La droite devra sauver le peuple de France

David Gerson • 7 avril 2020

La droite devra sauver le peuple de France

Une fois la crise sanitaire terminée et avec la grave crise économique qui arrive, la droite devra convaincre rapidement sous peine de déclin de notre nation.

Les élections municipales devaient marquer le retour de la droite républicaine ou, au mieux, confirmer son ancrage électoral local au détriment de LREM. Malheureusement les circonstances du 1er tour, avec la crise sanitaire du coronavirus et les interventions successives d’Emmanuel Macron le jeudi 12 mars puis d’Édouard Philippe le 14 mars à seulement 10 heures du début du scrutin ont entrainé une abstention record avec presque six électeurs sur dix. Les abstentionnistes furent en grande partie les personnes âgées à qui on conseillait de rester chez elles ... tout en devant quand même aller voter… Quelle contradiction !!! Notre famille politique ne peut vraiment pas se féliciter au fond d’avoir poussé coûte que coûte la tenue du 1er tour.

On peut remettre en cause la légitimité du résultat avec un taux d’abstention aussi élevé. Et finalement, si beaucoup de Maires de notre famille politique ont été réélus, il n’en reste pas moins que dans les grandes villes, le résultat reste assez faible et vrai vecteur national. Si on se réfère aux résultats du 1er tour, à Paris, Marseille, Lyon, Toulouse, Nantes, Montpellier, Bordeaux, Strasbourg, Lille, neuf des dix plus grandes villes de France, la droite républicaine serait en passe de perdre. On ne peut imputer ce faible score exclusivement à l'abstention des personnes âgées, qui votent préférentiellement à droite. Ce serait se voiler la face ... Nous sommes en réalité de moins en moins audibles auprès de toutes les classes, qu’elles soient populaires, moyennes ou aisées, les marqueurs différenciant de la droite étant de moins en moins affichés, semant ainsi la confusion auprès de celles et ceux qui se retrouvent pourtant dans les valeurs de notre parti et qui souhaiteraient les clamer haut et (plus) fort. Fin mai 2019, le score catastrophique de la liste LR aux élections européennes était déjà un signe précurseur du déclin. La démission de Laurent Wauquiez et l’élection d’un second couteau comme Christian Jacob à la présidence du parti en était une preuve supplémentaire.

Pourtant depuis 2017 et l’élection d’Emmanuel Macron, nous avons eu des occasions de nous faire entendre, de proposer une autre voie, de montrer que la droite républicaine et ses idées existaient toujours.

Tout d’abord lors de la crise des gilets jaunes en décembre 2018 : les revendications comme le pouvoir d’achat des français, issues à l'origine d’un mouvement citoyen et regroupant toutes classes sociales, n’ont pas trouvé de réponses et propositions adaptées de la part de notre parti.

De plus, aucune ligne n’était vraiment définie : au départ, nous avions beaucoup de nos députés et sénateurs qui se montraient avec les gilets jaunes, jusqu’à porter eux-mêmes le gilet jaune. Puis, quand la crise a dégénéré, ils se sont mis à dos ces mêmes gilets jaunes en ne les dissociant pas des casseurs du samedi. Il ne leur reste plus aujourd'hui qu'à porter la critique envers Castaner sur sa gestion des manifestations. Mais les réponses aux revendications, elles, restent très pauvres.

De la même manière, nos prises de parole lors du Grand Débat National, subtile opération de concertation/communication de la Présidence, n’ont pas permis d’émerger auprès du grand public et au contraire, ont une fois de plus mis en exergue des réactions, parfois des prises de position anecdotiques, plutôt que des propositions concrètes.

L’autre occasion de pouvoir montrer notre différence avec la politique de Macron était la réforme des retraites : une réforme étudiée par des technocrates, sans concertation avec les syndicats, qui va déclencher une grève massive et continue, comme nous n’en avions pas connue depuis 1995. Malheureusement, pour ce sujet si primordial pour l’avenir, à part quelques postures, aucune voix ne s’est véritablement élevée contre cette réforme. Elle pouvait aller dans le bon sens sur certains points, mais, dans sa généralité, elle ne règlera pas le problème à long terme. La véritable raison de ce silence est que dans plusieurs villes, et à l’approche des élections municipales, il y avait des négociations (soit disant pas d’appareils selon nos responsables mais personne n’est dupe) entre des candidats LR et des responsables locaux LREM pour faire liste commune ! Comment voulez-vous par exemple imaginer qu’un président de fédération départementale LR puisse ouvertement critiquer le Président Macron, alors qu’il figure sur la même liste qu’un de ses soutiens ! Le mélange des genres contribue ici à l’écrasement de notre posture, à l’effacement de nos idées, et brouille les pistes auprès de nos électeurs.

Mais les deux évènements que je viens de citer comme exemples, sont vraiment minimes par rapport à la crise sanitaire que nous vivons actuellement, qui fait malheureusement des victimes chaque jour, dans le monde entier, et décime parfois des familles entières. Si nous pouvons être critiques sur le début de la gestion de la crise, l’heure est à l’unité nationale pour combattre ensemble ce fléau. Mais ils ne sont rien, mais vraiment rien, surtout par rapport à la crise économique et sociale que crée et va engendrer le coronavirus. Penser que tout va reprendre son cours une fois la crise sanitaire et le confinement terminés est une utopie ! D’ailleurs, c’en est déjà une ! La mise en confinement est plus que nécessaire pour pouvoir combattre ce fléau et je l’approuve en tant que dirigeant de société alors même que je suis obligé de fermer mes deux entreprises. Avec cette mesure, l’État a mis notre économie et nos entreprises pour le moment sous anesthésie générale.

