L'art météore

Alain Dubois • 26 décembre 2017

Ceci est le sous-titre de votre nouveau post

La culture est-elle encore perçue comme, notamment, la « fructification des dons naturels permettant à l'homme de s'élever au-dessus de sa condition initiale et d'accéder individuellement ou collectivement à un état supérieur » (Trésor de la Langue Française informatisé) ?

I. Problème. Le 26 décembre 1986, dans un débat qui l’opposa à Guy Béart dans l’émission Apostrophe présentée par Bernard Pivot, Serge Gainsbourg affirma : « un art majeur demande une initiation, pas un art mineur, comme les conneries que nous faisons nous ». Il précisa que l’on entend par art majeur : « l’architecture, la peinture, la musique classique, la littérature et la poésie ». Sans doute doit-on ajouter la sculpture, nous interroger sur la photographie et le cinéma (d’aucuns évoquent en sus les jeux-vidéo) et, enfin, avancer que par « musique classique », Serge Gainsbourg faisait référence à la grande musique (ou musique savante ), dont le classique n’est qu’une période inscrite entre le baroque et le romantique .


Ainsi s’opposait-il à l’idéologie du relativisme culturel ou moral, qui prétend que tout se vaut, que tout est opinion, qu’il n’y a plus de divergences mais que des désaccords, qu’il n’y a plus des maîtres et des élèves, qu’une œuvre de Tchaïkovski n’est pas supérieure à une chanson de Madonna, qu’un texte de IAM vaut Rimbaud. Somme toute proclame-t-il la fin du discernement. En effet, avec le relativisme, « il n’y a plus ni vérité ni mensonge, ni stéréotype ni invention, ni beauté ni laideur, mais une palette infinie de plaisirs, différents et égaux. La démocratie qui impliquait l’accès de tous à la culture se définit désormais par le droit de chacun à la culture de son choix (ou à nommer culture sa pulsion du moment). » (Alain Finkielkraut, La défaite de la pensée , Folio essais).


Bien que difficile, toute tentative de hiérarchisation des arts et des œuvres, s’inscrit dans une démarche qui, contrairement au relativisme, n’autorise pas un certain nombre de discours insatisfaisants du type : « une bande dessinée qui combine une intrigue palpitante avec de belles images vaut un roman de Nabokov ; (…) un slogan publicitaire efficace vaut un poème d’Apollinaire (…) ; un beau match de football vaut un ballet de Pina Bausch ; un grand couturier vaut Manet, Picasso, Michel-Ange ; l’opéra d’aujourd’hui – "celui de la vie, du clip, du jingle, du spot" – vaut largement Verdi ou Wagner » ( idem ). C’est ainsi que « ce n’est plus la grande culture qui est désacralisée (…) ce sont le sport, la mode, le loisir qui forcent les portes de la grande culture. L’absorption vengeresse ou masochiste du cultivé (la vie de l’esprit) dans le culturel (l’existence coutumière) est remplacée par une sorte de confusion joyeuse qui élève la totalité des pratiques culturelles au rang des grandes créations de l’humanité. » ( Idem ). Par où est avenu le « triomphe de l’indistinction » et par là l’obligation de « couvrir de la même étiquette culturelle l’auteur des Essais et un empereur de la télévision » ( idem ).


Les individus s’abandonnant à un rapport de consommateurs avec la science et la culture, « ce ne sont pas les cultures en tant que telles qu’ils apprécient, mais leur version édulcorée, la part d’elles-mêmes qu’ils peuvent tester, savourer et jeter après usage » ( idem ). Ainsi s’étend le règne de la quantité sur la qualité. Il en va de même de certains étudiants, qui consomment les cours en empruntant le regard de poissons sur un train de marchandises, a fortiori lorsqu’ils sont invités à être démonstratifs et ainsi à sortir du « je résonne » (le par cœur) pour embrasser le « je raisonne » (la réflexion).


Or, le relativisme, en prétendant que tout est relatif et en éliminant la distinction entre le vrai et le faux , s’oblige malgré lui à être précisément un principe relatif : il est donc auto-réfutatif. Soit s’autodétruit-il, soit confère-t-il une égale valeur à son opposé : l’absolutisme ou la hiérarchisation. Il n’est pas question de défendre ici la culture dans la douleur ; nous avons incommensurablement joui avec d’abondantes œuvres issues de l’art mineur. Mais nous nous sommes toujours efforcés de prendre acte de la virtuelle supériorité d’œuvres sur d’autres. Il y a de même du mineur dans l’art majeur et du mineur dans l’art mineur, etc. Le rap nous en offre d’édifiantes illustrations.



II. Illustration . Bien qu’il soit excessif de qualifier le rap de « sous-culture d'analphabètes » (Éric Zemmour, L’hebdo , France Ô), nous constatons que les textes sont souvent d'une « misère poétique affligeante » (Alain Finkielkraut, Esprits libres, France 2) et la musique d'une pauvreté inouïe. Ainsi nous a-t-il été suggéré d'écouter l'album « Le chant des sirènes » de Orelsan. Dont acte.


