Les élections municipales à Toulouse : analyse rétrospective (suite)

Natacha Gray • 16 juillet 2020

Les élections municipales à Toulouse : analyse rétrospective (suite)

Seconde partie


La victoire de Jean-Luc Moudenc dans un contexte où la plupart de ses homologues ont été emportés par ce que les médias ont nommé la « vague verte » tient à plusieurs facteurs, les uns relevant de l’adhésion à un homme, un bilan, un programme, d’autres au rejet à la fois du programme et des alliances de son adversaire, et à la sociologie d’une ville qui a toujours été modérée dans ses choix et qui semble allergique aux extrêmes. Mais pour les partisans d’Antoine Maurice l’explication est plus simple, binaire, bien loin de l’écheveau de facteurs multiples et complexes que la première partie s’est attelée à démêler ( ici) si Archipel a perdu, c’est avant tout en raison d’une « campagne de caniveau ». Qu’en est-il exactement ?


II. Une « campagne de caniveau » ?

Aujourd’hui en effet, lorsque l’on rencontre un partisan de la liste perdante renvoyée à ses salades, on sait automatiquement que l’on va entendre ce leitmotiv dès les premiers arguments. Plus qu’un élément de langage, c’est le nouveau mantra des adversaires de Jean-Luc Moudenc, à prononcer d’un air grave, en hochant la tête d’un air consterné et exagérément indigné. Finis la planète, le verdissement, les trottinettes et le renouveau, dès les derniers jours de la campagne, histoire sans doute de rameuter les indécis par victimisation et diabolisation de l’adversaire, le nouvel argument électoral de la liste Maurice était tombé au niveau de la rigole qui borde les trottoirs sur les voiries urbaines. Psalmodiée à l’envi la formule s’est répandue comme une traînée de poudre chez les électeurs de la liste Archipel. Que chacun fasse l’expérience, évoquez devant l’un d’entre eux la victoire de Jean-Luc Moudenc ou a contrario la défaite d’Antoine Maurice, en quelques secondes vous aurez droit, de façon quasi pavlovienne, souvent avec une agressivité contenue, à la « campagne de caniveau », seule explication de leur échec. Alors qu’ont-ils bien pu trouver dans ce fameux caniveau qui minimise leur défaite et a pour objectif de salir la victoire de l’adversaire? On voit revenir quatre principaux griefs.


Le premier est que Jean-Luc Moudenc aurait appuyé sur les peurs pour mobiliser les électeurs. C’est vraiment là jouer sur les mots : le maire sortant n’a fait que rappeler à la fois la provenance politique des colistiers de Monsieur Maurice, leurs engagements passés, les propos tenus et les programmes annoncés. Des faits, rien que des faits. La peur que cela suscite, il ne la crée pas . Elle est omniprésente aujourd’hui, bien au-delà d’une extrême droite ou « fachosphère » fantasmées, constamment évoquées à la moindre critique, face à ceux qui, à gauche notamment, n’ont de cesse que de diviser par l’opposition systématique, les manifestations violentes qui dégénèrent, les procès d’intention, l’inversion des responsabilités, le soutien aux mouvements racialistes et/ou islamistes. Comme dans toute campagne électorale, le maire sortant a présenté son bilan, son programme mais également pointé les faiblesses ou les dangers de celui de l’adversaire en termes financiers, ou de sécurité, d’économie, d’emploi, de paix civile. Que ces réalités fassent peur, on le comprend, surtout dans le contexte actuel, à l’échelle de la France mais aussi d’une ville meurtrie depuis un an et demi par des manifestations destructrices dégénérant immanquablement.


Jean-Luc Moudenc n’a pas créé la peur. Il n’a pas inventé le tweet violent d’une colistière de Monsieur Maurice, ni la présence de nombreux militants LFI ou Gilets jaunes (devenus Ultrajaunes) ou du DAL sur sa liste, ni le programme visant à supprimer les arrêtés anti-bivouac, la remise en cause des caméras de surveillance, les positions contre l’aéronautique, les positions naïves et manifestement hors sols sur la réalité de l’insécurité … Fut fatale à la liste Maurice, dans une ville aussi modérée, la conjonction gênante et trop visible du soutien du parti islamiste, la venue en grande pompe des représentants de partis d’extrême-gauche que l’on venait de voir avec consternation, au premier plan de l’actualité, s’afficher fièrement auprès de mouvements racialistes, communautaristes, révisionnistes sur le plan historique, comme le Comité Adama Traoré et de tous ceux qui cherchent à fragiliser l’Etat français, en racolant sur des haines raciales artificiellement réveillées et importés d’ailleurs. Si les électeurs ont eu peur de la liste verte et rouge, c’est tout simplement qu’elle faisait peur par son programme, ses colistiers et ses prises de position.


