Gilets Jaunes : l’aveuglement de Paris
Le peuple français a fait connaître sa colère. Il l’a faite connaître en même temps qu’il proclamait son attachement à notre pays, à notre République et à ses symboles, ainsi que son respect pour nos forces de l’ordre.
Même si divers casseurs et d’autres éléments coutumiers des débordements en lisière des manifestations populaires ont, comme à leur habitude, saisi l’occasion des protestations des gilets jaunes pour semer le désordre et donner libre cours à leur vandalisme, l’immense majorité des personnes mobilisées samedi dernier criait son amour de la France en même temps que sa colère.
Le peuple français, la masse du peuple français composée de retraités, d’ouvriers, d’agents, d’agriculteurs, de chômeurs, cette masse qui vit dans nos banlieues et dans nos campagnes, cette masse exprime son indignation devant l’iniquité avec laquelle elle est traitée et qui la relègue peu à peu vers le déclassement.
Notre classe moyenne, socle de notre démocratie, force vive de notre économie, garante de notre cohésion nationale, ciment de notre sagesse populaire, a démontré dans le passé sa solidité, sa volonté de travailler dur à construire un monde meilleur pour elle-même et ses enfants, sa propension à consentir des sacrifices s’ils servent l’intérêt général. Elle est victime depuis le quinquennat Hollande, et de façon encore plus aigüe depuis l’élection du Président Macron, d’une politique de dégradation systématique de sa condition.
L’exemple de la taxation du diesel est à cet égard particulièrement criant. Quand, comme l’immense majorité de notre classe moyenne, on habite en banlieue ou à la campagne, quand on n’a pas les moyens de changer de véhicule du jour au lendemain, on ne peut pas échapper à la taxation immodérée du diesel que décide le gouvernement. Cette fiscalité excessive peut peut-être avoir un effet incitatif au long terme pour les personnes qui planifient d’acheter un nouveau véhicule, mais elle a surtout un effet punitif immédiat insupportable sur tous ceux qui la subissent, et dégrade terriblement leurs conditions de vie.
Notre classe moyenne a rendu d’illustres contributions à la construction de notre pays, et est pleinement consciente de la nécessité d’en fournir de nombreuses autres. Mais elle n’est pas d’accord pour être celle qui doit porter, seule, l’intégralité d’un effort dont, de plus, rien n’indique qu’il sera coordonné et agencé de manière à servir l’intérêt général. Et ce d’autant moins que la politique du gouvernement laisse planer les plus grands doutes sur l’avenir qu’elle vise pour notre peuple et singulièrement pour notre classe moyenne.
Pour la première fois depuis longtemps, le message de ceux qui défilent dans nos rues est un message incontestable d’amour pour notre pays. Il ne s’agit pas ici de revendications d’intérêts catégoriels qui prendraient le pas sur l’intérêt général : il s’agit bel et bien de défendre l’intérêt général contre un gouvernement dont l’action est de le disloquer. Notre gouvernement peut tenter avec maladresse de les disqualifier, mais il ne nous trompe pas.
Il est urgent que le gouvernement entende cette voix populaire. Il est urgent que le gouvernement place notre classe moyenne au centre de ses préoccupations. Sauver notre classe moyenne n’est pas une option de politique économique comme une autre, c’est un impératif de cohésion nationale.










