolue pour nos champions nationaux. La survie de fleurons comme Mistral AI ne passera pas par des subventions administratives saupoudrées par une bureaucratie bruxelloise déconnectée des réalités de terrain, mais par un choix stratégique radical et gaullien : offrir à nos infrastructures de calcul et à nos pépites technologiques une alimentation massive de 1 GW de puissance nucléaire stable au coût marginal d’EDF, soit environ 50 €/MWh. Pour mesurer l’abîme stratégique qui nous sépare de la concurrence, il suffit de regarder outre-Atlantique où Microsoft est contraint d'engager des milliards pour ressusciter la centrale de Three Mile Island à un coût estimé à 130 $/MWh ; la France dispose ici d'un avantage comparatif inédit qu’elle doit exploiter pour faire de son territoire le hub mondial de l’IA. Cette énergie souveraine est le carburant indispensable du projet Fluidstack en Essonne, visant à déployer d'ici 2028 à Bruyères-le-Châtel le plus grand cluster d’IA d’Europe, un campus géant capable de rivaliser frontalement avec les infrastructures de Microsoft. Cette excellence technologique n’est pas un cas isolé : elle s’inscrit dans la lignée de nos réussites en matière de Défense, véritable carte maîtresse pour redorer le blason bleu-blanc-rouge. Lorsque l’on parcourt les revues spécialisées comme DSI ou Diplomatie, on comprend que le projet Vortex de Dassault Aviation, ce drone suborbital boosté à l’IA ainsi que le programme SCAF (Système de Combat Aérien du Futur) et les innovations de rupture de Thales et Safran sur l'IA embarquée et la cybersécurité ne sont pas des chimères, mais la preuve que la France reste une nation de premier rang. Cependant, cette puissance de feu industrielle, portée également par MBDA et Naval Group, restera vaine si nous ne mettons pas fin à deux hémorragies distinctes mais également dévastatrices. D'un côté, nous subissons la fuite de nos ingénieurs et de nos cerveaux, qui s’exilent faute de perspectives industrielles audacieuses ou de reconnaissance. De l'autre, nous assistons au départ massif de nos investisseurs et créateurs de richesse, avec 800 millionnaires ayant quitté le territoire l'année dernière, représentant une perte sèche de 4,4 milliards de dollars de capitaux fuyant des surtaxes infernales et un climat fiscal punitif. On ne bâtit pas une puissance mondiale en chassant ceux qui peuvent financer nos licornes de demain. Soutenir nos géants en devenir exige de coupler notre puissance nucléaire à un assouplissement fiscal radical et des incitations massives à l'investissement local. C’est avec cette force de caractère, héritée du Général de Gaulle, que nous devons imposer une stratégie de rupture pour protéger nos talents et nos capitaux, car la technologie, l'énergie et la rigueur budgétaire sont les seules clés pour que la France cesse de se complaire dans un souverainisme nostalgique pour redevenir, enfin, le centre de gravité du futur mondial.