Le maire de Toulouse a gagné en 2014 sur la question de l’insécurité qui est la priorité numéro un dans de nombreux quartiers toulousains, qui ne sont manifestement pas ceux où vivent Monsieur Maurice et ses colistiers. S’il n’a pas suffisamment mobilisé au premier tour, c’est de toute évidence parce que ce thème n’avait pas été mis en avant au cours de sa campagne. S’il a convaincu avant le second, c’est qu’il s’est souvenu de ce qu’attendaient les Toulousains et sur quoi portent une grande partie des plaintes qui remontent jusqu’à la municipalité. A contrario certaines propositions du candidat Maurice dénotaient un déni total de la réalité quant à la sécurité et au « vivre ensemble » toulousain, et annonçaient de toute évidence une aggravation des problèmes. Alors, entre un maire sortant à qui beaucoup reprochent de ne pas en avoir assez fait quant aux nuisances du quotidien et à l’insécurité et un candidat qui se propose d’en faire davantage pour les fauteurs de troubles (notamment les squats, les migrants illégaux…), tout en supprimant ou diminuant les garde-fous, même insuffisants, de son adversaire , on comprend que même l’électeur a priori défavorable à Jean-Luc Moudenc se soit abstenu en renonçant à voter « vert » ou soit allé voter pour le moins pire, en traînant les pieds.


Deuxièmement, dans le même ordre d’idées, la liste Maurice lui reproche d’avoir utilisé l’image de la pastèque pour décrire leur programme : la comparaison avec ce fruit d’été succulent décrit une apparence verte à l’extérieur mais rouge à l’intérieur. Où est le problème ? C’est une image classique, reprise fréquemment sur les plateaux de télévision, qui n’est aucunement méprisante et qui dit bien ce qu’elle veut dire. Elle est d’ailleurs souvent utilisée pour décrire le mouvement écologiste français dominant qui flirte bien souvent avec l’extrême gauche, dont on a vu les leaders récemment marcher dans des manifestations racialistes, islamistes (sous couvert d’une pseudo lutte contre l’islamophobie) ou s’afficher aux côtés du Comité Traoré. Seul Yannick Jadot avait quelque peu tiré EELV vers le centre au point de se mettre à dos la majorité de ses camarades qui le trouvent aujourd’hui bien pâle. C’est une image comme une autre, percutante, le miroir de la réalité, elle n’est en aucun cas mensongère ou dégradante. Sauf si les membres de cette liste avaient voulu dissimuler leur appartenance politique, ce qui n’est absolument pas le cas.


Troisième grief, et M. Maurice est revenu sur cette accusation lors du troisième tour pour l’élection du maire et la mise en place du conseil municipal, l’équipe Moudenc aurait utilisé l’homophobie comme un épouvantail pour faire fuir les électeurs. Car Antoine Maurice est homosexuel. Cet argument victimaire est insupportable et de mauvaise foi, comme tous ceux qui attribuent un échec ou une défaite dans le milieu professionnel, ou dans une élection, à un racisme, un antisémitisme, une islamophobie, une misogynie ou un exclusion sexuelle supposées, sans jamais se remettre en question.


Sur quoi s’appuient ces accusations ? D’une part sur un unique tweet homophobe, effectivement scandaleux et particulièrement stupide, d’un employé de la majorité municipale à quelques jours du second tour. D’autre part sur les marchés, des militants faisant campagne pour le maire actuel auraient évoqué l’homosexualité de son concurrent, notamment au travers d’une video émanant du candidat lui-même qui a toujours assumé son orientation sexuelle, ne s’en est jamais caché et, d’ailleurs, n’a aucune raison de le faire. Enfin certains brandissent comme preuve de l’homophobie de l’équipe municipale que M. Moudenc a soutenu la Manif pour tous .


Primo il faut savoir que l’employé indélicat a été aussitôt désavoué par le maire et ses colistiers, qu’il a été suspendu et se trouve sous la menace d’un licenciement même s’il a retiré son tweet et s’en est excusé.

Deuxio s’il s’avérait que l’homosexualité de Monsieur Maurice avait été effectivement mise en avant par des militants faisant campagne pour le maire actuel dans l’espoir de le discréditer, ce sont des incidents ponctuels et un argument stupide qu’il est très malhonnête de généraliser. Quoi qu’il en soit, on ne voit pas en quoi cela aurait pu jouer un rôle dans la défaite de Monsieur Maurice. Son homosexualité est connue, assumée, il en a parlé lui-même en se présentant. C’est loin d’être un scoop.

Tertio penser que ceci puisse avoir une quelconque influence sur la majorité des électeurs toulousains, c’est leur faire vraiment insulte . Comme la plupart des Français aujourd’hui, plus encore sur cette terre historique de tolérance et de respect mutuel qu’est l’Occitanie, franchement, les préférences sexuelles des uns et des autres, la majorité des électeurs s’en moque totalement. Et s’il y a quelques catégories dans lesquelles l’homophobie peut encore être présentée ou ressentie négativement, c’est essentiellement dans des milieux religieux traditionnalistes radicaux, qui n’auraient jamais voté pour la liste verte et rouge, à l’exception de la mouvance islamiste, puisque le parti communautariste UDMF a appelé à faire barrage à Jean-Luc Moudenc. On voit donc mal aujourd’hui l’intérêt d’un tel argument de campagne qui n’intéresse pas grand monde et ne peut avoir une quelconque influence dans une ville civilisée.

