Municipales : La fausse bonne idée de la gratuité des transports en commun

Natacha GRAY • 26 novembre 2019

La gratuité des transports publics est une idée à la mode, portée par le contexte de la prise de conscience écologique.

La gratuité des transports publics est une idée à la mode, portée par le contexte de la prise de conscience écologique. À l’approche des municipales de 2020 le débat prend donc de l’ampleur mais il est loin de faire l’unanimité, même à gauche où l’on semble en avoir fait un des principaux chevaux de bataille. Toulouse n’échappe pas à la règle. Récemment Pierre Cohen au nom de Génération.s, se positionnant sur « l’enjeu de la mobilité », prévoyait de lancer une étude sur l’opportunité de rendre les transports entièrement gratuits [1], position déjà affichée depuis des mois par Jean-Christophe Sellin, pour le Parti de Gauche, prônant une gratuité étendue à tous. Au PS on dit étudier la question mais on s’est déjà prononcé pour la gratuité lors des pics de pollution et pour une tarification adaptée en fonction des ressources (qui existe déjà !). Ainsi, lors de la 18e semaine de la mobilité en septembre dernier, l’opposition municipale est-elle déjà montée au créneau pour critiquer le bilan de l’actuelle majorité en matière de mobilité, preuve que le thème sera un enjeu majeur lors des prochaines élections.

Chez les partisans de la gratuité, on évoque les exemples de plus en plus nombreux de villes qui l’ont mise en place. Mais ces réseaux sont-ils comparables à ceux qui irriguent la métropole toulousaine ? Le chercheur Maxime Huré, maître de conférences à Perpignan, recense 36 réseaux qui auraient abandonné la tarification commerciale, mais ce sont dans leur écrasante majorité des réseaux peu étendus qui ne proposent que quelques liaisons de bus. Seul Dunkerque fait exception (200 000 habitants) depuis septembre 2018 ainsi que Châteauroux, Aubagne, Niort (120 000 habitants). À Grenoble et à Clermont, la possibilité est à l’étude. Par contre, à Paris, Anne Hidalgo y a renoncé après avoir lancé l’idée de la gratuité dans son programme de campagne.


1. Tout d’abord il faut sortir des postures idéologiques caricaturales que dément la réalité et qui relèvent d’éléments de langage et de doctrines datant de plus d’un siècle : la gauche se devrait de défendre la gratuité au nom de considérations sociales ou écologiques face à une droite qui ne verrait que l’aspect financier et qui ne se préoccuperait pas des plus démunis. Il faut ensuite renoncer aux prises de positions péremptoires : il y a encore très peu de recherches en France sur les effets attendus de la gratuité des transports publics et, à l’exception de premières constations à court terme, l’on n’a pas assez de recul dans les villes qui l’ont adoptée pour juger de la viabilité financière et des effets positifs ou négatifs qu’elle entraîne (en matière écologique, sur les incivilités, sur la fréquentation à long terme une fois passé l’engouement de la mise en place de la mesure…).

On peut néanmoins signaler qu’un certain nombre de villes qui, à l’étranger, ont instaurée cette gratuité l’ont abandonnée après quelques années de recul permettant d’en mesurer les effets par rapports aux objectifs attendus : il en est ainsi à Bologne (400 000 hab) où la gratuité, adoptée en 1973, a été abandonnée en 1977 ou à Castellon de la Plana (166 000 hab) où elle a disparu au bout de 6 ans de pratique (1990-1996) : dans les deux cas car elle fut jugée trop coûteuse et ne permettant pas de maintenir une offre performante. En France, où les expériences sont plus récentes, on cite encore le cas de Manosque qui a supprimé la gratuité sur le Manobus, cette fois essentiellement pour cause de hausse des incivilités, tout comme Perpignan renonçant à la liaison non tarifée vers le Perthus pour les mêmes raisons.


Les chercheurs regrettent que le débat soit escamoté par des postures et des prises de position idéologiques et incitent à étudier chaque cas en fonctions de paramètres locaux, aucune situation n’étant comparable à une autre. Ils s’accordent en tous cas sur un point : quelle que soit la ville, il est impossible de passer du jour au lendemain à la gratuité, elle doit absolument, si le contexte permet éventuellement de l’envisager, se mettre en place progressivement, au risque, sinon, de perturber l’équilibre financier de la commune ou de la métropole concernées.


2. Il faut ensuite, avant toute chose, se poser la question des objectifs , en fonction de quoi l’on peut débattre de la pertinence de la mesure et, ultérieurement, juger de son efficacité.

Cherche-t-on une dynamisation d’un réseau largement sous-utilisé ? C’était le cas à Châteauroux mais n’est évidemment pas celui de Toulouse où la fréquentation, compte tenue de l’offre, est déjà extrêmement satisfaisante et en hausse permanente.

S’agit-il de rendre à nouveau attractif un centre-ville délaissé, comme à Dunkerque et Clermont? Toulouse n’est évidemment pas concernée par cette inquiétude.

