L'art météore

Alain Dubois • 26 décembre 2017

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La culture est-elle encore perçue comme, notamment, la « fructification des dons naturels permettant à l'homme de s'élever au-dessus de sa condition initiale et d'accéder individuellement ou collectivement à un état supérieur » (Trésor de la Langue Française informatisé) ?

I. Problème. Le 26 décembre 1986, dans un débat qui l’opposa à Guy Béart dans l’émission Apostrophe présentée par Bernard Pivot, Serge Gainsbourg affirma : « un art majeur demande une initiation, pas un art mineur, comme les conneries que nous faisons nous ». Il précisa que l’on entend par art majeur : « l’architecture, la peinture, la musique classique, la littérature et la poésie ». Sans doute doit-on ajouter la sculpture, nous interroger sur la photographie et le cinéma (d’aucuns évoquent en sus les jeux-vidéo) et, enfin, avancer que par « musique classique », Serge Gainsbourg faisait référence à la grande musique (ou musique savante ), dont le classique n’est qu’une période inscrite entre le baroque et le romantique .


Ainsi s’opposait-il à l’idéologie du relativisme culturel ou moral, qui prétend que tout se vaut, que tout est opinion, qu’il n’y a plus de divergences mais que des désaccords, qu’il n’y a plus des maîtres et des élèves, qu’une œuvre de Tchaïkovski n’est pas supérieure à une chanson de Madonna, qu’un texte de IAM vaut Rimbaud. Somme toute proclame-t-il la fin du discernement. En effet, avec le relativisme, « il n’y a plus ni vérité ni mensonge, ni stéréotype ni invention, ni beauté ni laideur, mais une palette infinie de plaisirs, différents et égaux. La démocratie qui impliquait l’accès de tous à la culture se définit désormais par le droit de chacun à la culture de son choix (ou à nommer culture sa pulsion du moment). » (Alain Finkielkraut, La défaite de la pensée , Folio essais).


Bien que difficile, toute tentative de hiérarchisation des arts et des œuvres, s’inscrit dans une démarche qui, contrairement au relativisme, n’autorise pas un certain nombre de discours insatisfaisants du type : « une bande dessinée qui combine une intrigue palpitante avec de belles images vaut un roman de Nabokov ; (…) un slogan publicitaire efficace vaut un poème d’Apollinaire (…) ; un beau match de football vaut un ballet de Pina Bausch ; un grand couturier vaut Manet, Picasso, Michel-Ange ; l’opéra d’aujourd’hui – "celui de la vie, du clip, du jingle, du spot" – vaut largement Verdi ou Wagner » ( idem ). C’est ainsi que « ce n’est plus la grande culture qui est désacralisée (…) ce sont le sport, la mode, le loisir qui forcent les portes de la grande culture. L’absorption vengeresse ou masochiste du cultivé (la vie de l’esprit) dans le culturel (l’existence coutumière) est remplacée par une sorte de confusion joyeuse qui élève la totalité des pratiques culturelles au rang des grandes créations de l’humanité. » ( Idem ). Par où est avenu le « triomphe de l’indistinction » et par là l’obligation de « couvrir de la même étiquette culturelle l’auteur des Essais et un empereur de la télévision » ( idem ).


Les individus s’abandonnant à un rapport de consommateurs avec la science et la culture, « ce ne sont pas les cultures en tant que telles qu’ils apprécient, mais leur version édulcorée, la part d’elles-mêmes qu’ils peuvent tester, savourer et jeter après usage » ( idem ). Ainsi s’étend le règne de la quantité sur la qualité. Il en va de même de certains étudiants, qui consomment les cours en empruntant le regard de poissons sur un train de marchandises, a fortiori lorsqu’ils sont invités à être démonstratifs et ainsi à sortir du « je résonne » (le par cœur) pour embrasser le « je raisonne » (la réflexion).


Or, le relativisme, en prétendant que tout est relatif et en éliminant la distinction entre le vrai et le faux , s’oblige malgré lui à être précisément un principe relatif : il est donc auto-réfutatif. Soit s’autodétruit-il, soit confère-t-il une égale valeur à son opposé : l’absolutisme ou la hiérarchisation. Il n’est pas question de défendre ici la culture dans la douleur ; nous avons incommensurablement joui avec d’abondantes œuvres issues de l’art mineur. Mais nous nous sommes toujours efforcés de prendre acte de la virtuelle supériorité d’œuvres sur d’autres. Il y a de même du mineur dans l’art majeur et du mineur dans l’art mineur, etc. Le rap nous en offre d’édifiantes illustrations.



II. Illustration . Bien qu’il soit excessif de qualifier le rap de « sous-culture d'analphabètes » (Éric Zemmour, L’hebdo , France Ô), nous constatons que les textes sont souvent d'une « misère poétique affligeante » (Alain Finkielkraut, Esprits libres, France 2) et la musique d'une pauvreté inouïe. Ainsi nous a-t-il été suggéré d'écouter l'album « Le chant des sirènes » de Orelsan. Dont acte.


Les thèmes . Ils ne s’organisent certes pas autour du triptyque classique qui éloigne le rap d’un certain universalisme : banlieues – ethnique – délinquance ou religion. En effet, « le rap français est une musique d’installation (…) le métissage revendiqué parfois n’a rien à voir avec l’interpénétration universaliste en acte dans la musique rock. » (Paul Yonnet, « Rap, musique, langage, violence, sexe », Le débat , 2000/5 n° 112). Mais les thèmes abordés par Orelsan sont souvent naïfs, décousus, immatures et vulgaires, au sens « d’ordinaire, de courant, de conventionnel ; qui perd tout intérêt du fait de sa fréquence, de sa répétition » (TLFi). Ils se limitent généralement en effet à l'alcool, aux soirées, aux filles et... à Orelsan lui-même ! Très centré sur ses petites histoires peu intéressantes, il n’a presque que son individualité à montrer. Avec Alain Finkielkraut, nous aimerions « une musique qui s’ouvre davantage à toute la gamme des émotions humaines » (Alain Finkielkraut, Avant premières , France 2). Son œuvre – le ton de sa voix est à ce titre édifiant – témoigne d’une obsession à se plaindre. Par où « le phrasé du rap est une sorte de monotonie de la vitupération » ( idem ). On a pu dire « qu’il cite quand même l’ Odyssée et Le Chant des sirènes » ( Avant premières , France 2) ; c’est dire à quel point on attend peu culturellement de ces textes. Orelsan se réfère mais sans prétention littéraire ou du moins sans présenter un niveau de lecture sophistiqué. Au mieux cela donne-t-il un aspect intellectualisant à son œuvre, tout comme « Quelque chose de Tennessee », pour Johnny Halliday.