Quatro, il est difficile de qualifier la liste de Jean-Luc Moudenc d’homophobe en raison de la présence sur sa liste de colistiers qui, dans le cas contraire, n’y figureraient pas. Mais nous n’allons pas ici commencer à compter le nombre d’homosexuels, ou de blancs, de noirs, de musulmans, de juifs, ou de jeunes, de vieux, ou que sais-je encore pour voir quelle est celle des deux listes qui, en termes de diversité, a la plus grosse collection de « spécimens » à présenter, du genre « totems d’immunité », preuves de « bien-pensance » et « d’inclusivité » pour éviter d’être accusé de ceci- ou de cela-phobie? Ce serait entrer dans le jeu nuisible de tous les spécistes et autres racialistes qui empoisonnent la vie politique et sociale d’aujourd’hui.

Quinto, tordons le cou définitivement au reproche éculé du soutien passé de JL.Moudenc à la Manif pour tous (argument spécieux lui aussi ressorti malhonnêtement à la faveur de cette campagne, brandi très souvent par les soutiens d’Antoine Maurice pour faire passer – à leurs yeux- le maire actuel pour un réac caricatural voire un homophobe). Il y aurait déjà beaucoup à dire sur la vision caricaturale que la gauche et les médias ont véhiculée à dessein de ce qui fut, aussi, une occasion pour la droite de se retrouver, mais ce n’est pas l’objet ici. Jean-Luc Moudenc a mainte fois expliqué ultérieurement que son opposition tenait avant tout à la méthode employée et non au contenu de la réforme lui-même. Et quand bien même se serait-il opposé sur le fond ? Où serait le problème ? On peut souligner le caractère obsessionnel et réducteur comme l’indigence pitoyable d’un « argument » qui, sans relâche, va reprocher à un individu sa participation à un mouvement polymorphe (irréductible donc à l’interprétation unique qu’en fait une certaine gauche) qui a eu lieu … plus de 7 ans auparavant, ainsi que la conception étroite que ces pseudo-démocrates font de la liberté d’expression et de conscience, qui n’est reconnue que lorsqu’elle est conforme à leur doxa. Ainsi, rappeler en permanence, pendant la campagne, le soutien du maire actuel à la Manif pour tous en 2013 sans évoquer aussi, au cours des six ans de mandat, son rapprochement et sa réconciliation avec les associations LGBT et les engagements de sa municipalité contre les discriminations sexuelles, c’est sans nul doute au moins là que les Toulousains peuvent ramasser un argument de campagne dans le fameux « caniveau » .


Quatrième grief enfin, certains laissent entendre que la municipalité aurait récupéré un grand nombre de procurations , notamment dans les maisons de retraite (sous-entendu sournois, comprendre : en faisant voter des personnes âgées qui ne savent pas ce qu’elles font). Quel prodigieux mépris pour ces électeurs-là ! Une personne, même âgé qui confie son vote, sait ce qu’elle fait. Et remplir son devoir citoyen, pour les anciennes générations, c’était et cela reste sacré. Que cette personne ait été demandeuse ou qu’on soit allé lui proposer d’accomplir son devoir civique à sa place, cela n’a rien d’illégal ni de scandaleux, surtout dans le contexte Covid-19, et cela s’est fait, ici comme ailleurs, dans tous les camps, pour toutes les listes , chacun essayant de convaincre au maximum les indécis ou de permettre aux personnes empêchées de voter quand même. A contrario beaucoup racontent avoir vu venir voter dans les bureaux des électeurs au look, comportement et propos ne laissant guère de doute sur le candidat qu’ils allaient soutenir, beaucoup de jeunes, en trottinette ou en vélo, du genre que l’on ne voit quasiment jamais dans ces bureaux de vote que les assesseurs ou scrutateurs connaissent bien et observent depuis des années ! Utiliser ce genre d’argument avec tous les sous-entendus qu’il véhicule ne vole pas bien haut non plus, disons que cela reste, pour reprendre une image à la mode, au niveau de certains équipements qui permettent à l’eau de s’écouler dans les rues !


Ainsi, « la campagne de caniveau » étant devenue un élément de langage récurrent, un élément de dénigrement du maire actuel, il semblerait utile d’y répondre systématiquement point par point, en enfermant celui qui a balancé cet argument de manière quasi pavlovienne dans l’impossibilité de démontrer quoi que ce soit. Ou bien de lui renvoyer le compliment en mettant en évidence les mensonges, les procédés, mais également le racolage de certains soutiens de la liste Maurice, les propos et engagements de certains colistiers qui ne font pas honneur à Archipel et qui ont contribué, seuls ou effectivement rappelés par l’équipe adverse, à la discréditer aux yeux de certains électeurs qui étaient initialement peut-être prêts à voter pour un programme qu’ils croyaient purement écologique et de renouveau.