Veut-on convaincre de nouveaux usagers, notamment les automobilistes dont on souhaiterait un report modal, pour lutter contre la pollution atmosphérique (comme c’est le cas à Dunkerque, dans les études préparatoires à Grenoble) ? Encore une fois, à Toulouse, la politique de dissuasion par la réduction des places de stationnement, la disparition des places gratuites, le temps limité de stationnement, parallèlement à des mesures incitatives (mise en place de parcs relais près des terminus de métro, réseau étoffé, modernisé et performant articulant métro, tramway, pistes cyclables et lignes de bus dont lignes rapides Lineo sur tracés réaménagés avec priorité aux carrefours - ont déjà porté leurs fruits.

On peut souhaiter également favoriser la mobilité de populations à bas revenus et de familles. Effectivement les familles ont encore parfois intérêt financièrement à prendre leur voiture qui évite l’achat de plusieurs tickets (même s’il existe un ticket « tribu » très avantageux). Pour les personnes à faibles revenus (seniors, retraités, jeunes, demandeurs d’emploi, personnes à mobilité réduite) il existe déjà une tarification solidaire très avantageuse (de -70 à -80% jusqu’à 100% d’exonération) sur justificatifs de ressources. Notons aussi qu’à Toulouse, contrairement à d’autres villes comparables comme Bordeaux, il est possible à plusieurs personnes de voyager sur un seul ticket de 10 voyages, ce qui permet une économie substantielle. Et le réseau toulousain, avec sa tarification unique ne pénalisant pas les périphéries de la métropole et sa variété de tarifs adaptés, reste aujourd’hui pour la quasi-totalité des formules le moins cher de France à taille d’agglomération comparable [2].


On le voit, la gratuité des transports ne semble pas être ici une priorité par rapport à d’autres villes, quel que soit l’objectif envisagé. Mais serait-ce seulement possible ? Et les conséquences à terme ne seraient-elles pas contraires aux effets recherchés?


3. Financièrement, la gratuité serait un gouffre dangereux , handicapant finalement l’entretien, la modernisation et l’extension du réseau. Elle n’est pas tenable sur le long terme.


Les chercheurs font remarquer que la gratuité, que ce soit en France, en Allemagne, aux États-Unis… concerne quasi exclusivement des réseaux de bus modestes, dans des villes petites ou de taille moyenne. Les recettes générées par les transports n’y sont pas élevées et leur part dans le financement des transports publics se situe généralement en-dessous de 5%, barre admise par la plupart des spécialistes de la mobilité qui considèrent qu’au-dessus la gratuité est impossible dans la durée, le reste venant non pas du prix du ticket mais des entreprises et des collectivités locales qui y financent aisément l’essentiel du réseau. Or à Toulouse, la contribution des entreprises représente en euros 250 millions, celle des collectivités locales 103 millions, et les recettes commerciales liées à la vente des billets et abonnements 78,2 millions d’euros, soit un peu plus de 18% des recettes . On voit qu’on est loin de la barre des 5% à ne pas dépasser fixée par les spécialistes des mobilités.


Car, comme dans la plupart des grandes métropoles, il y a déjà un réseau lourd en site propre à financer et entretenir (tramway et métro) mais également des projets ambitieux qui vont améliorer considérablement la mobilité des habitants de Toulouse et de ses périphéries dans les années à venir : doublement des rames sur la ligne A, troisième ligne de métro, prolongement de la ligne de tramway jusqu’au nouveau Parc des Expositions, lignes Linéo, téléphérique urbain de Rangueil . Sans surprise la gauche répond, par la voix de J.C. Sellin du Parti de Gauche, par l’inévitable slogan habituel : « il n’y a qu’à faire payer les entreprises ». Or, comme le rappelle Jean-Michel Lattes, premier adjoint au maire, vice-président de la Métropole et président de Tisseo collectivités, une collectivité n’a pas le pouvoir de modifier le taux de Versement Transport, qui est de compétence législative.


Alors où trouver les ressources nécessaires à cet entretien et au financement des nouveaux projets si l’on abandonne les recettes commerciales qui pèsent lourd dans l’équilibre du système en place ? On ne peut donc toucher au taux du Versement Transport. Compte tenu de la diminution de leurs ressources par la baisse des dotations et la disparition de la taxe d’habitation (la dotation compensatoire de l’Etat est hypothétique sur la durée), les communes sont au taquet et ne pourront que difficilement participer davantage au financement. Supprimer les recettes commerciales reviendrait donc inévitablement primo à sacrifier des projets , deuxio à empêcher toute modernisation ou extension, tertio à augmenter les impôts locaux pour continuer à faire fonctionner tant bien que mal le réseau.

Rappelons en effet qu’un transport gratuit n’est jamais « gratuit », il ne l’est éventuellement que pour les usagers. Il y a bien quelqu’un qui le paie à l’amont : collectivités, entreprises et contribuables. Et c’est sur ces derniers, donc les propriétaires via le seul impôt local résiduel pour les particuliers, la taxe foncière, que retombera l’effort en cas de gratuité. Est-ce vraiment ce que l'on souhaite à l’heure où la pression fiscale est devenue insupportable tant aux citoyens qu’aux entreprises ?