Sur le fil du rasoir pouvons-nous tempérer ces propos, non sans réserve, en citant Paul Yonnet pour qui « la violence du rap, pour évoquer la ville, le monde, le sexe ou les rapports sociaux, est la dernière chose à lui reprocher. Celle-ci est contrainte par des conditions exogènes et, s’il y a un regret à formuler, il serait à constater la relative impuissance des rappeurs à sublimer les contraintes dont ils sont nés et la rareté des talents à réussir à s’en libérer. » (Paul Yonnet, idem ). Pour autant, « les gens sont enfermés, emprisonnés dans un jargon sinistre qui, précisément, ne leur fait rien voir de la réalité du monde. Qu’est-ce vous voyez du monde dans des textes comme ça ? Rien. Au lieu de les sortir de leur prison, on s’extasie et on leur dit : "bravo". Il y a là une idolâtrie, un fétichisme absolument dérisoire et cela me fait à la fois rire et pleurer » (Alain Finkielkraut, Esprits libres, France 2). En tout état de cause, le rap demeure majoritairement « [l']expression de micro-sociétés masculines ou entièrement dominées par les hommes". À ce titre, par exemple – et c’est courant – il "trahit volontiers une sensibilité antihomosexuelle, tout autant qu’il se caractérise, on le sait, par un langage dominateur ou outrancier vis-à-vis des femmes » (Paul Yonnet, idem ).


Les paroles [1] . L'esthétique est incroyablement laide, les rimes sont d’une pauvreté édifiante. D’aucuns disent qu’il s’agit de poésie. Est-ce parce que l’on n’a pas la même définition de la poésie ? Est-ce la question essentielle ? Nous ne limitons pas notre critique à des questions de versification ou de règles prosodiques particulières. Nous évoquons plus le degré que la nature : c’est poétiquement pauvre, notamment au regard de l’esthétique des vers, des rimes, de la mise en valeur du rythme, de l'harmonie et des images.


En outre, « "Baise-moi", "nique ta mère", "enculé" (…) On ne mesure pas à quel point cette apparition des expressions rares ou extrêmes dans l’ordinaire et la diffusion de masse a pu transformer la sensibilité, ce qu’elle signifie en termes de perte de la sensibilité aux mots. C’est l’un des multiples aspects de la vaste reconfiguration du ciel de l’acceptable et de l’interdit dans lequel évoluent à présent les individus, la voûte remaniée sous laquelle ils respirent. » (Paul Yonnet, idem ).


Doit-on pour autant juger le rap qu’à l’aune de ses textes ? Ils sont écrits (ce sur quoi porte notre critique) mais ils sont aussi déclamés et s'insèrent dans une rythmique (ce sur quoi notre critique porte peu). Orelsan ne dit rien d’important sur l’adolescence et autres des thèmes qu’il aborde. Ne confondons pas le thème et la façon de le traiter. La littérature donne une cathédrale d’exemples de traitement majestueux de thèmes banals qu’elle sublime. Il y a bien plus saisissant et instructif à lire sur les objets abordés par ce rappeur. Qu’importe d’ailleurs qu’Orelsan aborde ici ou là un thème majeur. Lui apporte-t-il pour autant (le prétend-il ?) des réponses intéressantes. Alors on va chercher chez lui, dans les sensations fortes du rap, une critique nihiliste du néant dénonçant notre société d’individus en perte de sens. Or, il y a d’autres voies. Que nous montre Orelsan de ces autres voies ? Il réussit l’exploit d’enfoncer superficiellement des portes ouvertes. Parfois s’esquisse un fond de vérité… dans un océan de stéréotypes ; d’une sensibilité et d’une subtilité peu développées. Le grand artiste est-il celui qui sait sortir du temps et de l’espace ? Ici, assiste-t-on tout au plus à l’expression de sus et de vécus assez communs, dont on n’a pas grand-chose à extraire. Nous ne voyons pas vraiment ce qu’il nous montre du monde, ce qu’il y a à retenir de tout cela.


La musique. En général d’une pauvreté abyssale. Notamment, parce qu'elle est asservie par le texte, elle ne laisse aucune place à une quelconque virtuosité. Décontextualisée, une lecture de la plupart des partitions de cet albums ne pourra que renforcer ce sentiment. Qui partirait à la recherche de ces partitions pour les interpréter avec son instrument ? C’est extrêmement simpliste…


Certes, le rap ne semble pas prétendre ou essayer de produire une musique savante ou élaborée. Au fond, nous y venons précisément parce c’est ce qu’il nous reste à voir après avoir évincé les textes pour les raisons précédemment évoquées. En offrant une si faible place à la virtuosité et en étant en somme aussi creuse, elle ne porte, elle aussi, à nos yeux que très peu d’intérêt.


Par surcroit, le rap est un genre esthétiquement mineur dans la musique populaire ou mineure. Par exemple, le heavy métal est sans doute à classer dans l’art mineur, bien qu’il lui arrive d’osciller, selon les œuvres, entre le mineur et le majeur (v. par ex. Dream Theater). Contrairement au rap, on y trouve souvent des compositions élaborées, couramment écrites par des musiciens talentueux, qui cherchent à déployer une certaine rigueur et créativité. Malgré tout, le talent des musiciens ne suffit pas. Encore faut-il qu’ils cherchent à composer de belles choses. Or, il ne semble pas que le rap les oblige à rechercher une musique élaborée. Quelques éléments, certes insuffisant en soit pour juger de la qualité musicale d’une œuvre, s’inscrivent dans un faisceau d’indice pouvant montrer que le heavy metal est supérieur au rap (en général et si l’on sélectionnait les meilleurs œuvres des deux genres respectifs) : le heavy métal déploie des auteurs-compositeurs-interprètes, de très bons musiciens et notamment de bons chanteurs (v. par ex. Bruce Dickinson), des partitions qui attirent des musiciens du monde entier (qui, par exemple, les interprètent sur YouTube). Alors que dans le rap, c’est plutôt le texte qui sera interprété, la musique reste l’accessoire au service du texte et asservie par ce dernier), des solos de guitare (ce qui marque la volonté de produire une musique travaillée). De même, le heavy métal est plus technique, il dégage une vraie rigueur ou vigueur musicale. La technicité peut produire de mauvais résultats, mais s’inscrit tout de même aussi dans le faisceau d’indices. Revenons au relativisme.


III. Réponse. Lors d’un débat sur la musique d’Orelsan, nous offrions à nos interlocuteurs Vivaldi comme exemple d'une musique riche. L'outrance ressentie par notre réponse fut édifiante : tout ne se vaut pas, une possible hiérarchisation des œuvres n'est pas sans fondement rationnel. Certes Orelsan n’a sans doute pas l’ambition de créer un objet aussi grand (le put-il). Il n’en demeure pas moins évident que les partitions (notamment) de Vivaldi sont supérieures à celles dudit rappeur.


