La saga des plans banlieues ou politique de la ville : série interminable, une production française onéreuse sans succès public. 

MPLV • 12 mai 2018

40 ans d’efforts pour quel bilan ?

Selon les sources, (réf. 1 et 2), on compte 11, 14 voire plus, plans banlieues ou politique de la ville depuis 1977.

Soit 40 ans d’efforts pour quel bilan comptable ?

Evaluée à 90 milliards en 2010 (réf. 3), cette saga a coûté quelque 50 milliards d’euros de 1989 à 2002 – et de 2003 à 2012, le plan Borloo pour les banlieues lui a consacré encore 40 milliards supplémentaires. Il est difficile de connaître la mise à jour de ces chiffres (en cumul des montants dépensés) pour la période 2013 à 2017. La cour des comptes admet * l’impossibilité de recenser les coûts des différents plans et mesures tant les postes et lignes budgétaires ont été basculés d’un item dans un autre etc.… bref plus personne ne s’y retrouve !

Un nouveau plan Borloo?

Ce nouveau plan Borloo intitulé "Vivre ensemble - vivre en grand la République" égrène 19 programmes pour un montant estimé (Évaluation indicative des budgets annuels supplémentaires de 4.878 M€ p130 référence 4 )

En matière de financement, M. Borloo rappelle que la rénovation urbaine a généré "48 milliards de travaux" en dix ans, et appelle à la création d'un fonds de plus de 5 milliards d'euros abondé notamment par "la cession des participations de l'Etat en 2018 (10 milliards annoncés)", qui ne créerait "pas de dépenses budgétaires nouvelles pour l'Etat".

Le montant total de ce plan est évalué par de nombreux articles de presse à 48 Milliards d’euros (soit 141% du budget de la défense). Pour être rigoureux, l’auteur de cet article précise qu’aucune information pertinente n’a été recensée afin d’infirmer ou confirmer ce chiffrage.

- Pour M. Borloo, la priorité est de terminer la rénovation des quartiers, de favoriser la mobilité en desservant mieux les quartiers dits prioritaires et de lutter contre l'illettrisme et « l'illectronisme » sic ! (l'absence de compétences en matière numérique).

Il souhaite modifier complètement la gouvernance de l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine (ANRU) devenue une vraie « usine à gaz ». Il prône également un recrutement massif en alternance (environ 150 000 postes : 100 000 en entreprises, 50 000 dans le public), et des « coachs » d’insertion par le sport.

Il préconise aussi la création de 216 "Maisons Marianne mises à disposition d’associations promouvant l’égalité".

Enfin, d’autres mesures sur la santé, l’appui via les associations, la création d’une « académie des leaders » ( exemple de démagogie populiste, méprisante pour les populations concernées car implicitement traitées de citoyens de seconde zone) et, quand même, la mention du besoin d’agir fermement pour la sécurité et la justice sont évoquées.

·Même si l’on peut créditer J.L.Borloo de constance dans ses préoccupations au sujet des banlieues, il n’est pas inutile de rappeler que cette lettre au « Père Noël » n’est qu’un pavé de mesures préconisées antérieurement voire même dans le vocabulaire.

Sans être exhaustif, un petit historique (références 1et 2) choisi permet de mettre en exergue certains points significatifs illustrant le propos précédent :

- 1977 Lancement du premier "plan banlieue" par Jacques Barrot, ministre du Logement. Le plan repose sur une série de contrats passés entre les villes, les organismes HLM et l’Etat afin d’aménager 53 sites en banlieue (réhabilitation, confort des logements, vie sociale dans les quartiers). La procédure Habitat et Vie Sociale (HVS) est instituée pour chercher à corriger les défauts les plus évidents de ces quartiers.

- septembre 1977 Le Comité d’études sur la violence, la criminalité et la délinquance, présidé par Alain Peyrefitte, rend ses conclusions dans un rapport intitulé "Réponses à la violence". Après avoir diagnostiqué l’apparition d’un sentiment généralisé d’insécurité, le rapport préconise un redéploiement des forces de police et de gendarmerie afin "d’accroître la densité des forces de sécurité dans les zones nouvelles d’urbanisation, où leur absence est gravement ressentie".

- 28 décembre 1981 Une circulaire prévoit la création de zones d’éducation prioritaires (renforcement sélectif de l’action éducative dans les zones et dans les milieux sociaux où le taux d’échec scolaire est le plus élevé).

- 21 juillet - 6 septembre 1983 Le 21 juillet, installation par Pierre Mauroy du Conseil national de prévention de la délinquance (CNPD), principal élément du dispositif proposé par la Commission des maires sur la sécurité. Le 6 septembre, communiqué du CNPD qui publie une liste de 18 villes volontaires pour des actions pilotes en matière de police, de justice et d’action sociale.