Il ne faut pas laisser passer la calomnie, la combattre pied à pied, au risque, sinon, de l’entendre bien souvent et de la retrouver dans six ans. Selon la formule de Goebbels, ministre de la propagande nazie, « un mensonge répété 10 fois reste un mensonge ; répété 10 000 fois il devient une vérité ». Et l’on sait à quel point les nouveaux fascistes d’aujourd’hui ont largement retenu cette leçon, l’opinion publique finissant par être convaincue de ce qu’elle entend répéter à l’envi. Il est vrai que la plupart de ces reproches sont tellement ridicules que l’on comprend qu’il soit tentant de laisser courir la calomnie, mais l’on sait ce que cela a coûté, par exemple, à un certain Alain Juppé lors de la campagne présidentielle de ne pas rebondir sur le stupide « Ali Juppé », autre slogan sans grand fondement qui, pour beaucoup, jamais démenti, a été pris comme une réalité occasionnant un vote de défiance. Il ne faudrait jamais laisser perdurer ce genre d’accusation gratuite qui ne relève que de la déception de mauvais perdants mais qui devient vite, le recul du temps aidant et la mémoire se faisant défaillante, un postulat non négociable.


Natacha GRAY

par Institut Thomas More 27 juin 2026
Dans un rapport inédit, l’Institut Thomas More dresse l’inventaire des décisions politiques qui ont mis la France à genoux pendant ces 50 dernières années. Chute du niveau scolaire, 35 heures, système de retraite, chômage, déficits, dette, insécurité… Autant d'occasions ratées pour maintenir la France sur le chemin de la prospérité !  "Notre ambition, dans ce rapport, est d’identifier les cinquante décisions qui ont mis la France à genoux en cinquante ans, de les replacer dans leur contexte, d’expliquer les motivations de fond ou les choix opportunistes qui ont abouti à ce qu’elles soient prises, de décrire et chiffrer leur impact et leurs effets cumulatifs, les comparer aussi aux options prises par des pays semblables. Ce travail inédit n’a jamais été réalisé de cette manière : il constitue une somme considérable. Les données citées, les sources et les conséquences mesurées sont issues de statistiques et de rapports publics et parfois privés, incontestables. Il se veut et nous l’avons pensé ainsi, d’intérêt général. Car dans la perspective de 2027, il constitue un préalable à l’élaboration de tout programme crédible. Au regard de la gravité de sa situation, il est impossible de penser redresser le pays sans analyser objectivement les causes" https://institut-thomas-more.org/2026/06/25/rapport36/
par Jean-Marie Montali 10 juin 2026
"Emmanuel Razavi vit sous protection policière. Nora Bussigny est régulièrement la cible de menaces et de campagnes de haine. D’autres parmi nous vivent la même chose. Leur point commun ? Avoir enquêté sur l’islamisme, ses réseaux, l’antisémitisme contemporain ou encore les dérives de la dictature iranienne. Face aux intimidations, aux menaces de mort et aux tentatives de censure, le plus inquiétant n’est peut-être pas la violence des fanatiques. Le plus inquiétant est le silence. Celui d’une partie du monde médiatique, intellectuel et politique, qui semble avoir renoncé à défendre des principes qu’il prétend pourtant universels ." Jean-Marie Montali (né en 1962) est un journaliste français spécialisé en presse écrite , auteur de plusieurs ouvrages et réalisateur de documentaires pour la télévision . Grand reporter , il a occupé divers postes de direction, notamment rédacteur en chef , directeur adjoint et directeur exécutif de la rédaction au Figaro Magazine , directeur adjoint de la rédaction de France-Soir , et directeur adjoint des rédactions du Parisien – Aujourd'hui en France . Dans La Nouvelle Revue Politique, il s'insurge contre une étrange hiérarchie de l’indignation ... https://nouvellerevuepolitique.fr/journalistes-le-silence-qui-deshonore/
par Nicolas Baverez dans FigaroVox 9 juin 2026
"Choose France" est souvent présenté comme un énorme succès de l'économie française. Nicolas Baverez remet les choses en perspective ... "La véritable mesure de l’attractivité de la France reste fournie par la balance des paiements : or elle fait apparaître au 30 juin 2025, sur douze mois, des entrées nettes d’investissements directs de 29,5 milliards, mais des sorties nettes des investissements de portefeuille à hauteur de 136,6 milliards. La France est en réalité confrontée à une fuite massive de capitaux, mais surtout de talents" https://www.lefigaro.fr/vox/economie/nicolas-baverez-de-choose-france-a-loose-france-20260606 CHRONIQUE - La stratégie de restauration de l’attractivité de la France, mise en scène par Choose France sous les ors de Versailles, se trouve en réalité minée par le bilan calamiteux des présidences d’Emmanuel Macron. Passer la publicité La 9 e édition du sommet Choose France , qui s’est déroulée le 1 er juin au château de Versailles, s’est achevée sur un record de promesses d’investissement dans l’Hexagone : 93 milliards d’euros contre 87 milliards cumulés de 2018 à 2025. Et ce en raison de la décision du conglomérat japonais SoftBank, présidé par Masayoshi