Au fond, il est moins question du goût (j’aime ou je n’aime pas) que de la richesse artistique de l’œuvre (notamment sa beauté ). N’avons-nous jamais vu un film qui nous a déplu mais dont nous reconnaissons la réussite artistique objective ? Un film dont nous pensons qu’il va faire date ? Orelsan ne fera pas date (et) pour de bonnes raisons : il n’y a rien de grandiose chez lui. Le goût et le beau sont deux cercles qui s'entrecroisent. Nous aimons des œuvres que nous considérons comme mineures et inversement. L’objet de ce propos n’est pas, avant tout, d’oser reprocher à quiconque d’ aimer ou non telle ou telle d’œuvre mais de dénoncer l’infâme supercherie conduisant à tout égaliser, à considérer que tout se vaut. L’ art , « expression dans les œuvres humaines d’un idéal de beauté » (TLFi), transmute en météore , « celui qui éblouit de façon vive mais passagère » ( idem ).


Reste que la question est double : peut-on hiérarchiser les œuvres, par exemple selon un modèle majeur/mineur, et quelle frontière pour cette distinction ? Pourquoi des œuvres d’art traversent-elles le temps et l’espace ? Peut-être en partie parce qu’il y a un processus de rationalisation diffuse à l’œuvre, une sélection darwinienne des œuvres (Raymond Boudon, Le relativisme , Puf). Si certains jugements esthétiques relèvent du goût , d’autres s’accompagnent du sentiment qu’ils sont fondés sur des raisons ayant vocation à être partagées ( transsubjectives ). Si la liste des classiques littéraire et artistique apparaît stable dans le temps, c’est qu’elle résulte de raisons partagées ( idem ). Au fond est-on étonné que l’œuvre de Tchaïkovski, de Baudelaire ou de Hemingway ait survécu ? La capacité d’un artiste de produire une œuvre à dimension universalisante pouvant traverser le temps et l’espace demeure sans doute un indice qualitatif permettant de penser ce qu’est une grande œuvre, un grand artiste.


La distinction mineur/majeur est certes cohérente au sein d’un paradigme, d’une théorie ou d’axiomes et de conceptions esthétiques. Bien entendu, l’on peut rejeter cela et poser comme axiome, par exemple, la vulgarité au sommet des critères d’esthétique : alors, Orelsan sera considéré comme majeur et la musique classique comme mineure. Or, sous réserve de l’étendue de toute notre incompétence en la matière, les fondements de la hiérarchisation des œuvres, de la classification majeur/mineur et du classement de la musique classique au sommet nous semblent être bien plus probants… Disons qu’ils conduisent à placer au sommet et à retenir des œuvres qui ont bien plus à nous montrer du monde.


Peut-être une certaine éducation musicale, a développé chez nous une sensibilité propre à « suranalyser » des œuvres et parfois à souffrir excessivement d’une laideur latente et en expansion. Sur un objet, certes assez différent, Marc Lambron a développé l’idée d’une souffrance de l’intelligence : « un rapport assez aigu à l’intelligible. Quand on a ces grilles de lecture et qu’on entre dans la bouffonnerie et une certaine vulgarité (…) du monde contemporain, une certaine arrogance d’une forme d’inculture sidérante (…), le crédit qui est fait d’effrayantes, de stupéfiantes fariboles, fait que les intelligences un peu raffinées ou décrypteuses peuvent se sentir personnellement atteintes voire bafouées (…). Plus les capteurs sont affinés, plus une certaine douleur peut être ressentie et intensifiée » (Émission Répliques , France culture, 3 juin 2017).


Alain Dubois



[1] Voici quelques extraits, parmi les plus laids, de l’album :

« Ça m'énerve pas, je respecte

Je fais comme Rocky dans la réserve : je m'en bats les steaks (…)

En route vers le succès, j’me fais sucer dans l'train

J’trouve la plénitude au sens propre : complètement plein (…)

T'es p'tit, tu t'réveilles en pleine nuit

T'entres dans la chambre de tes parents sans frapper... Mauvaise idée ! (…)

Quand j'veux être au calme, j'squatte chez elle

Elle fait l'ménage et la cuisine, j'fais les courses et la vaisselle (…)

J'suis pas mûr pour fonder une famille, d'accord

Mais c'est pas une raison pour serrer chaque fille qui m'aborde, non ? (…)

J’prends l'volant après quinze vodkas, j’conduis bizarrement

J’parle de Super Mario Kart sur Wii : évidemment ! (…)

Une sorte de Blanc qui s’prend pour un Chintok

J’essaye de sortir plus de classiques que les usines Reebok (…)

J’écris avec le sang d’une vierge des versets diaboliques

J’viens détourner plus de gosses que l'Église Catholique (…)

On m’a dit : "Tais-toi, nettoie"

Hey, pauvre conne : lèche-moi les noix, cochonne : mets-toi des doigts (…)

Bimbadabim bimbadaboum

Ils sont coooooooools »