Ajoutons que dans les villes qui ont adopté la gratuité on a assisté assez vite à une augmentation spectaculaire de la fréquentation de la part de populations qui utilisaient peu le réseau (cyclistes et piétons, jeunes désœuvrés qui passer leurs journées dans les transports…), les grandes métropoles sont ainsi, plus que les villes petites et moyennes, menacées par la sursaturation des réseaux, qui supposera des coûts croissants pour augmenter la capacité et la fréquence des passages, réparer, remplacer, entretenir davantage. Et le serpent se mord la queue : si l’on veut des transports à la hauteur, qui restent attractifs, il faut contribuer à leur financement. Sinon le réseau se dégrade et la fréquentation baisse.


La question du financement se pose donc inexorablement non à moyen terme mais à long terme. D’où l’abandon de la gratuité par des métropoles mondiales qui ont du recul et sa quasi-absence dans des métropoles de plus de 200 000 habitants, Dunkerque étant en France la première et la seule exception. La gratuité reviendrait à revoir totalement le modèle économique ou à le mettre en péril. Ce fut d’ailleurs l’argument avancé à Paris pour justifier l’abandon du projet de gratuité des transports, imprudemment et un peu vite avancée pour des raisons électorales.


4. L’argument écologique ne tient pas non plus : l’expérience montre que les nouveaux usagers sont avant tout des gens qui ne se déplaçaient pas, ou peu, ou des anciens piétons ou cyclistes. Les quelques études existantes prouvent que cela n’a pas changé grand-chose pour les automobilistes [3]. Ceux-ci renoncent à leur voiture non en raison d’une alternative modale attractive mais par les politiques de dissuasion : coût et temps réduit du stationnement, amendes, réduction de nombre de places de parking, temps de cheminement alourdi par des stratagèmes dissuasifs (sens interdits, détours obligatoires…). La seule politique incitative repose sur une articulation des transports en communs lourds (métro, tramway) ou plus léger (BHNS : bus à haut niveau de service), rapides car en site propre, avec des parcs relais en périphérie. Or la construction de ces parking dits autrefois de « dissuasion » (ou de persuasion) permettant l’intermodalité suppose également de nouveaux financements, ceux que permettent en particulier … les recettes commerciales. Et le serpent se mord la queue une fois encore !


5. Enfin, certaines questions se posent autour de la citoyenneté et de la crainte de voir croître les incivilités .

La disparition de la taxe d’habitation ne pose pas seulement un problème financier aux communes : elle était pour beaucoup le principal lien qui faisait participer l’habitant d’une ville au financement des services dont il bénéficie (d’où la proposition de l’établissement d’un taxe urbaine, modeste -environ 5% de l’ancienne TH- par l’AMGVF, associations des maires des grandes villes de France, moins pour des raisons économiques que pour maintenir un lien et la responsabilisation de chacun envers les services utilisés). La participation de l’usager au financement des transports en commun reste donc aujourd’hui pour beaucoup le dernier lien citoyen, sur le plan financier, avec sa commune . Il ne serait pas normal que le dernier contribuable qui restera bientôt pour les collectivités locales (le propriétaire) participe à lui seul, au côté des autres vaches à lait, les entreprises, au financement de la gestion de services que tous utilisent, dont les transports en commun. On peut revoir les tarifs, en alléger le coût pour certaines catégories de population (c’est déjà le cas) mais il ne faut pas déresponsabiliser, «décitoyenniser» davantage encore l’usager.

En outre, on note là où la gratuité a été instaurée, qu’elle conduit trop souvent, a contrario , à des comportements non-citoyens. C’est également, en plus des problèmes de financement, la principale raison avancée par les communes qui renoncent à la gratuité des transports. On peut citer les témoignages des chauffeurs de bus et de métro chaque fois que la question est en débat sur les ondes de radio, et qui disent faire pression, là où la gratuité existe, pour un retour en arrière. De même la FNAUT (la Fédération Nationale des Usagers des Transports) et l’UTP (L’Union des Transporteurs Publics), comme nombre d’anciens usagers qui ne prennent plus les transports en commun, dénoncent la dégradation des infrastructures, conséquence «d’une image dévalorisée des transports publics véhiculée par leur gratuité totale» . «Ce qui est gratuit n’a pas de valeur» [4] . C’est ainsi que, par exemple, le maire de Châteauroux reconnaît sur un an l‘augmentation des incivilités, bien qu’il reste favorable à la gratuité : «Avec la gratuité, il y a parfois des jeunes qui passent leur mercredi après-midi dans le bus». Ce sont justement ces usagers ventouses qui sont dénoncés par les fédérations de transporteurs et d’usagers (dégradations du matériel, agressions et harcèlement de passagers...). On imagine ce que cela peut donner dans une métropole possédant plusieurs quartiers difficiles. À Châteauroux la solution a été de multiplier les contrôleurs pour rétablir la sécurité et la tranquillité, et calmer le mécontentement des usagers classiques qui se détournaient de ce mode de transport, quitte à revenir vers d’autres modes de déplacement, dont la voiture. Avec succès mais en dépensant d’avantage.