Pour ne pas avoir recours au licenciement, les salaires sont pris en charge dans la plupart des cas par le chômage partiel, des prêts à taux zéro garantis par l’Etat seront proposés mais est-ce vrai pour toutes les entreprises, et est-ce que cela suffira pour les sauver ? Est-ce que tous les salariés n’y perdront rien ? La réponse est non ! Pour ce qui est du chômage partiel pour les entreprises qui ont eu une fermeture administrative, là oui, pas de soucis elles y auront droit automatiquement. Mais pour celles qui ont une activité réduite et qui vont demander recours à ce système, cela sera le parcours du combattant pour justifier la baisse du chiffre d’affaire et y avoir droit.

Les salariés au-dessus du smic n’auront droit qu’à 84% de leur paye, et encore, par rapport à 35H, les heures supplémentaires habituellement effectuées ne seront pas prises en compte, ce qui aura comme conséquence une perte de pouvoir d’achat supplémentaire.

En ce qui concerne les prêts bancaires, il suffit de lire juste le petit astérisque en fin de page pour comprendre qu’il est soumis à l’approbation de la banque. En résumé les sociétés qui ont moins d’un an, celles qui ont un bilan négatif et une mauvaise capacité d’autofinancement, celles qui sont en procédure collective (redressement ou sauvegarde), n’y auront pas droit, au bout du compte ! Et la seule aide attribuée sera celle de 1500€ attribuée par les impôts. Et encore ... il faudra justifier certains critères ! On leur demande de bloquer les charges sociales et fiscales, et les loyers (ce qui va poser de lourds problèmes aux petits bailleurs qui payent un crédit sur ce bien). Mais comme il faudra tout payer à la sortie, on recule pour mieux sauter ! D’ailleurs combien d’entreprises sauteront au final quand elles devront reprendre sans trésorerie et sans aide ? Elles seront des milliers ... et celles qui pourront juste tenir licencieront ! Le taux de chômage va exploser, le pouvoir d’achat va s’effondrer….

Voila ce qui nous attend à la sortie de la crise sanitaire et quand on nous dit que la politique de l’Etat, donc celle d’Emmanuel Macron nous protège tous, c’est bien un trompe l’œil !

Nous serons à dix huit mois de l’élection présidentielle de 2022. Il faut espérer que la crise économique soit la moins dure possible pour les français mais ne nous nous voilons pas la face elle va durer longtemps.

Pour autant, il sera du devoir de la droite républicaine de proposer et d’apporter des solutions, et d’être en capacité de créer les conditions d’une alternance pour enrayer à moyen terme cette crise et retrouver une croissance économique forte et durable.

Pour commencer elle devra s’opposer avec force aux réformes qui ne seront pas adaptées à la situation immédiate, proposer des mesures d’urgence et structurelles pour répondre à la crise. Elle devra une fois pour toute refonder son logiciel, travailler sur un programme qui incarnera l’autorité de l’Etat, la France du travail avec la fin définitive des 35h, la liberté d’entreprendre, la relance économique, sans laisser personne sur la touche, en parlant aux classes populaires et moyennes. Elle devra se trouver un leader incontestable et incontesté pour pouvoir l’incarner ! Il devra être soutenu, les égos et les rancœurs d’autrefois devront être mis de côté pour que tout le monde tire dans le même sens, celui du redressement de notre pays, qui sera tant attendu.

N’oublions pas ceux que les grandes crises précédentes ont laissé arriver au pouvoir. Et encore, dans les années 30, les extrêmes n’étaient même pas présents encore un an avant ! Alors qu’aujourd’hui, ils sont déjà aux portes du pouvoir. Que resterait-il comme choix si nous ne savions pas répondre à la crise et affirmer une ligne de conduite claire avec des objectifs concrets ?

Avec un pouvoir en place, qui sera décrédibilisé rapidement à la sortie de la crise sanitaire, une gauche républicaine aux abonnés absents, si nous ne répondons pas, il ne restera plus que les deux extrêmes comme choix. Qu'il soit de gauche ou de droite, ce choix nous mènerait à une catastrophe économique et sociale définitive si l’un ou l’autre, ou les deux ensemble, arrivaient au pouvoir !


Ne laissons pas notre pays au bord de la route, de la faillite sociale et économique.

La droite républicaine, avec ses valeurs, ses idées et son identité, aura une grande mission : SAUVER LE PEUPLE DE FRANCE