Son, de mobiliser 75 milliards pour la construction de data centers dans notre pays. Ces annonces, effectuées alors que la guerre d’Iran et le blocage du détroit d’Ormuz font basculer l’économie mondiale dans la stagflation, sont d’autant plus positives qu’elles favoriseront le rattrapage du retard que la France a accumulé dans la révolution de l’IA, avec une capacité de calcul limitée à 1,5 GW fin 2025, loin derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni. Elles soulignent l’intérêt des investisseurs internationaux pour notre pays, en raison des atouts que constituent son énergie nucléaire décarbonée, ses infrastructures et sa situation géographique au cœur du grand marché européen. Elles confirment le succès de la promotion de l’attractivité de la France vis-à-vis des entreprises étrangères, qui demeure l’unique réussite de la politique économique conduite par Emmanuel Macron depuis 2017. Passer la publicité Mais, pour cette raison même, les résultats de Choose France et l’amélioration de l’image de la France demeurent à la fois partiels et fragiles. Tous les projets annoncés ne sont pas réalisés, comme l’a montré l’abandon de plusieurs gigafactories, spécialisées notamment dans la construction de batteries et les semi-conducteurs. Les emplois effectivement créés sont très inférieurs à ceux affichés. Par ailleurs, les opérations annoncées en 2026 concernent en quasi-totalité des data centers, très consommateurs d’électricité, d’eau et d’espace. Avec pour corollaire un risque de dépendance aux géants de la Big Tech américaine qui poursuivent la vassalisation numérique de l’Europe et de monopolisation de l’électricité décarbonée par l’IA au détriment des autres entreprises et des ménages. Les filiales de groupes étrangers n’entrent par ailleurs que pour 15 % de la valeur ajoutée dans notre pays contre 18 % en Allemagne et en Italie et 22 % en Espagne, ce qui témoigne d’un déficit persistant d’attractivité dont la première cause se trouve dans le niveau excessif du coût du travail, de la fiscalité et de la réglementation. La véritable mesure de l’attractivité de la France reste fournie par la balance des paiements : or elle fait apparaître au 30 juin 2025, sur douze mois, des entrées nettes d’investissements directs de 29,5 milliards, mais des sorties nettes des investissements de portefeuille à hauteur de 136,6 milliards. La France est en réalité confrontée à une fuite massive de capitaux, mais surtout de talents (elle a été ravalée au 19 e rang pour l’accueil des entrepreneurs et des cerveaux) et d’entreprises, avec pour symboles le déménagement de Criteo et la cotation à succès de TotalEnergies aux États-Unis. La stratégie de restauration de l’attractivité de la France, mise en scène par Choose France sous les ors de Versailles, se trouve en réalité minée par le bilan calamiteux des présidences d’Emmanuel Macron en termes de déstabilisation des institutions de la V e République, de paralysie et de faillite de l’État, d’explosion des violences et de disparition de la paix civile. La production, l’investissement et l’innovation ne peuvent se développer dans un environnement d’incertitude radicale et d’hostilité à l’entreprise. Or la dissolution de 2024 a ouvert un cycle d’instabilité politique qui risque fort d’être amplifié et non pas refermé par l’élection présidentielle de 2027. L’ordre public a disparu et l’ultraviolence gagne l’ensemble du territoire et de la population, comme le montrent la montée en puissance du narcotrafic ou les émeutes qui ont à nouveau accompagné la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions. L’attractivité de la France est ruinée par la schizophrénie d’une politique économique qui prétend encourager les investissements étrangers tout en poursuivant l’euthanasie des entreprises françaises, créant une paradoxale préférence économique pour l’étrangerSimultanément, l’économie française a basculé dans la stagflation sous l’effet d’un triple choc fiscal, financier et énergétique. L’activité est en récession depuis le premier trimestre 2026 ; l’inflation est passée de 0,9 % à 2,4 % et dépassera 3 % cette année ; le chômage a augmenté de 0,7 % sur un an et tendra vers 9 % de la population active ; le déficit se situera autour de 5,5 % du PIB, portant la dette à près de 120 % du PIB. Ce surendettement est devenu insoutenable, dès lors que le seul service de la dette représentera bientôt 3,5 % du PIB, ce qui exigera un équilibre strict pour toutes les autres dépenses de l’État, des collectivités locales et de la protection sociale. La France, l’homme malade de l’Europe L’attractivité de la France est ainsi ruinée par la schizophrénie d’une politique économique qui prétend encourager les investissements étrangers tout en poursuivant l’euthanasie des entreprises françaises, créant une paradoxale préférence économique pour l’étranger. Au moment même où l’État déroule le tapis rouge et se mobilise pour accueillir géants américains et capitaux japonais, le nombre de faillites atteint un record et les destructions d’emplois se multiplient, notamment dans