Les thèmes . Ils ne s’organisent certes pas autour du triptyque classique qui éloigne le rap d’un certain universalisme : banlieues – ethnique – délinquance ou religion. En effet, « le rap français est une musique d’installation (…) le métissage revendiqué parfois n’a rien à voir avec l’interpénétration universaliste en acte dans la musique rock. » (Paul Yonnet, « Rap, musique, langage, violence, sexe », Le débat , 2000/5 n° 112). Mais les thèmes abordés par Orelsan sont souvent naïfs, décousus, immatures et vulgaires, au sens « d’ordinaire, de courant, de conventionnel ; qui perd tout intérêt du fait de sa fréquence, de sa répétition » (TLFi). Ils se limitent généralement en effet à l'alcool, aux soirées, aux filles et... à Orelsan lui-même ! Très centré sur ses petites histoires peu intéressantes, il n’a presque que son individualité à montrer. Avec Alain Finkielkraut, nous aimerions « une musique qui s’ouvre davantage à toute la gamme des émotions humaines » (Alain Finkielkraut, Avant premières , France 2). Son œuvre – le ton de sa voix est à ce titre édifiant – témoigne d’une obsession à se plaindre. Par où « le phrasé du rap est une sorte de monotonie de la vitupération » ( idem ). On a pu dire « qu’il cite quand même l’ Odyssée et Le Chant des sirènes » ( Avant premières , France 2) ; c’est dire à quel point on attend peu culturellement de ces textes. Orelsan se réfère mais sans prétention littéraire ou du moins sans présenter un niveau de lecture sophistiqué. Au mieux cela donne-t-il un aspect intellectualisant à son œuvre, tout comme « Quelque chose de Tennessee », pour Johnny Halliday.


Sur le fil du rasoir pouvons-nous tempérer ces propos, non sans réserve, en citant Paul Yonnet pour qui « la violence du rap, pour évoquer la ville, le monde, le sexe ou les rapports sociaux, est la dernière chose à lui reprocher. Celle-ci est contrainte par des conditions exogènes et, s’il y a un regret à formuler, il serait à constater la relative impuissance des rappeurs à sublimer les contraintes dont ils sont nés et la rareté des talents à réussir à s’en libérer. » (Paul Yonnet, idem ). Pour autant, « les gens sont enfermés, emprisonnés dans un jargon sinistre qui, précisément, ne leur fait rien voir de la réalité du monde. Qu’est-ce vous voyez du monde dans des textes comme ça ? Rien. Au lieu de les sortir de leur prison, on s’extasie et on leur dit : "bravo". Il y a là une idolâtrie, un fétichisme absolument dérisoire et cela me fait à la fois rire et pleurer » (Alain Finkielkraut, Esprits libres, France 2). En tout état de cause, le rap demeure majoritairement « [l']expression de micro-sociétés masculines ou entièrement dominées par les hommes". À ce titre, par exemple – et c’est courant – il "trahit volontiers une sensibilité antihomosexuelle, tout autant qu’il se caractérise, on le sait, par un langage dominateur ou outrancier vis-à-vis des femmes » (Paul Yonnet, idem ).


Les paroles [1] . L'esthétique est incroyablement laide, les rimes sont d’une pauvreté édifiante. D’aucuns disent qu’il s’agit de poésie. Est-ce parce que l’on n’a pas la même définition de la poésie ? Est-ce la question essentielle ? Nous ne limitons pas notre critique à des questions de versification ou de règles prosodiques particulières. Nous évoquons plus le degré que la nature : c’est poétiquement pauvre, notamment au regard de l’esthétique des vers, des rimes, de la mise en valeur du rythme, de l'harmonie et des images.


En outre, « "Baise-moi", "nique ta mère", "enculé" (…) On ne mesure pas à quel point cette apparition des expressions rares ou extrêmes dans l’ordinaire et la diffusion de masse a pu transformer la sensibilité, ce qu’elle signifie en termes de perte de la sensibilité aux mots. C’est l’un des multiples aspects de la vaste reconfiguration du ciel de l’acceptable et de l’interdit dans lequel évoluent à présent les individus, la voûte remaniée sous laquelle ils respirent. » (Paul Yonnet, idem ).


Doit-on pour autant juger le rap qu’à l’aune de ses textes ? Ils sont écrits (ce sur quoi porte notre critique) mais ils sont aussi déclamés et s'insèrent dans une rythmique (ce sur quoi notre critique porte peu). Orelsan ne dit rien d’important sur l’adolescence et autres des thèmes qu’il aborde. Ne confondons pas le thème et la façon de le traiter. La littérature donne une cathédrale d’exemples de traitement majestueux de thèmes banals qu’elle sublime. Il y a bien plus saisissant et instructif à lire sur les objets abordés par ce rappeur. Qu’importe d’ailleurs qu’Orelsan aborde ici ou là un thème majeur. Lui apporte-t-il pour autant (le prétend-il ?) des réponses intéressantes. Alors on va chercher chez lui, dans les sensations fortes du rap, une critique nihiliste du néant dénonçant notre société d’individus en perte de sens. Or, il y a d’autres voies. Que nous montre Orelsan de ces autres voies ? Il réussit l’exploit d’enfoncer superficiellement des portes ouvertes. Parfois s’esquisse un fond de vérité… dans un océan de stéréotypes ; d’une sensibilité et d’une subtilité peu développées. Le grand artiste est-il celui qui sait sortir du temps et de l’espace ? Ici, assiste-t-on tout au plus à l’expression de sus et de vécus assez communs, dont on n’a pas grand-chose à extraire. Nous ne voyons pas vraiment ce qu’il nous montre du monde, ce qu’il y a à retenir de tout cela.