par Gabrielle Cluzel (dans Boulevard Voltaire) 11 mai 2026
Quand les fervents défenseurs du "vivre ensemble" se heurte au réel ... Un édito de Gabrielle Cluzel dans Boulevard Voltaire : https://www.bvoltaire.fr/edito-allegorie-a-la-concorde-le-vrai-vivre-ensemble-a-detruit-le-fantasme/
par Le bureau LD31 8 mai 2026
Une conférence de Thibault de Montbrial qui promet d'être passionnante sur le thème "France le choc ou la chute" ! Salle Barcelone mercredi 20 mai à 18h30 Thibault de Montbrial est un avocat français , président du Centre de Réflexion sur la Sécurité Intérieure (CRSI), un think thank ayant pour objectif de « permettre aux différents professionnels concernés ainsi plus généralement qu’à toutes les personnes intéressées, de se rencontrer et d’échanger ». Il souhaite aussi « permettre de contribuer au débat public et politique sur les questions de sécurité intérieure en proposant des analyses et en apportant des propositions opérationnelles concrètes » [
par Maxime Duclos 30 avril 2026
La France a fait le choix de la puissance. L'actualisation de la Loi de Programmation Militaire (LPM) 2024-2030, adoptée en commission le 23 avril 2026, confirme une trajectoire de réarmement : le budget des armées aura doublé entre 2017 et 2027. En injectant 36 milliards d’euros de ressources nouvelles pour la période 2026-2030, portant le budget total à 435,7 milliards d’euros, la Nation assume son rang. L’objectif est clair : porter l’effort de défense à 2,5 % du PIB d’ici 2030. Cette démarche n'est pas qu'une question de chiffres, c'est une stratégie de survie industrielle. La France impose désormais une « économie de guerre » où l’État peut exiger des industriels la constitution de stocks stratégiques couvrant jusqu’à 6 mois d’activité. Nos fleurons de la Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD) sont les piliers de cette souveraineté : l'accélération des livraisons de munitions, avec une hausse vertigineuse de +400 % pour les munitions téléopérées et +190 % pour l'artillerie de 155 mm, prouve que nous passons d'une logique de flux à une logique de masse. Soutenir nos industries, c'est garantir que nos Rafale, nos frégates et nos blindés ne soient jamais à court d'effecteurs dans un conflit de haute intensité. Réinvestir dans notre défense, c'est aussi refuser la dépendance technologique. En finançant des ruptures dans le spatial, l'IA et le combat ollaboratif, la France s'assure de rester maîtresse de son destin face aux pressions hégémoniques mondiales. à suivre... Maxime Duclos
par Maxime Duclos 23 avril 2026
Il y a quelques jours , le 17 avril,, l’Institut Français des Relations Internationales (IFRI) organisait une conférence de haut niveau sur les implications énergétiques du conflit en cours au Moyen-Orient. Les échanges ont été d’une grande densité stratégique. Les spécialistes ont dressé un constat lucide et macroéconomique : l’Europe dispose aujourd’hui de réserves énergétiques nettement plus confortables qu’en 2021-2022. Cette marge de manœuvre constitue une opportunité réelle pour renforcer sa souveraineté énergétique. Le gaz, le nucléaire, les énergies renouvelables et les énergies propres doivent être développés dans un esprit de coopération entre États, tout en préservant la souveraineté nationale de chacun. La France, avec son parc nucléaire important et son avance en matière d’électrification, a été citée comme un exemple pertinent. Les intervenants ont également souligné que le conflit actuel entre l’Iran, Israël et les États-Unis accentue la nécessité pour l’Europe de réduire sa dépendance aux hydrocarbures du Moyen-Orient. Ils ont insisté sur le fait que les pays du Golfe, directement impactés par les tensions, pourraient être contraints à une coopération pragmatique avec l’Iran sur les questions de ressources et de positions territoriales. Enfin, la question de l’électrification massive a été évoquée comme un axe structurant, la France étant présentée comme un modèle en la matière, notamment pour le parc automobile. Jusqu’ici, l’analyse de l’IFRI reste technique, géopolitique et relativement neutre. Elle met en lumière une fenêtre de tir historique pour l’Europe et pour la France. C’est précisément sur cette opportunité que porte mon commentaire. Car si les faits exposés par les experts sont clairs, la manière dont le gouvernement français et la Commission européenne les interprètent pose problème. Derrière les discours officiels sur la « souveraineté européenne », on assiste à une instrumentalisation politique du conflit. Au lieu d’utiliser cette marge de manœuvre pour alléger la pression sur les ménages et renforcer notre indépendance réelle, le pouvoir exécutif maintient des taxes sur les carburants à des niveaux historiquement élevés. Cette inertie fiscale n’est pas neutre : elle sert subtilement à orienter les Français vers le véhicule électrique, conformément à la vision fédérale et verte promue par Ursula von der Leyen. Cette stratégie est doublement critiquable. D’abord, elle est socialement injuste. L’électrification massive du parc automobile exclut de facto les classes populaires et une grande partie des classes moyennes, qui n’ont ni les moyens financiers ni l’infrastructure nécessaire pour passer à l’électrique dans des conditions acceptables. Imposer ce choix par la fiscalité punitive revient à pénaliser ceux qui n’ont pas les capacités d’investissement, tout en prétendant agir pour le bien commun. Ensuite, elle est stratégiquement contestable. La souveraineté énergétique ne se décrète pas depuis Bruxelles ni par une uniformisation forcée des politiques nationales. Elle se construit par des États souverains qui coopèrent librement, sans se dissoudre dans