Je suis de droite parce que ...

Natacha Gray • 18 août 2019

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1 - Je ne suis plus de gauche

Longtemps je me suis crue de gauche.

Parce que mes parents l’étaient, et mes grands-parents aussi, et mes arrière-grands-parents, et qu’à gauche, à l’époque, c’était comme pour les professeurs, on l’était de génération en génération. Ou alors c’est que nos parents avaient raté quelque chose dans notre éducation militante, qu’ils pensaient citoyenne, et qu’ils avaient engendré un traître, un jaune, un nanti…

De gauche, je devais l’être aussi par conformité au groupe, puisqu’apparemment tous mes collègues, comme ceux de mes parents autrefois, étaient aussi dans le camp du Bien, vent debout contre celui du Mal, les exploiteurs, les capitalistes, les riches, les possédants, bref tout ce que nous n’étions pas, à l’exception de quelques originaux ou vieux grognons marginalisés. Du moins est-ce ainsi que, dans mon milieu professionnel, la majorité non silencieuse décrivait ceux ou celles qui sortaient de la norme et s’excluaient de facto du groupe. J’ai en effet travaillé comme enseignante dans une autre vie. Autant dire que, chez ces gens-là, monsieur, on n’était pas vraiment de droite !

De gauche, je l’étais aussi nécessairement, puisque j’avais bon cœur, bien qu’un président de droite eût prétendu, quand je n’avais pas encore le droit de vote, lors d’un débat avec notre champion d’alors, que nous n’en avions pas le monopole. Je maîtrisais en effet les éléments de langage qui vont bien, je prônais la solidarité avec les plus faibles, le partage avec les plus démunis, j’étais pour la paix, l’amour, contre la guerre et le racisme, pour l’immigration sans contrôle et l’accueil sans conditions, je n’étais donc pas du côté des égoïstes, mais des généreux, héritière des idéaux des héros et martyres qui donnèrent jadis leur sang pour nos libertés et nos acquis sociaux. La gauche, nous le savions tous, de manière innée, sans même avoir besoin de le démontrer, c’était le camp des gentils, d’ailleurs je l’avais appris à l’école, puis plus tard dans mes études d’Histoire dans le supérieur, et cela m’était même désormais confirmé par les médias soudain devenus très critiques envers la droite après l’avènement d’une alternance tant attendue.

Et puis surtout, il n’était pas possible d’être dans le camp d’en face, puisqu’a contrario la droite c’était méchant, égoïste, rempli de vilains patrons nécessairement exploiteurs, d’infames capitalistes comme ceux qui, un siècle auparavant, faisaient trimer les ouvriers sans droit au repos et demandaient à la maréchaussée de tirer sur la foule quand les exploités osaient se regrouper et demander de meilleures conditions de travail. D’ailleurs la droite c’était si terrible qu’on ne pouvait pas dire son nom dans une conversation sans une moue de dégoût ou d’appréhension : il faut dire que ces gens-là, dans le camp d’en face, étaient fort puissants, car vous pensez bien, ils avaient entre leurs griffes les commandes des finances du monde et magouillaient entre eux pour trouver le moyen de soutirer au travailleur honteusement exploité le plus de pognon possible gagné à la sueur de son front. La droite, bien assise sur ses rentes et faisant trimer les autres, ne transpirait pas, elle, ni du front, ni d’ailleurs. Les sonorités-même du mot disaient bien ce qu’elles voulaient dire : les deux premières consonnes, si dures, suivies d’une sonorité rauque et traînante : la drrrroâte, rien qu’à prononcer son nom, c’était quasiment « le vol noir des corbeaux sur nos plaines ». Pour certain c’était l’infâmie suprême, le noyau de la cerise qui reste sur le gâteau pourri (« c’est vraiment une sale personne. En plus, elle est de droite »), ou au contraire la vilaine tâche sur le joli costume, la précision que l’on ajoutait en baissant la voix, gêné de reconnaître que l’on trouvait quelque qualité à l’un ou l’autre de ces exploiteurs (« je m’entends bien avec lui, pourtant on m’a dit qu’il est de droite »).



La preuve que nous ne nous trompions pas (quoiqu’à l’époque, confortablement installée dans mes certitudes - car à gauche, on ne doute pas - je n’avais donc nul besoin de la moindre confirmation), c’est que la droite elle-même semblait avoir honte d’être ce qu’elle était.

Quasiment personne dans notre entourage ne disait voter à droite, alors que les résultats des élections prouvaient que le camp d’en face avait autant de sympathisants que nous, parfois un peu plus, parfois un peu moins, même dans nos quartiers ou villages où nous nous connaissions tous. Cette droite, à l’exception de ses porte-parole médiatiques qui représentaient les appareils de parti, était donc sans visage. S’il est vrai qu’à gauche on évolue beaucoup dans l’entre-soi, ce qui donne peu d’occasions de se frotter à la contradiction, aux différences réelles, et encore moins à l’adversaire politique perçu comme l’ennemi traditionnel dans une éternelle lutte des classes, il n’en reste pas moins que les électeurs de droite paraissaient se terrer, comme conscients d’être ce qu’ils étaient : des méchants, des égoïstes, des riches qui ne voulaient pas qu’on sache qu’ils étaient riches. Ah les riches, autre qualificatif maudit, ils étaient nécessairement méchants, donc de droite, et vice-versa. Nous on travaillait dur et pourtant on peinait à boucler les fins de mois, donc eux, comme il n’était pas possible de travailler davantage que la plupart d’entre nous ou que nos parents que l’on avait vu revenir exténués, c’est qu’ils le volaient , leur pognon. Dans nos poches qu’ils le prenaient, ces infâmes rentiers ! Pas étonnant qu’ils soient tous de drrrrroâte.

Et puis leurs élus, quand ils sont revenus au pouvoir, avaient tellement honte et peur qu’on leur mette le nez dans leur infâmie, qu’ils se sont mis à faire une politique de gauche, ou en tous cas à ménager la chèvre et le chou, et qu’ils ont renoncé à tous ces trucs de droite qu’ils promettaient auparavant à leur électeurs, passant leur temps à donner à l’opinion publique sur le plan national, à leurs administrés sur le plan local, des gages prouvant qu’ils n’étaient ni racistes, ni sécuritaires, ni islamophobes, ni contre l’immigration même illégale, ni trop liés à l’Église catholique et à des mœurs que la Bien-pensance du temps présent jugeait rétrogrades, ni trop attachés au passé (car les valeurs, l’Histoire, c’était déjà « réac »), ni anti-service public, ni contre l’impôt redistributif évidemment dont il n’était donc plus question de desserrer l’étreinte .