En conclusion la gratuité des transports en commun semble inapplicable à Toulouse compte tenu du contexte social, du poids de la tarification du billet dans le modèle économique, du comportement de nombreux usagers et des projets ambitieux d’extension et de modernisation du réseau. Cela n’empêche pas de réfléchir à une tarification adaptée, qui existe déjà, à des journées gratuites le weekend (comme ce qui se fait déjà au mois d’août pour favoriser le tourisme et la fréquentation des commerces du centre), à la gratuité lors des pics de pollution, ou sur les lignes de nuit. Comme nous avons essayé de le démontrer, la gratuité se paie , d’une manière ou d’une autre, ne serait-ce que parce qu’elle entraîne à terme des coûts supplémentaires. Si ce n’est pas l’usager qui les prend partiellement en charge (partiellement car il ne paie jamais le coût réel d’un service public mais une infime partie), ce sera le contribuable restant, le propriétaire, qui, rappelons-le, n’est pas nécessairement un usager. Ni nécessairement quelqu’un d’aisé. Quoi qu’il en soit, il va falloir contrer cette mesure, et cela sera d’autant plus difficile qu’elle est évidemment populaire, comme tout ce qui promet de raser gratis, et que d’autres villes (généralement de moins de 50000 hab) en font un des thèmes de campagne pour les municipales.




1 Ou de rétablir au moins la gratuité pour les personnes âgées. Rappelons que l’équipe municipale a supprimé l’ancienne tarification qui avait établi la gratuité pour les personnes de plus de 65 ans depuis les années 1970, jugée trop coûteuse car attribuée sans conditions, pour la remplacer par une gratuité ou une tarification adaptée en fonction des revenus, comme dans la plupart des villes françaises.