par Lignes Droites 10 janvier 2026
Il fallait bien que cela arrive. Après avoir réglé les questions mineures — crise démocratique, dette publique, cohésion nationale — la République pouvait enfin se consacrer à l’essentiel : la gravure inclusive sur plaque commémorative. Grâce à une décision éclairée, mesurée et courageuse, le juge administratif a solennellement confirmé que l’Histoire de France pouvait désormais être racontée par des formulations inclusives respectueus·e·s des diversités genrées et lexicales. À Paris, les monument·e·s emblématiques accueillent désormais les passant·e·s, les visiteur·se·s, les citoyen·ne·s et les usager·ère·s occasionnel·le·s de l’espace public urbain patrimonial. La Tour Eiffel, ancien symbole phallo-vertical non questionné, reçoit aujourd’hui les regardeur·se·s émerveillé·e·s dans une neutralité syntaxique enfin apaisée. Le fer reste riveté, mais la langue, elle, a été soigneusement déconstruite. Au Musée du Louvre, les œuvre·s exposé·e·s continuent d’être observé·e·s par des public·s pluriel·le·s, tandis que les cartel·s explicatif·ve·s s’emploient à réparer rétroactivement les biais genré·e·s de cinq siècles de création artistiqu·e·s. La Joconde sourit toujours, mais désormais elle sourit à tou·te·s, ce qui, juridiquement, change tout. À Notre-Dame de Paris, les bâtisseur·se·s médiéval·e·s, les artisan·e·s, les restaurateur·rice·s contemporain·e·s et les décideur·se·s politico-administratif·ve·s sont enfin réuni·e·s dans une même phrase, longue, prudente et parfaitement imprononçable. La cathédrale a brûlé, mais la grammaire, elle, a été sauvée. Sous l’Arc de Triomphe, les combattant·e·s mort·e·s pour la Patrie reposent en paix, désormais certain·e·s que leur sacrifice est reconnu dans un cadre lexical respectueux de l’égalité symbolique. Le soldat inconnu demeure inconnu, mais il ou elle ou iel est grammaticalement reconnu·e, ce qui, chacun·e en conviendra, était l’urgence mémorielle de notre temps. Dans les jardins du Luxembourg, les sénateur·rice·s, parlementair·e·s, collaborateur·rice·s, assistant·e·s, promeneur·se·s et joggeur·se·s méditent ensemble sur la neutralité de l’État, assis·e·s sur des chaise·s métalliqu·e·s non genré·e·s. La République respire, rassuré·e par cette décision ferme : le sens n’est pas altéré, seulement l’accès cognitif. Sur les Champs-Élysées, les manifestant·e·s engagé·e·s, les consommateur·rice·s responsable·s, les touriste·s international·e·s et les automobilist·e·s contrarié·e·s circulent dans une harmonie grammaticale fragile mais juridiquement validée. Les plaques commémoratives, patient·e·s, expliquent à chacun·e ce qu’il ou elle ou iel doit comprendre du passé, à condition de réussir à finir la phrase. À Montmartre, le Sacré-Cœur domine la ville et rappelle que la transcendance reste possible, à condition d’être accompagnée d’une note explicative inclusive. À l’Opéra Garnier, les chanteur·se·s, musicien·ne·s, technicien·ne·s et gestionnair·e·s culturel·le·s produisent des œuvres chantées en italien, applaudies en français et commentées en écriture inclusive réglementaire. On nous dira, bien sûr, que rien n’est imposé. Que tout est facultatif. Que personne n’est contraint·e. C’est simplement autorisé, validé, encouragé, gravé, protégé et sanctuarisé par la jurisprudence. Une liberté souple, discrète, institutionnalisée. Ainsi Paris poursuit son œuvre civilisatrice : la pierre demeure, l’Histoire reste inchangée, mais le récit, lui, doit faire preuve de vigilance, d’exemplarité et d’une endurance visuelle certaine. La capitale n’est plus seulement une ville-musée : elle est devenue un manuel de grammaire morale à ciel ouvert. Paris, ville des Lumières, entre définitivement dans l’ère des caractères spéciaux. Et l’on peut désormais l’affirmer sans crainte : la typographie a triomphé là où la réflexion s’est arrêtée.