Toute cette droite qui n’osait plus prononcer son propre nom (on y était « plutôt conservateur », « pas vraiment à gauche ») s’était mise, comme la gauche avant elle, à oublier de parler France, grand récit national, valeurs, fierté, frontières, laïcité, Marseillaise, élitisme républicain, langue et littérature françaises, drapeau puisqu’en face on disait que c’était « réac » puis plus tard « facho », voire « raciste » (puisque cela « stigmatisait » ceux qui n’étaient pas nés français). Pour la petite histoire, c’est d’ailleurs à ce moment-là qu’un parti encore un peu maigrichon, qui vivait alors une seconde naissance et que l’on disait à l’époque à l’extrême droite de la droite, ramassa par terre tout ce bazar abandonné et ces symboles oubliés dont personne ne voulait plus (le drapeau, l’hymne national, l’Histoire, la patrie, les frontières…) et les fit utilement fructifier à son profit. Plus tard, les négligents de droite et de gauche prétendirent qu’il les avait confisqués. Que nenni, la gauche les abandonna et les méprisa, la droite alors à la remorque de son ennemie jurée à qui elle s’efforçait néanmoins de ressembler lui emboîta le pas en se pinçant le nez. Le FN recueillit donc et adopta ces orphelins. Bien lui en prit. Il connût dès lors une progression régulière car si les « élites » des différents partis et de la sphère médiatique s’en étaient totalement désintéressés, une portion croissante du corps électoral français regrettait ces valeurs qui fondaient l’identité collective de la Nation et un certain art de vivre « à la française ». Le parti qui avait ramassé les symboles et les valeurs perdus commençait à parler d’un système UMPS où c’était bonnet blanc et blanc bonnet, puisque l’une donnait le tempo et que l’autre dansait sur la même musique. Et les électeurs, de fait, ne voyaient plus très bien la différence entre les deux. Mais c’est là une autre histoire.

Bref, fut un temps, un temps long, où la gauche était fière et la droite honteuse. En aucun cas, même si je m’étais alors interrogée sur mon engagement, je n’aurais été parmi les perdants sans honneur qui faisaient tout pour montrer à la gauche, dominante culturellement, qu’ils n’étaient pas ce que l’on prétendait qu’ils étaient. La droite me faisait penser à ces enfants mal aimés, qui restent des adultes toujours aussi mal aimés, et qui font des pieds et des mains toute leur vie pour se faire accepter de parents peu aimants, quémandant servilement un peu d’attention et de reconnaissance : peine perdue, quoi qu’ils fassent, ils resteront toujours les vilains petits canards de la famille. Pour moi l’honneur était de proposer, et il fut un temps où la gauche le faisait (ce qui est loin de sous-entendre que les idées furent bonnes, encore moins qu’elles n’eurent pas, à moyen et long terme, des conséquences fâcheuses, mais au moins on osa et on tenta). Or la droite, pardon je veux dire les libéraux, les conservateurs, les « pas de gauche « , les « réalistes », les « pragmatiques » …, ceux qui n’osaient même plus prononcer le nom de leur camp politique, se contentaient de singer la gauche sur le plan sociétal ou de réagir au coup par coup en passant le temps à se justifier d’un air péteux, voire à s’excuser… C’est bien qu’elle avait quelque chose à se reprocher…



Mais, progressivement, il me fut de plus en plus impossible de me dire de gauche. Et je finis par admettre que, si j’étais quelque part, ce serait « plutôt à droite ».

La gauche en effet m’avait déçue, entre les effets à court et moyen termes des politiques entreprises et la politique de l’autruche, l’incapacité de reconnaître ses erreurs, jusqu’aux dénis de réalité. Et j’étais loin d’être la seule. Comme les militants, sympathisants et électeurs désertaient, on allait racoler ailleurs, dans les cités, chez une nouvelle clientèle, les personnes issues de l’immigration, en adaptant le discours à ces nouvelles cibles, ou en y laissant en toute impunité des propagandistes allogènes récrire l’Histoire, diffuser la haine et les récriminations, quitte à jeter aux oubliettes la laïcité (incapable de s’accommoder d’un multiculturalisme ayant sombré dans le communautarisme revanchard et victimaire). Pour ne pas « stigmatiser » les électeurs de remplacement, on transformait l’égalité des droits, et son corollaire l’élitisme républicain (apte depuis toujours à tirer vers le haut les plus défavorisés grâce à l’effort, au travail, à la persévérance et à l’École républicaine exigeante), en égalitarisme nivelant vers le bas, soucieux de ne voir dépasser aucune tête pour préserver la paix sociale. On transformait ainsi l’École pour qu’elle se mette au niveau des plus faibles (ou des plus fainéants), on sapait toutes les bases de l’autorité. À l’humanisme des Lumières se substituaient à la fois une Bien-pensance donneuse de leçons et un paternalisme quelque peu méprisant envers une clientèle issue de l’immigration suspectée à tort de ne pas être capable du même effort et de la même capacité d’adaptation que ses prédécesseurs. Le pire à mes yeux était de voir cette gauche, où le débat fut vif en interne dans les années 1980 et le début des années 1990, refuser toute remise en cause, tout échange, toute discussion, toute énonciation d’une opposition, et s’enfoncer dans les procès d’intention, la criminalisation de l’adversaire, le terrorisme intellectuel dont le seul objectif était de donner mauvaise conscience au contradicteur et le faire taire dans une forme d’autocensure quasi-automatique.
Cette hystérisation volontaire de l’échange politique, cette criminalisation de la divergence d’opinion, tiennent de l’absence d’arguments et, probablement, de la prise de conscience par certains à gauche que les faits (crise économique, chômage et désindustrialisation, effondrement de l’École républicaine, mise en cause tous azimuts de l’autorité, problèmes sécuritaires, éclatement de la société française sous les coups de boutoirs des minorités et des revendications individuelles, montée de l’islamisme, perte de souveraineté, euroscepticisme croissant) remettaient ostensiblement en cause tout ce à quoi on avait cru depuis des décennies. La doxa socialiste et communiste prenait l’eau de toutes parts. Plutôt que de risquer la contradiction, on choisissait donc de criminaliser toute opinion divergente et de répandre cette terreur intellectuelle qui faisait taire l’adversaire avant tout débat de peur de se faire à son tour stigmatiser et traiter de « facho » par les nouveaux fascistes qui osaient encore parler de liberté de conscience et d’expression. Liberté, il est vrai à usage exclusif de leur nouvelle clientèle électorale. Et voilà la gauche, en position dominante dans les médias, tombant dans le deux poids deux mesures et devenant la championne du déni de réalité et du terrorisme intellectuel dans des dénonciations et mises au pilori d’intellectuels dissidents, renouant avec la tradition, mais cette fois par voie médiatique, des grands procès de Moscou. Pour elle, désormais, il s’agissait moins de débattre, de convaincre, mais d’éliminer toute contradiction, y compris par l’image, en attaquant l’adversaire, présenté comme un ennemi de classe (souvent de manière préventive, par procès d’intention) via l’insulte et la chasse à l’homme sur les réseaux, l’épuration numérique devenant la forme civilisée de l’épuration politique ou ethnique des dictatures d’autrefois.

