L’abandon du pacte républicain
Nous avions apprécié, dans les premiers mois du mandat du président Macron, le volontarisme avec lequel notre nouveau président s’était attaqué à la restauration de l’autorité de l’Etat. Ce point était primordial à nos yeux, et la rupture de M. Macron avec son prédécesseur nous était apparue à la fois notable et salutaire.
La désillusion a été très forte il y a quelques jours de constater avec quelle désinvolture M. Macron fut finalement disposé à laisser bafouer notre pacte républicain: à l’occasion de la capitulation devant les zadistes de Notre-Dame-des Landes il a sacrifié en quelques jours notre démocratie, nos votes, notre droit, et la légitimité de nos procédures d’instruction et de décision collectifs.
Cet ensemble qui vient d’être jeté par-dessus bord avec une promptitude saisissante est le résultat d’un processus d’agencement et d’ajustement qui a duré plusieurs siècles et qui fonde notre pacte républicain.
Les représentants de l’Etat doivent désormais subir à Notre-Dame-des-Landes l’humiliation quotidienne, sur injonction de nore président, de se soumettre à une bande d’altermondialistes hors-la-loi qui se sont distingués par leur seule aptitude à brûler des voitures et à dégrader les infrastructures collectives.
En capitulant aussi piteusement, M. Macron ne jette pas le discrédit que sur lui-même ni même seulement sur la classe politique et la haute administration: c’est notre peuple tout entier, celui qui fait confiance à nos institutions et à nos lois, celui qui paie ses impôts et qui vote, qui est trompé et au détriment duquel M. Macron arbitre en faveur d’une poignée de hors-la-loi.
Malheureusement, peut-être cet honteux épilogue du dossier Notre-Dame des-Landes n’est-il que le début d’un douloureux chemin de croix pour notre société.
L’abandon du pacte républicain se profile aussi désormais face à la grogne des gardiens de prisons. Là aussi M. Macron est singulièrement silencieux lorsqu’il s’agit de refléchir aux moyens de sortir du désastre hérité de la politique de la ministre de la justice de son prédécesseur. La ministre Taubira avait décidé l’arrêt du programme de construction des prisons, selon le dogme socialiste que le coupable n’est pas le criminel, mais la société qui l’entoure.
Là aussi le pacte républicain qui lie le peuple français à son Etat est trahi. Car la conséquence de prisons insalubres et de capacités d’accueil pénitentiaires insuffisantes atteint, bien au-delà de l’exaspération des gardiens de prison, la capacité du système judiciaire tout entier à jouer pleinement son rôle. En effet, combien de fois avons-nous entendu ces policiers découragés qui savent qu’il ne sert à rien d’arrêter tel délinquant qui sera remis en liberté rapidement, ou ces juges décontenancés car conscients que leurs arrêts ne pourront pas être exécutés faute de places en prison ?
Et comme souvent, la victime de ces dysfonctionnements est le peuple français dans toute sa profondeur, et certainement pas les élites parisiennes et mondialisées qui portent M. Macron et qui ne connaissent de toute façon ni l’insécurité, ni la proximité avec la petite délinquance et avec l’incivilité au quotidien.
Mais le peuple français préférerait que sa voix soit entendue, que les processus démocratiques auxquels il adhère et que les dirigeants auxquels il fait confiance œuvrent réellement à assurer sa sécurité: en un mot il souhaite que ses impôts, c’est-à-dire sa contribution financière à l’effort de la nation, soit employés plus utilement. Et notamment à la construction et à la modernisation des prisons enfin que soit enclenché le cercle vertueux de la sécurité, qui permettra à l’administration pénitentiaire, aux forces de l’ordre et à la justice de travailler à la sécurité de notre pays de manière stable, apaisée et effective.
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