par Nicole Doro 3 janvier 2026
Une nouvelle agression au couteau, dans le métro parisien, a failli faire 3 nouvelles victimes. L’agresseur ? Comme d’habitude un étranger (malien), comme d’habitude sous OQTF, comme d’habitude déjà condamné pour le même type d’agression... Le triste quotidien aujourd’hui, en France. Mais si ce énième drame a pu se produire, c’est « grâce » (si vous me permettez cette locution...) aux « sages » du Conseil Constitutionnel qui ont, le 7 août dernier et à une voix près, censuré l’allongement de la durée de rétention pour les étrangers jugés dangereux alors que le texte avait été adopté par les députés quelques semaines plus tôt. Cette voix, c’est celle du président, Richard Ferrand, qui a ainsi fait pencher la balance. Mesdemoiselles, à votre sortie de l’hôpital, j’espère que vous vous fendrez d’une lettre de remerciement ! Que voulez-vous Mesdemoiselles, chez les socialistes, l’idéologie est plus forte que tout ! Plus forte que la réalité de notre société, qu’ils refusent de voir, plus forte que la sécurité d’une nation et de ses habitants, dont ils n’ont que faire, plus forte que l’abîme qui s’ouvre sous leurs pieds à chaque nouvelle agression ! Les étrangers, c’est leur ADN aux gens de gauche, fussent-ils délinquants, violeurs, agresseurs, ils sont, comme le disait si bien feu leur gourou Mitterrand « chez eux chez nous ». Et bien moi, petite fille d’immigrés italiens, venus comme tant d’autres trouver du travail en France à l’aube du XXème siècle, ayant pour s’intégrer francisé les prénoms de leurs 8 enfants, n’ayant jamais bénéficie de quelques avantages que ce soit, moi je refuse de voir mon pays sombrer dans un aveuglement dévastateur ! Non, Messieurs les sages, vous ne l’êtes plus ! Vous avez du sang sur les mains. Vous n’avez même plus cette once de bon sens, dont le vieux Descartes disait qu’il était « la chose du monde la mieux partagée » et qui pourtant vous ouvrirait les yeux sur ce qui s’appelle le réel ! Au bord du précipice, vous continuez d’avancer, aveuglés par une idéologie surannée que vous refusez de remettre en question. Béni sera le jour où cette instance suprême que devrait être le Conseil Constitutionnel sera dirigée par de vrai sages, qui placeront la sécurité de la France et des français au-delà de tout. Nicole DORO
par Le Bureau de Lignes Droites 31 3 janvier 2026
Chers amis, Nous vous présentons nos meilleurs vœux de santé, de bonheur et de réussite pour la nouvelle année, à vous-mêmes ainsi qu’à vos proches. L’espoir est bien là malgré la criticité de notre situation ! Notre pays, la France, traverse la situation la plus difficile qu’il ait connue depuis les années trente et quarante: les finances de l’Etat sont hors de contrôle, la sécurité a déserté l’espace public, les frontières ne nous protègent plus, on nous oblige à accueillir les détraqués du monde entier et on s’interdit de les empêcher de nuire, le communautarisme triomphe, le citoyen qui essaie de défendre honnêtement son pays est désavoué au profit de l’immigrant illégal qui prétend détruire notre civilisation, l’hôpital n’est plus en mesure de soigner, l’école n’est plus en mesure d’éduquer. La caste au pouvoir a renversé les valeurs qui ont fondé notre démocratie : l’impunité règne, des privilèges ont été instaurés pour les minorités, l’oisiveté prévaut sur le mérite, les droits surclassent les devoirs, la fureur de la déconstruction et de la haine de soi l’emporte sur l’amour de la patrie et sur le respect pour les générations qui ont fait de la France le superbe pays qu’il est aujourd’hui. Les chars sont envoyés face aux agriculteurs –qui pourtant s’agenouillent devant la Marseillaise- alors que les dealers, les délinquants et les casseurs hurlent publiquement leurs insultes contre la France et, pour les quelques-uns d’entre eux qui sont arrêtés, sont condamnés à des peines dérisoires et libérés le lendemain de leur arrestation. Quatorze ans de progressisme enragé -cinq ans de hollandisme et neuf ans de