par Maxime Duclos 19 février 2026
Quentin est parti. Il est tombé, fauché par une haine viscérale, celle de l'anti-patriotisme, de l'anti-France. Ce jeune homme que l'on décrit comme pieux, sain, respectable et profondément non-violent. Un casier judiciaire vierge pour seul témoin de son intégrité était l'incarnation même de l'honneur. C’est au nom de ses valeurs les plus hautes qu’il avait choisi de s’engager dans la sécurité du collectif Némésis à Lyon. Un engagement digne, celui de protéger les femmes du fléau des agressions sexuelles et des violences. Il nous a quittés en martyr, et sa perte vient meurtrir une fois de plus une France déjà dépressive. Nos larmes coulent, mêlées de colère et d'une tristesse infinie. Alors, comment rester rationnel face à l'inacceptable ? Comment retrouver la raison quand le cœur hurle ? La réponse est dans la sublimation : nous devons convertir cette douleur en une force qui nous dépasse. Car cette cause, c’est la France. Partout, des rassemblements en son hommage s'organisent, mais ils sont massivement interdits par les préfectures, sous prétexte d'éviter des débordements alimentés par les contre-manifestations d’une extrême-gauche complice, celle de LFI et de ses satellites. Notre combat est juste, il est légitime. Mais pour qu’il soit victorieux, nous ne devons pas céder à la pulsion de la rue interdite. Nous devons rester focalisés sur le seul levier capable de redonner des couleurs à nos villes et nos campagnes : le vote. Votez, mes amis. Jeunes, seniors, retraités : votez pour l'avenir de la France. Votez pour qu'enfin la droite puisse réformer ce système à bout de souffle, pour que la "Justice rouge" soit endiguée, pour que la sécurité redevienne un droit et non un souvenir, et pour que nous cessions enfin de verser des larmes de sang. Leur antifascisme tue. Leur fascisme rouge tue. Mais notre détermination, elle, est immortelle. Restons concentrés, restons stables, et votons. « L'honneur, le bon sens, l'intérêt supérieur de la Patrie, commandent à tous les Français libres de continuer le combat, là où ils seront et comme ils pourront. » Charles De Gaulle Pour Quentin. Pour la France !
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Le monde traverse aujourd'hui un véritable tsunami technologique, une révolution de l’intelligence artificielle qui, sous l’impulsion de l’impérialisme débridé des géants de la Silicon Valley comme NVIDIA, OpenAI ou les projets titanesques d’Elon Musk, est en train de redéfinir les rapports de force mondiaux. Face à cette déferlante qui brutalise l’Europe et nous force enfin à sortir de notre zone de confort léthargique, la France ne doit plus se contenter d’être une simple spectatrice de son propre déclin, mais doit s'affirmer comme une puissance de souveraineté intégrale, riche de son histoire, de ses révolutions et de son génie industriel. Nous possédons une carte maîtresse que le monde entier nous envie et que nos concurrents tentent de copier à prix d'or : notre parc nucléaire civil, socle d'une indépendance énergétique qui doit devenir l’arme de guerre économique absolue pour nos champions nationaux. La survie de fleurons comme Mistral AI ne passera pas par des subventions administratives saupoudrées par une bureaucratie bruxelloise déconnectée des réalités de terrain, mais par un choix stratégique radical et gaullien : offrir à nos infrastructures de calcul et à nos pépites technologiques une alimentation massive de 1 GW de puissance nucléaire stable au coût marginal d’EDF, soit environ 50 €/MWh. Pour mesurer l’abîme stratégique qui nous sépare de la concurrence, il suffit de regarder outre-Atlantique où Microsoft est contraint d'engager des milliards pour ressusciter la centrale de Three Mile Island à un coût estimé à 130 $/MWh ; la France dispose ici d'un avantage comparatif inédit qu’elle doit exploiter pour faire de son territoire le hub mondial de l’IA. Cette énergie souveraine est le carburant indispensable du projet Fluidstack en Essonne, visant à déployer d'ici 2028 à Bruyères-le-Châtel le plus grand cluster d’IA d’Europe, un campus géant capable de rivaliser frontalement avec les infrastructures de Microsoft. Cette excellence technologique n’est pas un cas isolé : elle s’inscrit dans la lignée de nos réussites en matière de Défense, véritable carte maîtresse pour redorer le blason bleu-blanc-rouge. Lorsque l’on parcourt les revues spécialisées comme DSI ou Diplomatie, on comprend que le projet Vortex de Dassault Aviation, ce drone suborbital boosté à l’IA ainsi que le programme SCAF (Système de Combat Aérien du Futur) et les innovations de rupture de Thales et Safran sur l'IA embarquée et la cybersécurité ne sont pas des chimères, mais la preuve que la France reste une nation de premier rang. Cependant, cette puissance de feu industrielle, portée également par MBDA et Naval Group, restera vaine si nous ne mettons pas fin à deux hémorragies distinctes mais également dévastatrices. D'un côté, nous subissons la fuite de nos ingénieurs et de nos cerveaux, qui s’exilent faute de perspectives industrielles audacieuses ou de reconnaissance. De l'autre, nous assistons au départ massif de nos investisseurs et créateurs de richesse, avec 800 millionnaires ayant quitté le territoire l'année dernière, représentant une perte sèche de 4,4 milliards de dollars de capitaux fuyant des surtaxes infernales et un climat fiscal punitif. On ne bâtit pas une puissance mondiale en chassant ceux qui peuvent financer nos licornes de demain. Soutenir nos géants en devenir exige de coupler notre puissance nucléaire à un assouplissement fiscal radical et des incitations massives à l'investissement local. C’est avec cette force de caractère, héritée du Général de Gaulle, que nous devons imposer une stratégie de rupture pour protéger nos talents et nos capitaux, car la technologie, l'énergie et la rigueur budgétaire sont les seules clés pour que la France cesse de se complaire dans un souverainisme nostalgique pour redevenir, enfin, le centre de gravité du futur mondial.
par Lignes Droites 10 janvier 2026