une logique fédérale. Or, la vision actuelle tend à privilégier une Europe qui impose son mix énergétique aux nations plutôt que l’inverse. C’est une erreur profonde : une Europe des nations fortes et responsables sera toujours plus résiliente qu’une Europe centralisée et idéologique. Les experts de l’IFRI ont également rappelé que l’Iran constitue une menace directe pour les pays du Golfe, bien au-delà des seuls intérêts américains et israéliens. Les attaques récentes ont montré que ces États subissent de plein fouet les conséquences économiques et sécuritaires du conflit, notamment sur l’approvisionnement en énergie et en eau. Sous-estimer cet impact serait une faute d’analyse. Enfin, la question restée en suspens à la fin de la conférence mérite attention : l’approvisionnement en kérosène pour l’été. Le détroit d’Ormuz a rouvert, mais pour combien de temps ? Une pénurie, même partielle, reste une hypothèse sérieuse. Les Français ont le droit d’être informés sans langue de bois sur les risques qui pèsent sur leurs déplacements cet été. La conclusion s’impose avec force. Le conflit au Moyen-Orient offre à l’Europe et à la France une opportunité historique de renforcer sa souveraineté énergétique dans un cadre réaliste et équilibré. Mais cette opportunité est aujourd’hui détournée au service d’une idéologie verte et fédéraliste qui pénalise les plus modestes et affaiblit la souveraineté nationale. Il est temps de reprendre le contrôle du débat. La souveraineté énergétique doit servir les intérêts concrets des Français, et non une vision dogmatique qui exclut une partie de la population. C’est à cette condition seulement que nous transformerons une crise géopolitique en véritable atout stratégique pour la nation.
par Arthur de Watrigant 5 avril 2026
"La loi du milieu" un éditorial d'Arthur de Watrigant dans le dernier numéro de "L'incorrect" https://lincorrect.org/editorial-darthur-de-watrigant-la-loi-du-milieu/ Rachida Dati a perdu, Patrick Cohen jubile sur France Inter. Il n’a pas tort ce lundi 23 mars au matin. Toutes les planètes étaient alignées, des retraits de listes à la réforme du scrutin qui l’inquiétait quelques mois plus tôt, comme nous le révélions dans ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Legrand-Cohen. Mais voilà, la sentence est tombée, l’ex-ministre de la Culture ne siègera pas rue de Rivoli. Pour service rendu (sic), le château de Versailles lui ouvre ses portes, il y a pire comme antichambre pour attendre les procès. Emmanuel Grégoire peut souffler. L’affaire ignoble du réseau pédocriminel dans le périscolaire parisien ne l’a pas affecté. Il annonce l’avenir en grande pompe : toujours plus de HLM, et le paradis des LGBT. La cohabitation s’annonce rock’n’roll. Mais Paris n’est pas la France, et les municipales ne sont pas une élection nationale. Tirer des conclusions pour 2027 s’avère périlleux. En revanche, la carte est limpide. Les grandes métropoles à la gauche et aux progressistes ; le reste aux autres. Le fossé entre les Français et les élites s’agrandit. Bientôt, ils ne se croiseront plus du tout. Il est des pouvoirs d’autant plus sûrs d’eux-mêmes qu’ils ne se reconnaissent plus comme tels. Ils se croient naturels. Ils ne s’imposent pas : ils vont de soi. Depuis longtemps, l’audiovisuel public français exerce ce magistère feutré. Il ne gouverne pas le pays ; il en administre le récit. C’est un sanctuaire moderne qui voit une caste se contempler sous les traits de l’universel. C’est tout le privilège des cléricatures tardives : elles parlent au nom de tous depuis leur nombril. Rien, d’ailleurs, n’est tout à fait caché. Les connivences, les indulgences, les enthousiasmes comme les répulsions composent un paysage si connu qu’il en devient presque invisible. « Avec Patrick, on fait ce qu’il faut pour Dati », affirmait Thomas Legrand pour rassurer les socialistes. Les petites phrases ont parfois cette vertu de condenser un régime. C’est un monde qui a ses rites. Il aime particulièrement les cérémonies funèbres, qui permettent de travestir le bilan en élégie, surtout dès qu’un socialiste tombe. Jack Lang ? « Le plus grand ministre de la Culture de la ve ». Jospin ? « Le meilleur Premier ministre de la ve ». On a la canonisation aussi généreuse que l’excommunication sur France Inter. Mais les 35 heures n’existent pas au Purgatoire. Et puis survient parfois un grain de sable dans cette belle mécanique de l’innocence. Les Rayons et les Ombres, le film magistral de Xavier Giannoli. En choisissant Jean Luchaire pour raconter la collaboration, le cinéaste touche juste : il rappelle que les trahisons ne sont pas l’apanage d’un camp et naissent aussi dans les salons, les rédactions, les consciences raffinées et… à gauche. Soudain, le récit se trouble : quoi, la gauche n’est pas immunisée contre le mal ? Heureusement, des experts volent à la rescousse : l’historien Laurent Joly – qui, il y a un an, appelait à voter contre le RN en toute neutralité et tentait de liquider Jean-Yves Camus la veille dans Le Monde – est convoqué sur France 5 pour affirmer que « Luchaire est une anomalie ». Ça en fait tout de même un paquet… D’ailleurs quelques villes gagnées par LFI, au Blanc-Mesnil et ailleurs, refoulaient des odeurs d’épuration le jour d’intronisation des nouveaux maires. Certains avaient prévenu, mais par crainte de guerre civile, on a préféré leur agrafer une étiquette de facho sur la tronche. La paix vaut bien tous les renoncements. S’il y en a un qui ne renonce pas, c’est bien Charles Alloncle. Le jeune député et rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public s’apprête à rendre ses conclusions. Elles ne seront peut-être jamais publiées, et toutes les preuves peuvent disparaître. Il suffit d’un vote. Ses adversaires le savent. Ils ont tout essayé : corruption, menaces, diffamation, des plus hautes sphères du privé jusqu’au perchoir de l’Assemblée. Rien n’y fait, Alloncle ne flanche pas. Il accuse. Le scandale est immense. Tentaculaire. Quant au pluralisme, il fait pâle figure face au système mafieux. Un système qui absout les siens et condamne les autres. Un monde qui se croit encore le centre alors qu’il n’est plus qu’un milieu.