macronisme- ont fait leur œuvre de destruction. François Hollande a eu la décence de ne pas se présenter à un second mandat à la présidence de la République. Emmanuel Macron aura-t’il à son tour le jugement nécessaire pour mettre fin à la spirale de folie qui engloutit la France, soit en démissionnant, soit en dissolvant l’Assemblée Nationale ? Car l’espoir est là ! Le peuple français, longtemps victime des formateurs d'opinion soixante-huitards qui lui ont imposé l'idéologie diversitaire et permissive pendant près de soixante ans, reprend sa liberté de penser. Le moment arrive où notre peuple portera aux responsabilités des dirigeants respectueux de nos traditions, de ceux qui produisent, de ceux qui nous nourrissent, de ceux qui travaillent, de ceux qui respectent la loi, de ceux qui vivent leur foi dans leur espace privé sans en faire une revendication ni une provocation sociétale permanente. La volonté éclate partout chez notre peuple de rétablir l’ordre et l’autorité, de rendre sa noblesse au mérite, de replacer l’intérêt général au coeur des décisions, de mettre fin à la foire aux privilèges, de reprendre le contrôle de nos finances publiques, de ne plus tolérer l’entrisme religieux ni communautariste. C’est en installant la droite au pouvoir que nous répondrons à ces aspirations. Nous Lignes Droites 31 oeuvrons pour que la droite revienne aux responsabilités – et pour qu’elle s’unisse afin d’y accéder, car si elle en été écartée dans le passé, c’est à cause de son incapacité à s’unir. Les élections municipales de mars 2026 seront la première occasion d’élire des dirigeants de droite et de mettre un terme à cette spirale de folie. Dans chaque commune de Haute-Garonne où cela sera possible, Lignes Droites 31 soutiendra la liste d’union des droites : nous soutiendrons les listes qui sont déjà en préparation à Blagnac, à Launaguet, à Muret, à Tournefeuille et à Toulouse. A mesure que d’autres listes d’union des droites se formeront dans d’autres communes, nous leur apporterons notre aide également. Nous sommes impatients de mener ce combat à vos côtés pour le redressement notre pays ! Bien cordialement, Le Bureau de Lignes Droites 31
par Eric Duprix (Radio Présence) 7 décembre 2025
Nicolas Bonleux était l'invité cette semaine d'Eric Duprix dans l'émission "La mêlée de l'info" sur Radio Présence avec Monique Iborra (ex-députée de la Haute-Garonne) et Julien Klotz, conseiller départemental de la Haute-Garonne. L'émission peut être réécouté en replay ici : https://www.radiopresence.com/emissions/information/regionale/la-melee-de-l-info/article/la-melee-de-l-info-du-05-dec-120177
par Maxime Duclos 25 novembre 2025
Une tribune d'un de nos fidèle adhérents, Maxime Duclos : La situation politique actuelle ressemble à un champ de ruines. Emmanuel Macron, président de la République, se retrouve aujourd’hui au bord du gouffre. Selon les derniers sondages, près de deux Français sur trois souhaitent sa démission. Un président rejeté par une majorité du pays, isolé politiquement, et désormais prisonnier de ses propres manœuvres. Tout remonte à la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024. En activant l’article 12 de la Constitution, Emmanuel Macron pensait reprendre la main, créer une nouvelle dynamique et affaiblir ses opposants. En réalité, il a plongé la France dans une crise démocratique sans précédent. L’Assemblée est devenue ingouvernable, les forces politiques s’entre-déchirent, aucun compromis n’est possible. La majorité relative est devenue synonyme d’impuissance. E. Macron croyait sans doute que l’instabilité pousserait les Français à se lasser des partis d’opposition, à réclamer un retour à l’ordre et à son autorité. Mais le calcul s’est retourné contre lui. Les Français ne croient plus à ses équilibres précaires, ils en ont assez des manœuvres et des discours creux. Le pouvoir s’est vidé de sens, et l’Élysée s’est transformé en forteresse assiégée. L’épisode S. Lecornu en est la parfaite illustration. Lundi 6 