Il fallait bien que cela arrive. Après avoir réglé les questions mineures — crise démocratique, dette publique, cohésion nationale — la République pouvait enfin se consacrer à l’essentiel : la gravure inclusive sur plaque commémorative. Grâce à une décision éclairée, mesurée et courageuse, le juge administratif a solennellement confirmé que l’Histoire de France pouvait désormais être racontée par des formulations inclusives respectueus·e·s des diversités genrées et lexicales. À Paris, les monument·e·s emblématiques accueillent désormais les passant·e·s, les visiteur·se·s, les citoyen·ne·s et les usager·ère·s occasionnel·le·s de l’espace public urbain patrimonial. La Tour Eiffel, ancien symbole phallo-vertical non questionné, reçoit aujourd’hui les regardeur·se·s émerveillé·e·s dans une neutralité syntaxique enfin apaisée. Le fer reste riveté, mais la langue, elle, a été soigneusement déconstruite. Au Musée du Louvre, les œuvre·s exposé·e·s continuent d’être observé·e·s par des public·s pluriel·le·s, tandis que les cartel·s explicatif·ve·s s’emploient à réparer rétroactivement les biais genré·e·s de cinq siècles de création artistiqu·e·s. La Joconde sourit toujours, mais désormais elle sourit à tou·te·s, ce qui, juridiquement, change tout. À Notre-Dame de Paris, les bâtisseur·se·s médiéval·e·s, les artisan·e·s, les restaurateur·rice·s contemporain·e·s et les décideur·se·s politico-administratif·ve·s sont enfin réuni·e·s dans une même phrase, longue, prudente et parfaitement imprononçable. La cathédrale a brûlé, mais la grammaire, elle, a été sauvée. Sous l’Arc de Triomphe, les combattant·e·s mort·e·s pour la Patrie reposent en paix, désormais certain·e·s que leur sacrifice est reconnu dans un cadre lexical respectueux de l’égalité symbolique. Le soldat inconnu demeure inconnu, mais il ou elle ou iel est grammaticalement reconnu·e, ce qui, chacun·e en conviendra, était l’urgence mémorielle de notre temps. Dans les jardins du Luxembourg, les sénateur·rice·s, parlementair·e·s, collaborateur·rice·s, assistant·e·s, promeneur·se·s et joggeur·se·s méditent ensemble sur la neutralité de l’État, assis·e·s sur des chaise·s métalliqu·e·s non genré·e·s. La République respire, rassuré·e par cette décision ferme : le sens n’est pas altéré, seulement l’accès cognitif. Sur les Champs-Élysées, les manifestant·e·s engagé·e·s, les consommateur·rice·s responsable·s, les touriste·s international·e·s et les automobilist·e·s contrarié·e·s circulent dans une harmonie grammaticale fragile mais juridiquement validée. Les plaques commémoratives, patient·e·s, expliquent à chacun·e ce qu’il ou elle ou iel doit comprendre du passé, à condition de réussir à finir la phrase. À Montmartre, le Sacré-Cœur domine la ville et rappelle que la transcendance reste possible, à condition d’être accompagnée d’une note explicative inclusive. À l’Opéra Garnier, les chanteur·se·s, musicien·ne·s, technicien·ne·s et gestionnair·e·s culturel·le·s produisent des œuvres chantées en italien, applaudies en français et commentées en écriture inclusive réglementaire. On nous dira, bien sûr, que rien n’est imposé. Que tout est facultatif. Que personne n’est contraint·e. C’est simplement autorisé, validé, encouragé, gravé, protégé et sanctuarisé par la jurisprudence. Une liberté souple, discrète, institutionnalisée. Ainsi Paris poursuit son œuvre civilisatrice : la pierre demeure, l’Histoire reste inchangée, mais le récit, lui, doit faire preuve de vigilance, d’exemplarité et d’une endurance visuelle certaine. La capitale n’est plus seulement une ville-musée : elle est devenue un manuel de grammaire morale à ciel ouvert. Paris, ville des Lumières, entre définitivement dans l’ère des caractères spéciaux. Et l’on peut désormais l’affirmer sans crainte : la typographie a triomphé là où la réflexion s’est arrêtée.
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Une nouvelle agression au couteau, dans le métro parisien, a failli faire 3 nouvelles victimes. L’agresseur ? Comme d’habitude un étranger (malien), comme d’habitude sous OQTF, comme d’habitude déjà condamné pour le même type d’agression... Le triste quotidien aujourd’hui, en France. Mais si ce énième drame a pu se produire, c’est « grâce » (si vous me permettez cette locution...) aux « sages » du Conseil Constitutionnel qui ont, le 7 août dernier et à une voix près, censuré l’allongement de la durée de rétention pour les étrangers jugés dangereux alors que le texte avait été adopté par les députés quelques semaines plus tôt. Cette voix, c’est celle du président, Richard Ferrand, qui a ainsi fait pencher la balance. Mesdemoiselles, à votre sortie de l’hôpital, j’espère que vous vous fendrez d’une lettre de remerciement ! Que voulez-vous Mesdemoiselles, chez les socialistes, l’idéologie est plus forte que tout ! Plus forte que la réalité de notre société, qu’ils refusent de voir, plus forte que la sécurité d’une nation et de ses habitants, dont ils n’ont que faire, plus forte que l’abîme qui s’ouvre sous leurs pieds à chaque nouvelle agression ! Les étrangers, c’est leur ADN aux gens de gauche, fussent-ils délinquants, violeurs, agresseurs, ils sont, comme le disait si bien feu leur gourou Mitterrand « chez eux chez nous ». Et bien moi, petite fille d’immigrés italiens, venus comme tant d’autres trouver du travail en France à l’aube du XXème siècle, ayant pour s’intégrer francisé les prénoms de leurs 8 enfants, n’ayant jamais bénéficie de quelques avantages que ce soit, moi je refuse de voir mon pays sombrer dans un aveuglement dévastateur ! Non, Messieurs les sages, vous ne l’êtes plus ! Vous avez du sang sur les mains. Vous n’avez même plus cette once de bon sens, dont le vieux Descartes disait qu’il était « la chose du monde la mieux partagée » et qui pourtant vous ouvrirait les yeux sur ce qui s’appelle le réel ! Au bord du précipice, vous continuez d’avancer, aveuglés par une idéologie surannée que vous refusez de remettre en question. Béni sera le jour où cette instance suprême que devrait être le Conseil Constitutionnel sera dirigée par de vrai sages, qui placeront la sécurité de la France et des français au-delà de tout. Nicole DORO
par Le Bureau de Lignes Droites 31 3 janvier 2026
Chers amis, Nous vous présentons nos meilleurs vœux de santé, de bonheur et de réussite pour la nouvelle année, à vous-mêmes ainsi qu’à vos proches. L’espoir est bien là malgré la criticité de notre situation ! Notre pays, la France, traverse la situation la plus difficile qu’il ait connue depuis les années trente et quarante: les finances de l’Etat sont hors de contrôle, la sécurité a déserté l’espace public, les frontières ne nous protègent plus, on nous oblige à accueillir les détraqués du monde entier et on s’interdit de les empêcher de nuire, le communautarisme triomphe, le citoyen qui essaie de défendre honnêtement son pays est désavoué au profit de l’immigrant illégal qui prétend détruire notre civilisation, l’hôpital n’est plus en mesure de soigner, l’école n’est plus en mesure d’éduquer. La caste au pouvoir a renversé les valeurs qui ont fondé notre démocratie : l’impunité règne, des privilèges ont été instaurés pour les minorités, l’oisiveté prévaut sur le mérite, les droits surclassent les devoirs, la fureur de la déconstruction et de la haine de soi l’emporte sur l’amour de la patrie et sur le respect pour les générations qui ont fait de la France le superbe pays qu’il est aujourd’hui. Les chars sont envoyés face aux agriculteurs –qui pourtant s’agenouillent devant la Marseillaise- alors que les dealers, les délinquants et les casseurs hurlent publiquement leurs insultes contre la France et, pour les quelques-uns d’entre eux qui sont arrêtés, sont condamnés à des peines dérisoires et libérés le lendemain de leur arrestation. Quatorze ans de progressisme enragé -cinq ans de hollandisme et neuf ans de