par Institut Thomas More 27 juin 2026
Dans un rapport inédit, l’Institut Thomas More dresse l’inventaire des décisions politiques qui ont mis la France à genoux pendant ces 50 dernières années. Chute du niveau scolaire, 35 heures, système de retraite, chômage, déficits, dette, insécurité… Autant d'occasions ratées pour maintenir la France sur le chemin de la prospérité !  "Notre ambition, dans ce rapport, est d’identifier les cinquante décisions qui ont mis la France à genoux en cinquante ans, de les replacer dans leur contexte, d’expliquer les motivations de fond ou les choix opportunistes qui ont abouti à ce qu’elles soient prises, de décrire et chiffrer leur impact et leurs effets cumulatifs, les comparer aussi aux options prises par des pays semblables. Ce travail inédit n’a jamais été réalisé de cette manière : il constitue une somme considérable. Les données citées, les sources et les conséquences mesurées sont issues de statistiques et de rapports publics et parfois privés, incontestables. Il se veut et nous l’avons pensé ainsi, d’intérêt général. Car dans la perspective de 2027, il constitue un préalable à l’élaboration de tout programme crédible. Au regard de la gravité de sa situation, il est impossible de penser redresser le pays sans analyser objectivement les causes" https://institut-thomas-more.org/2026/06/25/rapport36/
par Jean-Marie Montali 10 juin 2026
"Emmanuel Razavi vit sous protection policière. Nora Bussigny est régulièrement la cible de menaces et de campagnes de haine. D’autres parmi nous vivent la même chose. Leur point commun ? Avoir enquêté sur l’islamisme, ses réseaux, l’antisémitisme contemporain ou encore les dérives de la dictature iranienne. Face aux intimidations, aux menaces de mort et aux tentatives de censure, le plus inquiétant n’est peut-être pas la violence des fanatiques. Le plus inquiétant est le silence. Celui d’une partie du monde médiatique, intellectuel et politique, qui semble avoir renoncé à défendre des principes qu’il prétend pourtant universels ." Jean-Marie Montali (né en 1962) est un journaliste français spécialisé en presse écrite , auteur de plusieurs ouvrages et réalisateur de documentaires pour la télévision . Grand reporter , il a occupé divers postes de direction, notamment rédacteur en chef , directeur adjoint et directeur exécutif de la rédaction au Figaro Magazine , directeur adjoint de la rédaction de France-Soir , et directeur adjoint des rédactions du Parisien – Aujourd'hui en France . Dans La Nouvelle Revue Politique, il s'insurge contre une étrange hiérarchie de l’indignation ... https://nouvellerevuepolitique.fr/journalistes-le-silence-qui-deshonore/
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"Choose France" est souvent présenté comme un énorme succès de l'économie française. Nicolas Baverez remet les choses en perspective ... "La véritable mesure de l’attractivité de la France reste fournie par la balance des paiements : or elle fait apparaître au 30 juin 2025, sur douze mois, des entrées nettes d’investissements directs de 29,5 milliards, mais des sorties nettes des investissements de portefeuille à hauteur de 136,6 milliards. La France est en réalité confrontée à une fuite massive de capitaux, mais surtout de talents" https://www.lefigaro.fr/vox/economie/nicolas-baverez-de-choose-france-a-loose-france-20260606 CHRONIQUE - La stratégie de restauration de l’attractivité de la France, mise en scène par Choose France sous les ors de Versailles, se trouve en réalité minée par le bilan calamiteux des présidences d’Emmanuel Macron. Passer la publicité La 9 e édition du sommet Choose France , qui s’est déroulée le 1 er juin au château de Versailles, s’est achevée sur un record de promesses d’investissement dans l’Hexagone : 93 milliards d’euros contre 87 milliards cumulés de 2018 à 2025. Et ce en raison de la décision du conglomérat japonais SoftBank, présidé par Masayoshi Son, de mobiliser 75 milliards pour la construction de data centers dans notre pays. Ces annonces, effectuées alors que la guerre d’Iran et le blocage du détroit d’Ormuz font basculer l’économie mondiale dans la stagflation, sont d’autant plus positives qu’elles favoriseront le rattrapage du retard que la France a accumulé dans la révolution de l’IA, avec une capacité de calcul limitée à 1,5 GW fin 2025, loin derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni. Elles soulignent l’intérêt des investisseurs internationaux pour notre pays, en raison des atouts que constituent son énergie nucléaire décarbonée, ses infrastructures et sa situation géographique au cœur du grand marché européen. Elles confirment le succès de la promotion de l’attractivité de la France vis-à-vis des entreprises étrangères, qui demeure l’unique réussite de la politique économique conduite par Emmanuel Macron depuis 2017. Passer la publicité Mais, pour cette raison même, les résultats de Choose France et l’amélioration de l’image de la France demeurent à la fois partiels et fragiles. Tous les projets annoncés ne sont pas réalisés, comme l’a montré l’abandon de plusieurs gigafactories, spécialisées notamment dans la construction de batteries et les semi-conducteurs. Les emplois effectivement créés sont très inférieurs à ceux affichés. Par ailleurs, les opérations annoncées en 2026 concernent en quasi-totalité des data centers, très consommateurs d’électricité, d’eau et d’espace. Avec pour corollaire un risque de dépendance aux géants de la Big Tech américaine qui poursuivent la vassalisation numérique de l’Europe et de monopolisation de l’électricité décarbonée par l’IA au détriment des autres entreprises et des ménages. Les filiales de groupes étrangers n’entrent par ailleurs que pour 15 % de la valeur ajoutée dans notre pays contre 18 % en Allemagne et en Italie et 22 % en Espagne, ce qui témoigne d’un déficit persistant d’attractivité dont la première cause se trouve dans le niveau excessif du coût du travail, de la fiscalité et de la réglementation. La véritable mesure de l’attractivité de la France reste fournie par la balance