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a remis sa démission, conscient qu’il allait droit vers une motion de censure. Dans un réflexe de survie, Emmanuel Macron lui a demandé de rester encore quarante-huit heures, le temps de tenter l’impossible : trouver un accord entre des forces irréconciliables. Une manœuvre de plus pour gagner du temps. Pendant ce temps-là, le pays s’enlise, et le président se tait. Là où il aurait dû parler, rassurer, agir, il reste muet. Autour de lui, le cercle se fissure. Ses plus proches alliés prennent leurs distances. Édouard Philippe l’invite à envisager la démission, Gabriel Attal trace sa route en solo, conscient que le macronisme vit ses dernières heures. Même son propre camp prépare déjà l’après. Ce silence présidentiel est celui d’un homme seul, coupé du réel, persuadé encore d’incarner la solution alors qu’il est devenu le problème. Politiquement, toutes les options sont dans l’impasse. Un Premier ministre de gauche serait immédiatement censuré. Un maintien de S. Lecornu ne ferait que prolonger l’agonie. Les oppositions, qu’elles soient du Rassemblement national ou du Nouveau Front populaire, ont déjà prévenu : aucune confiance, aucune alliance. La dissolution du Parlement, en revanche, apparaît de plus en plus inévitable. Dans ce chaos institutionnel, une certitude émerge. Sans union des droites, rien ne changera. Si les Républicains, si Reconquête, si Identité Liberté, Debout la France etc... persistent dans leur isolement, la responsabilité nous incombera entièrement. Pas à Macron, pas à la gauche, à nous. Marion Maréchal a déjà fait part de sa volonté d’une union des droites, mais tiendra-t-elle parole ? Est-ce un coup de com’ pour remonter dans les sondages et satisfaire la grande majorité de la demande des Français ? L’avenir nous le dira. Les sondages sont clairs : 52% des Français appellent de leurs vœux une coalition conservatrice et patriotique. Chez les électeurs de droite, c’est encore plus massif : 88% des sympathisants RN, 82% des LR, 100% des zemmouristes veulent cette alliance. 100% ! Imaginez : même si E. Zemmour refuse, toute sa base ira voir ailleurs. Mais si par fierté, par calcul personnel ou par peur de perdre un ego, ces partis refusent de suivre l’exemple d’Éric Ciotti qui, lui, a quitté Les Républicains pour bâtir une alliance réelle avec le RN, alors oui : nous serons responsables. Responsables de laisser la Macronie s’accrocher, responsables de laisser la gauche revenir, responsables d’une Assemblée ingouvernable et d’un pays qui s’enlise. À ce jour, le Premier ministre Sébastien Lecornu réussi de peu à se maintenir à son poste, la récente motion de censure ayant échoué pour 18 voix. Le Président le sait, le Parlement également et les Français, bien entendu, s'attendent à la chute du Premier ministre dans les mois à venir ; ce n'est plus qu'une question de temps. L'alliance honteuse, faite de fausses promesses tenues lors du discours de politique générale de Sébastien Lecornu, entre les Socialistes et Les Républicains restera gravée dans l'histoire. Ils devront en assumer les conséquences. Mais cette alliance reste éphémère et fragile : 18 voix manquantes peuvent vite apporter leur soutien à la censure et la faire adopter. S'en suivra, je le pense sincèrement, au minimum une dissolution de l'Assemblée nationale et, si cela arrive, la Droite aura la lourde charge d'être responsable du destin de la France. La Droite ne pourra pas trouver d'excuses : ce ne sera ni la Gauche, ni le Centre qui sera responsable du nombre de sièges que la Droite obtiendra, car tout le monde est conscient que si l'union des droites est fonctionnelle, alors aucune alliance centro-gauchiste ne pourra arrêter ce raz-de-marée populaire et patriote. Dans le chaos actuel et face à l'attente claire des Français, les responsables politique de droite doivent dépasser leurs divergences personnelles et s'unir sans délai, non par intérêt partisan, mais par devoir envers le destin de la France.
