Elle a bon dos l’Amazonie ! Écologie, prétextes et postures.

NJ Gray • 3 septembre 2019

Ceci est le sous-titre de votre nouveau post

Que l’écologie soit depuis des années (et plus encore depuis les deux derniers quinquennats) un prétexte à taxer entreprises et particuliers sur des motifs divers, et pour remplir d’autres caisses que celle destinée à la légitime protection de notre environnement, on le savait déjà ;
Qu’elle soit devenue, pour nombre de ses apôtres, une posture vendeuse et racoleuse, une vitrine qui fait oublier tout le reste (le green washing des marques, le détournement d’attention volontaire par un gouvernement dont d’autres projets risquent d’être sous le feu de la contestation), est aujourd’hui un procédé facile et ultra connu, ce qui n’empêche pas qu’il reste très efficace ;
Qu’elle se soit transformée en axe qui partage le monde en camp du Bien et camp du Mal, une nouvelle religion, avec ses croyances, sa doxa imprescriptible, ses excommunications, permettant de stigmatiser, souvent avec une violence verbale voire une hystérie fanatique, tout contestataire, toute personne apportant une nuance ou émettant un doute, est une tendance dangereuse et récente qui ne cesse de s’affirmer.
L’écologie comme science est bien installée dans nos universités et laboratoires de recherche depuis le XIXe siècle, elle a ses spécialistes, des scientifiques, qui débattent entre eux et ne s’accordent pas toujours sur l’ampleur d’un phénomène, sa datation, ses causes, les remédiations possibles, l’urgence ou non à agir, les priorités à identifier. Et pour ce qui est des prédictions sur l’évolution climatique, nul ne peut prétendre détenir seul la vérité car toutes les théories sont fondées sur des modèles dont la véracité n’est pas prouvée.
L’écologie comme nouvelle religion laïque, de son côté , possède comme toute croyance, ses déviances, ses fanatismes, ses gourous (sincères ou non), son discours téléologique et même ses collapsologues (« nous allons tous mourir demain, repentez-vous pauvres pécheurs») : le discours ne peut évidemment pas être le même que pour l’écologie scientifique, car il s’agit de frapper fort par des slogans, des approximations, et comme dans de nombreuses sectes d’emporter l’adhésion immédiate par la peur plus que par la raison et la réflexion. C’est malheureusement cette écologie-là, celle de la croyance et non de la science, celle de la posture et non de la réflexion, celle de l’embrigadement et non de la pensée libre, qu’a semblé défendre le président français au G7, se transformant devant les caméras en émule de la propagande thunbergienne, qui est à la science ce que l’humilité est au macronisme.
Entre contre-vérités, approximations, exagérations, mensonges par omission, amateurisme ou récupération politicienne grossière, Emmanuel Macron est loin d’avoir fait grandir la cause écologiste, déjà présentée de façon trop immature, caricaturale et entachée d’arrière-pensées partisanes dans notre pays.