La musique. En général d’une pauvreté abyssale. Notamment, parce qu'elle est asservie par le texte, elle ne laisse aucune place à une quelconque virtuosité. Décontextualisée, une lecture de la plupart des partitions de cet albums ne pourra que renforcer ce sentiment. Qui partirait à la recherche de ces partitions pour les interpréter avec son instrument ? C’est extrêmement simpliste…


Certes, le rap ne semble pas prétendre ou essayer de produire une musique savante ou élaborée. Au fond, nous y venons précisément parce c’est ce qu’il nous reste à voir après avoir évincé les textes pour les raisons précédemment évoquées. En offrant une si faible place à la virtuosité et en étant en somme aussi creuse, elle ne porte, elle aussi, à nos yeux que très peu d’intérêt.


Par surcroit, le rap est un genre esthétiquement mineur dans la musique populaire ou mineure. Par exemple, le heavy métal est sans doute à classer dans l’art mineur, bien qu’il lui arrive d’osciller, selon les œuvres, entre le mineur et le majeur (v. par ex. Dream Theater). Contrairement au rap, on y trouve souvent des compositions élaborées, couramment écrites par des musiciens talentueux, qui cherchent à déployer une certaine rigueur et créativité. Malgré tout, le talent des musiciens ne suffit pas. Encore faut-il qu’ils cherchent à composer de belles choses. Or, il ne semble pas que le rap les oblige à rechercher une musique élaborée. Quelques éléments, certes insuffisant en soit pour juger de la qualité musicale d’une œuvre, s’inscrivent dans un faisceau d’indice pouvant montrer que le heavy metal est supérieur au rap (en général et si l’on sélectionnait les meilleurs œuvres des deux genres respectifs) : le heavy métal déploie des auteurs-compositeurs-interprètes, de très bons musiciens et notamment de bons chanteurs (v. par ex. Bruce Dickinson), des partitions qui attirent des musiciens du monde entier (qui, par exemple, les interprètent sur YouTube). Alors que dans le rap, c’est plutôt le texte qui sera interprété, la musique reste l’accessoire au service du texte et asservie par ce dernier), des solos de guitare (ce qui marque la volonté de produire une musique travaillée). De même, le heavy métal est plus technique, il dégage une vraie rigueur ou vigueur musicale. La technicité peut produire de mauvais résultats, mais s’inscrit tout de même aussi dans le faisceau d’indices. Revenons au relativisme.


III. Réponse. Lors d’un débat sur la musique d’Orelsan, nous offrions à nos interlocuteurs Vivaldi comme exemple d'une musique riche. L'outrance ressentie par notre réponse fut édifiante : tout ne se vaut pas, une possible hiérarchisation des œuvres n'est pas sans fondement rationnel. Certes Orelsan n’a sans doute pas l’ambition de créer un objet aussi grand (le put-il). Il n’en demeure pas moins évident que les partitions (notamment) de Vivaldi sont supérieures à celles dudit rappeur.


Au fond, il est moins question du goût (j’aime ou je n’aime pas) que de la richesse artistique de l’œuvre (notamment sa beauté ). N’avons-nous jamais vu un film qui nous a déplu mais dont nous reconnaissons la réussite artistique objective ? Un film dont nous pensons qu’il va faire date ? Orelsan ne fera pas date (et) pour de bonnes raisons : il n’y a rien de grandiose chez lui. Le goût et le beau sont deux cercles qui s'entrecroisent. Nous aimons des œuvres que nous considérons comme mineures et inversement. L’objet de ce propos n’est pas, avant tout, d’oser reprocher à quiconque d’ aimer ou non telle ou telle d’œuvre mais de dénoncer l’infâme supercherie conduisant à tout égaliser, à considérer que tout se vaut. L’ art , « expression dans les œuvres humaines d’un idéal de beauté » (TLFi), transmute en météore , « celui qui éblouit de façon vive mais passagère » ( idem ).


Reste que la question est double : peut-on hiérarchiser les œuvres, par exemple selon un modèle majeur/mineur, et quelle frontière pour cette distinction ? Pourquoi des œuvres d’art traversent-elles le temps et l’espace ? Peut-être en partie parce qu’il y a un processus de rationalisation diffuse à l’œuvre, une sélection darwinienne des œuvres (Raymond Boudon, Le relativisme , Puf). Si certains jugements esthétiques relèvent du goût , d’autres s’accompagnent du sentiment qu’ils sont fondés sur des raisons ayant vocation à être partagées ( transsubjectives ). Si la liste des classiques littéraire et artistique apparaît stable dans le temps, c’est qu’elle résulte de raisons partagées ( idem ). Au fond est-on étonné que l’œuvre de Tchaïkovski, de Baudelaire ou de Hemingway ait survécu ? La capacité d’un artiste de produire une œuvre à dimension universalisante pouvant traverser le temps et l’espace demeure sans doute un indice qualitatif permettant de penser ce qu’est une grande œuvre, un grand artiste.