- 29 juin 1988 Déclaration de politique générale de Michel Rocard, Premier ministre, devant l’Assemblée nationale. Eloge de la "démocratie de tous les jours" et volonté de construire "un nouvel espoir", notamment par la promotion des droits des femmes, la résolution des problèmes urbains (annonce de la création d’une mission interministérielle de la ville), la priorité donnée à la formation, le renforcement de la sécurité par le rapprochement entre policiers et citoyens.

- 13 mai 1992 Communication en Conseil des ministres de Pierre Béregovoy, Premier ministre, qui présente les grandes lignes de la politique de rénovation et de sécurité urbaines. Outre un plan d’actions immédiates pour la sécurité urbaine, exposé d’une série de mesures visant à améliorer les conditions d’intervention de la justice (notamment création de 25 maisons de la justice), à mieux coordonner les projets de rénovation urbaine les plus lourds, à simplifier les instruments de la politique de la ville avec l’adoption d’une procédure unique, le contrat de ville, à encourager la participation des citoyens à la vie des quartiers et à développer les opérations "Eté jeunes".

- 18 juin 2003 Premier plan Borloo Présentation en Conseil des ministres d’un projet de loi d’orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine : programme de reconstruction urbaine représentant 30 milliards d’euros d’investissement sur 5 ans (objectif de construction de 200 000 logements locatifs sociaux, 200 000 réhabilitations ou reconstructions lourdes, 150 à 200 000 démolitions de logements vétustes), création d’une Agence nationale pour la Rénovation Urbaine, soutien à la création d’emplois et à l’activité économique, traitement des problèmes des familles surendettées, solidarité envers les communes les plus pauvres.

Soyons factuels : ce nouveau plan dresse donc un constat plus que mitigé des mesures précédentes qui n’ont pas été à hauteur des ambitions/attentes et n’amène rien de nouveau à part des coûts prohibitifs supplémentaires.


Observation locale :

·Pour apporter des éclairages via une observation plus locale, on peut mentionner des actions de terrains et exemples sur Toulouse : rénovation du quartier Empalot (démolition d’immeubles, reconstruction, accès métro, nouvelle place commerciale, réhabilitations, nouvelles résidences …) cf. référence 7 .

·Par ailleurs, la consultation du document « contrat de ville Toulouse métropole 2015-2020 », document très bien fait, bien documenté dresse le constat suivant :

- une politique de l’habitat volontariste qui n’a pour autant pas permis de rééquilibrer significativement l’offre de logement dans l’agglomération

L’éducation prioritaire, la réussite éducative et les dispositifs d’accompagnement à la scolarité : des résultats significatifs qui n’ont cependant pas permis d’améliorer globalement les résultats scolaires des élèves

- Au début 2015, 86 % des opérations ont été livrées ou sont en chantier : 84% sur la convention Reynerie/ Bellefontaine ; 93% sur la convention Bagatelle / La Faourette / Papus / Tabar / Bordelongue ; 78% sur la convention Empalot. Au plan financier, les investissements relatifs aux opérations livrées, en cours ou à l'étude représentent un peu plus de 760 millions d'euros

- la difficulté à cerner en totalité le périmètre d'action de la politique de la ville qui est par essence une politique transverse qui s'appuie sur l'ensemble des autres politiques publiques ; l'absence dans de nombreux domaines d'outils permettant de mesurer les effets ou les résultats de l'action, cf. référence 8, p51.

Le lecteur se reportera à la référence 8 pour s’informer plus amplement.

·L’attente des citoyens de ces quartiers : emploi, tranquillité, gestion urbaine, mobilité résidentielle, réussite et mobilité scolaire… (référence 9) voir p13

·Les récents problèmes advenus au lycée professionnel Gallieni, pourtant rénové, indiquent que ce sont plus le respect et les règles de disciplines qui sont à inculquer que la mise en œuvre de grands plans technocratiques et déconnectés des réalités de terrain.


Constats et Propositions

·Quand on va sur le terrain par exemple au Marché de La Faourette et que l’on constate que des petits dealers « marquent » leur périmètre en toute impunité, que des commerçants issus de l’immigration font le constat que leur sécurité n’est pas assurée et qu’ils doivent se conformer à la « loi locale » pour fermer leurs échoppes et ainsi ne pas « déranger », que des jeunes « sauvageons »(mais pas des ados !) à Bagatelle s’amusent à lancer des pierres avec une raquette sur les fenêtres à peine posées d’un immeuble en construction, que nombre de boites aux lettes et parties communes sont dégradées dans des immeubles fraichement rénovés etc.

