Toulouse : comme partout en France, la barbarie n’est pas une fatalité
Toulouse : comme partout en France, la barbarie n’est pas une fatalité
Les faits divers barbares se sont succédé cet été à Toulouse. Le nombre d’attaques et de morts par arme à feu a atteint un niveau jusqu’ici inégalé. Toulouse partage de ce point de vue le triste sort de nombreux endroits de notre territoire désormais livrés aux barbares.
Nous y lisons le résultat de l’affaissement progressif de l’État français qui semble dépassé par les multiplications d’actes de violence et inapte à préserver l’ordre public. Il est bien sûr des remèdes à cette incapacité de l’État d’assurer sa mission première. Mais ces remèdes prendront du temps à porter leurs fruits, et ce d’autant plus qu’ils demandent une volonté politique claire. Et tout le monde a compris que garantir l’ordre républicain ne procède pas de la priorité des héritiers de mai 68 dont les représentants sont actuellement au pouvoir.
Nous y lisons également le délitement de la vigueur de notre corps social, qui n’est plus capable ni d’offrir des perspectives à chacun de ses membres, ni de s’assurer que ses éléments sains se sentent assez forts et assez soutenus pour exercer l’influence nécessaire au rétablissement de l’ordre social. La culture de l’excuse, la perte de repères, l’assimilation au lieu de l’intégration, la bien-pensance, les échecs de l’éducation nationale sont des raisons parmi d’autres de ce phénomène de société. Le remède, là aussi, prendra du temps.
Cela ne doit certainement pas nous empêcher de continuer à exiger de l’État qu’il remplisse sa mission. Nous savons gré au Maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, de ne pas ménager ses efforts pour convaincre l’État de consacrer plus d’attention, plus d’effectifs, plus de ressources au rétablissement de l’ordre républicain à Toulouse.
Mais nous souhaitons également dire à Jean-Luc Moudenc que, dans cette matière pas plus que dans les autres, l’État n’est pas le seul à devoir jouer un rôle. La collectivité et les citoyens ont le leur à jouer également,
Nous avions attiré son attention, pendant la récente campagne municipale, sur le pouvoir qu’a la municipalité d’engager des actions fortes. Nous avions proposé des éléments de projet en faveur du renforcement de la police municipale, de l’implication des associations de quartier, du soutien de la conscience citoyenne et de la capacité d’influence des habitants des quartiers. Certains éléments de projet que nous avions proposés ont été repris dans le projet municipal. Nous nous en étions félicités et nous demandons aujourd’hui qu’ils soient placés en priorité dans l’agenda de l’équipe municipale. D’autres n’ont pas été repris et nous demandons respectueusement que l’opportunité de les y introduire soit réexaminée.
Enfin, nous sommes conscients de nos devoirs de citoyens et les assumons. Nous sommes prêts à aider les habitants des quartiers, les pouvoirs publics, et les représentants de la municipalité chaque fois qu’ils identifieront qu’une mobilisation citoyenne ou qu’une action citoyenne sera de nature à aider au rétablissement.