par Nicolas Conquer (Valeurs Actuelles) 23 novembre 2025
A l’heure de l’IA, l’immigration choisie devient un grand déclassement "Cette question deviendra l’une des dimensions majeures des prochaines échéances électorales en France. Ceux qui continueront de célébrer « l’immigration choisie » sans condition seront jugés pour ce qu’ils sont : les fossoyeurs silencieux de la mobilité sociale de nos enfants." https://www.valeursactuelles.com/economie/a-lheure-de-lia-limmigration-choisie-devient-un-grand-declassement
par Louise Morice dans Frontières 23 novembre 2025
Je suis de la génération Bataclan. La génération qui n’a pas connu la guerre, mais qui voit le sang couler sur son propre sol. Chaque année, chaque mois, chaque semaine. Nous avons grandi dans l’ombre des sirènes et des bougies, dans la peur sourde des métros bondés, des gares trop silencieuses, des sacs abandonnés. Je fais partie d’une génération qui vit la barbarie à chaque coin de rue ; d’une génération de femmes qui hésite à mettre une jupe, de garçons qui baissent les yeux pour éviter une provocation. Nous sommes ceux qui ont appris trop tôt ce que veut dire mourir pour rien. Je suis de la génération qui n’oubliera jamais, et qui ne pardonnera pas. Remplie de colère, parce qu’on ne nous protège pas. Remplie de colère, parce qu’ils ont les clés mais préfèrent le déni, la lâcheté, plutôt que le courage d’affronter le réel. Ils disent craindre la guerre civile, mais la guerre est déjà là, diffuse, rampante, dans les cœurs et dans les rues. J’avais seize ans, j’étais au lycée. Je me souviens du message sur la conversation de classe : « Y’a encore un attentat à Paris. » Encore. Ce mot résonne encore plus fort que les balles. Ce n’était pas le premier. Et nous savons, hélas, que ce ne sera pas le dernier. Louise Morice, média Frontières
par Jeanne Durieux (Le Figaro) 10 novembre 2025
"Contrairement au conflit à Gaza, ou à la guerre en Ukraine, la guerre au Soudan passe largement sous les radars politiques et médiatiques." "il n’y a pas d’armes actionnées par des Juifs, donc pas d’antisémitisme à galvaniser sous le masque de la bonne cause" Deux poids et deux mesures avec Gaza ? Une chronique de Jeanne Durieux sur un conflit qui passe largement sous les radars politiques et médiatiques à lire dans le Figaro : https://www.lefigaro.fr/international/pourquoi-parle-t-on-moins-du-conflit-au-soudan-que-de-gaza-ou-de-l-ukraine-20251108 DÉCRYPTAGE - Contrairement au conflit à Gaza, ou à la guerre en Ukraine, la guerre au Soudan passe largement sous les radars politiques et médiatiques. Des civils abattus d’une rafale de kalachnikov le long des talus, des hommes rassemblés en groupe pour être brûlés vifs, des enfants épuisés et muets qui déambulent sans parents le long des camps de réfugiés, des femmes atones au regard hanté qui taisent les viols collectifs dont elles ont été victimes. Voilà quelques-unes de la kyrielle d’images insoutenables qui ont envahi les réseaux sociaux ces derniers jours, presque deux semaines après la prise de la ville soudanaise d’El-Fasher par les FSR, les Forces de soutien rapide. Un premier bilan fait état d’environ 3000 civils abattus, mais le bilan pourrait être en réalité considérablement plus élevé. À découvrir Ces massacres de civils, dont l’horreur augmente à chaque témoignage rapporté par les ONG, jettent une lumière crue sur le conflit sanglant qui sévit au Soudan depuis plus de deux ans. Il oppose, sur un échiquier soudanais très complexe mêlé d’enjeux ethniques et religieux, les généraux Al-Burhan, chef de l’armée régulière, à Mohamed Daglo dit Hemedti, à la tête des FSR. Et s’inscrit dans le temps long d’une guerre multifactorielle qui ensanglante la région du Darfour depuis des décennies. Et pourtant, les massacres qui sévissent dans ce pays d’Afrique de l’Est bordé par la mer Rouge peinent à bénéficier d’une couverture médiatique ou de dénonciations proportionnelles à la hauteur des 150.000 morts et des 12 millions de déplacés depuis 2023. Contrairement au conflit à Gaza qui engendre depuis deux ans nombre de mobilisations, réactions, et polarise profondément la société française, la guerre au Soudan ne génère qu’une discrète indignation, voire un silence indifférent, malgré plusieurs récits publiés par les médias (dont Le Figaro ). Comment, malgré tout, expliquer cet angle mort ? Le Soudan échappe aux schémas impérialistes et colonialistes Le Soudan est un pays «inclassable», présente d’emblée le chercheur Marc Lavergne. À cheval sur l’Afrique noire et le monde arabe, multiethnique et multireligieux, lié à la Méditerranée, mais aussi à l’Afrique centrale et au Sahel, il échappe à toute catégorisation géographique mais également historique. Le Soudan a été conquis par les Britanniques et les Égyptiens à la fin du XIXe siècle, qui y ont établi un condominium [un territoire sur lequel plusieurs puissances exercent conjointement une souveraineté, NDLR], avant que le pays ne proclame son indépendance en 1956. Mais en réalité, «les Anglais n’ont pas vraiment colonisé le pays puisqu’ils n’y voyaient qu’une mainmise formelle. Ils sont d’ailleurs regrettés par les Soudanais», pointe encore Marc Lavergne. Par cette histoire, le Soudan échappe aux schémas classiques «impérialistes et colonialistes» qui ont profondément forgé les dynamiques actuelles de la plupart des pays africains. Et c’est d’abord là que le bât blesse. Concrètement, le Soudan n’est pas considéré comme un pays où doit s’exercer une lutte anti-impérialiste ou décoloniale, matrice des discours actuels qui défendent par exemple ardemment la Palestine en «lutte» contre «l’État colonisateur» que serait Israël. En réalité, «le conflit qui déchire le Soudan n’est pas une guerre idéologique mais un conflit pour l’argent», avance Marc Lavergne. Les factions en guerre cherchent en partie à contrôler le pays pour des motivations économiques : ils se disputent notamment la mainmise sur le contrôle des ressources économiques soudanaises agricoles et minières (comme l’or et pétrole). Et dans ce conflit, «le sort, comme l’opinion des civils, est complètement évacué» pointe le spécialiste. Le conflit à Gaza accapare la question du génocide Or, c’est précisément le conflit idéologique qui fait de Gaza une tragédie abondamment exposée. Se joue là le paradoxe de la solidarité sélective : les défendeurs de la cause palestinienne requièrent une prise en charge mondiale de cette tragédie mais s’opposent de l’autre «à l’universalité funéraire» pour d’autres conflits, pointait l’écrivain Kamel Daoud dans les colonnes du Point dès novembre 2024. Selon le prix Goncourt, il n’est pas populaire de plaindre tous les morts, quelles que soient leurs origines. Il poursuivait : «Si vous abordez ce sujet tragique [de la guerre au Soudan, NDLR], vous êtes accusé de cacher un conflit armé ’exclusif’ [celui de Gaza, NDLR], de changer de sujet, de procrastiner et de manipuler.» Par ailleurs, de façon évidente, les mobilisations autour du conflit armé à Gaza servent de relais à l’antisémitisme. Très concrètement au Soudan, «il n’y a pas d’armes actionnées par des Juifs, donc pas d’antisémitisme à galvaniser sous le masque de la bonne cause. (...)», appuie Kamel Daoud. Ce que corrobore l’avocat et essayiste Gilles William Golnadel dans une tribune publiée au Figaro : «[Il y a] une focalisation sur la chose juive par une sorte de fascination», expose-t-il pour justifier l’exposition qui entoure Gaza. Or, au Soudan, «les musulmans y tuent d’autres musulmans, ce qui équivaut à zéro. La mort ne devient importante que si elle suscite des émotions collectives à travers un casting précis», pointe encore Kamel Daoud. Davantage de personnes peuvent avoir été assassinées en une semaine à el-Fasher, sans aucune exagération, qu’en deux ans à Gaza. Nathaniel Raymond, directeur exécutif du laboratoire humanitaire de recherches à Yale Pourtant, les ethnies du Darfour (Fours, Masalit et Zaghawa) ont été victimes d’un génocide au début des années 2000, notamment de la part des Janjawid, ces milices arabes dont découlent aujourd’hui les FSR. Et ces violences contre les ethnies non arabes ont redoublé avec la reprise du conflit en 2023. Mais aujourd’hui, la question du «génocide» dans le débat public est presque exclusivement captée par les événements à Gaza. «Les informations qui remontent du terrain [au Soudan] témoignent d’un nettoyage ethnique voire d’un génocide en cours. On s’est posé des questions très longtemps sur Gaza, on a eu toutes sortes de débats, “est-ce un génocide ou pas ?” alors qu’au Darfour, on avait des éléments [pour le