Les opérations de police, récemment menées pour des contrôles liés au trafic de drogue dans le quartier de la Reynerie, ont engendré des scènes de violences et des dégradations de mobilier urbain et de multiples voitures brulées. Les quartiers La Faourette et Bagatelle ont également été impliqués.

Des constats similaires peuvent être faits sur d’autres quartiers toulousains, tels les Izard, avec des conclusions analogues.

On ne peut dire que stop à la bienveillance béate et à l’attitude de Oui Oui déambulant à la ville !


Pour Lignes droites 31, les priorités devraient être :

-restaurer la sécurité dans ces banlieues abandonnées aux dealers et autres commerces illicites

- instaurer le respect des personnes (tous citoyens, différents corps d’état ou personnels de santé) et des biens communs

- punir les dégradations qui empoisonnent le quotidien des habitants des quartiers concernés

- assurer la sécurité des commerçants sur site

- mettre l’accent sur l’éducation et la formation via l’apprentissage des fondamentaux : lire, écrire, compter dès le primaire (la récente réforme Blanquer concernant l’école primaire va dans le bon sens à ce sujet)

- assurer un réel suivi du parcours scolaire

-donner le goût de l’effort

- informer, via des rencontres avec des professionnels actifs de différentes professions, des emplois et débouchés à court et moyen terme

- donner des exemples de réussites de jeunes ou moins jeunes issus des banlieues

- lutter contre le développement de l’emprise de l’islamisme politique sur l’espace partagé et sur l’espace public


Lancer un nouveau plan ruineux pour conduire aux mêmes constats s’avère irresponsable. Un vrai bilan de l’antériorité et des efforts jusqu’à ce jour réalisés doit être effectué en mettant en regard résultats-coûts. L’efficience de la politique publique, en la matière, sur les deniers de l’état, et donc des contribuables, doit faire l’objet d’une attention justifiée et étayée. Des rapports de la cour des comptes ou de l’assemblée nationale s’y sont employés (références 5 et 6). Malheureusement la multiplicité et la complexité des aides et des structures d’intervenants nationaux et locaux relèvent de travaux d’Hercule pour tenter de faire un bilan chiffré aux dires même de la cour des comptes !!

Il est surprenant que ce nouveau projet suscite l’adhésion de France Urbaine (association des métropoles, agglos et grandes villes de France) et de l’AMF (Association des Maires de France) sans plus d’investigations et de chiffrage exact du nouveau projet Borloo. Souci de voir le montant des subventions allouées (imputées depuis quelques années) remonter ? Ou clientélisme en vue des futures municipales de 2020 ? Ou les deux conjugués ?

Il est indispensable que nos élus de tous bords soient plus responsables de l’utilisation des deniers publics et se soumettent à une évaluation intègre des résultats obtenus .

Pour pasticher (avec mes excuses avancées) la phrase de A .FINKIELKRAUT sic « Jean-Louis Borloo, c’est l’apocalypse joyeuse » dans valeurs actuelles du 30/04/2018, il convient de rectifier et d'aller plus loin : le plan Borloo, c’est apocalypse now !

Peut être un travail à confier à toute une promotion d’élèves de l’ENA !?

MPLV



Références

  1. Retour sur 40 ans de « plans banlieues », Le Figaro publié le 28/04/2014 et mis à jour le 27/04/2018
  2. La politique de la ville (1970-2005), vie publique dossier mis à jour 06/11/2006
  3. http://www.vie-publique.fr/politiques-publiques/politique-ville/glossaire/
  4. observateur du 18/04/2010. http://www.observatoiredesgaspillages.com/2010/04/le-cout-de-la-politique-de-la-ville/
  5. Rapport JL Borloo « Vivre Ensemble, Vivre en grand Pour une réconciliation nationale » 26 avril 2018 n° 118859. http://www.cohesion-territoires.gouv.fr/rapport-de-jean-louis-borloo-vivre-ensemble-vivre-en-grand-pour-une-reconciliation-nationale
  6. RAPPORT D’INFORMATION FAIT AU NOM DU COMITÉ D’ÉVALUATION ET DE CONTRÔLE DES POLITIQUES PUBLIQUES sur l’évaluation des aides aux quartiers défavorisés TOME I. rapport– Tome II Etudes. RAPPORT PAR MM. FRANÇOIS GOULARD ET FRANÇOIS PUPPONI, Députés. 21/10/2010.
  7. Rapport public annuel 2016 –Cour des comptes - www.ccomptes.fr- @Courdescomptes. La politique de la ville : un cadre rénové, des priorités à préciser. Février 2016.
  8. ZUS EMPALOT Projet ce Rénovation Urbaine. 06 Mars 2007. 031_Toulouse_Empalot_390_06-03-2007_nc
  9. Le Contrat de ville de Toulouse Métropole 2015 – 2020 Cahier n°1 : cadre de l'action des partenaires. Juillet 2015.
  10. Deux ans après la signature du contrat de ville où en est-on ? Contribution du CODEV Toulouse Métropole sur la politique de la ville. Décembre 2017. http://www.codev-toulouse.org