des paiements : or elle fait apparaître au 30 juin 2025, sur douze mois, des entrées nettes d’investissements directs de 29,5 milliards, mais des sorties nettes des investissements de portefeuille à hauteur de 136,6 milliards. La France est en réalité confrontée à une fuite massive de capitaux, mais surtout de talents (elle a été ravalée au 19 e rang pour l’accueil des entrepreneurs et des cerveaux) et d’entreprises, avec pour symboles le déménagement de Criteo et la cotation à succès de TotalEnergies aux États-Unis. La stratégie de restauration de l’attractivité de la France, mise en scène par Choose France sous les ors de Versailles, se trouve en réalité minée par le bilan calamiteux des présidences d’Emmanuel Macron en termes de déstabilisation des institutions de la V e République, de paralysie et de faillite de l’État, d’explosion des violences et de disparition de la paix civile. La production, l’investissement et l’innovation ne peuvent se développer dans un environnement d’incertitude radicale et d’hostilité à l’entreprise. Or la dissolution de 2024 a ouvert un cycle d’instabilité politique qui risque fort d’être amplifié et non pas refermé par l’élection présidentielle de 2027. L’ordre public a disparu et l’ultraviolence gagne l’ensemble du territoire et de la population, comme le montrent la montée en puissance du narcotrafic ou les émeutes qui ont à nouveau accompagné la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions. L’attractivité de la France est ruinée par la schizophrénie d’une politique économique qui prétend encourager les investissements étrangers tout en poursuivant l’euthanasie des entreprises françaises, créant une paradoxale préférence économique pour l’étrangerSimultanément, l’économie française a basculé dans la stagflation sous l’effet d’un triple choc fiscal, financier et énergétique. L’activité est en récession depuis le premier trimestre 2026 ; l’inflation est passée de 0,9 % à 2,4 % et dépassera 3 % cette année ; le chômage a augmenté de 0,7 % sur un an et tendra vers 9 % de la population active ; le déficit se situera autour de 5,5 % du PIB, portant la dette à près de 120 % du PIB. Ce surendettement est devenu insoutenable, dès lors que le seul service de la dette représentera bientôt 3,5 % du PIB, ce qui exigera un équilibre strict pour toutes les autres dépenses de l’État, des collectivités locales et de la protection sociale. La France, l’homme malade de l’Europe L’attractivité de la France est ainsi ruinée par la schizophrénie d’une politique économique qui prétend encourager les investissements étrangers tout en poursuivant l’euthanasie des entreprises françaises, créant une paradoxale préférence économique pour l’étranger. Au moment même où l’État déroule le tapis rouge et se mobilise pour accueillir géants américains et capitaux japonais, le nombre de faillites atteint un record et les destructions d’emplois se multiplient, notamment dans l’industrie, entraînant une floraison de plans sociaux. Tandis que les oligarques de la Silicon Valley, les promoteurs des Lumières sombres et du transhumanisme, les princes de Wall Street et les as de la gestion de fortune banquettent dans la galerie des Batailles, les entreprises françaises, touchées de plein fouet par le troisième choc pétrolier, sont accablées de hausses d’impôts (23 milliards en 2025 et 21 milliards en 2026), de prélèvements sociaux (2 milliards en plus de la hausse du smic de 2,4 %) et de réglementations kafkaïennes (avec pour dernier avatar la transposition de la directive européenne de 2023 sur la transparence des rémunérations). La France est ainsi devenue un pays de non-droit pour les entreprises, où l’imprévisibilité du cadre réglementaire et fiscal compromet tout investissement de long terme. Keynes, interrogé dans les années 1930 sur la meilleure manière de sortir du trou, avait répondu : « Il faut d’abord cesser de le creuser. » Emmanuel Macon a choisi de creuser le trou des finances publiques de plus en plus vite et de plus en plus profondément, jusqu’à faire de la France l’homme malade de l’Europe. En accumulant 1 500 milliards d’euros de dettes publiques supplémentaires en dix ans, il a fait exploser le modèle français reposant, d’un côté, sur une croissance tirée par la seule consommation alimentée par des aides sociales financées à crédit et, de l’autre, sur la chute de la production, de l’emploi, de l’investissement et des exportations. Le naufrage de la France n’a rien de fatal. Son redressement dépend effectivement de son attractivité économique, qui est indissociable de sa compétitivité, de sa souveraineté et de sa sécurité. Et notre pays dispose d’atouts majeurs qui sont reconnus au-delà de nos frontières, qu’il s’agisse des entrepreneurs et des chercheurs, de l’épargne, de l’énergie décarbonée, des infrastructures, des grandes entreprises internationalisées, de sa culture et de sa civilisation. Mais ces points forts sont annihilés par l’improductivité et la faillite de l’État, incapable d’assurer les services de base alors qu’il accapare 57,2 % du PIB, ainsi que par la détestation et la prédation des entreprises par la classe politique. Et ce alors même qu’elles ne sont pas seulement le lieu de la création des richesses marchandes, dont dépendent le financement des services publics et celui de la solidarité, mais celui où se tissent en grande partie le lien social et la citoyenneté. Attirer les entreprises étrangères, c’est bien ; cesser de tuer les entreprises françaises, c’est mieux !
par Bérénice Levet, philosophe et essayiste, membre du Conseil d’orientation de l’Institut Thomas More 31 mai 2026
"Si ôter la vie n’est plus considéré comme substantiellement contraire à la notion d’humanité, avec la légalisation de l’euthanasie, notre société risque de perdre ses repères moraux, pourtant nécessaires pour affronter la montée de la violence, s’inquiète la philosophe." Un très beau texte sur un sujet qui dépasse largement les clivages politiques et dont les enjeux sont fondamentaux pour notre société ! https://institut-thomas-more.org/2026/05/12/legaliser-leuthanasie-cest-briser-a-jamais-lequation-de-lhumanite-et-du-non-possumus/