Où l’on découvre qu’il y a des feux gentils et des feux méchants

Premier mensonge par omission: “notre maison brûle”, c’est certain, mais pas seulement au Brésil ! En pointant d’un doigt accusateur les seuls feux de forêt en Amazonie brésilienne, le président Macron a fait preuve soit d’une incompétence, soit d’une mauvaise foi assez inquiétantes car dangereuses en termes de relations internationales, et totalement puériles pour un homme à un tel niveau de fonction.
Passons sur une forme de fake news désolante : la photographie utilisée d’une forêt primaire en feu datant de plus de 15 ans, ridicule illustration trahissant un amateurisme et une précipitation d’autant plus incompréhensibles que nombre d’images satellites de la NASA était publiées ces derniers temps et parfaitement accessibles. À croire que l’idée de prendre la pose et de jouer le nouveau grand gourou vert de la communauté internationale a piqué le président français au tout dernier moment pour réveiller un G7 ronronnant et néanmoins coûteux sur l’utilité duquel beaucoup de ses concitoyens commençaient à s’interroger.
Rappelons d’abord que l’Amazonie s’étend aussi en Bolivie, Colombie, Équateur, Guyane française, Guyana, Pérou, Surinam, Paraguay et Venezuela et que des feux de forêt se retrouvent dans toute la région. En Bolivie l’ampleur est telle que le président Evo Morales a même suspendu la campagne électorale (mais c’est d’une part un homme de gauche, d’autre part un Indien, donc un homme intouchable doublement dans le camp des gentils) . Même inquiétude au Paraguay en direction duquel ont décollé les premiers canadairs dits « avions G7 » la semaine dernière. Les feux de défrichement sont une constante et font partie du mode de développement en Amérique du Sud. Le problème actuel tient à la fois de la multiplication de ces défrichements dans la perspective notamment d’accroissement des échanges grâce au Mercosur, d’autre part à une situation de sécheresse particulière qui transforme les feux de brûlis ou de déforestation en incendies difficilement maîtrisables. En d’autres termes, ça brûle au Brésil, mais ça brûle aussi ailleurs en Amazonie.
Deuxièmement, la déforestation en Amazonie, qui se fait essentiellement d’ailleurs par le feu, ne date pas d’aujourd’hui. Emmanuel Macron semble oublier notamment que sous le président Lula en particulier, l’enfant chéri de la gauche et des médias français, les feux avaient été beaucoup plus importants encore. En nombre de départs de feu et en hectares détruits, il y a donc eu, rien qu’au Brésil, des années bien pires que ce que l’on dénonce aujourd’hui, notamment en 2010 ou 2016. Les commentateurs, le président, qui comparent la situation actuelle à l’année dernière où effectivement les feux avaient été davantage sous contrôle (comme en 2017), font preuve d’une grande malhonnêteté intellectuelle : ce genre de phénomène est à étudier sur le temps long, sur la tendance générale et non en mettant côte à côte deux accidents. Et la tendance dit que c’est sur les 50 dernières années que 20 % de la forêt amazonienne a disparu, notamment au Brésil où elle a perdu 60 % de sa surface car ce pays émergent est le premier de la région à avoir mis en place une révolution verte fondée sur l’agriculture et l’élevage intensifs.
Troisièmement les feux de forêt ravagent en même temps une partie de la Sibérie où, début août, 3 millions d’hectares de forêts sont partis en fumée, ce qui n’a généré aucune manifestation d’écologistes ni de remarques condescendantes pour le dirigeant russe de la part de l’Élysée. Doit-on s’en étonner ? Lorsque Macron dénonce le dirigeant brésilien au G7 en le traitant de menteur, on en est à 470 000 ha détruits en Amazonie brésilienne, un drame écologique certes mais des clopinettes par rapport à la Sibérie, mais, comme par hasard, cela offre le prétexte d’une véritable crise diplomatique contre le méchant populiste et d’une croisade du Bien contre le Mal.
Il en est de même en Afrique ou « l’autre poumon de la planète », le bassin du Congo brûle lui aussi est bien plus que l’Amazonie comme l’ont encore montré de récentes images satellites de la NASA. À titre d’exemple, selon les données analysées par la fondation Weather Source, « 6 902 foyers d’incendie ont été enregistrés en quarante-huit heures les 22 et 23 août dernier en Angola et 3 395 en République démocratique du Congo, contre 2127 au Brésil ». Selon le quotidien argentin Clarín, qui qualifie l’Afrique de « continent en flammes », celle-ci concentrerait « au moins 70 % des quelques 10 000 feux dénombrés dans le monde au cours une journée moyenne du mois d’août ».
Mais voilà, Emmanuel Macron ne s’en prend qu’à son homologue Jaïr Bolsonaro, coupable sans doute d’avoir posé récemment un lapin inélégant mais fort significatif au ministre de l’Europe et des affaires étrangères français, Jean-Yves le Drian pour cause d’urgence capillaire. Traiter de « menteur » le dirigeant d’un grand pays allié n’est pas d’une intelligence diplomatique avérée mais Emmanuel Macron fait peut-être partie de ces néophytes en politique qui imaginent que la diplomatie n’est destinée qu’à s’entretenir et se congratuler mutuellement dans l’entre-soi avec les dirigeants des pays avec qui l’on est d’accord (alors qu’elle sert essentiellement à rapprocher les contraires). Il ne faut pas ensuite s’étonner et monter sur ses petits poneys, en jouant les victimes outragées, si on se prend des insultes du même niveau au retour du boomerang. Petit jeu de postures qui est loin de grandir l’image de la politique et des dirigeants des principaux pays de la planète aux yeux de ceux qui les regardent, l’immaturité et les échanges du niveau de cour de récréation, où les petits Grands de ce monde jouent à qui fait pipi le plus loin, semblant devenir la norme dans les relations internationales.
Il n’empêche que de tout cela on déduit qu’aux yeux d’Emmanuel Macron il y a des feux gentils, pour se développer, et des feux méchants, qu’il faut dénoncer. Tout dépend de l’amitié ou de l’inimitié que l’on entretient avec ceux que l’on en juge responsables.