macronisme- ont fait leur œuvre de destruction. François Hollande a eu la décence de ne pas se présenter à un second mandat à la présidence de la République. Emmanuel Macron aura-t’il à son tour le jugement nécessaire pour mettre fin à la spirale de folie qui engloutit la France, soit en démissionnant, soit en dissolvant l’Assemblée Nationale ? Car l’espoir est là ! Le peuple français, longtemps victime des formateurs d'opinion soixante-huitards qui lui ont imposé l'idéologie diversitaire et permissive pendant près de soixante ans, reprend sa liberté de penser. Le moment arrive où notre peuple portera aux responsabilités des dirigeants respectueux de nos traditions, de ceux qui produisent, de ceux qui nous nourrissent, de ceux qui travaillent, de ceux qui respectent la loi, de ceux qui vivent leur foi dans leur espace privé sans en faire une revendication ni une provocation sociétale permanente. La volonté éclate partout chez notre peuple de rétablir l’ordre et l’autorité, de rendre sa noblesse au mérite, de replacer l’intérêt général au coeur des décisions, de mettre fin à la foire aux privilèges, de reprendre le contrôle de nos finances publiques, de ne plus tolérer l’entrisme religieux ni communautariste. C’est en installant la droite au pouvoir que nous répondrons à ces aspirations. Nous Lignes Droites 31 oeuvrons pour que la droite revienne aux responsabilités – et pour qu’elle s’unisse afin d’y accéder, car si elle en été écartée dans le passé, c’est à cause de son incapacité à s’unir. Les élections municipales de mars 2026 seront la première occasion d’élire des dirigeants de droite et de mettre un terme à cette spirale de folie. Dans chaque commune de Haute-Garonne où cela sera possible, Lignes Droites 31 soutiendra la liste d’union des droites : nous soutiendrons les listes qui sont déjà en préparation à Blagnac, à Launaguet, à Muret, à Tournefeuille et à Toulouse. A mesure que d’autres listes d’union des droites se formeront dans d’autres communes, nous leur apporterons notre aide également. Nous sommes impatients de mener ce combat à vos côtés pour le redressement notre pays ! Bien cordialement, Le Bureau de Lignes Droites 31
par Eric Duprix (Radio Présence) 7 décembre 2025
Nicolas Bonleux était l'invité cette semaine d'Eric Duprix dans l'émission "La mêlée de l'info" sur Radio Présence avec Monique Iborra (ex-députée de la Haute-Garonne) et Julien Klotz, conseiller départemental de la Haute-Garonne. L'émission peut être réécouté en replay ici : https://www.radiopresence.com/emissions/information/regionale/la-melee-de-l-info/article/la-melee-de-l-info-du-05-dec-120177
par Maxime Duclos 25 novembre 2025
Une tribune d'un de nos fidèle adhérents, Maxime Duclos : La situation politique actuelle ressemble à un champ de ruines. Emmanuel Macron, président de la République, se retrouve aujourd’hui au bord du gouffre. Selon les derniers sondages, près de deux Français sur trois souhaitent sa démission. Un président rejeté par une majorité du pays, isolé politiquement, et désormais prisonnier de ses propres manœuvres. Tout remonte à la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024. En activant l’article 12 de la Constitution, Emmanuel Macron pensait reprendre la main, créer une nouvelle dynamique et affaiblir ses opposants. En réalité, il a plongé la France dans une crise démocratique sans précédent. L’Assemblée est devenue ingouvernable, les forces politiques s’entre-déchirent, aucun compromis n’est possible. La majorité relative est devenue synonyme d’impuissance. E. Macron croyait sans doute que l’instabilité pousserait les Français à se lasser des partis d’opposition, à réclamer un retour à l’ordre et à son autorité. Mais le calcul s’est retourné contre lui. Les Français ne croient plus à ses équilibres précaires, ils en ont assez des manœuvres et des discours creux. Le pouvoir s’est vidé de sens, et l’Élysée s’est transformé en forteresse assiégée. L’épisode S. Lecornu en est la parfaite illustration. Lundi 6 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a remis sa démission, conscient qu’il allait droit vers une motion de censure. Dans un réflexe de survie, Emmanuel Macron lui a demandé de rester encore quarante-huit heures, le temps de tenter l’impossible : trouver un accord entre des forces irréconciliables. Une manœuvre de plus pour gagner du temps. Pendant ce temps-là, le pays s’enlise, et le président se tait. Là où il aurait dû parler, rassurer, agir, il reste muet. Autour de lui, le cercle se fissure. Ses plus proches alliés prennent leurs distances. Édouard Philippe l’invite à envisager la démission, Gabriel Attal trace sa route en solo, conscient que le macronisme vit ses dernières heures. Même son propre camp prépare déjà l’après. Ce silence présidentiel est celui d’un homme seul, coupé du réel, persuadé encore d’incarner la solution alors qu’il est devenu le problème. Politiquement, toutes les options sont dans l’impasse. Un Premier ministre de gauche serait immédiatement censuré. Un maintien de S. Lecornu ne ferait que prolonger l’agonie. Les oppositions, qu’elles soient du Rassemblement national ou du Nouveau Front populaire, ont déjà prévenu : aucune confiance, aucune alliance. La dissolution du Parlement, en revanche, apparaît de plus en plus inévitable. Dans ce chaos institutionnel, une certitude émerge. Sans union des droites, rien ne changera. Si les Républicains, si Reconquête, si Identité Liberté, Debout la France etc... persistent dans leur isolement, la responsabilité nous incombera entièrement. Pas à Macron, pas à la gauche, à nous. Marion Maréchal a déjà fait part de sa volonté d’une union des droites, mais tiendra-t-elle parole ? Est-ce un coup de com’ pour remonter dans les sondages et satisfaire la grande majorité de la demande des Français ? L’avenir nous le dira. Les sondages sont clairs : 52% des Français appellent de leurs vœux une coalition conservatrice et patriotique. Chez les électeurs de droite, c’est encore plus massif : 88% des sympathisants RN, 82% des LR, 100% des zemmouristes veulent cette alliance. 100% ! Imaginez : même si E. Zemmour refuse, toute sa base ira voir ailleurs. Mais si par fierté, par calcul personnel ou par peur de perdre un ego, ces partis refusent de suivre l’exemple d’Éric Ciotti qui, lui, a quitté Les Républicains pour bâtir une alliance réelle avec le RN, alors oui : nous serons responsables. Responsables de laisser la Macronie s’accrocher, responsables de laisser la gauche revenir, responsables d’une Assemblée ingouvernable et d’un pays qui s’enlise. À ce jour, le Premier ministre Sébastien Lecornu réussi de peu à se maintenir à son poste, la récente motion de censure ayant échoué pour 18 voix. Le Président le sait, le Parlement également et les Français, bien entendu, s'attendent à la chute du Premier ministre dans les mois à venir ; ce n'est plus qu'une question de temps. L'alliance honteuse, faite de fausses promesses tenues lors du discours de politique générale de Sébastien Lecornu, entre les Socialistes et Les Républicains restera gravée dans l'histoire. Ils devront en assumer les conséquences. Mais cette alliance reste éphémère et fragile : 18 voix manquantes peuvent vite apporter leur soutien à la censure et la faire adopter. S'en suivra, je le pense sincèrement, au minimum une dissolution de l'Assemblée nationale et, si cela arrive, la Droite aura la lourde charge d'être responsable du destin de la France. La Droite ne pourra pas trouver d'excuses : ce ne sera ni la Gauche, ni le Centre qui sera responsable du nombre de sièges que la Droite obtiendra, car tout le monde est conscient que si l'union des droites est fonctionnelle, alors aucune alliance centro-gauchiste ne pourra arrêter ce raz-de-marée populaire et patriote. Dans le chaos actuel et face à l'attente claire des Français, les responsables politique de droite doivent dépasser leurs divergences personnelles et s'unir sans délai, non par intérêt partisan, mais par devoir envers le destin de la France.