par Maxime Duclos 30 mai 2026
Un billet d'humeur de notre ami Maxime Duclos Il est temps de mettre sur la table un sujet dont peu osent réellement parler. Tout le monde le pressent. Beaucoup s’y préparent déjà. Pourtant, rares sont ceux qui acceptent d’aborder publiquement cette réalité : l’élection présidentielle de 2027 risque de provoquer en France une fracture politique et sociale d’une ampleur inédite, y compris au sein même des familles. Car derrière l’échéance électorale qui approche, une autre réalité se dessine progressivement : celle d’un affrontement idéologique devenu profondément émotionnel. À titre personnel, je suis convaincu que 2027 verra une dynamique puissante en faveur du camp national et souverainiste. Et avec elle, très probablement, une majorité parlementaire capable de remettre au cœur du débat les intérêts de la Nation, la souveraineté, l’autorité de l’État, la stabilité et la défense des intérêts français. Mais ce billet n’a pas pour objectif d’analyser les sondages ou les rapports de force électoraux. Le sujet ici est plus humain. Depuis plusieurs années, la politique ne divise plus seulement les électeurs : elle fragmente désormais les cercles privés, les groupes d’amis, les couples et parfois même les familles. Beaucoup de Français le vivent déjà sans forcément l’exprimer : certains évitent volontairement les sujets politiques lors des repas de famille ; d’autres préfèrent se taire plutôt que d’assumer certaines convictions ; d’autres encore constatent qu’un simple désaccord politique suffit désormais à déclencher tensions, jugements moraux ou ruptures relationnelles. Et cette situation risque de s’intensifier fortement à mesure que la campagne présidentielle approchera. Car l’élection de 2027 ne sera pas une élection classique. Elle opposera des visions du monde profondément différentes. D’un côté, une vision souverainiste, attachée à la Nation, à l’autorité, à la maîtrise des frontières, à la stabilité et à une approche pragmatique des politiques publiques. De l’autre, une vision davantage mondialisée, progressiste et idéologique, souvent portée par une lecture morale des débats politiques plutôt que par une logique d’efficacité concrète. Car il faut rappeler une chose simple : une loi ne devrait jamais être votée parce qu’elle est “bien-pensante”, médiatiquement valorisée ou moralement à la mode. Une loi devrait être votée parce qu’elle est utile, applicable, efficace et finançable. Or, depuis plusieurs années, le débat public s’est progressivement transformé en affrontement moral permanent. Celui qui pense différemment n’est plus simplement contredit : il est parfois immédiatement caricaturé, disqualifié ou assimilé à une menace politique ou sociale. Et c’est précisément ce climat qui peut devenir dangereux dans les sphères familiales. Car beaucoup de personnes engagées politiquement — ou simplement attachées à certaines valeurs traditionnelles, souverainistes ou patriotiques — vont probablement faire face, dans les prochains mois, à des réactions parfois très virulentes de la part de proches influencés par un climat médiatique extrêmement polarisé. Il faut être lucide : une partie importante du débat public reposera moins sur l’analyse des programmes que sur une stratégie de diabolisation du camp national. Nous assisterons probablement à une campagne où certains médias, certaines figures militantes et certains relais politiques chercheront avant tout à faire peur, à hystériser le débat et à présenter toute alternative souverainiste comme une menace pour la démocratie. Dans ce contexte, il sera essentiel de garder son calme. Car le véritable piège serait de répondre à la radicalité par la radicalité. Il faudra faire preuve de patience, de retenue et parfois même de distance émotionnelle face à certains débats devenus impossibles. Tout le monde ne réagit pas de manière rationnelle à la politique, surtout dans un climat de tension médiatique permanente. Les réseaux sociaux, les bulles algorithmiques et les logiques de confirmation idéologique ont profondément transformé la manière dont beaucoup de citoyens perçoivent la réalité politique. Il faut donc accepter que certaines personnes proches puissent réagir avec émotion, inquiétude ou hostilité à l’idée d’une victoire du camp national. Mais cela ne doit pas conduire à la haine, à la rupture familiale ou à l’animosité permanente. Car la stabilité, le calme et le pragmatisme doivent précisément rester les qualités de ceux qui prétendent vouloir redresser le pays. Ne tombons pas dans le piège de la colère permanente ou de la conflictualisation absolue des relations humaines. La politique passe. Les élections passent. Les familles, elles, doivent continuer d’exister après les campagnes électorales. Et si 2027 doit être une année de rupture politique, elle ne doit pas devenir une année de rupture humaine.
par Élodie Messéant dans Contrepoints 29 mai 2026
"Engagements de 87 milliards d’euros, prix déconnectés du marché, cas de sur-rémunération, fraude non sanctionnée… La Cour des comptes a publié un rapport qui évalue le coût réel du soutien étatique aux énergies renouvelables (EnR) : un scandale bien étouffé." Une tribune passionnante sur le coût exorbitant de développement coute que coute des ENR en France à lire dans Contrepoints : https://contrepoints.org/soutien-aux-energies-renouvelables-ou-comment-le-contribuable-se-fait-plumer/
par Maxime Duclos 27 mai 2026