L’Amazonie n’est pas le poumon de la planète

D’abord que veut dire « poumon de la planète » ? C’est une expression très ambiguë. Cela signifie-t-il qu’il s’agirait de la première forêt productive oxygène ? Ou de la première forêt en termes d’absorption de CO2 ? C’est certes une jolie formule mais, dans les deux cas, c’est trompeur et réducteur.
La forêt amazonienne produit de l’oxygène, oui évidemment, comme toute forêt, mais en aucun cas 20 % comme l’a prétendu le président français. La plupart des scientifiques s’accordent pour estimer que l’Amazonie produit environ 5% de notre oxygène, ou à peine davantage (les études les plus optimistes approchent les 9%). Citons juste quelques études : 5% pour Philippe Ciais, chercheur au laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE) interrogé par le Parisien, 6% pour Jonathan Foley, directeur de l’institut de l’environnement de l’université du Minnesota (qui pense même que ses propres calculs sont surévalués). Pour ce chercheur l’ensemble des forêts du monde représentent 50 % de la production d’oxygène (l’autre moitié est produite par les océans) , dont 12 % pour les forêts tropicales comme l’Amazonie (elle représenterait la moitié de ces 12%, donc 6% du total) : « il est biologiquement et physiquement impossible pour l’Amazonie de produire 20 % d’oxygène du monde ». Neil Blair, professeur d’ingénierie environnementale à l’université de Northwest, arrive aussi à 6% de l’oxygène de la planète dans une étude de 1998 dans la revue Sciences, où il explique que les écosystèmes forestiers contemporains contribuent de fait très peu à l’oxygène de l’atmosphère, une grande partie provenant des matières organiques enfouies dans notre sol depuis des milliards d’années. Et pour lui aussi, l’essentiel de l'oxygène émis aujourd’hui vient des océans et de la photosynthèse marine.
Un autre aspect est que si l’Amazonie, comme les autres forêts du monde, produisent de l’oxygène, elles en consomment aussi, c’est ce qu’expliquait il y a quelques jours sur son blog Yadvinder Malhi, professeur de sciences des écosystèmes à l’université d’Oxford . En Amazonie, les plantes et les microbes du sol en consommeraient autant que ce qui est émis chaque année, laissant le système en équilibre.
Quand Emmanuel Macron écrit que l’Amazonie absorbe 14 % du CO2 mondial, ce serait donc également en tant que rétentrice de gaz carbonique (qu’elle transforme donc en oxygène par la phytosynthèse) que l’Amazonie serait « le poumon du monde » ? Or, c’est inexact, car elle en produit aussi. Il peut même arriver qu’une forêt émette plus de CO2 qu’elle n’en absorbe, explique au Huffington post Alain Pavé ancien directeur du programme Amazonie du CNRS. Si des arbres en pleine croissance peuvent en effet mettre beaucoup d’oxygène, d’autres vieillissants ou mourant dégagent surtout du CO2. « Pour faire simple le bilan de la forêt en elle-même est nul quand elle est à son état d’équilibre » conclut Pierre Thomas, professeur émérite à l’École Normale Supérieure de Lyon interrogé par Le Parisien. Pour le chercheur Jean-Pierre Wigneron de l’INRA, il est certain que les écosystèmes d’Amazonie capturent effectivement une quantité énorme de CO2 mais ils en émettent d’aussi importantes au point que, si l’on regarde le bilan net (en clair le gain par séquestration de CO2 moins les pertes par émissions de CO2) les forêts tropicales d’Amérique du Sud ont un bilan globalement neutre sur les 10 dernières années. Pour ce chercheur, les pièges à carbone des surfaces terrestres seraient actuellement plutôt dans les forêts boréales et tempérées, ce serait elles qui nettoieraient l’atmosphère et non l’Amazonie. Mais pour lui aussi le principal poumon reste constitué par les surfaces océaniques.
Il n’en reste pas moins qu’une tonne d’arbres qui brûle se sont presque 2 tonnes de CO2 qui s’évaporent. 30 % du stock mondial de carbone serait stockés dans les forêts (dont l’Amazonie). On peut donc effectivement s’inquiéter à juste titre des incendies de forêt pour le carbone produit (qui peut s’ajouter à celui qui est imputable aux activités humaines), pour les conséquences sur le climat régional comme on l’a vu, pour l’approvisionnement en eau, pour la biodiversité comme on va le voir, mais pas pour l’oxygène comme le prétend le chef de l’Etat français. Le risque écologique est réel, mais pour d’autres raisons que les allégations fantaisistes avancées.