par Maxime Duclos 26 mars 2026
Depuis quelques années, l’Allemagne a engagé un tournant stratégique majeur. Longtemps critiquée pour la faiblesse relative de son effort militaire, elle opère aujourd’hui un réarmement rapide et assumé, notamment au sein de son armée de terre, la Heer. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : un budget de défense passé d’environ 44 milliards d’euros en 2020 à près de 79 milliards en 2025, avec des projections dépassant les 100 milliards si l’on intègre les enveloppes exceptionnelles engagées depuis 2022. Officiellement, cette montée en puissance s’inscrit dans le contexte du conflit russo- ukrainien et dans une volonté de renforcer la sécurité européenne. Cet argument est recevable. L’environnement stratégique s’est dégradé, et il est logique que les États européens cherchent à combler leurs lacunes militaires. L’Allemagne, première puissance économique du continent, ne pouvait durablement rester en retrait. Mais au-delà de cette lecture immédiate, une question demeure : jusqu’où ira ce réarmement, et dans quel but réel s’inscrit-il à long terme ? Les ambitions affichées sont considérables. La modernisation de l’équipement de la Heer, avec une montée en puissance massive des chars Léopard, des véhicules blindés, de l’artillerie, des systèmes antiaériens et des drones, traduit une volonté claire : disposer d’une armée complète, robuste et projetable. L’objectif implicite, parfois évoqué dans certains cercles, de faire de l’armée allemande la première force terrestre d’Europe, marque une rupture stratégique profonde. Certes, l’Allemagne est aujourd’hui un allié, au sein de structures communes comme l’OTAN et l’Union européenne, un allié qui collabore étroitement avec le gouvernement et l’industrie française. Des projets de développement commun sont en cours dans le secteur de la défense et de la BITD (Base industrielle et technologique de défense), notamment le projet SCAF (Système de combat aérien du futur), qui prévoit d’ici 2040 de développer un nouvel avion de chasse destiné à remplacer le Rafale et l’Eurofighter. Le MGCS (Main Ground Combat System) est le futur système de combat terrestre destiné à remplacer les chars Leclerc français et Léopard 2 allemands vers 2040. Le projet MAWS (Maritime Airborne Warfare System) est une coopération lancée par une lettre d’intention franco-allemande en 2018 pour concevoir une capacité européenne de patrouille maritime et de lutte ASM (anti-sous-marine). Mais l’histoire enseigne une réalité simple : les alliances évoluent au gré des intérêts nationaux. Cette histoire européenne ne peut être écartée d’un revers de main. Les conflits passés, de la guerre de 1870 sous Otto von Bismarck et Napoléon III jusqu’aux deux guerres mondiales, ont façonné un équilibre fondé sur la méfiance autant que sur la coopération. Pendant des décennies, cet équilibre s’est traduit non pas par des plafonds juridiques stricts, mais par une forme de retenue politique et stratégique propre à l’Allemagne. Sans être formalisées comme après 1945, certaines limites existaient de facto : sous- investissement militaire, armée réduite et culture de réserve héritée de l’histoire. Le tournant opéré depuis 2022 marque une rupture : sous l’effet du conflit russo-ukrainien, ces freins politiques et historiques ont été levés, ouvrant la voie à un réarmement rapide et massif, notamment à travers un fonds exceptionnel de 100 milliards d’euros. C’est ici que doit s’exprimer une position claire. Oui, l’Allemagne a le droit d’assurer sa défense et de participer à la sécurité du continent. Mais elle ne peut pas être considérée comme un État militaire « comme les autres ». Son histoire militaire au XXe siècle, marquée par deux conflits mondiaux majeurs et des dizaines de millions de morts, impose une responsabilité particulière. Je pense en particulier aux propos de Monsieur Thierry Berthier, enseignant-chercheur au Centre de recherche Saint-Cyr et directeur scientifique de la Fédération professionnelle européenne des drones de sécurité. Sa recommandation pose question : « L’Allemagne pourrait s’engager à son tour dans le développement de sa propre dissuasion nucléaire, avec un soutien technologique franco-britannique. » Bien entendu, cette phrase vient compléter une analyse plus large sur le réarmement de l’Europe. Mais de tels propos peuvent inquiéter. Sommes-nous aujourd’hui réellement prêts, nous Européens, mais Français avant tout, à accompagner le développement de la dissuasion nucléaire allemande ? Il est permis d’en douter. Ignorer cette réalité au nom d’une lecture purement contemporaine serait une faute stratégique. Le réarmement allemand ne doit pas être refusé, mais il doit être encadré, transparent et politiquement assumé au niveau européen. Il ne peut se faire sans débat, sans limites et sans vigilance. Car l’histoire montre que les dynamiques de puissance, une fois enclenchées, échappent parfois à ceux qui les initient. Le véritable danger ne réside pas dans le réarmement en lui-même, mais dans l’oubli des leçons de l’histoire et dans l’absence de cadre politique clair. À long terme, ce type de transformation stratégique peut redéfinir les équilibres européens. Et si aujourd’hui personne ne peut sérieusement envisager une confrontation, il serait irresponsable d’écarter toute dérive future par principe. La lucidité impose donc une ligne simple : coopérer avec l’Allemagne, mais sans naïveté ; accompagner son réarmement, mais en fixant des exigences claires à l’échelle européenne. Car en matière de puissance militaire, l’histoire européenne a déjà montré que les équilibres ne sont jamais définitivement acquis.