par Institut Thomas More 27 juin 2026
Dans un rapport inédit, l’Institut Thomas More dresse l’inventaire des décisions politiques qui ont mis la France à genoux pendant ces 50 dernières années. Chute du niveau scolaire, 35 heures, système de retraite, chômage, déficits, dette, insécurité… Autant d'occasions ratées pour maintenir la France sur le chemin de la prospérité !  "Notre ambition, dans ce rapport, est d’identifier les cinquante décisions qui ont mis la France à genoux en cinquante ans, de les replacer dans leur contexte, d’expliquer les motivations de fond ou les choix opportunistes qui ont abouti à ce qu’elles soient prises, de décrire et chiffrer leur impact et leurs effets cumulatifs, les comparer aussi aux options prises par des pays semblables. Ce travail inédit n’a jamais été réalisé de cette manière : il constitue une somme considérable. Les données citées, les sources et les conséquences mesurées sont issues de statistiques et de rapports publics et parfois privés, incontestables. Il se veut et nous l’avons pensé ainsi, d’intérêt général. Car dans la perspective de 2027, il constitue un préalable à l’élaboration de tout programme crédible. Au regard de la gravité de sa situation, il est impossible de penser redresser le pays sans analyser objectivement les causes" https://institut-thomas-more.org/2026/06/25/rapport36/
par Jean-Marie Montali 10 juin 2026
"Emmanuel Razavi vit sous protection policière. Nora Bussigny est régulièrement la cible de menaces et de campagnes de haine. D’autres parmi nous vivent la même chose. Leur point commun ? Avoir enquêté sur l’islamisme, ses réseaux, l’antisémitisme contemporain ou encore les dérives de la dictature iranienne. Face aux intimidations, aux menaces de mort et aux tentatives de censure, le plus inquiétant n’est peut-être pas la violence des fanatiques. Le plus inquiétant est le silence. Celui d’une partie du monde médiatique, intellectuel et politique, qui semble avoir renoncé à défendre des principes qu’il prétend pourtant universels ." Jean-Marie Montali (né en 1962) est un journaliste français spécialisé en presse écrite , auteur de plusieurs ouvrages et réalisateur de documentaires pour la télévision . Grand reporter , il a occupé divers postes de direction, notamment rédacteur en chef , directeur adjoint et directeur exécutif de la rédaction au Figaro Magazine , directeur adjoint de la rédaction de France-Soir , et directeur adjoint des rédactions du Parisien – Aujourd'hui en France . Dans La Nouvelle Revue Politique, il s'insurge contre une étrange hiérarchie de l’indignation ... https://nouvellerevuepolitique.fr/journalistes-le-silence-qui-deshonore/
par Nicolas Baverez dans FigaroVox 9 juin 2026
"Choose France" est souvent présenté comme un énorme succès de l'économie française. Nicolas Baverez remet les choses en perspective ... "La véritable mesure de l’attractivité de la France reste fournie par la balance des paiements : or elle fait apparaître au 30 juin 2025, sur douze mois, des entrées nettes d’investissements directs de 29,5 milliards, mais des sorties nettes des investissements de portefeuille à hauteur de 136,6 milliards. La France est en réalité confrontée à une fuite massive de capitaux, mais surtout de talents" https://www.lefigaro.fr/vox/economie/nicolas-baverez-de-choose-france-a-loose-france-20260606 CHRONIQUE - La stratégie de restauration de l’attractivité de la France, mise en scène par Choose France sous les ors de Versailles, se trouve en réalité minée par le bilan calamiteux des présidences d’Emmanuel Macron. Passer la publicité La 9 e édition du sommet Choose France , qui s’est déroulée le 1 er juin au château de Versailles, s’est achevée sur un record de promesses d’investissement dans l’Hexagone : 93 milliards d’euros contre 87 milliards cumulés de 2018 à 2025. Et ce en raison de la décision du conglomérat japonais SoftBank, présidé par Masayoshi Son, de mobiliser 75 milliards pour la construction de data centers dans notre pays. Ces annonces, effectuées alors que la guerre d’Iran et le blocage du détroit d’Ormuz font basculer l’économie mondiale dans la stagflation, sont d’autant plus positives qu’elles favoriseront le rattrapage du retard que la France a accumulé dans la révolution de l’IA, avec une capacité de calcul limitée à 1,5 GW fin 2025, loin derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni. Elles soulignent l’intérêt des investisseurs internationaux pour notre pays, en raison des atouts que constituent son énergie nucléaire décarbonée, ses infrastructures et sa situation géographique au cœur du grand marché européen. Elles confirment le succès de la promotion de l’attractivité de la France vis-à-vis des entreprises étrangères, qui demeure l’unique réussite de la politique économique conduite par Emmanuel Macron depuis 2017. Passer la publicité