La distinction mineur/majeur est certes cohérente au sein d’un paradigme, d’une théorie ou d’axiomes et de conceptions esthétiques. Bien entendu, l’on peut rejeter cela et poser comme axiome, par exemple, la vulgarité au sommet des critères d’esthétique : alors, Orelsan sera considéré comme majeur et la musique classique comme mineure. Or, sous réserve de l’étendue de toute notre incompétence en la matière, les fondements de la hiérarchisation des œuvres, de la classification majeur/mineur et du classement de la musique classique au sommet nous semblent être bien plus probants… Disons qu’ils conduisent à placer au sommet et à retenir des œuvres qui ont bien plus à nous montrer du monde.


Peut-être une certaine éducation musicale, a développé chez nous une sensibilité propre à « suranalyser » des œuvres et parfois à souffrir excessivement d’une laideur latente et en expansion. Sur un objet, certes assez différent, Marc Lambron a développé l’idée d’une souffrance de l’intelligence : « un rapport assez aigu à l’intelligible. Quand on a ces grilles de lecture et qu’on entre dans la bouffonnerie et une certaine vulgarité (…) du monde contemporain, une certaine arrogance d’une forme d’inculture sidérante (…), le crédit qui est fait d’effrayantes, de stupéfiantes fariboles, fait que les intelligences un peu raffinées ou décrypteuses peuvent se sentir personnellement atteintes voire bafouées (…). Plus les capteurs sont affinés, plus une certaine douleur peut être ressentie et intensifiée » (Émission Répliques , France culture, 3 juin 2017).


Alain Dubois



[1] Voici quelques extraits, parmi les plus laids, de l’album :

« Ça m'énerve pas, je respecte

Je fais comme Rocky dans la réserve : je m'en bats les steaks (…)

En route vers le succès, j’me fais sucer dans l'train

J’trouve la plénitude au sens propre : complètement plein (…)

T'es p'tit, tu t'réveilles en pleine nuit

T'entres dans la chambre de tes parents sans frapper... Mauvaise idée ! (…)

Quand j'veux être au calme, j'squatte chez elle

Elle fait l'ménage et la cuisine, j'fais les courses et la vaisselle (…)

J'suis pas mûr pour fonder une famille, d'accord

Mais c'est pas une raison pour serrer chaque fille qui m'aborde, non ? (…)

J’prends l'volant après quinze vodkas, j’conduis bizarrement

J’parle de Super Mario Kart sur Wii : évidemment ! (…)

Une sorte de Blanc qui s’prend pour un Chintok

J’essaye de sortir plus de classiques que les usines Reebok (…)

J’écris avec le sang d’une vierge des versets diaboliques

J’viens détourner plus de gosses que l'Église Catholique (…)

On m’a dit : "Tais-toi, nettoie"

Hey, pauvre conne : lèche-moi les noix, cochonne : mets-toi des doigts (…)

Bimbadabim bimbadaboum

Ils sont coooooooools »