Et moi, pendant ce temps-là, comme tant d’autres, je restais accrochée à mes valeurs : la liberté avant tout, dont celle de penser et d’exprimer mes opinions, qu’on ne m’accordait plus ou que l’on refusait à d’autres, si je refusais de bêler avec le troupeau, celle qui s’arrête où commence celle de l’autre, ce qui introduit la notion de contrat social et de respect des lois, donc des autorités chargées de les faire respecter; la responsabilité, qui suppose que l’on sache reconnaître ses erreurs et que l’on tente de les réparer, de s’attaquer de front aux problèmes au lieu de les nier ou de les contourner ; le pragmatisme, qui depuis toujours me faisait fuir tout idéologie et me rendait déjà critique au sein de mon parti, démarche qui oblige à partir des faits à partir desquels on élabore ou adapte une doctrine et non d’une doxa immuable dans laquelle on fait rentrer les faits de force, quitte à les mettre en pièces ; la fraternité, synonyme à mes yeux de solidarité et non d’un droitdelhommisme bêlant qui relativise tout et tombe dans l’ « autruisme », cette disposition masochiste qui mêle détestation de soi et survalorisation de l’autre, jusqu’au reniement, jusqu’à parfois inverser les responsabilités et transformer des bourreaux en victimes, et vice-versa. ; le patriotisme, c’est-à-dire l’attachement à mon pays, l’acceptation de son Histoire, la fierté d’y appartenir, très loin du déclinisme et d’une culpabilisation constante quasi-maladive ; la conviction que tout droit s’accompagne d’un devoir, comme on nous l’apprenait à l’École d’autrefois, que l’on n’a rien sans rien, que le mérite peut permettre de dépasser la naissance et que l’ascenseur social suppose des structures mais aussi un effort individuel, bien loin de l’assistanat ; la certitude que dans un État de droit, il faut des forces de l’ordre dépositaires de l’autorité, pour que s’applique le droit, seules autorisées à ce que certains appellent la violence légitime de l’État mais qui n’est que la réaction légitime à une violence illégitime ; l’égalité des droits, qui n’a rien à voir avec l’égalitarisme coupeur de tête et destructeur de l’effort et du mérite : bien au contraire, par le travail, le talent, parfois la chance, et grâce aux infrastructures offertes par la France, l’objectif est de se hisser toujours plus haut et non de faire descendre tout le monde au niveau le plus bas, dans une sorte de médiocratie contagieuse et facile ; la défense de la libre entreprise, ou de l’entreprise tout simplement, qui n’est pas l’ennemie du salarié ni de l’ouvrier, bien au contraire puisqu’elle crée la richesse, l’emploi, la prospérité ; la démocratie représentative, que je défends faute de mieux, la dictature des masses me semblant tenir davantage du sens commun que du bon sens car, faute de connaissances ou de temps pour s’informer, on tombe vite dans le slogan, la caricature, le manichéisme malsain et réducteur (l’ennemi de l’hygiène intellectuelle), la violence de la meute, la manipulation par plus malin que soi. L’ensauvagement progressif puis accéléré d’une société française irréfléchie, manipulable par le slogan et l’émotion, où certains vont jusqu’à prétendre que « sans la violence on n’obtient rien », a achevé cette année de m’en convaincre.

Ces valeurs, ce sont conjointement celles que mon éducation parentale, l’École de la République et mes expériences personnelles ont ancrées en moi. Avaient-elles été un jour de gauche ? Autrefois, pour certaines je le crois, mais pas exclusivement. L’Histoire montre bien que les idées et valeurs changent souvent de camp : il exista bien une époque où la gauche défendait frontières, nation et laïcité face à une droite mondialiste et championne d’un catholicisme qui ne s’était pas encore sécularisé. Quoi qu’il en soit, la gauche des années 2000 les avaient bel et bien abandonnées. Pire, elle en rejetait certaines comme « réac », « facho », « de droite ». Et la droite, elle, commençait à dire à haute voix que ces valeurs étaient siennes.

Alors fut un temps, au départ, où je prétendis que la gauche n’était plus à gauche, qu’elle avait trahi, mais que j’étais toujours là où elle n’était plus. Puis, face à la persistance de mon « camp » dans les erreurs et les dénis de réalité (pour moi le symbole-même de la crasse intellectuelle), je me mis à dire « je ne suis plus de gauche, je suis ailleurs », moins par honte d’avouer où j’étais que parce que je ne le savais plus moi-même, entre une gauche empêtrée dans ses erreurs qui ne cessait de casser le thermomètre pour éviter d’avoir à trouver un remède contre des troubles qu’elle avait largement contribué à générer et une droite honteuse qui ne semblait plus savoir elle-même où elle habitait.
Un jour, je me surpris à oser reconnaître que j’étais, finalement, « plutôt de droite ». Car au tournant du XXIe siècle je commençais à entendre clairement mon discours, la défense de mes valeurs … dans le camp d’en face. C’est que dans les années 1990.2000, la droite avait repris du poil de la bête grâce à certains intellectuels à la tête bien faite, comme Alain Madelin, ou certains politiques « grandes gueules » comme Charles Pasqua, et elle ne se reniait plus. Les théoriciens proposaient, et je reconnaissais derrière leurs mots, et malgré ma répulsion pour ces « fachos » que mes anciens camarades désignaient comme tels, tout ce en quoi je croyais : notamment la liberté, le refus de l’égalitarisme, l’assimilation par ressemblance et non par l’exacerbation des différences, le retour au respect de l’autorité, une volonté de revenir, via l’Éducation Nationale (abandonnée par la gauche qui la transforma en terrain de propagande idéologique), au mérite et à l’ascenseur (ou élitisme) républicain.
Enfin, à partir des quinquennats Sarkozy et (surtout) Hollande, certains à droite, électeurs comme élus (plus exactement les électeurs avant les élus), commencèrent à s’exprimer de plus en plus fort. Cette droite n’avait plus honte car les faits, désormais, parlaient pour elle. Pire, la réalité vociférait : sans doute au départ grâce aux réseaux sociaux mais également parce que les problèmes dénoncés (insécurité, perte d’autorité, effondrement de l’école, racisme inversé, communautarisme clivant) avaient débordé des quartiers d’où les premières voix s’élevaient autrefois et devenaient le vécu de compatriotes de plus en plus nombreux. À l‘exception toutefois de ce que l’on commença à nommer la « bobosphère », cette France urbaine hyperprotégée et fonctionnant en vase-clos, évoluant et se congratulant dans l’entre-soi dans un gauchisme culturel déculpabilisant, incapable d’admettre qu’ailleurs, à côté même, on pouvait, malheureusement vivre autrement, et terriblement plus mal. Parallèlement, à chaque fois que quelqu’un dénonçait le laxisme ambiant et ses effets délétères, le communautarisme, les atteintes à la laïcité ou à l’autorité, l’assistanat aveugle, les complaintes victimaires, les discours anti-sécuritaires (dont la sempiternelle, injuste mais ô combien dangereuse rengaine gauchiste des « violences policières ») ou qu’il parlait au contraire de mérite, d’effort, de travail, d’attachement à la nation, on entendait hurler à gauche que « c’était bien là un discours de droite » (ou d’extrême droite), espérant faire taire le prétendu « facho » ou « réac » en le désignant à la vindicte populaire. Ce qui, au fil des ans, fonctionnait de moins en moins bien. D’où, sans doute, à gauche, un affolement qui se traduisit par une augmentation de la violence verbale et une hystérisation (volontaire) des échanges.

Alors , puisque d’un côté comme de l’autre, ici pour les proclamer, là pour les dénoncer, mes valeurs étaient présentées comme étant droitières, il fallait me rendre à l’évidence : j’étais donc de droite. Depuis des années, je tenais un discours de droite, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose, sans le savoir. Plus sérieusement, un syllogisme imparable me plaçait devant cette évidence: mes valeurs font ce que je suis, or la gauche et la droite me disent toutes deux que lesdites valeurs sont aujourd’hui de droite, je suis donc désormais de droite. Peu importe, d’ailleurs, le nom que l’on donne à ceux qui portent les idées qui me sont chères. Là où elles sont, je suis. Là où elles iront, j’irai. Sauf si je change ou évolue, ce qui est toujours de l’ordre du possible car la première des hygiènes intellectuelles est de savoir penser contre soi-même. Mais sur les fondamentaux, sincèrement, je ne pense pas un jour modifier ma pensée, au risque d’y perdre mon identité.