par Renaud Girard dans FigaroVox 25 mars 2026
Une tribune très instructive de Renaud Girard dans FigaroVox sur l'Iran: https://www.lefigaro.fr/vox/monde/renaud-girard-les-trois-erreurs-strategiques-de-la-theocratie-iranienne-20260303 CHRONIQUE - En bombardant les pétromonarchies du Golfe, les ayatollahs ont ajouté à leur idéologie obscurantiste une imbécillité stratégique. Au pouvoir à Téhéran depuis 47 ans, la théocratie chiite iranienne n’a jamais paru aussi faible. Elle est à la fois contestée de l’intérieur et attaquée de l’extérieur. À découvrir Intérieurement, elle a perdu tout soutien auprès des classes moyennes éduquées, depuis qu’elle a réprimé dans le sang, le 8 janvier 2026, les manifestations populaires contre la vie chère et la mauvaise gestion économique du gouvernement. Passer la publicité Extérieurement, elle est attaquée, depuis le 28 février 2026, par les deux plus grandes puissances militaires présentes au Moyen-Orient, à savoir les États-Unis d’Amérique et Israël. Son chef quasi-sacré, l’ayatollah Khamenei, a été tué, dès le début de la guerre par un missile de Tsahal, qui a montré, une fois de plus, son talent à recueillir des renseignements fiables en territoire ennemi et à y effectuer des frappes précises au mètre près. Trump s’est montré habile quand il a promis l’immunité aux gardiens de la révolution s’ils déposaient leurs armes Les Américains et les Israéliens n’ont pas caché que leur guerre visait à obtenir un changement de régime. Y parviendront-ils ? Cela dépendra de leur volonté ou non de prendre des risques supplémentaires, y compris sous la forme de commandos de forces spéciales à terre. Mais, à Washington comme à Jérusalem, on sait qu’une situation aussi favorable ne se reproduira pas en Iran avant très longtemps. C’est le moment ou jamais pour renverser le gouvernement islamique à Téhéran. Trump s’est montré habile quand il a promis l’immunité aux gardiens de la révolution s’ils déposaient leurs armes. Le problème le plus difficile aujourd’hui est celui du choix d’un bon pouvoir de transition pour remplacer celui des ayatollahs. Les Américains ont-ils en tête une personnalité iranienne qui pourrait jouer le rôle que joue la nouvelle présidente Delcy Rodriguez au Venezuela ? Sont-ils prêts à présider une transformation encore plus profonde des institutions iraniennes ? Songent-ils à confier la gestion des affaires courantes à l’armée régulière iranienne ? La question du pouvoir de transition à Téhéran devrait préoccuper la Maison-Blanche bien davantage que le gouvernement de Jérusalem. Benyamin Netanyahou a déjà eu son succès, en décapitant un régime qui affirmait publiquement vouloir « effacer Israël de la carte » du Moyen-Orient. Pour Donald Trump, l’affaire est plus compliquée. Il faut qu’il obtienne, à l’issue de son expédition militaire, un Iran à la fois stable et aligné sur les intérêts américains. Si tel n’était pas le cas, le 47e président des États-Unis aborderait l’automne et la campagne pour les élections de mi-mandat du 3 novembre 2026 dans les pires conditions. Car le Parti démocrate se ferait fort de le traiter de parjure, lui qui avait solennellement promis aux électeurs américains qu’il ne commencerait jamais de guerre. À lire aussi Attaque en Iran : le régime des mollahs s’active pour organiser la succession et contredire le scénario de son effondrement Trump s’est engagé dans une très grosse partie de poker internationale. Force est de constater qu’elle a bien commencé pour lui. Mais elle est loin d’être terminée. Un gros joueur ne peut se juger que sur ses gains, lorsqu’il est dans l’avion qui décolle de Las Vegas. Trump n’est pas encore dans cette situation. C’est maintenant qu’il devra jouer très finement, en surfant sur son avantage. La théocratie iranienne est dans une situation aux antipodes de celle des gouvernements américain et israélien. Elle est dans un état de grande faiblesse. Elle est proche du point de rupture. Comment en est-elle venue là ? En 2003, elle était pourtant dans une situation solide. Intérieurement, le pouvoir religieux suprême ne s’était pas opposé à l’élection d’un président réformateur, le populaire Mohammad Khatami, élu en 1997, et réélu en 2001. Extérieurement, l’Amérique lui avait fait un cadeau en or en Irak sans le vouloir, en y renversant le pouvoir sunnite de Saddam Hussein, pour le remplacer par un pouvoir chiite proche de Téhéran. Au lieu de profiter intelligemment d’une situation aussi favorable, l’ayatollah Khamenei a commis trois fautes stratégiques lourdes. Au lieu de saisir l’occasion de la difficile Administration américaine de la Mésopotamie pour aider les Américains et se réconcilier avec eux, l’ayatollah Khamenei a été saisi par la démesure. En 2005, son pouvoir s’en prend verbalement à Israël et organise des forums révisionnistes à Téhéran, prétendant que l’Occident a beaucoup exagéré le nombre des victimes de la Shoah, etc. En 2006, par défaut de contrôle de son vassal libanais, Téhéran laisse le Hezbollah attaquer physiquement le territoire israélien internationalement reconnu. La réplique israélienne sera maladroite et inachevée. À lire aussi Frappé au cœur, le régime iranien met le feu au Moyen-Orient La première erreur stratégique fut d’avoir pris de la