par Institut Thomas More 27 juin 2026
Dans un rapport inédit, l’Institut Thomas More dresse l’inventaire des décisions politiques qui ont mis la France à genoux pendant ces 50 dernières années. Chute du niveau scolaire, 35 heures, système de retraite, chômage, déficits, dette, insécurité… Autant d'occasions ratées pour maintenir la France sur le chemin de la prospérité !  "Notre ambition, dans ce rapport, est d’identifier les cinquante décisions qui ont mis la France à genoux en cinquante ans, de les replacer dans leur contexte, d’expliquer les motivations de fond ou les choix opportunistes qui ont abouti à ce qu’elles soient prises, de décrire et chiffrer leur impact et leurs effets cumulatifs, les comparer aussi aux options prises par des pays semblables. Ce travail inédit n’a jamais été réalisé de cette manière : il constitue une somme considérable. Les données citées, les sources et les conséquences mesurées sont issues de statistiques et de rapports publics et parfois privés, incontestables. Il se veut et nous l’avons pensé ainsi, d’intérêt général. Car dans la perspective de 2027, il constitue un préalable à l’élaboration de tout programme crédible. Au regard de la gravité de sa situation, il est impossible de penser redresser le pays sans analyser objectivement les causes" https://institut-thomas-more.org/2026/06/25/rapport36/
par Jean-Marie Montali 10 juin 2026
"Emmanuel Razavi vit sous protection policière. Nora Bussigny est régulièrement la cible de menaces et de campagnes de haine. D’autres parmi nous vivent la même chose. Leur point commun ? Avoir enquêté sur l’islamisme, ses réseaux, l’antisémitisme contemporain ou encore les dérives de la dictature iranienne. Face aux intimidations, aux menaces de mort et aux tentatives de censure, le plus inquiétant n’est peut-être pas la violence des fanatiques. Le plus inquiétant est le silence. Celui d’une partie du monde médiatique, intellectuel et politique, qui semble avoir renoncé à défendre des principes qu’il prétend pourtant universels ." Jean-Marie Montali (né en 1962) est un journaliste français spécialisé en presse écrite , auteur de plusieurs ouvrages et réalisateur de documentaires pour la télévision . Grand reporter , il a occupé divers postes de direction, notamment rédacteur en chef , directeur adjoint et directeur exécutif de la rédaction au Figaro Magazine , directeur adjoint de la rédaction de France-Soir , et directeur adjoint des rédactions du Parisien – Aujourd'hui en France . Dans La Nouvelle Revue Politique, il s'insurge contre une étrange hiérarchie de l’indignation ... https://nouvellerevuepolitique.fr/journalistes-le-silence-qui-deshonore/
par Nicolas Baverez dans FigaroVox 9 juin 2026
"Choose France" est souvent présenté comme un énorme succès de l'économie française. Nicolas Baverez remet les choses en perspective ... "La véritable mesure de l’attractivité de la France reste fournie par la balance des paiements : or elle fait apparaître au 30 juin 2025, sur douze mois, des entrées nettes d’investissements directs de 29,5 milliards, mais des sorties nettes des investissements de portefeuille à hauteur de 136,6 milliards. La France est en réalité confrontée à une fuite massive de capitaux, mais surtout de talents" https://www.lefigaro.fr/vox/economie/nicolas-baverez-de-choose-france-a-loose-france-20260606 CHRONIQUE - La stratégie de restauration de l’attractivité de la France, mise en scène par Choose France sous les ors de Versailles, se trouve en réalité minée par le bilan calamiteux des présidences d’Emmanuel Macron. Passer la publicité La 9 e édition du sommet Choose France , qui s’est déroulée le 1 er juin au château de Versailles, s’est achevée sur un record de promesses d’investissement dans l’Hexagone : 93 milliards d’euros contre 87 milliards cumulés de 2018 à 2025. Et ce en raison de la décision du conglomérat japonais SoftBank, présidé par Masayoshi Son, de mobiliser 75 milliards pour la construction de data centers dans notre pays. Ces annonces, effectuées alors que la guerre d’Iran et le blocage du détroit d’Ormuz font basculer l’économie mondiale dans la stagflation, sont d’autant plus positives qu’elles favoriseront le rattrapage du retard que la France a accumulé dans la révolution de l’IA, avec une capacité de calcul limitée à 1,5 GW fin 2025, loin derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni. Elles soulignent l’intérêt des investisseurs internationaux pour notre pays, en raison des atouts que constituent son énergie nucléaire décarbonée, ses infrastructures et sa situation géographique au cœur du grand marché européen. Elles confirment le succès de la promotion de l’attractivité de la France vis-à-vis des entreprises étrangères, qui demeure l’unique réussite de la politique économique conduite par Emmanuel Macron depuis 2017. Passer la publicité Mais, pour cette raison même, les résultats de Choose France et l’amélioration de l’image de la France demeurent à la fois partiels et fragiles. Tous les projets annoncés ne sont pas réalisés, comme l’a montré l’abandon de plusieurs gigafactories, spécialisées notamment dans la construction de batteries et les semi-conducteurs. Les emplois effectivement créés sont très inférieurs à ceux affichés. Par ailleurs, les opérations annoncées en 2026 concernent en quasi-totalité des data centers, très consommateurs d’électricité, d’eau et d’espace. Avec pour corollaire un risque de dépendance aux géants de la Big Tech américaine qui poursuivent la vassalisation numérique de l’Europe et de monopolisation de l’électricité décarbonée par l’IA au détriment des autres entreprises et des ménages. Les filiales de groupes étrangers n’entrent par ailleurs que pour 15 % de la valeur ajoutée dans notre pays contre 18 % en Allemagne et en Italie et 22 % en Espagne, ce qui témoigne d’un déficit persistant d’attractivité dont la première cause se trouve dans le niveau excessif du coût du travail, de la fiscalité et de la réglementation. La véritable mesure de l’attractivité de la France reste fournie par la balance des