Évidemment ceci ne veut pas dire que, dans l’action, la droite au pouvoir ne se renia pas. Loin s’en faut ! Sinon elle ne serait pas dans l’état de déliquescence où elle est aujourd’hui. Mais, au moins, la bataille culturelle était gagnée. Car aujourd’hui je suis convaincue que nombreux Français sont « de droite » sans même le savoir, en ce sens que leurs valeurs et leurs espérances, identiques à celles que je listais plus haut, sont aujourd’hui explicitement défendues par la droite (plus timidement et par d’encore trop rares rénovateurs pragmatiques à gauche, souvent exclus de leur parti ou privés de responsabilités). Mais le problème, c’est que, comme moi autrefois, ils ne le savent pas. Et si personne ne le leur dit en les plaçant devant les évidences, ils resteront persuadés qu’ils sont là où les médias mainstream leur répètent qu’ils sont : ailleurs, nulle part ou dans le camp du Bien autoproclamé dont ils ne partagent plus, pourtant, les idées essentielles. D’autant plus que la supercherie du macronisme, grand fourre-tout des valeurs et projets défendus à droite et à gauche, a brouillé les limites et a rassemblé pour l’instant une grande partie des déçus. Dans l’action, il reste néanmoins, par son obsession de la taxe, sa bien-pensance aveugle sur le plan sociétal, sa collaboration avec le communautarisme et l’islam politique (sans doute en espérant le contrôler ainsi) plutôt de gauche.

Il est donc plus que temps de tendre un miroir à la société française où une majorité de compatriotes se reconnaîtront sans peine, de recoller les morceaux de verre pour faire apparaître à nouveau clairement le projet de la droite, ce qui suppose de rappeler haut et fort, chaque fois que nécessaire, les valeurs défendues, sans gêne ni honte, ni surtout crainte de la stigmatisation en face par les Khmers verts, rouges, roses ou noirs, et désormais souvent jaunes aussi. À force de crier au loup, ils ne sont plus si audibles, et les faits reviennent comme un boomerang défigurer leur belle doxa qui ne fonctionne que dans leur monde idéal, sur le papier. À la droite, ou aux droites, de grandir enfin et de s’affirmer à nouveau pour ce qu’elles sont.

(à suivre : « Je suis de droite parce que j’ai choisi la liberté »)