maladresse pour de la faiblesse. Israël n’est pas un pays faible. C’est une nation riche, industrieuse, très déterminée à se défendre. En menaçant directement Israël, la théocratie iranienne s’est imprudemment attaquée à plus fort qu’elle. Elle a fini par perdre. Lorsque Trump est revenu au pouvoir au début de 2025, elle aurait dû se méfier et faire d’immédiates concessions, comme reconnaître le droit à l’existence d’Israël dans ses frontières de 1966, et renoncer à enrichir l’uranium au-delà de 4 %, qui est le taux requis pour la production d’électricité. La seconde erreur stratégique fut d’avoir privilégié la coûteuse constitution militaro-politique d’un axe chiite au Moyen-Orient (Téhéran-Bagdad-Damas-Beyrouth-Sanaa) à la satisfaction des besoins économiques essentiels d’une population iranienne jeune et en pleine expansion démographique. La puissance d’un pays est une affaire intérieure bien davantage qu’une affaire extérieure. Vous n’êtes jamais puissants si vous avez la population contre vous. La troisième erreur stratégique vient d’être commise. Pourquoi l’Iran s’est-il mis à bombarder les pétromonarchies du Golfe, lesquelles avaient tout fait pour persuader Trump de ne pas se lancer dans la guerre ? N’aurait-il pas été plus intelligent de n’attaquer aucun État sunnite, de concentrer tous ses tirs contre Israël, et de tenter de soulever l’oumma des musulmans contre les « diables » sionistes ? À leur idéologie obscurantiste, les ayatollahs ont ajouté, pour leur perte, leur imbécillité stratégique.
par Maxime Duclos 19 février 2026
Quentin est parti. Il est tombé, fauché par une haine viscérale, celle de l'anti-patriotisme, de l'anti-France. Ce jeune homme que l'on décrit comme pieux, sain, respectable et profondément non-violent. Un casier judiciaire vierge pour seul témoin de son intégrité était l'incarnation même de l'honneur. C’est au nom de ses valeurs les plus hautes qu’il avait choisi de s’engager dans la sécurité du collectif Némésis à Lyon. Un engagement digne, celui de protéger les femmes du fléau des agressions sexuelles et des violences. Il nous a quittés en martyr, et sa perte vient meurtrir une fois de plus une France déjà dépressive. Nos larmes coulent, mêlées de colère et d'une tristesse infinie. Alors, comment rester rationnel face à l'inacceptable ? Comment retrouver la raison quand le cœur hurle ? La réponse est dans la sublimation : nous devons convertir cette douleur en une force qui nous dépasse. Car cette cause, c’est la France. Partout, des rassemblements en son hommage s'organisent, mais ils sont massivement interdits par les préfectures, sous prétexte d'éviter des débordements alimentés par les contre-manifestations d’une extrême-gauche complice, celle de LFI et de ses satellites. Notre combat est juste, il est légitime. Mais pour qu’il soit victorieux, nous ne devons pas céder à la pulsion de la rue interdite. Nous devons rester focalisés sur le seul levier capable de redonner des couleurs à nos villes et nos campagnes : le vote. Votez, mes amis. Jeunes, seniors, retraités : votez pour l'avenir de la France. Votez pour qu'enfin la droite puisse réformer ce système à bout de souffle, pour que la "Justice rouge" soit endiguée, pour que la sécurité redevienne un droit et non un souvenir, et pour que nous cessions enfin de verser des larmes de sang. Leur antifascisme tue. Leur fascisme rouge tue. Mais notre détermination, elle, est immortelle. Restons concentrés, restons stables, et votons. « L'honneur, le bon sens, l'intérêt supérieur de la Patrie, commandent à tous les Français libres de continuer le combat, là où ils seront et comme ils pourront. » Charles De Gaulle Pour Quentin. Pour la France !
par Maxime Duclos 30 janvier 2026
Le monde traverse aujourd'hui un véritable tsunami technologique, une révolution de l’intelligence artificielle qui, sous l’impulsion de l’impérialisme débridé des géants de la Silicon Valley comme NVIDIA, OpenAI ou les projets titanesques d’Elon Musk, est en train de redéfinir les rapports de force mondiaux. Face à cette déferlante qui brutalise l’Europe et nous force enfin à sortir de notre zone de confort léthargique, la France ne doit plus se contenter d’être une simple spectatrice de son propre déclin, mais doit s'affirmer comme une puissance de souveraineté intégrale, riche de son histoire, de ses révolutions et de son génie industriel. Nous possédons une carte maîtresse que le monde entier nous envie et que nos concurrents tentent de copier à prix d'or : notre parc nucléaire civil, socle d'une indépendance énergétique qui doit devenir l’arme de guerre économique absolue pour nos champions nationaux. La survie de fleurons comme Mistral AI ne passera pas par des subventions administratives saupoudrées par une bureaucratie bruxelloise déconnectée des réalités de terrain, mais par un choix stratégique radical et gaullien : offrir à nos infrastructures de calcul et à nos pépites technologiques une alimentation massive de 1 GW de puissance nucléaire stable au coût marginal d’EDF, soit environ 50 €/MWh. Pour mesurer l’abîme stratégique qui nous sépare de la concurrence, il suffit de regarder outre-Atlantique où Microsoft est contraint d'engager des milliards pour ressusciter la centrale de Three Mile Island à un coût estimé à 130 $/MWh ; la France dispose ici d'un avantage comparatif inédit qu’elle doit exploiter pour faire de son territoire le hub mondial de l’IA. Cette énergie souveraine est le carburant indispensable du projet Fluidstack en Essonne, visant à déployer d'ici 2028 à Bruyères-le-Châtel le plus grand cluster d’IA d’Europe, un campus géant capable de rivaliser frontalement avec les infrastructures de Microsoft. Cette excellence