Mais, pour cette raison même, les résultats de Choose France et l’amélioration de l’image de la France demeurent à la fois partiels et fragiles. Tous les projets annoncés ne sont pas réalisés, comme l’a montré l’abandon de plusieurs gigafactories, spécialisées notamment dans la construction de batteries et les semi-conducteurs. Les emplois effectivement créés sont très inférieurs à ceux affichés. Par ailleurs, les opérations annoncées en 2026 concernent en quasi-totalité des data centers, très consommateurs d’électricité, d’eau et d’espace. Avec pour corollaire un risque de dépendance aux géants de la Big Tech américaine qui poursuivent la vassalisation numérique de l’Europe et de monopolisation de l’électricité décarbonée par l’IA au détriment des autres entreprises et des ménages. Les filiales de groupes étrangers n’entrent par ailleurs que pour 15 % de la valeur ajoutée dans notre pays contre 18 % en Allemagne et en Italie et 22 % en Espagne, ce qui témoigne d’un déficit persistant d’attractivité dont la première cause se trouve dans le niveau excessif du coût du travail, de la fiscalité et de la réglementation. La véritable mesure de l’attractivité de la France reste fournie par la balance des paiements : or elle fait apparaître au 30 juin 2025, sur douze mois, des entrées nettes d’investissements directs de 29,5 milliards, mais des sorties nettes des investissements de portefeuille à hauteur de 136,6 milliards. La France est en réalité confrontée à une fuite massive de capitaux, mais surtout de talents (elle a été ravalée au 19 e rang pour l’accueil des entrepreneurs et des cerveaux) et d’entreprises, avec pour symboles le déménagement de Criteo et la cotation à succès de TotalEnergies aux États-Unis. La stratégie de restauration de l’attractivité de la France, mise en scène par Choose France sous les ors de Versailles, se trouve en réalité minée par le bilan calamiteux des présidences d’Emmanuel Macron en termes de déstabilisation des institutions de la V e République, de paralysie et de faillite de l’État, d’explosion des violences et de disparition de la paix civile. La production, l’investissement et l’innovation ne peuvent se développer dans un environnement d’incertitude radicale et d’hostilité à l’entreprise. Or la dissolution de 2024 a ouvert un cycle d’instabilité politique qui risque fort d’être amplifié et non pas refermé par l’élection présidentielle de 2027. L’ordre public a disparu et l’ultraviolence gagne l’ensemble du territoire et de la population, comme le montrent la montée en puissance du narcotrafic ou les émeutes qui ont à nouveau accompagné la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions. L’attractivité de la France est ruinée par la schizophrénie d’une politique économique qui prétend encourager les investissements étrangers tout en poursuivant l’euthanasie des entreprises françaises, créant une paradoxale préférence économique pour l’étrangerSimultanément, l’économie française a basculé dans la stagflation sous l’effet d’un triple choc fiscal, financier et énergétique. L’activité est en récession depuis le premier trimestre 2026 ; l’inflation est passée de 0,9 % à 2,4 % et dépassera 3 % cette année ; le chômage a augmenté de 0,7 % sur un an et tendra vers 9 % de la population active ; le déficit se situera autour de 5,5 % du PIB, portant la dette à près de 120 % du PIB. Ce surendettement est devenu insoutenable, dès lors que le seul service de la dette représentera bientôt 3,5 % du PIB, ce qui exigera un équilibre strict pour toutes les autres dépenses de l’État, des collectivités locales et de la protection sociale. La France, l’homme malade de l’Europe L’attractivité de la France est ainsi ruinée par la schizophrénie d’une politique économique qui prétend encourager les investissements étrangers tout en poursuivant l’euthanasie des entreprises françaises, créant une paradoxale préférence économique pour l’étranger. Au moment même où l’État déroule le tapis rouge et se mobilise pour accueillir géants américains et capitaux japonais, le nombre de faillites atteint un record et les destructions d’emplois se multiplient, notamment dans l’industrie, entraînant une floraison de plans sociaux. Tandis que les oligarques de la Silicon Valley, les promoteurs des Lumières sombres et du transhumanisme, les princes de Wall Street et les as de la gestion de fortune banquettent dans la galerie des Batailles, les entreprises françaises, touchées de plein fouet par le troisième choc pétrolier, sont accablées de hausses d’impôts (23 milliards en 2025 et 21 milliards en 2026), de prélèvements sociaux (2 milliards en plus de la hausse du smic de 2,4 %) et de réglementations kafkaïennes (avec pour dernier avatar la transposition de la directive européenne de 2023 sur la transparence des rémunérations). La France est ainsi devenue un pays de