paiements : or elle fait apparaître au 30 juin 2025, sur douze mois, des entrées nettes d’investissements directs de 29,5 milliards, mais des sorties nettes des investissements de portefeuille à hauteur de 136,6 milliards. La France est en réalité confrontée à une fuite massive de capitaux, mais surtout de talents (elle a été ravalée au 19 e rang pour l’accueil des entrepreneurs et des cerveaux) et d’entreprises, avec pour symboles le déménagement de Criteo et la cotation à succès de TotalEnergies aux États-Unis. La stratégie de restauration de l’attractivité de la France, mise en scène par Choose France sous les ors de Versailles, se trouve en réalité minée par le bilan calamiteux des présidences d’Emmanuel Macron en termes de déstabilisation des institutions de la V e République, de paralysie et de faillite de l’État, d’explosion des violences et de disparition de la paix civile. La production, l’investissement et l’innovation ne peuvent se développer dans un environnement d’incertitude radicale et d’hostilité à l’entreprise. Or la dissolution de 2024 a ouvert un cycle d’instabilité politique qui risque fort d’être amplifié et non pas refermé par l’élection présidentielle de 2027. L’ordre public a disparu et l’ultraviolence gagne l’ensemble du territoire et de la population, comme le montrent la montée en puissance du narcotrafic ou les émeutes qui ont à nouveau accompagné la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions. L’attractivité de la France est ruinée par la schizophrénie d’une politique économique qui prétend encourager les investissements étrangers tout en poursuivant l’euthanasie des entreprises françaises, créant une paradoxale préférence économique pour l’étrangerSimultanément, l’économie française a basculé dans la stagflation sous l’effet d’un triple choc fiscal, financier et énergétique. L’activité est en récession depuis le premier trimestre 2026 ; l’inflation est passée de 0,9 % à 2,4 % et dépassera 3 % cette année ; le chômage a augmenté de 0,7 % sur un an et tendra vers 9 % de la population active ; le déficit se situera autour de 5,5 % du PIB, portant la dette à près de 120 % du PIB. Ce surendettement est devenu insoutenable, dès lors que le seul service de la dette représentera bientôt 3,5 % du PIB, ce qui exigera un équilibre strict pour toutes les autres dépenses de l’État, des collectivités locales et de la protection sociale. La France, l’homme malade de l’Europe L’attractivité de la France est ainsi ruinée par la schizophrénie d’une politique économique qui prétend encourager les investissements étrangers tout en poursuivant l’euthanasie des entreprises françaises, créant une paradoxale préférence économique pour l’étranger. Au moment même où l’État déroule le tapis rouge et se mobilise pour accueillir géants américains et capitaux japonais, le nombre de faillites atteint un record et les destructions d’emplois se multiplient, notamment dans l’industrie, entraînant une floraison de plans sociaux. Tandis que les oligarques de la Silicon Valley, les promoteurs des Lumières sombres et du transhumanisme, les princes de Wall Street et les as de la gestion de fortune banquettent dans la galerie des Batailles, les entreprises françaises, touchées de plein fouet par le troisième choc pétrolier, sont accablées de hausses d’impôts (23 milliards en 2025 et 21 milliards en 2026), de prélèvements sociaux (2 milliards en plus de la hausse du smic de 2,4 %) et de réglementations kafkaïennes (avec pour dernier avatar la transposition de la directive européenne de 2023 sur la transparence des rémunérations). La France est ainsi devenue un pays de non-droit pour les entreprises, où l’imprévisibilité du cadre réglementaire et fiscal compromet tout investissement de long terme. Keynes, interrogé dans les années 1930 sur la meilleure manière de sortir du trou, avait répondu : « Il faut d’abord cesser de le creuser. » Emmanuel Macon a choisi de creuser le trou des finances publiques de plus en plus vite et de plus en plus profondément, jusqu’à faire de la France l’homme malade de l’Europe. En accumulant 1 500 milliards d’euros de dettes publiques supplémentaires en dix ans, il a fait exploser le modèle français reposant, d’un côté, sur une croissance tirée par la seule consommation alimentée par des aides sociales financées à crédit et, de l’autre, sur la chute de la production, de l’emploi, de l’investissement et des exportations. Le naufrage de la France n’a rien de fatal. Son redressement dépend effectivement de son attractivité économique, qui est indissociable de sa compétitivité, de sa souveraineté et de sa sécurité. Et notre pays dispose d’atouts majeurs qui sont reconnus au-delà de nos frontières, qu’il s’agisse des entrepreneurs et des chercheurs, de l’épargne, de l’énergie décarbonée, des infrastructures, des grandes entreprises internationalisées, de sa culture et de sa civilisation. Mais ces points forts sont annihilés par l’improductivité et la faillite de l’État, incapable d’assurer les services de base alors qu’il accapare 57,2 % du PIB, ainsi que par la détestation et la prédation des entreprises par la classe politique. Et ce alors même qu’elles ne sont pas seulement le lieu de la création des richesses marchandes, dont dépendent le financement des services publics et celui de la solidarité, mais celui où se tissent en grande partie le lien social et la citoyenneté. Attirer les entreprises étrangères, c’est bien ; cesser de tuer les entreprises françaises, c’est mieux !
par Bérénice Levet, philosophe et essayiste, membre du Conseil d’orientation de l’Institut Thomas More 31 mai 2026
"Si ôter la vie n’est plus considéré comme substantiellement contraire à la notion d’humanité, avec la légalisation de l’euthanasie, notre société risque de perdre ses repères moraux, pourtant nécessaires pour affronter la montée de la violence, s’inquiète la philosophe." Un très beau texte sur un sujet qui dépasse largement les clivages politiques et dont les enjeux sont fondamentaux pour notre société ! https://institut-thomas-more.org/2026/05/12/legaliser-leuthanasie-cest-briser-a-jamais-lequation-de-lhumanite-et-du-non-possumus/