par Nicolas Conquer (Valeurs Actuelles) 23 novembre 2025
A l’heure de l’IA, l’immigration choisie devient un grand déclassement "Cette question deviendra l’une des dimensions majeures des prochaines échéances électorales en France. Ceux qui continueront de célébrer « l’immigration choisie » sans condition seront jugés pour ce qu’ils sont : les fossoyeurs silencieux de la mobilité sociale de nos enfants." https://www.valeursactuelles.com/economie/a-lheure-de-lia-limmigration-choisie-devient-un-grand-declassement
par Louise Morice dans Frontières 23 novembre 2025
Je suis de la génération Bataclan. La génération qui n’a pas connu la guerre, mais qui voit le sang couler sur son propre sol. Chaque année, chaque mois, chaque semaine. Nous avons grandi dans l’ombre des sirènes et des bougies, dans la peur sourde des métros bondés, des gares trop silencieuses, des sacs abandonnés. Je fais partie d’une génération qui vit la barbarie à chaque coin de rue ; d’une génération de femmes qui hésite à mettre une jupe, de garçons qui baissent les yeux pour éviter une provocation. Nous sommes ceux qui ont appris trop tôt ce que veut dire mourir pour rien. Je suis de la génération qui n’oubliera jamais, et qui ne pardonnera pas. Remplie de colère, parce qu’on ne nous protège pas. Remplie de colère, parce qu’ils ont les clés mais préfèrent le déni, la lâcheté, plutôt que le courage d’affronter le réel. Ils disent craindre la guerre civile, mais la guerre est déjà là, diffuse, rampante, dans les cœurs et dans les rues. J’avais seize ans, j’étais au lycée. Je me souviens du message sur la conversation de classe : « Y’a encore un attentat à Paris. » Encore. Ce mot résonne encore plus fort que les balles. Ce n’était pas le premier. Et nous savons, hélas, que ce ne sera pas le dernier. Louise Morice, média Frontières
par Jeanne Durieux (Le Figaro) 10 novembre 2025
"Contrairement au conflit à Gaza, ou à la guerre en Ukraine, la guerre au Soudan passe largement sous les radars politiques et médiatiques." "il n’y a pas d’armes actionnées par des Juifs, donc pas d’antisémitisme à galvaniser sous le masque de la bonne cause" Deux poids et deux mesures avec Gaza ? Une chronique de Jeanne Durieux sur un conflit qui passe largement sous les radars politiques et médiatiques à lire dans le Figaro : https://www.lefigaro.fr/international/pourquoi-parle-t-on-moins-du-conflit-au-soudan-que-de-gaza-ou-de-l-ukraine-20251108 DÉCRYPTAGE - Contrairement au conflit à Gaza, ou à la guerre en Ukraine, la guerre au Soudan passe largement sous les radars politiques et médiatiques. Des civils abattus d’une rafale de kalachnikov le long des talus, des hommes rassemblés en groupe pour être brûlés vifs, des enfants épuisés et muets qui déambulent sans parents le long des camps de réfugiés, des femmes atones au regard hanté qui taisent les viols collectifs dont elles ont été victimes. Voilà quelques-unes de la kyrielle d’images insoutenables qui ont envahi les réseaux sociaux ces derniers jours, presque deux semaines après la prise de la ville soudanaise d’El-Fasher par les FSR, les Forces de soutien rapide. Un premier bilan fait état d’environ 3000 civils abattus, mais le bilan pourrait être en réalité considérablement plus élevé. À découvrir Ces massacres de civils, dont l’horreur augmente à chaque témoignage rapporté par les ONG, jettent une lumière crue sur le conflit sanglant qui sévit au Soudan depuis plus de deux ans. Il oppose, sur un échiquier soudanais très complexe mêlé d’enjeux ethniques et religieux, les généraux Al-Burhan, chef de l’armée régulière, à Mohamed Daglo dit Hemedti, à la tête des FSR. Et s’inscrit dans le temps long d’une guerre multifactorielle qui ensanglante la région du Darfour depuis des décennies. Et pourtant, les massacres qui sévissent dans ce pays d’Afrique de l’Est bordé par la mer Rouge peinent à bénéficier d’une couverture médiatique ou de dénonciations proportionnelles à la hauteur des 150.000 morts et des 12 millions de déplacés depuis 2023. Contrairement au conflit à Gaza qui engendre depuis deux ans nombre de mobilisations, réactions, et polarise profondément la société française, la guerre au Soudan ne génère qu’une discrète indignation, voire un silence indifférent, malgré plusieurs récits publiés par les médias (dont Le Figaro ). Comment, malgré tout, expliquer cet angle mort ? Le Soudan échappe aux schémas impérialistes et colonialistes Le Soudan est un pays «inclassable», présente d’emblée le chercheur Marc Lavergne. À cheval sur l’Afrique noire et le monde arabe, multiethnique et multireligieux, lié à la Méditerranée, mais aussi à l’Afrique centrale et au Sahel, il échappe à toute catégorisation géographique mais également historique. Le Soudan a été conquis par les Britanniques et les Égyptiens à la fin du XIXe siècle, qui y ont établi un condominium [un territoire sur lequel plusieurs puissances exercent conjointement une souveraineté, NDLR], avant que le pays ne proclame son indépendance en 1956. Mais en réalité, «les Anglais n’ont pas vraiment colonisé le pays puisqu’ils n’y voyaient qu’une mainmise formelle. Ils sont d’ailleurs regrettés par les Soudanais», pointe encore Marc Lavergne. Par cette histoire, le Soudan échappe aux schémas classiques «impérialistes et colonialistes» qui ont profondément forgé les dynamiques actuelles de la plupart des pays africains. Et c’est d’abord là que le bât blesse. Concrètement, le Soudan n’est pas considéré comme un pays où doit s’exercer une lutte anti-impérialiste ou décoloniale, matrice des discours actuels qui défendent par exemple ardemment la Palestine en «lutte» contre «l’État colonisateur» que serait Israël. En réalité, «le conflit qui déchire le Soudan n’est pas une guerre idéologique mais un conflit pour l’argent», avance Marc Lavergne. Les factions en guerre cherchent en partie à contrôler le pays pour des motivations économiques : ils se disputent notamment la mainmise sur