non-droit pour les entreprises, où l’imprévisibilité du cadre réglementaire et fiscal compromet tout investissement de long terme. Keynes, interrogé dans les années 1930 sur la meilleure manière de sortir du trou, avait répondu : « Il faut d’abord cesser de le creuser. » Emmanuel Macon a choisi de creuser le trou des finances publiques de plus en plus vite et de plus en plus profondément, jusqu’à faire de la France l’homme malade de l’Europe. En accumulant 1 500 milliards d’euros de dettes publiques supplémentaires en dix ans, il a fait exploser le modèle français reposant, d’un côté, sur une croissance tirée par la seule consommation alimentée par des aides sociales financées à crédit et, de l’autre, sur la chute de la production, de l’emploi, de l’investissement et des exportations. Le naufrage de la France n’a rien de fatal. Son redressement dépend effectivement de son attractivité économique, qui est indissociable de sa compétitivité, de sa souveraineté et de sa sécurité. Et notre pays dispose d’atouts majeurs qui sont reconnus au-delà de nos frontières, qu’il s’agisse des entrepreneurs et des chercheurs, de l’épargne, de l’énergie décarbonée, des infrastructures, des grandes entreprises internationalisées, de sa culture et de sa civilisation. Mais ces points forts sont annihilés par l’improductivité et la faillite de l’État, incapable d’assurer les services de base alors qu’il accapare 57,2 % du PIB, ainsi que par la détestation et la prédation des entreprises par la classe politique. Et ce alors même qu’elles ne sont pas seulement le lieu de la création des richesses marchandes, dont dépendent le financement des services publics et celui de la solidarité, mais celui où se tissent en grande partie le lien social et la citoyenneté. Attirer les entreprises étrangères, c’est bien ; cesser de tuer les entreprises françaises, c’est mieux !
par Bérénice Levet, philosophe et essayiste, membre du Conseil d’orientation de l’Institut Thomas More 31 mai 2026
"Si ôter la vie n’est plus considéré comme substantiellement contraire à la notion d’humanité, avec la légalisation de l’euthanasie, notre société risque de perdre ses repères moraux, pourtant nécessaires pour affronter la montée de la violence, s’inquiète la philosophe." Un très beau texte sur un sujet qui dépasse largement les clivages politiques et dont les enjeux sont fondamentaux pour notre société ! https://institut-thomas-more.org/2026/05/12/legaliser-leuthanasie-cest-briser-a-jamais-lequation-de-lhumanite-et-du-non-possumus/
par Maxime Duclos 30 mai 2026
Un billet d'humeur de notre ami Maxime Duclos Il est temps de mettre sur la table un sujet dont peu osent réellement parler. Tout le monde le pressent. Beaucoup s’y préparent déjà. Pourtant, rares sont ceux qui acceptent d’aborder publiquement cette réalité : l’élection présidentielle de 2027 risque de provoquer en France une fracture politique et sociale d’une ampleur inédite, y compris au sein même des familles. Car derrière l’échéance électorale qui approche, une autre réalité se dessine progressivement : celle d’un affrontement idéologique devenu profondément émotionnel. À titre personnel, je suis convaincu que 2027 verra une dynamique puissante en faveur du camp national et souverainiste. Et avec elle, très probablement, une majorité parlementaire capable de remettre au cœur du débat les intérêts de la Nation, la souveraineté, l’autorité de l’État, la stabilité et la défense des intérêts français. Mais ce billet n’a pas pour objectif d’analyser les sondages ou les rapports de force électoraux. Le sujet ici est plus humain. Depuis plusieurs années, la politique ne divise plus seulement les électeurs : elle fragmente désormais les cercles privés, les groupes d’amis, les couples et parfois même les familles. Beaucoup de Français le vivent déjà sans forcément l’exprimer : certains évitent volontairement les sujets politiques lors des repas de famille ; d’autres préfèrent se taire plutôt que d’assumer certaines convictions ; d’autres encore constatent qu’un simple désaccord politique suffit désormais à déclencher tensions, jugements moraux ou ruptures relationnelles. Et cette situation risque de s’intensifier fortement à mesure que la campagne présidentielle approchera. Car l’élection de 2027 ne sera pas une élection classique. Elle opposera des visions du monde profondément différentes. D’un côté, une vision souverainiste, attachée à la Nation, à l’autorité, à la maîtrise des frontières, à la stabilité et à une approche pragmatique des politiques publiques. De l’autre, une vision davantage mondialisée, progressiste et idéologique, souvent portée par une lecture morale des débats politiques plutôt que par une logique d’efficacité concrète. Car il faut rappeler une chose simple : une loi ne devrait jamais être votée parce qu’elle est “bien-pensante”, médiatiquement