par Maxime Duclos 30 mai 2026
Un billet d'humeur de notre ami Maxime Duclos Il est temps de mettre sur la table un sujet dont peu osent réellement parler. Tout le monde le pressent. Beaucoup s’y préparent déjà. Pourtant, rares sont ceux qui acceptent d’aborder publiquement cette réalité : l’élection présidentielle de 2027 risque de provoquer en France une fracture politique et sociale d’une ampleur inédite, y compris au sein même des familles. Car derrière l’échéance électorale qui approche, une autre réalité se dessine progressivement : celle d’un affrontement idéologique devenu profondément émotionnel. À titre personnel, je suis convaincu que 2027 verra une dynamique puissante en faveur du camp national et souverainiste. Et avec elle, très probablement, une majorité parlementaire capable de remettre au cœur du débat les intérêts de la Nation, la souveraineté, l’autorité de l’État, la stabilité et la défense des intérêts français. Mais ce billet n’a pas pour objectif d’analyser les sondages ou les rapports de force électoraux. Le sujet ici est plus humain. Depuis plusieurs années, la politique ne divise plus seulement les électeurs : elle fragmente désormais les cercles privés, les groupes d’amis, les couples et parfois même les familles. Beaucoup de Français le vivent déjà sans forcément l’exprimer : certains évitent volontairement les sujets politiques lors des repas de famille ; d’autres préfèrent se taire plutôt que d’assumer certaines convictions ; d’autres encore constatent qu’un simple désaccord politique suffit désormais à déclencher tensions, jugements moraux ou ruptures relationnelles. Et cette situation risque de s’intensifier fortement à mesure que la campagne présidentielle approchera. Car l’élection de 2027 ne sera pas une élection classique. Elle opposera des visions du monde profondément différentes. D’un côté, une vision souverainiste, attachée à la Nation, à l’autorité, à la maîtrise des frontières, à la stabilité et à une approche pragmatique des politiques publiques. De l’autre, une vision davantage mondialisée, progressiste et idéologique, souvent portée par une lecture morale des débats politiques plutôt que par une logique d’efficacité concrète. Car il faut rappeler une chose simple : une loi ne devrait jamais être votée parce qu’elle est “bien-pensante”, médiatiquement valorisée ou moralement à la mode. Une loi devrait être votée parce qu’elle est utile, applicable, efficace et finançable. Or, depuis plusieurs années, le débat public s’est progressivement transformé en affrontement moral permanent. Celui qui pense différemment n’est plus simplement contredit : il est parfois immédiatement caricaturé, disqualifié ou assimilé à une menace politique ou sociale. Et c’est précisément ce climat qui peut devenir dangereux dans les sphères familiales. Car beaucoup de personnes engagées politiquement — ou simplement attachées à certaines valeurs traditionnelles, souverainistes ou patriotiques — vont probablement faire face, dans les prochains mois, à des réactions parfois très virulentes de la part de proches influencés par un climat médiatique extrêmement polarisé. Il faut être lucide : une partie importante du débat public reposera moins sur l’analyse des programmes que sur une stratégie de diabolisation du camp national. Nous assisterons probablement à une campagne où certains médias, certaines figures militantes et certains relais politiques chercheront avant tout à faire peur, à hystériser le débat et à présenter toute alternative souverainiste comme une menace pour la démocratie. Dans ce contexte, il sera essentiel de garder son calme. Car le véritable piège serait de répondre à la radicalité par la radicalité. Il faudra faire preuve de patience, de retenue et parfois même de distance émotionnelle face à certains débats devenus impossibles. Tout le monde ne réagit pas de manière rationnelle à la politique, surtout dans un climat de tension médiatique permanente. Les réseaux sociaux, les bulles algorithmiques et les logiques de confirmation idéologique ont profondément transformé la manière dont beaucoup de citoyens perçoivent la réalité politique. Il faut donc accepter que certaines personnes proches puissent réagir avec émotion, inquiétude ou hostilité à l’idée d’une victoire du camp national. Mais cela ne doit pas conduire à la haine, à la rupture familiale ou à l’animosité permanente. Car la stabilité, le calme et le pragmatisme doivent précisément rester les qualités de ceux qui prétendent vouloir redresser le pays. Ne tombons pas dans le piège de la colère permanente ou de la conflictualisation absolue des relations humaines. La politique passe. Les élections passent. Les familles, elles, doivent continuer d’exister après les campagnes électorales. Et si 2027 doit être une année de rupture politique, elle ne doit pas devenir une année de rupture humaine.
par Élodie Messéant dans Contrepoints 29 mai 2026
"Engagements de 87 milliards d’euros, prix déconnectés du marché, cas de sur-rémunération, fraude non sanctionnée… La Cour des comptes a publié un rapport qui évalue le coût réel du soutien étatique aux énergies renouvelables (EnR) : un scandale bien étouffé." Une tribune passionnante sur le coût exorbitant de développement coute que coute des ENR en France à lire dans Contrepoints : https://contrepoints.org/soutien-aux-energies-renouvelables-ou-comment-le-contribuable-se-fait-plumer/
par Maxime Duclos 27 mai 2026