Faites ce que je dis mais ne dites pas ce que je fais

Le véritable poumon de la planète sont donc les océans dont provient la moitié de notre oxygène. C’est le plancton, dont la biomasse totale est nettement supérieure à celle des forêts, qui est le premier producteur d’oxygène tout en étant le plus grand piège à gaz carbonique du monde. C’est pourquoi les scientifiques emploient l’image de « poumon bleu de la planète ».
Or, favoriser le commerce RTW (round the world) par des traités de libre-échange, c’est augmenter sans cesse la flotte de pétroliers et porte-conteneurs qui sillonnent mers et océans, ce qui augmente les risques écologiques en tous genre (pollution directe, réchauffement, accidents, empreinte carbone…). C’est ce que va amplifier la signature du CETA et celle à venir du Mercosur, traité que nombre d’écologistes présentent comme climaticide, mais qui était défendu bec et ongles par LREM il y a quelques jours encore.
En outre, que sont ces incendies qui touchent (vue sa superficie, je ne peux écrire « ravagent » comme si elle allait disparaître du jour au lendemain) la forêt amazonienne ? Certains sont liés à la sécheresse mais beaucoup d’autres, la majeure partie, ont pour objectif de soutenir l’exploitation agricole intensive (élevage et agriculture) et de favoriser les exportations de soja ou d’élevage bovin. L’incendie est le fait d’agriculteurs et d’éleveurs, souvent aussi de grandes firmes, soit pour défricher de vastes zones d’exploitation, soit pour nettoyer et enrichir le sol par brûlis. Ajoutons que le Mercosur doit également permettre les investissements de nos propres multinationales au Brésil, notamment pour l’extraction minière, ce qui évidemment se traduira par la destruction d’une partie de la forêt amazonienne. Cette agriculture intensive est favorisée (au sens qu’il laisse faire) par l’actuel président brésilien qui n’a jamais caché faire passer les intérêts économiques de son pays bien avant les préoccupations écologiques, mais comme d’autres avant lui, notamment le président Lula que personne n’a jamais condamné à cet égard.
Sans doute est-ce la raison pour laquelle Emmanuel Macron, conscient des contradictions portées par son revirement écologique d’un côté, par son soutien à des traités de libre-échange de l’autre, inquiet devant les réactions qu’il n’attendait peut-être pas, consécutives au projet de signature du traité avec l’Amérique du Sud, s’est soudainement « trumpisé » en prétendant, sans même avoir pris l’avis de ses pairs et invités, sortir unilatéralement des accords entre l’Union européenne et Mercosur, histoire de se donner une bonne conscience et virginité écologiques, largement entamées par la négociation des traités transatlantiques, la démission de Nicolas Hulot, le scandale de Rugy, les hésitations sur la taxe carbone ...

L’Amazonie en revanche est capitale pour d’autres raisons

Le vrai problème est ailleurs car l’Amazonie est bien plus qu’un stock d’oxygène.
Le drame environnemental de la déforestation amazonienne concerne avant tout la région. La forêt régule tout le climat de l’Amérique du Sud, elle y maintient l’humidité en produisant de la vapeur d’eau. Si le rythme actuel (c’est-à-dire depuis une trentaine d’années) de déforestation se poursuit, la région risquera de graves problèmes de sécheresse jusqu’au Mexique et au Texas où les précipitations seront impactées (selon une étude de la NASA). Ajoutons que sur tout le continent sud-américain, tant l’agriculture que la production d’énergie reposent sur des barrages qui, s’ils sont menacés par un déficit hydrique, ne pourront plus jouer leur rôle. Mais c’est un problème qui concerne les deux Amérique, du Nord comme du Sud, et le président brésilien a sans doute raison lorsqu’il accuse le président français à cet égard de néocolonialisme. Les associations régionales sont là pour régler ce genre de problème, la France est concernée au même titre que les autres par sa présence en Guyane et, dans une moindre mesure, aux Antilles, mais c’est au sein de la coopération multilatérale régionale que ce genre de problème doit être abordé, comme l’a proposé ces jours-ci le président colombien Ivan Duque qui prépare une proposition de pacte régional pour la conservation de la forêt (« Nous voulons piloter un pacte de conservation entre les pays qui partagent ce territoire amazonien »). Ensemble, entre pays concernés, libres et souverains. Pas en gesticulant et prenant la pose avec un air condescendant de donneur de leçons, sur une scène internationale.
En revanche l’Amazonie concerne aussi le monde car cet écosystème complexe est d’une importance capitale pour la biodiversité. Sur 6 millions de kilomètres carrés, la plus grande forêt tropicale du monde abrite 40 000 espèces de plantes dont 16 000 essences d’arbres, 2,5 millions d’espèces d’insectes, 1500 oiseaux, 500 mammifères… Et selon les scientifiques cette biodiversité inestimable est sûrement beaucoup plus importante que ce qui a déjà été identifié.