le contrôle des ressources économiques soudanaises agricoles et minières (comme l’or et pétrole). Et dans ce conflit, «le sort, comme l’opinion des civils, est complètement évacué» pointe le spécialiste. Le conflit à Gaza accapare la question du génocide Or, c’est précisément le conflit idéologique qui fait de Gaza une tragédie abondamment exposée. Se joue là le paradoxe de la solidarité sélective : les défendeurs de la cause palestinienne requièrent une prise en charge mondiale de cette tragédie mais s’opposent de l’autre «à l’universalité funéraire» pour d’autres conflits, pointait l’écrivain Kamel Daoud dans les colonnes du Point dès novembre 2024. Selon le prix Goncourt, il n’est pas populaire de plaindre tous les morts, quelles que soient leurs origines. Il poursuivait : «Si vous abordez ce sujet tragique [de la guerre au Soudan, NDLR], vous êtes accusé de cacher un conflit armé ’exclusif’ [celui de Gaza, NDLR], de changer de sujet, de procrastiner et de manipuler.» Par ailleurs, de façon évidente, les mobilisations autour du conflit armé à Gaza servent de relais à l’antisémitisme. Très concrètement au Soudan, «il n’y a pas d’armes actionnées par des Juifs, donc pas d’antisémitisme à galvaniser sous le masque de la bonne cause. (...)», appuie Kamel Daoud. Ce que corrobore l’avocat et essayiste Gilles William Golnadel dans une tribune publiée au Figaro : «[Il y a] une focalisation sur la chose juive par une sorte de fascination», expose-t-il pour justifier l’exposition qui entoure Gaza. Or, au Soudan, «les musulmans y tuent d’autres musulmans, ce qui équivaut à zéro. La mort ne devient importante que si elle suscite des émotions collectives à travers un casting précis», pointe encore Kamel Daoud. Davantage de personnes peuvent avoir été assassinées en une semaine à el-Fasher, sans aucune exagération, qu’en deux ans à Gaza. Nathaniel Raymond, directeur exécutif du laboratoire humanitaire de recherches à Yale Pourtant, les ethnies du Darfour (Fours, Masalit et Zaghawa) ont été victimes d’un génocide au début des années 2000, notamment de la part des Janjawid, ces milices arabes dont découlent aujourd’hui les FSR. Et ces violences contre les ethnies non arabes ont redoublé avec la reprise du conflit en 2023. Mais aujourd’hui, la question du «génocide» dans le débat public est presque exclusivement captée par les événements à Gaza. «Les informations qui remontent du terrain [au Soudan] témoignent d’un nettoyage ethnique voire d’un génocide en cours. On s’est posé des questions très longtemps sur Gaza, on a eu toutes sortes de débats, “est-ce un génocide ou pas ?” alors qu’au Darfour, on avait des éléments [pour le caractériser] et on n’en parlait pas du tout», a pointé le 6 novembre 2025 sur le plateau de C ce soir Meriem Amellal, journaliste spécialiste de l’Afrique à France 24. Plus prosaïque, Nathaniel Raymond, directeur exécutif du laboratoire humanitaire de recherches à Yale, établissait un parallèle cette semaine : «davantage de personnes peuvent avoir été assassinées en une semaine à el-Fasher, sans aucune exagération, qu’en deux ans à Gaza». Et pour cause : après la prise de cette ville, il n’y a pas eu de mouvement massif de population, comme c’est normalement le cas dans une zone nouvellement conquise. Cette constatation «augmente la probabilité que la majorité des civils soient morts, capturés ou cachés» dans l’enceinte de la ville, indique un rapport établi par l’université de Yale et cité par le Middle East Eye . Les Nations unies estiment à environ 60.000 le nombre de personnes ayant réussi à fuir el-Fasher − près de 200.000 personnes sont en conséquence toujours entre les mains des sanguinaires milices. À titre de comparaison, 67.000 civils environ auraient trouvé la mort à Gaza depuis le 7 octobre 2023, selon le décompte (invérifiable) du Hamas. En clair, le Soudan est bien loin des projections collectives et des débats qui agitent et polarisent nos sociétés occidentales. Au sein de cette guerre africaine s’entrelacent de nombreux enjeux internes qui entravent notre implication morale dans le conflit. En Occident, «on ne fait pas la différence entre tous les Soudanais, même s’il existe de nombreuses différences ethniques», éclaire Marc Lavergne, - à l’inverse, là encore, du conflit à Gaza, qui oppose deux parties clairement connues et identifiées. Ce que corrobore encore Kamel Daoud dans sa chronique au Point : «Le corps d’un Soudanais est-il moins choquant parce qu’il n’a pas d’histoire qui nous ressemble ?» s’interroge-t-il. Par ailleurs, depuis deux ans, le conflit soudanais oppose deux généraux belligérants unanimement dénoncés. Les Forces de soutien rapide se sont certes rendues complices de nombreux massacres de civils, largement documentés ces derniers jours, mais les exactions du gouvernement dit «légal» du général Al-Burhan les talonnent sur l’échelle de la violence. «Concrètement, les troupes d’Al-Burhan tuent certes moins de gens, mais les milices qui sont alliées à l’armée régulière font les basses besognes. Et de façon générale, l’armée n’a que faire des civils», résume Roland Marchal, chercheur au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po Paris. Par ailleurs, les acceptions des termes «gouvernement légal» et «gouvernement rebelle» ne s’appliquent pas réellement au Soudan. «Lorsque deux généraux anciens complices s’affrontent, qui est dans la légalité et qui ne l’est pas ?» interroge le chercheur Marc Lavergne. Et ce dernier de poursuivre : «Entre une armée putschiste, dirigée par al-Burhan, qui a ruiné le pays et pris le pouvoir par un coup d’État, et les Forces de sécurité rapide dirigées par le général Hemedti, grand responsable de la crise du Darfour en 2005, qu’on présente comme des rebelles alors qu’ils sont avant tout des Bédouins, à qui accorder la légitimité ?» De quel côté se placer ? Un tel parti pris est, à l’inverse, plus évident dans le cas du conflit en Ukraine : il y a d’un côté l’agresseur, la Russie, et l’agressé, l’Ukraine, dont une partie des terres a été envahie par l’armée russe. Peu d’intérêt stratégique La donne géopolitique impose également sa grille de lecture : celle des Européens est d’abord liée aux décisions de Washington et à la menace russe. Là encore, l’attention constante qu’accorde la France au conflit russo-ukrainien se justifie ainsi par la proximité géographique et culturelle avec l’Ukraine. Cette dernière étant aux portes de l’Europe et candidate à l’UE et l’Otan, les Français ont tout intérêt à peser pour la victoire de l’Ukraine et la résolution du conflit. Dans le cas du Soudan, la France, qui avait soutenu la chute du régime d’Omar el-Béchir en 2019 en s’affirmant se placer du côté «de ce nouveau Soudan», y accorde en réalité peu d’intérêt. «Il n’y a plus cette génération de gens qui ont connu la Françafrique et qui conservent des liens et des intérêts forts sur le continent», dépeint Marc Lavergne, pour qui «la France s’est désintéressée du Soudan».