Au printemps 2026, l'Assemblée nationale se trouve confrontée à l'un des défis majeurs de son histoire contemporaine : l’effondrement de la natalité française. Ce phénomène ne constitue pas l'unique crise nationale, mais il s'impose comme un défi vital que le gouvernement actuel, et plus encore l'exécutif futur, devra relever d'une main ferme et résolue. Le dépôt d'un nouveau texte législatif à la Présidence ravive un débat nécessaire, mais met en lumière l'écart abyssal entre la froideur des solutions bureaucratiques et la réalité sociologique du pays.  La proposition de loi n° 2679 intitulé : “ faciliter l’accès au logement des familles par la création d’un prêt à taux zéro” pose un constat démographique initial indiscutable lorsqu’elle rappelle pertinemment qu'« en 2025, 651 000 décès ont été enregistrés [...] tandis que 645 000 naissances ont été recensées » et qu'elle admet judicieusement que « le logement et son accession demeurent l'un des plus marquants » freins au projet parental , mais l'examen rigoureux du texte révèle un manque de fond flagrant dès lors que l'exposé des motifs affirme de manière simpliste que « le prêt à taux zéro constitue un instrument indispensable pour notre société » et qu'« il a pour vocation de proposer une aide concrète aux familles » , limitant ainsi la relance de la natalité au seul dispositif de l'article 1er destiné à « financer [...] l'acquisition, la construction ou l'agrandissement de la résidence principale » dans la limite d'un « plafond de 100 000 euros par opération ». Cette posture, bien qu'appuyée sur la réalité statistique rappelant qu'« un jeune sur cinq doit renoncer à avoir un bébé à cause de son logement », mérite d'être abordée avec une plus grande nuance psychologique. S'il est crucial de reconnaître la sincérité de ces difficultés matérielles sans poser de jugement sur les couples actuels, il apparaît tout aussi impératif de constater l'influence profonde du modèle de surconsommation et d'ultra libéralisme dans lequel évolue la jeunesse. L'hésitation face à la parentalité ne saurait être réduite à une simple impasse immobilière ; elle traduit également la nécessité d'accompagner et de guider les consciences vers la valeur fondamentale de la cellule familiale. Face aux injonctions d'un individualisme ambiant qui privilégie parfois le confort personnel et les plaisirs immédiats, le rôle de la puissance publique n'est pas de blâmer, mais d'offrir un cheminement rassurant, capable de réorienter les priorités loin des dérives matérialistes pour redonner le goût de l'engagement durable. Enfin, l'analyse se positionne foncièrement contre la dérive légistique et budgétaire de l'Article 2, lequel énonce de manière automatique que « la perte de recettes pour l'État est compensée à due concurrence par la création d'une taxe additionnelle à l'accise sur les tabacs ». Ce recours systématique à la fiscalité punitive, devenu une clause de style interchangeable pour satisfaire formellement aux exigences de l'article 40 de la Constitution, trahit une paresse méthodologique. Le financement du réarmement démographique de la Nation ne peut pas dépendre d'une taxe comportementale instable, mais doit être compensé de manière économiquement viable par une baisse ciblée et rigoureuse des dépenses de fonctionnement superflues de l'État. En définitive, bien que cette proposition de loi soit, dans la forme, en partie recevable, le fond du problème n'y est pas pleinement discuté. L'urgence démographique exige de travailler sur plusieurs paliers essentiels afin de rassurer et d'accompagner les jeunes couples. Des mesures fiscales protectrices, des aménagements ambitieux du temps familial et un accompagnement moral vers un modèle centré sur la famille sont indispensables pour relancer la natalité. Stop aux demi-mesures unilatérales et technocratiques : il est temps d'ouvrir le champ des possibles et de guider la société, car la chute de la natalité en France ne représente pas un simple défi comptable, elle signe une lente extinction culturelle.
par Gabrielle Cluzel (dans Boulevard Voltaire) 11 mai 2026
Quand les fervents défenseurs du "vivre ensemble" se heurte au réel ... Un édito de Gabrielle Cluzel dans Boulevard Voltaire : https://www.bvoltaire.fr/edito-allegorie-a-la-concorde-le-vrai-vivre-ensemble-a-detruit-le-fantasme/
par Le bureau LD31 8 mai 2026
Une conférence de Thibault de Montbrial qui promet d'être passionnante sur le thème "France le choc ou la chute" ! Salle Barcelone mercredi 20 mai à 18h30 Thibault de Montbrial est un avocat français , président du Centre de Réflexion sur la Sécurité Intérieure (CRSI), un think thank ayant pour objectif de « permettre aux différents professionnels concernés ainsi plus généralement qu’à toutes les personnes intéressées, de se rencontrer et d’échanger ». Il souhaite aussi « permettre de contribuer au débat public et politique sur les questions de sécurité intérieure en proposant des analyses et en apportant des propositions opérationnelles concrètes » [
par Maxime Duclos 30 avril 2026
La France a fait le choix de la puissance. L'actualisation de la Loi de Programmation Militaire (LPM) 2024-2030, adoptée en commission le 23 avril 2026, confirme une trajectoire de réarmement : le budget des armées aura doublé entre 2017 et 2027. En injectant 36 milliards d’euros de ressources nouvelles pour la période 2026-2030, portant le budget total à 435,7 milliards d’euros, la Nation assume son rang. L’objectif est clair : porter l’effort de défense à 2,5 % du PIB d’ici 2030. Cette démarche n'est pas qu'une question de chiffres, c'est une stratégie de survie industrielle. La France impose désormais une « économie de guerre » où l’État peut exiger des industriels la constitution de stocks stratégiques couvrant jusqu’à 6 mois d’activité. Nos fleurons de la Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD) sont les piliers de cette souveraineté : l'accélération des livraisons de munitions, avec une hausse vertigineuse de +400 % pour les munitions téléopérées et +190 % pour l'artillerie de 155 mm, prouve que nous passons d'une logique de flux à une logique de masse. Soutenir nos industries, c'est garantir que nos Rafale, nos frégates et nos blindés ne soient jamais à court d'effecteurs dans un conflit de haute intensité. Réinvestir dans notre défense, c'est aussi refuser la dépendance technologique. En finançant des ruptures dans le spatial, l'IA et le combat ollaboratif, la France s'assure de rester maîtresse de son destin face aux pressions hégémoniques mondiales. à suivre... Maxime Duclos