L’écologie comme nouvelle religion laïque

Quoi de mieux pour prendre la pose et haranguer les foules que l’écologie transformée en nouvelle religion laïque ? Et rien de plus fédérateur qu’un épouvantail que l’on agite et contre lequel on excite les troupeaux devenus loups. Hier encore le diable, c’était le « facho », c’est-à-dire celui qui osait constater les faits en matière d’insécurité ou de problèmes liés à une immigration incontrôlée. Cela permettait de stigmatiser l’adversaire, de le faire taire par une forme d’autocensure, de le criminaliser en le livrant à la vindicte populaire. Mais ça ne marche plus aussi bien qu’autrefois, car les faits sont là, et une grande partie des électeurs, sans même changer d’appartenances partisanes, sont aujourd’hui d’accord sur le constat urgent d’un faisceau de problèmes, sur l’urgence d’une réaction : être « facho » ne peut plus être un acte de différenciation entre le camp du Bien et le camp du Mal. Il a fallu trouver un autre marqueur pour tracer la ligne rouge entre ceux qui pensent droit et les ennemis déviants. Désormais, aujourd’hui on est écologiste, ou on ne l’est pas. On est un disciple de la prophétesse de l’apocalypse ou on est un inconscient, un gros beauf de capitaliste égoïste peu soucieux des générations de demain. Le juste milieu, un citoyen du monde responsable, cultivé, réfléchi, inquiet devant les changements climatiques, sans certitudes, capable de douter, qui s’interroge sur les causes, sur ce qu’il lui revient de faire, à son échelle, en lisant des articles scientifiques divergents, n’est même pas concevable pour le nouveau totalitarisme vert. Soit on est dans l’urgence, soit on est irresponsable. Tout recul critique est une perte de temps, une trahison, un risque.
La conséquence de ce nouvel embrigadement, et de cette nouvelle religion qui procède par fantasmes, exagération de peurs, manipulation de l’émotion et excommunications, c’est que la formule totalement erronée du chef d’État français, reprise par le footballeur portugais Cristiano Ronaldo de « poumon de la planète » produisant « 20 % de l’oxygène » mondial ont été « likés » et sur les réseaux plus de 15 millions de fois depuis le 22 août ! C’est grave. Une partie des internautes marchent au slogan, galopent à l’émotion, relaient tout et n’importe quoi participant à la désinformation générale. Aussi ne faut-il pas s’étonner de voir d’autres courants d’idées promulguant des croyances au détriment des sciences prendre de l’ampleur à l’échelle de la planète (que certains désormais vont jusqu’à prétendre plate). On a même vu une ministre de l’Education nationale demander aux enseignants, dans son livret sur la laïcité, de mettre science et croyances sur le même plan, sans relation de supériorité de l’une sur l’autre, lorsque cela heurte la sensibilité de certains élèves ou familles! Cela part exactement du même manque de vigilance de la part d’internautes qui ne prennent plus la peine de s’éduquer ni de s’interroger, qui ne doutent jamais, que l’on pétrit de certitudes et que l’on manipule par la peur et l’émotion.