par Maxime Duclos 19 février 2026
Quentin est parti. Il est tombé, fauché par une haine viscérale, celle de l'anti-patriotisme, de l'anti-France. Ce jeune homme que l'on décrit comme pieux, sain, respectable et profondément non-violent. Un casier judiciaire vierge pour seul témoin de son intégrité était l'incarnation même de l'honneur. C’est au nom de ses valeurs les plus hautes qu’il avait choisi de s’engager dans la sécurité du collectif Némésis à Lyon. Un engagement digne, celui de protéger les femmes du fléau des agressions sexuelles et des violences. Il nous a quittés en martyr, et sa perte vient meurtrir une fois de plus une France déjà dépressive. Nos larmes coulent, mêlées de colère et d'une tristesse infinie. Alors, comment rester rationnel face à l'inacceptable ? Comment retrouver la raison quand le cœur hurle ? La réponse est dans la sublimation : nous devons convertir cette douleur en une force qui nous dépasse. Car cette cause, c’est la France. Partout, des rassemblements en son hommage s'organisent, mais ils sont massivement interdits par les préfectures, sous prétexte d'éviter des débordements alimentés par les contre-manifestations d’une extrême-gauche complice, celle de LFI et de ses satellites. Notre combat est juste, il est légitime. Mais pour qu’il soit victorieux, nous ne devons pas céder à la pulsion de la rue interdite. Nous devons rester focalisés sur le seul levier capable de redonner des couleurs à nos villes et nos campagnes : le vote. Votez, mes amis. Jeunes, seniors, retraités : votez pour l'avenir de la France. Votez pour qu'enfin la droite puisse réformer ce système à bout de souffle, pour que la "Justice rouge" soit endiguée, pour que la sécurité redevienne un droit et non un souvenir, et pour que nous cessions enfin de verser des larmes de sang. Leur antifascisme tue. Leur fascisme rouge tue. Mais notre détermination, elle, est immortelle. Restons concentrés, restons stables, et votons. « L'honneur, le bon sens, l'intérêt supérieur de la Patrie, commandent à tous les Français libres de continuer le combat, là où ils seront et comme ils pourront. » Charles De Gaulle Pour Quentin. Pour la France !
par Maxime Duclos 30 janvier 2026
Le monde traverse aujourd'hui un véritable tsunami technologique, une révolution de l’intelligence artificielle qui, sous l’impulsion de l’impérialisme débridé des géants de la Silicon Valley comme NVIDIA, OpenAI ou les projets titanesques d’Elon Musk, est en train de redéfinir les rapports de force mondiaux. Face à cette déferlante qui brutalise l’Europe et nous force enfin à sortir de notre zone de confort léthargique, la France ne doit plus se contenter d’être une simple spectatrice de son propre déclin, mais doit s'affirmer comme une puissance de souveraineté intégrale, riche de son histoire, de ses révolutions et de son génie industriel. Nous possédons une carte maîtresse que le monde entier nous envie et que nos concurrents tentent de copier à prix d'or : notre parc nucléaire civil, socle d'une indépendance énergétique qui doit devenir l’arme de guerre économique absolue pour nos champions nationaux. La survie de fleurons comme Mistral AI ne passera pas par des subventions administratives saupoudrées par une bureaucratie bruxelloise déconnectée des réalités de terrain, mais par un choix stratégique radical et gaullien : offrir à nos infrastructures de calcul et à nos pépites technologiques une alimentation massive de 1 GW de puissance nucléaire stable au coût marginal d’EDF, soit environ 50 €/MWh. Pour mesurer l’abîme stratégique qui nous sépare de la concurrence, il suffit de regarder outre-Atlantique où Microsoft est contraint d'engager des milliards pour ressusciter la centrale de Three Mile Island à un coût estimé à 130 $/MWh ; la France dispose ici d'un avantage comparatif inédit qu’elle doit exploiter pour faire de son territoire le hub mondial de l’IA. Cette énergie souveraine est le carburant indispensable du projet Fluidstack en Essonne, visant à déployer d'ici 2028 à Bruyères-le-Châtel le plus grand cluster d’IA d’Europe, un campus géant capable de rivaliser frontalement avec les infrastructures de Microsoft. Cette excellence technologique n’est pas un cas isolé : elle s’inscrit dans la lignée de nos réussites en matière de Défense, véritable carte maîtresse pour redorer le blason bleu-blanc-rouge. Lorsque l’on parcourt les revues spécialisées comme DSI ou Diplomatie, on comprend que le projet Vortex de Dassault Aviation, ce drone suborbital boosté à l’IA ainsi que le programme SCAF (Système de Combat Aérien du Futur) et les innovations de rupture de Thales et Safran sur l'IA embarquée et la cybersécurité ne sont pas des chimères, mais la preuve que la France reste une nation de premier rang. Cependant, cette puissance de feu industrielle, portée également par MBDA et Naval Group, restera vaine si nous ne mettons pas fin à deux hémorragies distinctes mais également dévastatrices. D'un côté, nous subissons la fuite de nos ingénieurs et de nos cerveaux, qui s’exilent faute de perspectives industrielles audacieuses ou de reconnaissance. De l'autre, nous assistons au départ massif de nos investisseurs et créateurs de richesse, avec 800 millionnaires ayant quitté le territoire l'année dernière, représentant une perte sèche de 4,4 milliards de dollars de capitaux fuyant des surtaxes infernales et un climat fiscal punitif. On ne bâtit pas une puissance mondiale en chassant ceux qui peuvent financer nos licornes de demain. Soutenir nos géants en devenir exige de coupler notre puissance nucléaire à un assouplissement fiscal radical et des incitations massives à l'investissement local. C’est avec cette force de caractère, héritée du Général de Gaulle, que nous devons imposer une stratégie de rupture pour protéger nos talents et nos capitaux, car la technologie, l'énergie et la rigueur budgétaire sont les seules clés pour que la France cesse de se complaire dans un souverainisme nostalgique pour redevenir, enfin, le centre de gravité du futur mondial.
par Lignes Droites 10 janvier 2026
Il fallait bien que cela arrive. Après avoir réglé les questions mineures — crise démocratique, dette publique, cohésion nationale — la République pouvait enfin se consacrer à l’essentiel : la gravure inclusive sur plaque commémorative. Grâce à une décision éclairée, mesurée et courageuse, le juge administratif a solennellement confirmé que l’Histoire de France pouvait désormais être racontée par des formulations inclusives respectueus·e·s des diversités genrées et lexicales. À Paris, les monument·e·s emblématiques accueillent désormais les passant·e·s, les visiteur·se·s, les citoyen·ne·s et les usager·ère·s occasionnel·le·s de l’espace public urbain patrimonial. La Tour Eiffel, ancien symbole phallo-vertical non questionné, reçoit aujourd’hui les regardeur·se·s émerveillé·e·s dans une neutralité syntaxique enfin apaisée. Le fer reste riveté, mais la langue, elle, a été soigneusement déconstruite. Au Musée du Louvre, les œuvre·s exposé·e·s continuent d’être observé·e·s par des public·s pluriel·le·s, tandis que les cartel·s explicatif·ve·s s’emploient à réparer rétroactivement les biais genré·e·s de cinq siècles de création artistiqu·e·s. La Joconde sourit toujours, mais désormais elle sourit à tou·te·s, ce qui, juridiquement, change tout. À Notre-Dame de Paris, les bâtisseur·se·s médiéval·e·s, les artisan·e·s, les restaurateur·rice·s contemporain·e·s et les décideur·se·s politico-administratif·ve·s sont enfin réuni·e·s dans une même phrase, longue, prudente et parfaitement imprononçable. La cathédrale a brûlé, mais la grammaire, elle, a été sauvée. Sous l’Arc de Triomphe, les combattant·e·s mort·e·s pour la Patrie reposent en paix, désormais certain·e·s que leur sacrifice est reconnu dans un cadre lexical respectueux de l’égalité symbolique. Le soldat inconnu demeure inconnu, mais il ou elle ou iel est grammaticalement reconnu·e, ce qui, chacun·e en conviendra, était l’urgence mémorielle de notre temps. Dans les jardins du Luxembourg, les sénateur·rice·s, parlementair·e·s, collaborateur·rice·s, assistant·e·s, promeneur·se·s et joggeur·se·s méditent ensemble sur la neutralité de l’État, assis·e·s sur des chaise·s métalliqu·e·s non genré·e·s. La République respire, rassuré·e par cette décision ferme : le sens n’est pas altéré, seulement l’accès cognitif. Sur les Champs-Élysées, les manifestant·e·s engagé·e·s, les consommateur·rice·s responsable·s, les touriste·s international·e·s et les automobilist·e·s contrarié·e·s circulent dans une harmonie grammaticale fragile mais juridiquement validée. Les plaques commémoratives, patient·e·s, expliquent à chacun·e ce qu’il ou elle ou iel doit comprendre du passé, à condition de réussir à finir la phrase. À Montmartre, le Sacré-Cœur domine la ville et rappelle que la transcendance reste possible, à condition d’être accompagnée d’une note explicative inclusive. À l’Opéra Garnier, les chanteur·se·s, musicien·ne·s, technicien·ne·s et gestionnair·e·s culturel·le·s produisent des œuvres chantées en italien, applaudies en français et commentées en écriture inclusive réglementaire. On nous dira, bien sûr, que rien n’est imposé. Que tout est facultatif. Que personne n’est contraint·e. C’est simplement autorisé, validé, encouragé, gravé, protégé et sanctuarisé par la jurisprudence. Une liberté souple, discrète, institutionnalisée. Ainsi Paris poursuit son œuvre civilisatrice : la pierre demeure, l’Histoire reste inchangée, mais le récit, lui, doit faire preuve de vigilance, d’exemplarité et d’une endurance visuelle certaine. La capitale n’est plus seulement une ville-musée : elle est devenue un manuel de grammaire morale à ciel ouvert. Paris, ville des Lumières, entre définitivement dans l’ère des caractères spéciaux. Et l’on peut désormais l’affirmer sans crainte : la typographie a triomphé là où la réflexion s’est arrêtée.
