Robin des bois, l’inaptocrate !
Petit texte pour se faire des amis
Qui ne connait Robin des Bois, habile braconnier, défenseur des pauvres et des opprimés au profit desquels il détroussait les riches malfaisants (1) ?
Nombreuses sont les aventures légendaires autour de ce personnage archétypal du moyen-âge anglais qui a subi au fil du temps quelques adaptations collectivistes qui feraient tomber notre héros de son arbre.
En réalité, Robin des Bois, socialiste avant l’heure, dans sa version revisitée, paré d’une auréole de vertu faisait la charité avec des richesses qui ne lui appartenaient pas, distribuait des biens qu’il n’avait pas produit, et pratiquait une charité d’autant plus généreuse que d’autres avaient dus en supporter les frais. Malgré lui, il symbolise l’idée que le besoin et non l’effort donne des droits, qu’il est inutile de produire, qu’il suffit de vouloir, que ce que nous avons gagné ne nous appartient pas alors que nous n’avons pas gagné peut nous appartenir… Il justifie l’existence du médiocre, incapable de se prendre en charge, qui exige de disposer des biens de ceux qui lui sont supérieurs (2). Entre les deux, une créature, un parasite à deux titres, puisqu’elle prolifère sur les plaies des pauvres en se nourrissant des entrailles des riches. Cette créature, la pire qui soit, que les collectivistes considèrent comme un exemple d’exigence morale. Cette créature (3), ce Robin des bois réinventé, défenseur non du droit de propriété, mais de l’état de nécessité. Fournisseurs des pauvres et non le protecteur des démunis.
Cette idéologie prospère, dans le monde de la « bienpensance » (4) sur un paradigme inavouable : chacun d’entre nous se focalise sur tout ce qu’il pourrait obtenir sans l’avoir mérité, grâce à meilleur que lui, en oubliant que nous sommes toujours le « meilleur » de quelqu’un…
Et voilà comment plus un homme est productif, plus il risque de perdre ses droits. Si ses compétences sont exceptionnelles, il sera livré en pâture aux parasites de tout poil, tandis qu’il suffit d’être dans le besoin pour se retrouver au-dessus des lois, des principes, de la morale. Ce Robin des bois là, c’est l’état. Non comme composante de la nation, mais bien comme ce Léviathan qui maintient son assise par les besoins qu’il créé, par les bienfaits qu’il distribue à la discrétion des membres de l’inaptocratie (5) !
Par ces méthodes brutales et dirigistes, ces oligarques pensent pouvoir agir sans limite sur le marché économique (4) comme ils agissaient avant d’accéder au pouvoir sur leurs colleurs d’affiches(6). Car c’est bien à la fin du spectacle que l’on paie les artistes ! Fin du spectacle qui n’a jamais semblé aussi proche.
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(1) « Les riches patrons, ces ennemis bouffeurs de sang des salariés », Gérard Filoche, Membre du Bureau National du Parti Socialiste. Inspecteur du travail, à la retraite.
(2) Théorie développée dans l’œuvre d’Ayn Rand, notamment dans « Atlas SHRUGGED ».
(3) A 50 ans si t’as pas placé ton anaphore, t’as raté ta vie.
(4) A placer obligatoirement dans un cocktail après que votre interlocuteur vous ait asséné un « Solidaire » ou un « Participatif ». Attention, un tiers qui vous balancerait au cours de ce même cocktail une « réduction des dépenses publiques dans un cadre juste et équitable » doit être traité avec respect. Il est des nôtres, bien que tenu en public de donner le change collectiviste.
(5) L’inaptocratie (ineptocracy, concept initialement utilisé dans les débats politiques en Grande Bretagne) est, comme le précise Jean-d’Ormesson , le système de gouvernement ou les moins capables de gouverner sont élus par les moins capables de produire et où les autres membres de la société, les moins aptes à subvenir à eux-mêmes ou à réussir, sont récompensés par des biens et des services qui ont été payés par la confiscation de la richesse et du travail d’un nombre de producteurs en diminution continuelle.
(6) Démarche « démagauchiste » ou dit de « confort intellectuel » prônant une réduction des inégalités par le développement d’un collectivisme à la cubaine, tendance 1959. Cuba a depuis, largement renoncé à ces lubies ne rêvant désormais que d’économie de marché.
Article publié initialement dans la Gazette du midi