valorisée ou moralement à la mode. Une loi devrait être votée parce qu’elle est utile, applicable, efficace et finançable. Or, depuis plusieurs années, le débat public s’est progressivement transformé en affrontement moral permanent. Celui qui pense différemment n’est plus simplement contredit : il est parfois immédiatement caricaturé, disqualifié ou assimilé à une menace politique ou sociale. Et c’est précisément ce climat qui peut devenir dangereux dans les sphères familiales. Car beaucoup de personnes engagées politiquement — ou simplement attachées à certaines valeurs traditionnelles, souverainistes ou patriotiques — vont probablement faire face, dans les prochains mois, à des réactions parfois très virulentes de la part de proches influencés par un climat médiatique extrêmement polarisé. Il faut être lucide : une partie importante du débat public reposera moins sur l’analyse des programmes que sur une stratégie de diabolisation du camp national. Nous assisterons probablement à une campagne où certains médias, certaines figures militantes et certains relais politiques chercheront avant tout à faire peur, à hystériser le débat et à présenter toute alternative souverainiste comme une menace pour la démocratie. Dans ce contexte, il sera essentiel de garder son calme. Car le véritable piège serait de répondre à la radicalité par la radicalité. Il faudra faire preuve de patience, de retenue et parfois même de distance émotionnelle face à certains débats devenus impossibles. Tout le monde ne réagit pas de manière rationnelle à la politique, surtout dans un climat de tension médiatique permanente. Les réseaux sociaux, les bulles algorithmiques et les logiques de confirmation idéologique ont profondément transformé la manière dont beaucoup de citoyens perçoivent la réalité politique. Il faut donc accepter que certaines personnes proches puissent réagir avec émotion, inquiétude ou hostilité à l’idée d’une victoire du camp national. Mais cela ne doit pas conduire à la haine, à la rupture familiale ou à l’animosité permanente. Car la stabilité, le calme et le pragmatisme doivent précisément rester les qualités de ceux qui prétendent vouloir redresser le pays. Ne tombons pas dans le piège de la colère permanente ou de la conflictualisation absolue des relations humaines. La politique passe. Les élections passent. Les familles, elles, doivent continuer d’exister après les campagnes électorales. Et si 2027 doit être une année de rupture politique, elle ne doit pas devenir une année de rupture humaine.
par Élodie Messéant dans Contrepoints 29 mai 2026
"Engagements de 87 milliards d’euros, prix déconnectés du marché, cas de sur-rémunération, fraude non sanctionnée… La Cour des comptes a publié un rapport qui évalue le coût réel du soutien étatique aux énergies renouvelables (EnR) : un scandale bien étouffé." Une tribune passionnante sur le coût exorbitant de développement coute que coute des ENR en France à lire dans Contrepoints : https://contrepoints.org/soutien-aux-energies-renouvelables-ou-comment-le-contribuable-se-fait-plumer/
par Maxime Duclos 27 mai 2026
Au printemps 2026, l'Assemblée nationale se trouve confrontée à l'un des défis majeurs de son histoire contemporaine : l’effondrement de la natalité française. Ce phénomène ne constitue pas l'unique crise nationale, mais il s'impose comme un défi vital que le gouvernement actuel, et plus encore l'exécutif futur, devra relever d'une main ferme et résolue. Le dépôt d'un nouveau texte législatif à la Présidence ravive un débat nécessaire, mais met en lumière l'écart abyssal entre la froideur des solutions bureaucratiques et la réalité sociologique du pays.  La proposition de loi n° 2679 intitulé : “ faciliter l’accès au logement des familles par la création d’un prêt à taux zéro” pose un constat démographique initial indiscutable lorsqu’elle rappelle pertinemment qu'« en 2025, 651 000 décès ont été enregistrés [...] tandis que 645 000 naissances ont été recensées » et qu'elle admet judicieusement que « le logement et son accession demeurent l'un des plus marquants » freins au projet parental , mais l'examen rigoureux du texte révèle un manque de fond flagrant dès lors que l'exposé des motifs affirme de manière simpliste que « le prêt à taux zéro constitue un instrument indispensable pour notre société » et qu'« il a pour vocation de proposer une aide concrète aux familles » , limitant ainsi la relance de la natalité au seul dispositif de l'article 1er destiné à « financer [...] l'acquisition, la construction ou l'agrandissement de la résidence principale » dans la limite d'un « plafond de 100 000 euros par opération ». Cette posture, bien qu'appuyée sur la réalité statistique rappelant qu'« un jeune sur cinq doit renoncer à avoir un bébé à cause de son logement », mérite d'être abordée avec une plus grande