par Nicole Doro 3 janvier 2026
Une nouvelle agression au couteau, dans le métro parisien, a failli faire 3 nouvelles victimes. L’agresseur ? Comme d’habitude un étranger (malien), comme d’habitude sous OQTF, comme d’habitude déjà condamné pour le même type d’agression... Le triste quotidien aujourd’hui, en France. Mais si ce énième drame a pu se produire, c’est « grâce » (si vous me permettez cette locution...) aux « sages » du Conseil Constitutionnel qui ont, le 7 août dernier et à une voix près, censuré l’allongement de la durée de rétention pour les étrangers jugés dangereux alors que le texte avait été adopté par les députés quelques semaines plus tôt. Cette voix, c’est celle du président, Richard Ferrand, qui a ainsi fait pencher la balance. Mesdemoiselles, à votre sortie de l’hôpital, j’espère que vous vous fendrez d’une lettre de remerciement ! Que voulez-vous Mesdemoiselles, chez les socialistes, l’idéologie est plus forte que tout ! Plus forte que la réalité de notre société, qu’ils refusent de voir, plus forte que la sécurité d’une nation et de ses habitants, dont ils n’ont que faire, plus forte que l’abîme qui s’ouvre sous leurs pieds à chaque nouvelle agression ! Les étrangers, c’est leur ADN aux gens de gauche, fussent-ils délinquants, violeurs, agresseurs, ils sont, comme le disait si bien feu leur gourou Mitterrand « chez eux chez nous ». Et bien moi, petite fille d’immigrés italiens, venus comme tant d’autres trouver du travail en France à l’aube du XXème siècle, ayant pour s’intégrer francisé les prénoms de leurs 8 enfants, n’ayant jamais bénéficie de quelques avantages que ce soit, moi je refuse de voir mon pays sombrer dans un aveuglement dévastateur ! Non, Messieurs les sages, vous ne l’êtes plus ! Vous avez du sang sur les mains. Vous n’avez même plus cette once de bon sens, dont le vieux Descartes disait qu’il était « la chose du monde la mieux partagée » et qui pourtant vous ouvrirait les yeux sur ce qui s’appelle le réel ! Au bord du précipice, vous continuez d’avancer, aveuglés par une idéologie surannée que vous refusez de remettre en question. Béni sera le jour où cette instance suprême que devrait être le Conseil Constitutionnel sera dirigée par de vrai sages, qui placeront la sécurité de la France et des français au-delà de tout. Nicole DORO
par Le Bureau de Lignes Droites 31 3 janvier 2026
Chers amis, Nous vous présentons nos meilleurs vœux de santé, de bonheur et de réussite pour la nouvelle année, à vous-mêmes ainsi qu’à vos proches. L’espoir est bien là malgré la criticité de notre situation ! Notre pays, la France, traverse la situation la plus difficile qu’il ait connue depuis les années trente et quarante: les finances de l’Etat sont hors de contrôle, la sécurité a déserté l’espace public, les frontières ne nous protègent plus, on nous oblige à accueillir les détraqués du monde entier et on s’interdit de les empêcher de nuire, le communautarisme triomphe, le citoyen qui essaie de défendre honnêtement son pays est désavoué au profit de l’immigrant illégal qui prétend détruire notre civilisation, l’hôpital n’est plus en mesure de soigner, l’école n’est plus en mesure d’éduquer. La caste au pouvoir a renversé les valeurs qui ont fondé notre démocratie : l’impunité règne, des privilèges ont été instaurés pour les minorités, l’oisiveté prévaut sur le mérite, les droits surclassent les devoirs, la fureur de la déconstruction et de la haine de soi l’emporte sur l’amour de la patrie et sur le respect pour les générations qui ont fait de la France le superbe pays qu’il est aujourd’hui. Les chars sont envoyés face aux agriculteurs –qui pourtant s’agenouillent devant la Marseillaise- alors que les dealers, les délinquants et les casseurs hurlent publiquement leurs insultes contre la France et, pour les quelques-uns d’entre eux qui sont arrêtés, sont condamnés à des peines dérisoires et libérés le lendemain de leur arrestation. Quatorze ans de progressisme enragé -cinq ans de hollandisme et neuf ans de macronisme- ont fait leur œuvre de destruction. François Hollande a eu la décence de ne pas se présenter à un second mandat à la présidence de la République. Emmanuel Macron aura-t’il à son tour le jugement nécessaire pour mettre fin à la spirale de folie qui engloutit la France, soit en démissionnant, soit en dissolvant l’Assemblée Nationale ? Car l’espoir est là ! Le peuple français, longtemps victime des formateurs d'opinion soixante-huitards qui lui ont imposé l'idéologie diversitaire et permissive pendant près de soixante ans, reprend sa liberté de penser. Le moment arrive où notre peuple portera aux responsabilités des dirigeants respectueux de nos traditions, de ceux qui produisent, de ceux qui nous nourrissent, de ceux qui travaillent, de ceux qui respectent la loi, de ceux qui vivent leur foi dans leur espace privé sans en faire une revendication ni une provocation sociétale permanente. La volonté éclate partout chez notre peuple de rétablir l’ordre et l’autorité, de rendre sa noblesse au mérite, de replacer l’intérêt général au coeur des décisions, de mettre fin à la foire aux privilèges, de reprendre le contrôle de nos finances publiques, de ne plus tolérer l’entrisme religieux ni communautariste. C’est en installant la droite au pouvoir que nous répondrons à ces aspirations. Nous Lignes Droites 31 oeuvrons pour que la droite revienne aux responsabilités – et pour qu’elle s’unisse afin d’y accéder, car si elle en été écartée dans le passé, c’est à cause de son incapacité à s’unir. Les élections municipales de mars 2026 seront la première occasion d’élire des dirigeants de droite et de mettre un terme à cette spirale de folie. Dans chaque commune de Haute-Garonne où cela sera possible, Lignes Droites 31 soutiendra la liste d’union des droites : nous soutiendrons les listes qui sont déjà en préparation à Blagnac, à Launaguet, à Muret, à Tournefeuille et à Toulouse. A mesure que d’autres listes d’union des droites se formeront dans d’autres communes, nous leur apporterons notre aide également. Nous sommes impatients de mener ce combat à vos côtés pour le redressement notre pays ! Bien cordialement, Le Bureau de Lignes Droites 31
par Eric Duprix (Radio Présence) 7 décembre 2025
Nicolas Bonleux était l'invité cette semaine d'Eric Duprix dans l'émission "La mêlée de l'info" sur Radio Présence avec Monique Iborra (ex-députée de la Haute-Garonne) et Julien Klotz, conseiller départemental de la Haute-Garonne. L'émission peut être réécouté en replay ici : https://www.radiopresence.com/emissions/information/regionale/la-melee-de-l-info/article/la-melee-de-l-info-du-05-dec-120177
par Maxime Duclos 25 novembre 2025