l’industrie, entraînant une floraison de plans sociaux. Tandis que les oligarques de la Silicon Valley, les promoteurs des Lumières sombres et du transhumanisme, les princes de Wall Street et les as de la gestion de fortune banquettent dans la galerie des Batailles, les entreprises françaises, touchées de plein fouet par le troisième choc pétrolier, sont accablées de hausses d’impôts (23 milliards en 2025 et 21 milliards en 2026), de prélèvements sociaux (2 milliards en plus de la hausse du smic de 2,4 %) et de réglementations kafkaïennes (avec pour dernier avatar la transposition de la directive européenne de 2023 sur la transparence des rémunérations). La France est ainsi devenue un pays de non-droit pour les entreprises, où l’imprévisibilité du cadre réglementaire et fiscal compromet tout investissement de long terme. Keynes, interrogé dans les années 1930 sur la meilleure manière de sortir du trou, avait répondu : « Il faut d’abord cesser de le creuser. » Emmanuel Macon a choisi de creuser le trou des finances publiques de plus en plus vite et de plus en plus profondément, jusqu’à faire de la France l’homme malade de l’Europe. En accumulant 1 500 milliards d’euros de dettes publiques supplémentaires en dix ans, il a fait exploser le modèle français reposant, d’un côté, sur une croissance tirée par la seule consommation alimentée par des aides sociales financées à crédit et, de l’autre, sur la chute de la production, de l’emploi, de l’investissement et des exportations. Le naufrage de la France n’a rien de fatal. Son redressement dépend effectivement de son attractivité économique, qui est indissociable de sa compétitivité, de sa souveraineté et de sa sécurité. Et notre pays dispose d’atouts majeurs qui sont reconnus au-delà de nos frontières, qu’il s’agisse des entrepreneurs et des chercheurs, de l’épargne, de l’énergie décarbonée, des infrastructures, des grandes entreprises internationalisées, de sa culture et de sa civilisation. Mais ces points forts sont annihilés par l’improductivité et la faillite de l’État, incapable d’assurer les services de base alors qu’il accapare 57,2 % du PIB, ainsi que par la détestation et la prédation des entreprises par la classe politique. Et ce alors même qu’elles ne sont pas seulement le lieu de la création des richesses marchandes, dont dépendent le financement des services publics et celui de la solidarité, mais celui où se tissent en grande partie le lien social et la citoyenneté. Attirer les entreprises étrangères, c’est bien ; cesser de tuer les entreprises françaises, c’est mieux !
par Bérénice Levet, philosophe et essayiste, membre du Conseil d’orientation de l’Institut Thomas More 31 mai 2026
"Si ôter la vie n’est plus considéré comme substantiellement contraire à la notion d’humanité, avec la légalisation de l’euthanasie, notre société risque de perdre ses repères moraux, pourtant nécessaires pour affronter la montée de la violence, s’inquiète la philosophe." Un très beau texte sur un sujet qui dépasse largement les clivages politiques et dont les enjeux sont fondamentaux pour notre société ! https://institut-thomas-more.org/2026/05/12/legaliser-leuthanasie-cest-briser-a-jamais-lequation-de-lhumanite-et-du-non-possumus/
par Maxime Duclos 30 mai 2026
Un billet d'humeur de notre ami Maxime Duclos Il est temps de mettre sur la table un sujet dont peu osent réellement parler. Tout le monde le pressent. Beaucoup s’y préparent déjà. Pourtant, rares sont ceux qui acceptent d’aborder publiquement cette réalité : l’élection présidentielle de 2027 risque de provoquer en France une fracture politique et sociale d’une ampleur inédite, y compris au sein même des familles. Car derrière l’échéance électorale qui approche, une autre réalité se dessine progressivement : celle d’un affrontement idéologique devenu profondément émotionnel. À titre personnel, je suis convaincu que 2027 verra une dynamique puissante en faveur du camp national et souverainiste. Et avec elle, très probablement, une majorité parlementaire capable de remettre au cœur du débat les intérêts de la Nation, la souveraineté, l’autorité de l’État, la stabilité et la défense des intérêts français. Mais ce billet n’a pas pour objectif d’analyser les sondages ou les rapports de force électoraux. Le sujet ici est plus humain. Depuis plusieurs années, la politique ne divise plus seulement les électeurs : elle fragmente désormais les cercles privés, les groupes d’amis, les couples et parfois même les familles. Beaucoup de Français le vivent déjà sans forcément l’exprimer : certains évitent volontairement les sujets politiques lors des repas de famille ; d’autres préfèrent se taire plutôt que d’assumer certaines convictions ; d’autres encore constatent qu’un simple désaccord politique suffit désormais à déclencher tensions, jugements moraux ou ruptures relationnelles. Et cette situation risque de s’intensifier fortement à mesure que la campagne présidentielle approchera. Car l’élection de 2027 ne sera pas une élection classique. Elle opposera des visions du monde profondément différentes. D’un