nuance psychologique. S'il est crucial de reconnaître la sincérité de ces difficultés matérielles sans poser de jugement sur les couples actuels, il apparaît tout aussi impératif de constater l'influence profonde du modèle de surconsommation et d'ultra libéralisme dans lequel évolue la jeunesse. L'hésitation face à la parentalité ne saurait être réduite à une simple impasse immobilière ; elle traduit également la nécessité d'accompagner et de guider les consciences vers la valeur fondamentale de la cellule familiale. Face aux injonctions d'un individualisme ambiant qui privilégie parfois le confort personnel et les plaisirs immédiats, le rôle de la puissance publique n'est pas de blâmer, mais d'offrir un cheminement rassurant, capable de réorienter les priorités loin des dérives matérialistes pour redonner le goût de l'engagement durable. Enfin, l'analyse se positionne foncièrement contre la dérive légistique et budgétaire de l'Article 2, lequel énonce de manière automatique que « la perte de recettes pour l'État est compensée à due concurrence par la création d'une taxe additionnelle à l'accise sur les tabacs ». Ce recours systématique à la fiscalité punitive, devenu une clause de style interchangeable pour satisfaire formellement aux exigences de l'article 40 de la Constitution, trahit une paresse méthodologique. Le financement du réarmement démographique de la Nation ne peut pas dépendre d'une taxe comportementale instable, mais doit être compensé de manière économiquement viable par une baisse ciblée et rigoureuse des dépenses de fonctionnement superflues de l'État. En définitive, bien que cette proposition de loi soit, dans la forme, en partie recevable, le fond du problème n'y est pas pleinement discuté. L'urgence démographique exige de travailler sur plusieurs paliers essentiels afin de rassurer et d'accompagner les jeunes couples. Des mesures fiscales protectrices, des aménagements ambitieux du temps familial et un accompagnement moral vers un modèle centré sur la famille sont indispensables pour relancer la natalité. Stop aux demi-mesures unilatérales et technocratiques : il est temps d'ouvrir le champ des possibles et de guider la société, car la chute de la natalité en France ne représente pas un simple défi comptable, elle signe une lente extinction culturelle.
par Gabrielle Cluzel (dans Boulevard Voltaire) 11 mai 2026
Quand les fervents défenseurs du "vivre ensemble" se heurte au réel ... Un édito de Gabrielle Cluzel dans Boulevard Voltaire : https://www.bvoltaire.fr/edito-allegorie-a-la-concorde-le-vrai-vivre-ensemble-a-detruit-le-fantasme/
par Le bureau LD31 8 mai 2026
Une conférence de Thibault de Montbrial qui promet d'être passionnante sur le thème "France le choc ou la chute" ! Salle Barcelone mercredi 20 mai à 18h30 Thibault de Montbrial est un avocat français , président du Centre de Réflexion sur la Sécurité Intérieure (CRSI), un think thank ayant pour objectif de « permettre aux différents professionnels concernés ainsi plus généralement qu’à toutes les personnes intéressées, de se rencontrer et d’échanger ». Il souhaite aussi « permettre de contribuer au débat public et politique sur les questions de sécurité intérieure en proposant des analyses et en apportant des propositions opérationnelles concrètes » [
par Maxime Duclos 30 avril 2026
La France a fait le choix de la puissance. L'actualisation de la Loi de Programmation Militaire (LPM) 2024-2030, adoptée en commission le 23 avril 2026, confirme une trajectoire de réarmement : le budget des armées aura doublé entre 2017 et 2027. En injectant 36 milliards d’euros de ressources nouvelles pour la période 2026-2030, portant le budget total à 435,7 milliards d’euros, la Nation assume son rang. L’objectif est clair : porter l’effort de défense à 2,5 % du PIB d’ici 2030. Cette démarche n'est pas qu'une question de chiffres, c'est une stratégie de survie industrielle. La France impose désormais une « économie de guerre » où l’État peut exiger des industriels la constitution de stocks stratégiques couvrant jusqu’à 6 mois d’activité. Nos fleurons de la Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD) sont les piliers de cette souveraineté : l'accélération des livraisons de munitions, avec une hausse vertigineuse de +400 % pour les munitions téléopérées et +190 % pour l'artillerie de 155 mm, prouve que nous passons d'une logique de flux à une logique de masse. Soutenir nos industries, c'est garantir que nos Rafale, nos frégates et nos blindés ne soient jamais à court d'effecteurs dans un conflit de haute intensité. Réinvestir dans notre défense, c'est aussi refuser la dépendance technologique. En finançant des ruptures dans le spatial, l'IA et le combat ollaboratif, la France s'assure de rester maîtresse de son destin face aux pressions hégémoniques mondiales. à suivre... Maxime Duclos