Conclusions

C’est pourquoi la déforestation est une question qui, effectivement, est en droit d’inquiéter le monde entier, mais pas pour les raisons invoquées par le président Macron qui réduit le rôle de la forêt à un simple stock d’oxygène, ce qui, on l’a vu, est contestable et contesté par les scientifiques. Mais dans un cas comme celui-ci, il faut se regarder dans une glace et faire la part des responsabilités de chacun. L’Afrique aurait le droit de se développer mais pas le Brésil ? Pourquoi? Parce que son président est populiste ? La déforestation tient à un système d’agriculture et d’élevage intensif, d’exploitation minière, auxquels nous participons par la mondialisation des échanges, des investissements à l’international, et la signature de traités qui défavorisent et handicapent les systèmes locaux. Emmanuel Macron et son gouvernement sont responsables de favoriser, par les traités qu’ils défendent contre une partie de leurs concitoyens, en particulier les éleveurs et les agriculteurs, un système qui suppose la déforestation amazonienne. Le consommateur lambda qui aujourd’hui crie au scandale et hurle avec les loups contre les feux en Amazonie doit, à son tour, faire son examen de conscience pour revoir éventuellement sa consommation et devenir plus “locavore”. Quitte à ralentir la croissance brésilienne et obliger un pays émergent à un autre mode de développement agricole. Que chacun se détermine en conscience en privilégiant ce qui lui semble essentiel. Mais on ne peut défendre tout et son contraire.
Le second point, c’est que si l’avenir d’une nation ne peut se réduire à prendre la pose en évoquant d’hypothétiques taux de CO2: l’écologie elle-même mérite une autre place dans le débat, une véritable culture scientifique, une capacité à la réflexion qui semble bien loin du président Macron et de son équipe. Ce dernier prétend « avoir changé » et avoir été sensibilisé par la mobilisation des jeunes sur le sujet. Si le Président est sincère, c’est assez inquiétant sur la maturité du personnage soudain touché par la grâce de l’anticapitalisme primaire et qui avouerait ainsi s’être laissé entraîner par une jeunesse elle-même sous l’influence hypermédiatisée et artificiellement créée par une jeune fille (et ses soutiens financiers) menant un combat à la fois politiquement orienté (voir ses liens avec les anticapitalistes et « antifas » du monde entier, surtout américains) et écologiquement douteux car trop radical.
D’autant plus inquiétant que Greta Thunberg est en quelque sorte l’héritière de la deep ecology des deux premiers tiers du XXe siècle, à l’exact opposé du développement durable qui, lui, tente de concilier piliers écologique, social et économique. Cette écologie radicale n’avait jusqu’à présent que très peu pris racine en France, à l’exception de groupuscules d’extrême-gauche dont elle rejoignait l’anticapitalisme et l’espoir d’un Grand Soir : en effet, faisant passer le minéral, le végétal et l’animal avant l’humain considéré uniquement comme un perturbateur et prédateur de l’écosystème, elle apparaissait comme une inversion épistémologique totale de la pensée cartésienne, celle qui présente l’homme comme maître et possesseur de la nature et qui a profondément marqué le rationalisme français, comme l’a magistralement démontré Luc Ferry (Le nouvel ordre écologique. L’arbre, l’animal et l’homme, 2002). Jusqu’à présent la pensée écologique française, et au-delà européenne (cf. les Grünen allemands) cherchait un compromis entre ces deux tendances radicales, le cartésianisme et l’écologie profonde, consciente des dégâts de la présence des hommes en croissance exponentielle sur l’écosystème mais en même temps confiante dans l’intelligence humaine et les progrès techniques qui, jusqu’à aujourd'hui, lui ont toujours permis de surmonter toutes les crises écologico-démographiques annoncées. De la mesure avant toute chose. Mais voilà le président Macron qui, à son tour, se vautre dans l’anti-scientisme et se mue en prophète de l’apocalypse !
Espérons qu’il s’agit juste d’une posture politicienne, ce qui serait plausible étant donné l’absence de la question écologique dans ses préoccupations de campagne. S’il s’agit juste de surfer sur un nouvel engagement de la jeunesse et au-delà du corps social français, de ratisser large en donnant à ces possibles électeurs tentés par l’abstention ou habitués à l’errance entre les partis, le prêt-à-penser conceptuel à la mode qu’ils ont envie d’entendre, c’est parfaitement compréhensible car électoralement payant, même si les ficelles sont un peu grosses. Il peut aussi s’agir de détourner, via l’écologie comme s’y attelle le gouvernement Philippe depuis deux ans, le regard de ses concitoyens des véritables problèmes ou des questions les plus urgentes à régler. Tant que l’on fait semblant de débattre sur écologie, qui semble mettre tout le monde d’accord, on ne parle pas immigration, sécurité, accroissement de la dépense publique, délabrement de l’éducation nationale, affaiblissement de nos forces de l’ordre, France périphérique et désertification hors des grandes métropoles …
Il fallait également, certainement, donner un sens et un souffle à ce G7 ronronnant et adopter une posture consensuelle et un temps d’avance sur ceux qui n’y avaient pas encore pensé. Ne parvenant pas à rassembler pour, on s’allie contre. C’est plus facile, mais moins durable.
La cause de l’Amazonie est un combat réel. Le drame écologique qui s’y trame “à petits feux” est indéniable. Mais la fin, ici comme ailleurs, ne justifie pas les moyens, et surtout pas de mentir pour attirer l’attention sur un problème réel, ce qui ne peut que discréditer la cause que l’on prétend servir. Encore moins lorsqu’il semble évident que la “cause”, ce soudain engouement du président français pour les questions écologiques en général, pour l’Amazonie brésilienne en particulier, , n’est qu’un prétexte à réglements de comptes personnels et politicailleries de bas étage.