technologique n’est pas un cas isolé : elle s’inscrit dans la lignée de nos réussites en matière de Défense, véritable carte maîtresse pour redorer le blason bleu-blanc-rouge. Lorsque l’on parcourt les revues spécialisées comme DSI ou Diplomatie, on comprend que le projet Vortex de Dassault Aviation, ce drone suborbital boosté à l’IA ainsi que le programme SCAF (Système de Combat Aérien du Futur) et les innovations de rupture de Thales et Safran sur l'IA embarquée et la cybersécurité ne sont pas des chimères, mais la preuve que la France reste une nation de premier rang. Cependant, cette puissance de feu industrielle, portée également par MBDA et Naval Group, restera vaine si nous ne mettons pas fin à deux hémorragies distinctes mais également dévastatrices. D'un côté, nous subissons la fuite de nos ingénieurs et de nos cerveaux, qui s’exilent faute de perspectives industrielles audacieuses ou de reconnaissance. De l'autre, nous assistons au départ massif de nos investisseurs et créateurs de richesse, avec 800 millionnaires ayant quitté le territoire l'année dernière, représentant une perte sèche de 4,4 milliards de dollars de capitaux fuyant des surtaxes infernales et un climat fiscal punitif. On ne bâtit pas une puissance mondiale en chassant ceux qui peuvent financer nos licornes de demain. Soutenir nos géants en devenir exige de coupler notre puissance nucléaire à un assouplissement fiscal radical et des incitations massives à l'investissement local. C’est avec cette force de caractère, héritée du Général de Gaulle, que nous devons imposer une stratégie de rupture pour protéger nos talents et nos capitaux, car la technologie, l'énergie et la rigueur budgétaire sont les seules clés pour que la France cesse de se complaire dans un souverainisme nostalgique pour redevenir, enfin, le centre de gravité du futur mondial.
par Lignes Droites 10 janvier 2026
Il fallait bien que cela arrive. Après avoir réglé les questions mineures — crise démocratique, dette publique, cohésion nationale — la République pouvait enfin se consacrer à l’essentiel : la gravure inclusive sur plaque commémorative. Grâce à une décision éclairée, mesurée et courageuse, le juge administratif a solennellement confirmé que l’Histoire de France pouvait désormais être racontée par des formulations inclusives respectueus·e·s des diversités genrées et lexicales. À Paris, les monument·e·s emblématiques accueillent désormais les passant·e·s, les visiteur·se·s, les citoyen·ne·s et les usager·ère·s occasionnel·le·s de l’espace public urbain patrimonial. La Tour Eiffel, ancien symbole phallo-vertical non questionné, reçoit aujourd’hui les regardeur·se·s émerveillé·e·s dans une neutralité syntaxique enfin apaisée. Le fer reste riveté, mais la langue, elle, a été soigneusement déconstruite. Au Musée du Louvre, les œuvre·s exposé·e·s continuent d’être observé·e·s par des public·s pluriel·le·s, tandis que les cartel·s explicatif·ve·s s’emploient à réparer rétroactivement les biais genré·e·s de cinq siècles de création artistiqu·e·s. La Joconde sourit toujours, mais désormais elle sourit à tou·te·s, ce qui, juridiquement, change tout. À Notre-Dame de Paris, les bâtisseur·se·s médiéval·e·s, les artisan·e·s, les restaurateur·rice·s contemporain·e·s et les décideur·se·s politico-administratif·ve·s sont enfin réuni·e·s dans une même phrase, longue, prudente et parfaitement imprononçable. La cathédrale a brûlé, mais la grammaire, elle, a été sauvée. Sous l’Arc de Triomphe, les combattant·e·s mort·e·s pour la Patrie reposent en paix, désormais certain·e·s que leur sacrifice est reconnu dans un cadre lexical respectueux de l’égalité symbolique. Le soldat inconnu demeure inconnu, mais il ou elle ou iel est grammaticalement reconnu·e, ce qui, chacun·e en conviendra, était l’urgence mémorielle de notre temps. Dans les jardins du Luxembourg, les sénateur·rice·s, parlementair·e·s, collaborateur·rice·s, assistant·e·s, promeneur·se·s et joggeur·se·s méditent ensemble sur la neutralité de l’État, assis·e·s sur des chaise·s métalliqu·e·s non genré·e·s. La République respire, rassuré·e par cette décision ferme : le sens n’est pas altéré, seulement l’accès cognitif. Sur les Champs-Élysées, les manifestant·e·s engagé·e·s, les consommateur·rice·s responsable·s, les touriste·s international·e·s et les automobilist·e·s contrarié·e·s circulent dans une harmonie grammaticale fragile mais juridiquement validée. Les plaques commémoratives, patient·e·s, expliquent à chacun·e ce qu’il ou elle ou iel doit comprendre du passé, à condition de réussir à finir la phrase. À Montmartre, le Sacré-Cœur domine la ville et rappelle que la transcendance reste possible, à condition d’être accompagnée d’une note explicative inclusive. À l’Opéra Garnier, les chanteur·se·s, musicien·ne·s, technicien·ne·s et gestionnair·e·s culturel·le·s produisent des œuvres chantées en italien, applaudies en français et commentées en écriture inclusive réglementaire. On nous dira, bien sûr, que rien n’est imposé. Que tout est facultatif. Que personne n’est contraint·e. C’est simplement autorisé, validé, encouragé, gravé, protégé et sanctuarisé par la jurisprudence. Une liberté souple, discrète, institutionnalisée. Ainsi Paris poursuit son œuvre civilisatrice : la pierre demeure, l’Histoire reste inchangée, mais le récit, lui, doit faire preuve de vigilance, d’exemplarité et d’une endurance visuelle certaine. La capitale n’est plus seulement une ville-musée : elle est devenue un manuel de grammaire morale à ciel ouvert. Paris, ville des Lumières, entre définitivement dans l’ère des caractères spéciaux. Et l’on peut désormais l’affirmer sans crainte : la typographie a triomphé là où la réflexion s’est arrêtée.