Une tribune d'un de nos fidèle adhérents, Maxime Duclos : La situation politique actuelle ressemble à un champ de ruines. Emmanuel Macron, président de la République, se retrouve aujourd’hui au bord du gouffre. Selon les derniers sondages, près de deux Français sur trois souhaitent sa démission. Un président rejeté par une majorité du pays, isolé politiquement, et désormais prisonnier de ses propres manœuvres. Tout remonte à la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024. En activant l’article 12 de la Constitution, Emmanuel Macron pensait reprendre la main, créer une nouvelle dynamique et affaiblir ses opposants. En réalité, il a plongé la France dans une crise démocratique sans précédent. L’Assemblée est devenue ingouvernable, les forces politiques s’entre-déchirent, aucun compromis n’est possible. La majorité relative est devenue synonyme d’impuissance. E. Macron croyait sans doute que l’instabilité pousserait les Français à se lasser des partis d’opposition, à réclamer un retour à l’ordre et à son autorité. Mais le calcul s’est retourné contre lui. Les Français ne croient plus à ses équilibres précaires, ils en ont assez des manœuvres et des discours creux. Le pouvoir s’est vidé de sens, et l’Élysée s’est transformé en forteresse assiégée. L’épisode S. Lecornu en est la parfaite illustration. Lundi 6 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a remis sa démission, conscient qu’il allait droit vers une motion de censure. Dans un réflexe de survie, Emmanuel Macron lui a demandé de rester encore quarante-huit heures, le temps de tenter l’impossible : trouver un accord entre des forces irréconciliables. Une manœuvre de plus pour gagner du temps. Pendant ce temps-là, le pays s’enlise, et le président se tait. Là où il aurait dû parler, rassurer, agir, il reste muet. Autour de lui, le cercle se fissure. Ses plus proches alliés prennent leurs distances. Édouard Philippe l’invite à envisager la démission, Gabriel Attal trace sa route en solo, conscient que le macronisme vit ses dernières heures. Même son propre camp prépare déjà l’après. Ce silence présidentiel est celui d’un homme seul, coupé du réel, persuadé encore d’incarner la solution alors qu’il est devenu le problème. Politiquement, toutes les options sont dans l’impasse. Un Premier ministre de gauche serait immédiatement censuré. Un maintien de S. Lecornu ne ferait que prolonger l’agonie. Les oppositions, qu’elles soient du Rassemblement national ou du Nouveau Front populaire, ont déjà prévenu : aucune confiance, aucune alliance. La dissolution du Parlement, en revanche, apparaît de plus en plus inévitable. Dans ce chaos institutionnel, une certitude émerge. Sans union des droites, rien ne changera. Si les Républicains, si Reconquête, si Identité Liberté, Debout la France etc... persistent dans leur isolement, la responsabilité nous incombera entièrement. Pas à Macron, pas à la gauche, à nous. Marion Maréchal a déjà fait part de sa volonté d’une union des droites, mais tiendra-t-elle parole ? Est-ce un coup de com’ pour remonter dans les sondages et satisfaire la grande majorité de la demande des Français ? L’avenir nous le dira. Les sondages sont clairs : 52% des Français appellent de leurs vœux une coalition conservatrice et patriotique. Chez les électeurs de droite, c’est encore plus massif : 88% des sympathisants RN, 82% des LR, 100% des zemmouristes veulent cette alliance. 100% ! Imaginez : même si E. Zemmour refuse, toute sa base ira voir ailleurs. Mais si par fierté, par calcul personnel ou par peur de perdre un ego, ces partis refusent de suivre l’exemple d’Éric Ciotti qui, lui, a quitté Les Républicains pour bâtir une alliance réelle avec le RN, alors oui : nous serons responsables. Responsables de laisser la Macronie s’accrocher, responsables de laisser la gauche revenir, responsables d’une Assemblée ingouvernable et d’un pays qui s’enlise. À ce jour, le Premier ministre Sébastien Lecornu réussi de peu à se maintenir à son poste, la récente motion de censure ayant échoué pour 18 voix. Le Président le sait, le Parlement également et les Français, bien entendu, s'attendent à la chute du Premier ministre dans les mois à venir ; ce n'est plus qu'une question de temps. L'alliance honteuse, faite de fausses promesses tenues lors du discours de politique générale de Sébastien Lecornu, entre les Socialistes et Les Républicains restera gravée dans l'histoire. Ils devront en assumer les conséquences. Mais cette alliance reste éphémère et fragile : 18 voix manquantes peuvent vite apporter leur soutien à la censure et la faire adopter. S'en suivra, je le pense sincèrement, au minimum une dissolution de l'Assemblée nationale et, si cela arrive, la Droite aura la lourde charge d'être responsable du destin de la France. La Droite ne pourra pas trouver d'excuses : ce ne sera ni la Gauche, ni le Centre qui sera responsable du nombre de sièges que la Droite obtiendra, car tout le monde est conscient que si l'union des droites est fonctionnelle, alors aucune alliance centro-gauchiste ne pourra arrêter ce raz-de-marée populaire et patriote. Dans le chaos actuel et face à l'attente claire des Français, les responsables politique de droite doivent dépasser leurs divergences personnelles et s'unir sans délai, non par intérêt partisan, mais par devoir envers le destin de la France.
par Nicolas Conquer (Valeurs Actuelles) 23 novembre 2025
A l’heure de l’IA, l’immigration choisie devient un grand déclassement "Cette question deviendra l’une des dimensions majeures des prochaines échéances électorales en France. Ceux qui continueront de célébrer « l’immigration choisie » sans condition seront jugés pour ce qu’ils sont : les fossoyeurs silencieux de la mobilité sociale de nos enfants." https://www.valeursactuelles.com/economie/a-lheure-de-lia-limmigration-choisie-devient-un-grand-declassement
par Louise Morice dans Frontières 23 novembre 2025
Je suis de la génération Bataclan. La génération qui n’a pas connu la guerre, mais qui voit le sang couler sur son propre sol. Chaque année, chaque mois, chaque semaine. Nous avons grandi dans l’ombre des sirènes et des bougies, dans la peur sourde des métros bondés, des gares trop silencieuses, des sacs abandonnés. Je fais partie d’une génération qui vit la barbarie à chaque coin de rue ; d’une génération de femmes qui hésite à mettre une jupe, de garçons qui baissent les yeux pour éviter une provocation. Nous sommes ceux qui ont appris trop tôt ce que veut dire mourir pour rien. Je suis de la génération qui n’oubliera jamais, et qui ne pardonnera pas. Remplie de colère, parce qu’on ne nous protège pas. Remplie de colère, parce qu’ils ont les clés mais préfèrent le déni, la lâcheté, plutôt que le courage d’affronter le réel. Ils disent craindre la guerre civile, mais la guerre est déjà là, diffuse, rampante, dans les cœurs et dans les rues. J’avais seize ans, j’étais au lycée. Je me souviens du message sur la conversation de classe : « Y’a encore un attentat à Paris. » Encore. Ce mot résonne encore plus fort que les balles. Ce n’était pas le premier. Et nous savons, hélas, que ce ne sera pas le dernier. Louise Morice, média Frontières
par Jeanne Durieux (Le Figaro) 10 novembre 2025
"Contrairement au conflit à Gaza, ou à la guerre en Ukraine, la guerre au Soudan passe largement sous les radars politiques et médiatiques." "il n’y a pas d’armes actionnées par des Juifs, donc pas d’antisémitisme à galvaniser sous le masque de la bonne cause" Deux poids et deux mesures avec Gaza ? Une chronique de Jeanne Durieux sur un conflit qui passe largement sous les radars politiques et médiatiques à lire dans le Figaro : https://www.lefigaro.fr/international/pourquoi-parle-t-on-moins-du-conflit-au-soudan-que-de-gaza-ou-de-l-ukraine-20251108 DÉCRYPTAGE - Contrairement au conflit à Gaza, ou à la guerre en Ukraine, la guerre au Soudan passe largement sous les radars politiques et médiatiques. Des civils abattus d’une rafale de kalachnikov le long des talus, des hommes rassemblés en groupe pour être brûlés vifs, des enfants épuisés et muets qui déambulent sans parents le long des camps de réfugiés, des femmes atones au regard hanté qui taisent les viols collectifs dont elles ont été victimes. Voilà quelques-unes de la kyrielle d’images insoutenables qui ont envahi les réseaux sociaux ces derniers jours, presque deux semaines après la prise de la ville soudanaise d’El-Fasher par les FSR, les Forces de soutien rapide. Un premier bilan fait état d’environ 3000 civils abattus, mais le bilan pourrait être en réalité considérablement plus élevé. À découvrir Ces massacres de civils, dont l’horreur augmente à chaque témoignage rapporté par les ONG, jettent une lumière crue sur le conflit sanglant qui sévit au Soudan depuis plus de deux ans. Il oppose, sur un échiquier soudanais très complexe mêlé d’enjeux ethniques et religieux, les généraux Al-Burhan, chef de l’armée régulière, à Mohamed Daglo dit Hemedti, à la tête des FSR. Et s’inscrit dans le temps long d’une guerre multifactorielle qui ensanglante la région du Darfour depuis des décennies. Et pourtant, les massacres qui sévissent dans ce pays d’Afrique de l’Est bordé par la mer Rouge peinent à bénéficier d’une couverture médiatique ou de dénonciations proportionnelles à la hauteur des 150.000 morts et des 12 millions de déplacés depuis 2023. Contrairement au conflit à Gaza qui engendre depuis deux ans nombre de mobilisations, réactions, et polarise profondément la société française, la guerre au Soudan ne génère qu’une discrète