Au printemps 2026, l'Assemblée nationale se trouve confrontée à l'un des défis majeurs de son histoire contemporaine : l’effondrement de la natalité française. Ce phénomène ne constitue pas l'unique crise nationale, mais il s'impose comme un défi vital que le gouvernement actuel, et plus encore l'exécutif futur, devra relever d'une main ferme et résolue. Le dépôt d'un nouveau texte législatif à la Présidence ravive un débat nécessaire, mais met en lumière l'écart abyssal entre la froideur des solutions bureaucratiques et la réalité sociologique du pays.  La proposition de loi n° 2679 intitulé : “ faciliter l’accès au logement des familles par la création d’un prêt à taux zéro” pose un constat démographique initial indiscutable lorsqu’elle rappelle pertinemment qu'« en 2025, 651 000 décès ont été enregistrés [...] tandis que 645 000 naissances ont été recensées » et qu'elle admet judicieusement que « le logement et son accession demeurent l'un des plus marquants » freins au projet parental , mais l'examen rigoureux du texte révèle un manque de fond flagrant dès lors que l'exposé des motifs affirme de manière simpliste que « le prêt à taux zéro constitue un instrument indispensable pour notre société » et qu'« il a pour vocation de proposer une aide concrète aux familles » , limitant ainsi la relance de la natalité au seul dispositif de l'article 1er destiné à « financer [...] l'acquisition, la construction ou l'agrandissement de la résidence principale » dans la limite d'un « plafond de 100 000 euros par opération ». Cette posture, bien qu'appuyée sur la réalité statistique rappelant qu'« un jeune sur cinq doit renoncer à avoir un bébé à cause de son logement », mérite d'être abordée avec une plus grande nuance psychologique. S'il est crucial de reconnaître la sincérité de ces difficultés matérielles sans poser de jugement sur les couples actuels, il apparaît tout aussi impératif de constater l'influence profonde du modèle de surconsommation et d'ultra libéralisme dans lequel évolue la jeunesse. L'hésitation face à la parentalité ne saurait être réduite à une simple impasse immobilière ; elle traduit également la nécessité d'accompagner et de guider les consciences vers la valeur fondamentale de la cellule familiale. Face aux injonctions d'un individualisme ambiant qui privilégie parfois le confort personnel et les plaisirs immédiats, le rôle de la puissance publique n'est pas de blâmer, mais d'offrir un cheminement rassurant, capable de réorienter les priorités loin des dérives matérialistes pour redonner le goût de l'engagement durable. Enfin, l'analyse se positionne foncièrement contre la dérive légistique et budgétaire de l'Article 2, lequel énonce de manière automatique que « la perte de recettes pour l'État est compensée à due concurrence par la création d'une taxe additionnelle à l'accise sur les tabacs ». Ce recours systématique à la fiscalité punitive, devenu une clause de style interchangeable pour satisfaire formellement aux exigences de l'article 40 de la Constitution, trahit une paresse méthodologique. Le financement du réarmement démographique de la Nation ne peut pas dépendre d'une taxe comportementale instable, mais doit être compensé de manière économiquement viable par une baisse ciblée et rigoureuse des dépenses de fonctionnement superflues de l'État. En définitive, bien que cette proposition de loi soit, dans la forme, en partie recevable, le fond du problème n'y est pas pleinement discuté. L'urgence démographique exige de travailler sur plusieurs paliers essentiels afin de rassurer et d'accompagner les jeunes couples. Des mesures fiscales protectrices, des aménagements ambitieux du temps familial et un accompagnement moral vers un modèle centré sur la famille sont indispensables pour relancer la natalité. Stop aux demi-mesures unilatérales et technocratiques : il est temps d'ouvrir le champ des possibles et de guider la société, car la chute de la natalité en France ne représente pas un simple défi comptable, elle signe une lente extinction culturelle.
par Gabrielle Cluzel (dans Boulevard Voltaire) 11 mai 2026
Quand les fervents défenseurs du "vivre ensemble" se heurte au réel ... Un édito de Gabrielle Cluzel dans Boulevard Voltaire : https://www.bvoltaire.fr/edito-allegorie-a-la-concorde-le-vrai-vivre-ensemble-a-detruit-le-fantasme/
par Le bureau LD31 8 mai 2026
Une conférence de Thibault de Montbrial qui promet d'être passionnante sur le thème "France le choc ou la chute" ! Salle Barcelone mercredi 20 mai à 18h30 Thibault de Montbrial est un avocat français , président du Centre de Réflexion sur la Sécurité Intérieure (CRSI), un think thank ayant pour objectif de « permettre aux différents professionnels concernés ainsi plus généralement qu’à toutes les personnes intéressées, de se rencontrer et d’échanger ». Il souhaite aussi « permettre de contribuer au débat public et politique sur les questions de sécurité intérieure en proposant des analyses et en apportant des propositions opérationnelles concrètes » [
par Maxime Duclos 30 avril 2026
La France a fait le choix de la puissance. L'actualisation de la Loi de Programmation Militaire (LPM) 2024-2030, adoptée en commission le 23 avril 2026, confirme une trajectoire de réarmement : le budget des armées aura doublé entre 2017 et 2027. En injectant 36 milliards d’euros de ressources nouvelles pour la période 2026-2030, portant le budget total à 435,7 milliards d’euros, la Nation assume son rang. L’objectif est clair : porter l’effort de défense à 2,5 % du PIB d’ici 2030. Cette démarche n'est pas qu'une question de chiffres, c'est une stratégie de survie industrielle. La France impose désormais une « économie de guerre » où l’État peut exiger des industriels la constitution de stocks stratégiques couvrant jusqu’à 6 mois d’activité. Nos fleurons de la Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD) sont les piliers de cette souveraineté : l'accélération des livraisons de munitions, avec une hausse vertigineuse de +400 % pour les munitions téléopérées et +190 % pour l'artillerie de 155 mm, prouve que nous passons d'une logique de flux à une logique de masse. Soutenir nos industries, c'est garantir que nos Rafale, nos frégates et nos blindés ne soient jamais à court d'effecteurs dans un conflit de haute intensité. Réinvestir dans notre défense, c'est aussi refuser la dépendance technologique. En finançant des ruptures dans le spatial, l'IA et le combat ollaboratif, la France s'assure de rester maîtresse de son destin face aux pressions hégémoniques mondiales. à suivre... Maxime Duclos