par Institut Thomas More 27 juin 2026
Dans un rapport inédit, l’Institut Thomas More dresse l’inventaire des décisions politiques qui ont mis la France à genoux pendant ces 50 dernières années. Chute du niveau scolaire, 35 heures, système de retraite, chômage, déficits, dette, insécurité… Autant d'occasions ratées pour maintenir la France sur le chemin de la prospérité !  "Notre ambition, dans ce rapport, est d’identifier les cinquante décisions qui ont mis la France à genoux en cinquante ans, de les replacer dans leur contexte, d’expliquer les motivations de fond ou les choix opportunistes qui ont abouti à ce qu’elles soient prises, de décrire et chiffrer leur impact et leurs effets cumulatifs, les comparer aussi aux options prises par des pays semblables. Ce travail inédit n’a jamais été réalisé de cette manière : il constitue une somme considérable. Les données citées, les sources et les conséquences mesurées sont issues de statistiques et de rapports publics et parfois privés, incontestables. Il se veut et nous l’avons pensé ainsi, d’intérêt général. Car dans la perspective de 2027, il constitue un préalable à l’élaboration de tout programme crédible. Au regard de la gravité de sa situation, il est impossible de penser redresser le pays sans analyser objectivement les causes" https://institut-thomas-more.org/2026/06/25/rapport36/
par Jean-Marie Montali 10 juin 2026
"Emmanuel Razavi vit sous protection policière. Nora Bussigny est régulièrement la cible de menaces et de campagnes de haine. D’autres parmi nous vivent la même chose. Leur point commun ? Avoir enquêté sur l’islamisme, ses réseaux, l’antisémitisme contemporain ou encore les dérives de la dictature iranienne. Face aux intimidations, aux menaces de mort et aux tentatives de censure, le plus inquiétant n’est peut-être pas la violence des fanatiques. Le plus inquiétant est le silence. Celui d’une partie du monde médiatique, intellectuel et politique, qui semble avoir renoncé à défendre des principes qu’il prétend pourtant universels ." Jean-Marie Montali (né en 1962) est un journaliste français spécialisé en presse écrite , auteur de plusieurs ouvrages et réalisateur de documentaires pour la télévision . Grand reporter , il a occupé divers postes de direction, notamment rédacteur en chef , directeur adjoint et directeur exécutif de la rédaction au Figaro Magazine , directeur adjoint de la rédaction de France-Soir , et directeur adjoint des rédactions du Parisien – Aujourd'hui en France . Dans La Nouvelle Revue Politique, il s'insurge contre une étrange hiérarchie de l’indignation ... https://nouvellerevuepolitique.fr/journalistes-le-silence-qui-deshonore/
par Nicolas Baverez dans FigaroVox 9 juin 2026
"Choose France" est souvent présenté comme un énorme succès de l'économie française. Nicolas Baverez remet les choses en perspective ... "La véritable mesure de l’attractivité de la France reste fournie par la balance des paiements : or elle fait apparaître au 30 juin 2025, sur douze mois, des entrées nettes d’investissements directs de 29,5 milliards, mais des sorties nettes des investissements de portefeuille à hauteur de 136,6 milliards. La France est en réalité confrontée à une fuite massive de capitaux, mais surtout de talents" https://www.lefigaro.fr/vox/economie/nicolas-baverez-de-choose-france-a-loose-france-20260606 CHRONIQUE - La stratégie de restauration de l’attractivité de la France, mise en scène par Choose France sous les ors de Versailles, se trouve en réalité minée par le bilan calamiteux des présidences d’Emmanuel Macron. Passer la publicité La 9 e édition du sommet Choose France , qui s’est déroulée le 1 er juin au château de Versailles, s’est achevée sur un record de promesses d’investissement dans l’Hexagone : 93 milliards d’euros contre 87 milliards cumulés de 2018 à 2025. Et ce en raison de la décision du conglomérat japonais SoftBank, présidé par Masayoshi Son, de mobiliser 75 milliards pour la construction de data centers dans notre pays. Ces annonces, effectuées alors que la guerre d’Iran et le blocage du détroit d’Ormuz font basculer l’économie mondiale dans la stagflation, sont d’autant plus positives qu’elles favoriseront le rattrapage du retard que la France a accumulé dans la révolution de l’IA, avec une capacité de calcul limitée à 1,5 GW fin 2025, loin derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni. Elles soulignent l’intérêt des investisseurs internationaux pour notre pays, en raison des atouts que constituent son énergie nucléaire décarbonée, ses infrastructures et sa situation géographique au cœur du grand marché européen. Elles confirment le succès de la promotion de l’attractivité de la France vis-à-vis des entreprises étrangères, qui demeure l’unique réussite de la politique économique conduite par Emmanuel Macron depuis 2017. Passer la publicité Mais, pour cette raison même, les résultats de Choose France et l’amélioration de l’image de la France demeurent à la fois partiels et fragiles. Tous les projets annoncés ne sont pas réalisés, comme l’a montré l’abandon de plusieurs gigafactories, spécialisées notamment dans la construction de batteries et les semi-conducteurs. Les emplois