indignation, voire un silence indifférent, malgré plusieurs récits publiés par les médias (dont Le Figaro ). Comment, malgré tout, expliquer cet angle mort ? Le Soudan échappe aux schémas impérialistes et colonialistes Le Soudan est un pays «inclassable», présente d’emblée le chercheur Marc Lavergne. À cheval sur l’Afrique noire et le monde arabe, multiethnique et multireligieux, lié à la Méditerranée, mais aussi à l’Afrique centrale et au Sahel, il échappe à toute catégorisation géographique mais également historique. Le Soudan a été conquis par les Britanniques et les Égyptiens à la fin du XIXe siècle, qui y ont établi un condominium [un territoire sur lequel plusieurs puissances exercent conjointement une souveraineté, NDLR], avant que le pays ne proclame son indépendance en 1956. Mais en réalité, «les Anglais n’ont pas vraiment colonisé le pays puisqu’ils n’y voyaient qu’une mainmise formelle. Ils sont d’ailleurs regrettés par les Soudanais», pointe encore Marc Lavergne. Par cette histoire, le Soudan échappe aux schémas classiques «impérialistes et colonialistes» qui ont profondément forgé les dynamiques actuelles de la plupart des pays africains. Et c’est d’abord là que le bât blesse. Concrètement, le Soudan n’est pas considéré comme un pays où doit s’exercer une lutte anti-impérialiste ou décoloniale, matrice des discours actuels qui défendent par exemple ardemment la Palestine en «lutte» contre «l’État colonisateur» que serait Israël. En réalité, «le conflit qui déchire le Soudan n’est pas une guerre idéologique mais un conflit pour l’argent», avance Marc Lavergne. Les factions en guerre cherchent en partie à contrôler le pays pour des motivations économiques : ils se disputent notamment la mainmise sur le contrôle des ressources économiques soudanaises agricoles et minières (comme l’or et pétrole). Et dans ce conflit, «le sort, comme l’opinion des civils, est complètement évacué» pointe le spécialiste. Le conflit à Gaza accapare la question du génocide Or, c’est précisément le conflit idéologique qui fait de Gaza une tragédie abondamment exposée. Se joue là le paradoxe de la solidarité sélective : les défendeurs de la cause palestinienne requièrent une prise en charge mondiale de cette tragédie mais s’opposent de l’autre «à l’universalité funéraire» pour d’autres conflits, pointait l’écrivain Kamel Daoud dans les colonnes du Point dès novembre 2024. Selon le prix Goncourt, il n’est pas populaire de plaindre tous les morts, quelles que soient leurs origines. Il poursuivait : «Si vous abordez ce sujet tragique [de la guerre au Soudan, NDLR], vous êtes accusé de cacher un conflit armé ’exclusif’ [celui de Gaza, NDLR], de changer de sujet, de procrastiner et de manipuler.» Par ailleurs, de façon évidente, les mobilisations autour du conflit armé à Gaza servent de relais à l’antisémitisme. Très concrètement au Soudan, «il n’y a pas d’armes actionnées par des Juifs, donc pas d’antisémitisme à galvaniser sous le masque de la bonne cause. (...)», appuie Kamel Daoud. Ce que corrobore l’avocat et essayiste Gilles William Golnadel dans une tribune publiée au Figaro : «[Il y a] une focalisation sur la chose juive par une sorte de fascination», expose-t-il pour justifier l’exposition qui entoure Gaza. Or, au Soudan, «les musulmans y tuent d’autres musulmans, ce qui équivaut à zéro. La mort ne devient importante que si elle suscite des émotions collectives à travers un casting précis», pointe encore Kamel Daoud. Davantage de personnes peuvent avoir été assassinées en une semaine à el-Fasher, sans aucune exagération, qu’en deux ans à Gaza. Nathaniel Raymond, directeur exécutif du laboratoire humanitaire de recherches à Yale Pourtant, les ethnies du Darfour (Fours, Masalit et Zaghawa) ont été victimes d’un génocide au début des années 2000, notamment de la part des Janjawid, ces milices arabes dont découlent aujourd’hui les FSR. Et ces violences contre les ethnies non arabes ont redoublé avec la reprise du conflit en 2023. Mais aujourd’hui, la question du «génocide» dans le débat public est presque exclusivement captée par les événements à Gaza. «Les informations qui remontent du terrain [au Soudan] témoignent d’un nettoyage ethnique voire d’un génocide en cours. On s’est posé des questions très longtemps sur Gaza, on a eu toutes sortes de débats, “est-ce un génocide ou pas ?” alors qu’au Darfour, on avait des éléments [pour le caractériser] et on n’en parlait pas du tout», a pointé le 6 novembre 2025 sur le plateau de C ce soir Meriem Amellal, journaliste spécialiste de l’Afrique à France 24. Plus prosaïque, Nathaniel Raymond, directeur exécutif du laboratoire humanitaire de recherches à Yale, établissait un parallèle cette semaine : «davantage de personnes peuvent avoir été assassinées en une semaine à el-Fasher, sans aucune exagération, qu’en deux ans à Gaza». Et pour cause : après la prise de cette ville, il n’y a pas eu de mouvement massif de population, comme c’est normalement le cas dans une zone nouvellement conquise. Cette constatation «augmente la probabilité que la majorité des civils soient morts, capturés ou cachés» dans l’enceinte de la ville, indique un rapport établi par l’université de Yale et cité par le Middle East Eye . Les Nations unies estiment à environ 60.000 le nombre de personnes ayant réussi à fuir el-Fasher − près de 200.000 personnes sont en conséquence toujours entre les mains des sanguinaires milices. À titre de comparaison, 67.000 civils environ auraient trouvé la mort à Gaza depuis le 7 octobre 2023, selon le décompte (invérifiable) du Hamas. En clair, le Soudan est bien loin des projections collectives et des débats qui agitent et polarisent nos sociétés occidentales. Au sein de cette guerre africaine s’entrelacent de nombreux enjeux internes qui entravent notre implication morale dans le conflit. En Occident, «on ne fait pas la différence entre tous les Soudanais, même s’il existe de nombreuses différences ethniques», éclaire Marc Lavergne, - à l’inverse, là encore, du conflit à Gaza, qui oppose deux parties clairement connues et identifiées. Ce que corrobore encore Kamel Daoud dans sa chronique au Point : «Le corps d’un Soudanais est-il moins choquant parce qu’il n’a pas d’histoire qui nous ressemble ?» s’interroge-t-il. Par ailleurs, depuis deux ans, le conflit soudanais oppose deux généraux belligérants unanimement dénoncés. Les Forces de soutien rapide se sont certes rendues complices de nombreux massacres de civils, largement documentés ces derniers jours, mais les exactions du gouvernement dit «légal» du général Al-Burhan les talonnent sur l’échelle de la violence. «Concrètement, les troupes d’Al-Burhan tuent certes moins de gens, mais les milices qui sont alliées à l’armée régulière font les basses besognes. Et de façon générale, l’armée n’a que faire des civils», résume Roland Marchal, chercheur au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po Paris. Par ailleurs, les acceptions des termes «gouvernement légal» et «gouvernement rebelle» ne s’appliquent pas réellement au Soudan. «Lorsque deux généraux anciens complices s’affrontent, qui est dans la légalité et qui ne l’est pas ?» interroge le chercheur Marc Lavergne. Et ce dernier de poursuivre : «Entre une armée putschiste, dirigée par al-Burhan, qui a ruiné le pays et pris le pouvoir par un coup d’État, et les Forces de sécurité rapide dirigées par le général Hemedti, grand responsable de la crise du Darfour en 2005, qu’on présente comme des rebelles alors qu’ils sont avant tout des Bédouins, à qui accorder la légitimité ?» De quel côté se placer ? Un tel parti pris est, à l’inverse, plus évident dans le cas du conflit en Ukraine : il y a d’un côté l’agresseur, la Russie, et l’agressé, l’Ukraine, dont une partie des terres a été envahie par l’armée russe. Peu d’intérêt stratégique La donne géopolitique impose également sa grille de lecture : celle des Européens est d’abord liée aux décisions de Washington et à la menace russe. Là encore, l’attention constante qu’accorde la France au conflit russo-ukrainien se justifie ainsi par la proximité géographique et culturelle avec l’Ukraine. Cette dernière étant aux portes de l’Europe et candidate à l’UE et l’Otan, les Français ont tout intérêt à peser pour la victoire de l’Ukraine et la résolution du conflit. Dans le cas du Soudan, la France, qui avait soutenu la chute du régime d’Omar el-Béchir en 2019 en s’affirmant se placer du côté «de ce nouveau Soudan», y accorde en réalité peu d’intérêt. «Il n’y a plus cette génération de gens qui ont connu la Françafrique et qui conservent des liens et des intérêts forts sur le continent», dépeint Marc Lavergne, pour qui «la France s’est désintéressée du Soudan».