côté, une vision souverainiste, attachée à la Nation, à l’autorité, à la maîtrise des frontières, à la stabilité et à une approche pragmatique des politiques publiques. De l’autre, une vision davantage mondialisée, progressiste et idéologique, souvent portée par une lecture morale des débats politiques plutôt que par une logique d’efficacité concrète. Car il faut rappeler une chose simple : une loi ne devrait jamais être votée parce qu’elle est “bien-pensante”, médiatiquement valorisée ou moralement à la mode. Une loi devrait être votée parce qu’elle est utile, applicable, efficace et finançable. Or, depuis plusieurs années, le débat public s’est progressivement transformé en affrontement moral permanent. Celui qui pense différemment n’est plus simplement contredit : il est parfois immédiatement caricaturé, disqualifié ou assimilé à une menace politique ou sociale. Et c’est précisément ce climat qui peut devenir dangereux dans les sphères familiales. Car beaucoup de personnes engagées politiquement — ou simplement attachées à certaines valeurs traditionnelles, souverainistes ou patriotiques — vont probablement faire face, dans les prochains mois, à des réactions parfois très virulentes de la part de proches influencés par un climat médiatique extrêmement polarisé. Il faut être lucide : une partie importante du débat public reposera moins sur l’analyse des programmes que sur une stratégie de diabolisation du camp national. Nous assisterons probablement à une campagne où certains médias, certaines figures militantes et certains relais politiques chercheront avant tout à faire peur, à hystériser le débat et à présenter toute alternative souverainiste comme une menace pour la démocratie. Dans ce contexte, il sera essentiel de garder son calme. Car le véritable piège serait de répondre à la radicalité par la radicalité. Il faudra faire preuve de patience, de retenue et parfois même de distance émotionnelle face à certains débats devenus impossibles. Tout le monde ne réagit pas de manière rationnelle à la politique, surtout dans un climat de tension médiatique permanente. Les réseaux sociaux, les bulles algorithmiques et les logiques de confirmation idéologique ont profondément transformé la manière dont beaucoup de citoyens perçoivent la réalité politique. Il faut donc accepter que certaines personnes proches puissent réagir avec émotion, inquiétude ou hostilité à l’idée d’une victoire du camp national. Mais cela ne doit pas conduire à la haine, à la rupture familiale ou à l’animosité permanente. Car la stabilité, le calme et le pragmatisme doivent précisément rester les qualités de ceux qui prétendent vouloir redresser le pays. Ne tombons pas dans le piège de la colère permanente ou de la conflictualisation absolue des relations humaines. La politique passe. Les élections passent. Les familles, elles, doivent continuer d’exister après les campagnes électorales. Et si 2027 doit être une année de rupture politique, elle ne doit pas devenir une année de rupture humaine.
par Élodie Messéant dans Contrepoints 29 mai 2026
"Engagements de 87 milliards d’euros, prix déconnectés du marché, cas de sur-rémunération, fraude non sanctionnée… La Cour des comptes a publié un rapport qui évalue le coût réel du soutien étatique aux énergies renouvelables (EnR) : un scandale bien étouffé." Une tribune passionnante sur le coût exorbitant de développement coute que coute des ENR en France à lire dans Contrepoints : https://contrepoints.org/soutien-aux-energies-renouvelables-ou-comment-le-contribuable-se-fait-plumer/
par Maxime Duclos 27 mai 2026
Au printemps 2026, l'Assemblée nationale se trouve confrontée à l'un des défis majeurs de son histoire contemporaine : l’effondrement de la natalité française. Ce phénomène ne constitue pas l'unique crise nationale, mais il s'impose comme un défi vital que le gouvernement actuel, et plus encore l'exécutif futur, devra relever d'une main ferme et résolue. Le dépôt d'un nouveau texte législatif à la Présidence ravive un débat nécessaire, mais met en lumière l'écart abyssal entre la froideur des solutions bureaucratiques et la réalité sociologique du pays.  La proposition de loi n° 2679 intitulé : “ faciliter l’accès au logement des familles par la création d’un prêt à taux zéro” pose un constat démographique initial indiscutable lorsqu’elle rappelle pertinemment qu'« en 2025, 651 000 décès ont été enregistrés [...] tandis que 645 000 naissances ont été recensées » et qu'elle admet judicieusement que « le logement et son accession demeurent l'un des plus marquants » freins au projet parental , mais l'examen rigoureux du texte révèle un manque de fond flagrant dès lors que l'exposé des motifs affirme de manière simpliste que « le prêt à taux zéro constitue un instrument indispensable pour notre société » et qu'« il a pour vocation de proposer une aide concrète aux familles » , limitant ainsi la relance de la natalité au seul dispositif de l'article 1er destiné à « financer [...] l'acquisition, la construction ou l'agrandissement de la résidence principale » dans la limite d'un « plafond de 100 000 euros par opération ». Cette posture, bien qu'appuyée sur la réalité statistique rappelant qu'« un jeune sur cinq doit renoncer à avoir un bébé à cause de son logement », mérite d'être abordée avec une plus grande nuance psychologique. S'il est crucial de reconnaître la sincérité de ces difficultés matérielles sans poser de jugement sur les couples actuels, il apparaît tout aussi impératif de constater l'influence profonde du modèle de surconsommation et d'ultra libéralisme dans lequel évolue la jeunesse. L'hésitation face à la parentalité ne saurait être réduite à une simple impasse immobilière ; elle traduit également la nécessité d'accompagner et de guider les consciences vers la valeur fondamentale de la cellule familiale. Face aux injonctions d'un individualisme ambiant qui privilégie parfois le confort personnel et les plaisirs immédiats, le rôle de la puissance publique n'est pas de blâmer, mais d'offrir un cheminement rassurant, capable de réorienter les priorités loin des dérives matérialistes pour redonner le goût de l'engagement durable. Enfin, l'analyse se positionne foncièrement contre la dérive légistique et budgétaire de l'Article 2, lequel énonce de manière automatique que « la perte de recettes pour l'État est compensée à due concurrence par la création d'une taxe additionnelle à l'accise sur les tabacs ». Ce recours systématique à la fiscalité punitive, devenu une clause de style interchangeable pour satisfaire formellement aux exigences de l'article 40 de la Constitution, trahit une paresse méthodologique. Le financement du réarmement démographique de la Nation ne peut pas dépendre d'une taxe comportementale instable, mais doit être compensé de manière économiquement viable par une baisse ciblée et rigoureuse des dépenses de fonctionnement superflues de l'État. En définitive, bien que cette proposition de loi soit, dans la forme, en partie recevable, le fond du problème n'y est pas pleinement discuté. L'urgence démographique exige de travailler sur plusieurs paliers essentiels afin de rassurer et d'accompagner les jeunes couples. Des mesures fiscales protectrices, des aménagements ambitieux du temps familial et un accompagnement moral vers un modèle centré sur la famille sont indispensables pour relancer la natalité. Stop aux demi-mesures unilatérales et technocratiques : il est temps d'ouvrir le champ des possibles et de guider la société, car la chute de la natalité en France ne représente pas un simple défi comptable, elle signe une lente extinction culturelle.
par Gabrielle Cluzel (dans Boulevard Voltaire) 11 mai 2026
Quand les fervents défenseurs du "vivre ensemble" se heurte au réel ... Un édito de Gabrielle Cluzel dans Boulevard Voltaire : https://www.bvoltaire.fr/edito-allegorie-a-la-concorde-le-vrai-vivre-ensemble-a-detruit-le-fantasme/
par Le bureau LD31 8 mai 2026
Une conférence de Thibault de Montbrial qui promet d'être passionnante sur le thème "France le choc ou la chute" ! Salle Barcelone mercredi 20 mai à 18h30 Thibault de Montbrial est un avocat français , président du Centre de Réflexion sur la Sécurité Intérieure (CRSI), un think thank ayant pour objectif de « permettre aux différents professionnels concernés ainsi plus généralement qu’à toutes les personnes intéressées, de se rencontrer et d’échanger ». Il souhaite aussi « permettre de contribuer au débat public et politique sur les questions de sécurité intérieure en proposant des analyses et en apportant des propositions opérationnelles concrètes » [
par Maxime Duclos 30 avril 2026
La France a fait le choix de la puissance. L'actualisation de la Loi de Programmation Militaire (LPM) 2024-2030, adoptée en commission le 23 avril 2026, confirme une trajectoire de réarmement : le budget des armées aura doublé entre 2017 et 2027. En injectant 36 milliards d’euros de ressources nouvelles pour la période 2026-2030, portant le budget total à 435,7 milliards d’euros, la Nation assume son rang. L’objectif est clair : porter l’effort de défense à 2,5 % du PIB d’ici 2030. Cette démarche n'est pas qu'une question de chiffres, c'est une stratégie de survie industrielle. La France impose désormais une « économie de guerre » où l’État peut exiger des industriels la constitution de stocks stratégiques couvrant jusqu’à 6 mois d’activité. Nos fleurons de la Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD) sont les piliers de cette souveraineté : l'accélération des livraisons de munitions, avec une hausse vertigineuse de +400 % pour les munitions téléopérées et +190 % pour l'artillerie de 155 mm, prouve que nous passons d'une logique de flux à une logique de masse. Soutenir nos industries, c'est garantir que nos Rafale, nos frégates et nos blindés ne soient jamais à court d'effecteurs dans un conflit de haute intensité. Réinvestir dans notre défense, c'est aussi refuser la dépendance technologique. En finançant des ruptures dans le spatial, l'IA et le combat ollaboratif, la France s'assure de rester maîtresse de son destin face aux pressions hégémoniques mondiales. à suivre... Maxime Duclos