caractériser] et on n’en parlait pas du tout», a pointé le 6 novembre 2025 sur le plateau de C ce soir Meriem Amellal, journaliste spécialiste de l’Afrique à France 24. Plus prosaïque, Nathaniel Raymond, directeur exécutif du laboratoire humanitaire de recherches à Yale, établissait un parallèle cette semaine : «davantage de personnes peuvent avoir été assassinées en une semaine à el-Fasher, sans aucune exagération, qu’en deux ans à Gaza». Et pour cause : après la prise de cette ville, il n’y a pas eu de mouvement massif de population, comme c’est normalement le cas dans une zone nouvellement conquise. Cette constatation «augmente la probabilité que la majorité des civils soient morts, capturés ou cachés» dans l’enceinte de la ville, indique un rapport établi par l’université de Yale et cité par le Middle East Eye . Les Nations unies estiment à environ 60.000 le nombre de personnes ayant réussi à fuir el-Fasher − près de 200.000 personnes sont en conséquence toujours entre les mains des sanguinaires milices. À titre de comparaison, 67.000 civils environ auraient trouvé la mort à Gaza depuis le 7 octobre 2023, selon le décompte (invérifiable) du Hamas. En clair, le Soudan est bien loin des projections collectives et des débats qui agitent et polarisent nos sociétés occidentales. Au sein de cette guerre africaine s’entrelacent de nombreux enjeux internes qui entravent notre implication morale dans le conflit. En Occident, «on ne fait pas la différence entre tous les Soudanais, même s’il existe de nombreuses différences ethniques», éclaire Marc Lavergne, - à l’inverse, là encore, du conflit à Gaza, qui oppose deux parties clairement connues et identifiées. Ce que corrobore encore Kamel Daoud dans sa chronique au Point : «Le corps d’un Soudanais est-il moins choquant parce qu’il n’a pas d’histoire qui nous ressemble ?» s’interroge-t-il. Par ailleurs, depuis deux ans, le conflit soudanais oppose deux généraux belligérants unanimement dénoncés. Les Forces de soutien rapide se sont certes rendues complices de nombreux massacres de civils, largement documentés ces derniers jours, mais les exactions du gouvernement dit «légal» du général Al-Burhan les talonnent sur l’échelle de la violence. «Concrètement, les troupes d’Al-Burhan tuent certes moins de gens, mais les milices qui sont alliées à l’armée régulière font les basses besognes. Et de façon générale, l’armée n’a que faire des civils», résume Roland Marchal, chercheur au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po Paris. Par ailleurs, les acceptions des termes «gouvernement légal» et «gouvernement rebelle» ne s’appliquent pas réellement au Soudan. «Lorsque deux généraux anciens complices s’affrontent, qui est dans la légalité et qui ne l’est pas ?» interroge le chercheur Marc Lavergne. Et ce dernier de poursuivre : «Entre une armée putschiste, dirigée par al-Burhan, qui a ruiné le pays et pris le pouvoir par un coup d’État, et les Forces de sécurité rapide dirigées par le général Hemedti, grand responsable de la crise du Darfour en 2005, qu’on présente comme des rebelles alors qu’ils sont avant tout des Bédouins, à qui accorder la légitimité ?» De quel côté se placer ? Un tel parti pris est, à l’inverse, plus évident dans le cas du conflit en Ukraine : il y a d’un côté l’agresseur, la Russie, et l’agressé, l’Ukraine, dont une partie des terres a été envahie par l’armée russe. Peu d’intérêt stratégique La donne géopolitique impose également sa grille de lecture : celle des Européens est d’abord liée aux décisions de Washington et à la menace russe. Là encore, l’attention constante qu’accorde la France au conflit russo-ukrainien se justifie ainsi par la proximité géographique et culturelle avec l’Ukraine. Cette dernière étant aux portes de l’Europe et candidate à l’UE et l’Otan, les Français ont tout intérêt à peser pour la victoire de l’Ukraine et la résolution du conflit. Dans le cas du Soudan, la France, qui avait soutenu la chute du régime d’Omar el-Béchir en 2019 en s’affirmant se placer du côté «de ce nouveau Soudan», y accorde en réalité peu d’intérêt. «Il n’y a plus cette génération de gens qui ont connu la Françafrique et qui conservent des liens et des intérêts forts sur le continent», dépeint Marc Lavergne, pour qui «la France s’est désintéressée du Soudan».