effectivement créés sont très inférieurs à ceux affichés. Par ailleurs, les opérations annoncées en 2026 concernent en quasi-totalité des data centers, très consommateurs d’électricité, d’eau et d’espace. Avec pour corollaire un risque de dépendance aux géants de la Big Tech américaine qui poursuivent la vassalisation numérique de l’Europe et de monopolisation de l’électricité décarbonée par l’IA au détriment des autres entreprises et des ménages. Les filiales de groupes étrangers n’entrent par ailleurs que pour 15 % de la valeur ajoutée dans notre pays contre 18 % en Allemagne et en Italie et 22 % en Espagne, ce qui témoigne d’un déficit persistant d’attractivité dont la première cause se trouve dans le niveau excessif du coût du travail, de la fiscalité et de la réglementation. La véritable mesure de l’attractivité de la France reste fournie par la balance des paiements : or elle fait apparaître au 30 juin 2025, sur douze mois, des entrées nettes d’investissements directs de 29,5 milliards, mais des sorties nettes des investissements de portefeuille à hauteur de 136,6 milliards. La France est en réalité confrontée à une fuite massive de capitaux, mais surtout de talents (elle a été ravalée au 19 e rang pour l’accueil des entrepreneurs et des cerveaux) et d’entreprises, avec pour symboles le déménagement de Criteo et la cotation à succès de TotalEnergies aux États-Unis. La stratégie de restauration de l’attractivité de la France, mise en scène par Choose France sous les ors de Versailles, se trouve en réalité minée par le bilan calamiteux des présidences d’Emmanuel Macron en termes de déstabilisation des institutions de la V e République, de paralysie et de faillite de l’État, d’explosion des violences et de disparition de la paix civile. La production, l’investissement et l’innovation ne peuvent se développer dans un environnement d’incertitude radicale et d’hostilité à l’entreprise. Or la dissolution de 2024 a ouvert un cycle d’instabilité politique qui risque fort d’être amplifié et non pas refermé par l’élection présidentielle de 2027. L’ordre public a disparu et l’ultraviolence gagne l’ensemble du territoire et de la population, comme le montrent la montée en puissance du narcotrafic ou les émeutes qui ont à nouveau accompagné la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions. L’attractivité de la France est ruinée par la schizophrénie d’une politique économique qui prétend encourager les investissements étrangers tout en poursuivant l’euthanasie des entreprises françaises, créant une paradoxale préférence économique pour l’étrangerSimultanément, l’économie française a basculé dans la stagflation sous l’effet d’un triple choc fiscal, financier et énergétique. L’activité est en récession depuis le premier trimestre 2026 ; l’inflation est passée de 0,9 % à 2,4 % et dépassera 3 % cette année ; le chômage a augmenté de 0,7 % sur un an et tendra vers 9 % de la population active ; le déficit se situera autour de 5,5 % du PIB, portant la dette à près de 120 % du PIB. Ce surendettement est devenu insoutenable, dès lors que le seul service de la dette représentera bientôt 3,5 % du PIB, ce qui exigera un équilibre strict pour toutes les autres dépenses de l’État, des collectivités locales et de la protection sociale. La France, l’homme malade de l’Europe L’attractivité de la France est ainsi ruinée par la schizophrénie d’une politique économique qui prétend encourager les investissements étrangers tout en poursuivant l’euthanasie des entreprises françaises, créant une paradoxale préférence économique pour l’étranger. Au moment même où l’État déroule le tapis rouge et se mobilise pour accueillir géants américains et capitaux japonais, le nombre de faillites atteint un record et les destructions d’emplois se multiplient, notamment dans l’industrie, entraînant une floraison de plans sociaux. Tandis que les oligarques de la Silicon Valley, les promoteurs des Lumières sombres et du transhumanisme, les princes de Wall Street et les as de la gestion de fortune banquettent dans la galerie des Batailles, les entreprises françaises, touchées de plein fouet par le troisième choc pétrolier, sont accablées de hausses d’impôts (23 milliards en 2025 et 21 milliards en 2026), de prélèvements sociaux (2 milliards en plus de la hausse du smic de 2,4 %) et de réglementations kafkaïennes (avec pour dernier avatar la transposition de la directive européenne de 2023 sur la transparence des rémunérations). La France est ainsi devenue un pays de non-droit pour les entreprises, où l’imprévisibilité du cadre réglementaire et fiscal compromet tout investissement de long terme. Keynes, interrogé dans les années 1930 sur la meilleure manière de sortir du trou, avait répondu : « Il faut d’abord cesser de le creuser. » Emmanuel Macon a choisi de creuser le trou des finances publiques de plus en plus vite et de plus en plus profondément, jusqu’à faire de la France l’homme malade de l’Europe. En accumulant 1 500 milliards d’euros de dettes publiques supplémentaires en dix ans, il a fait exploser le modèle français reposant, d’un côté, sur une croissance tirée par la seule consommation alimentée par des aides sociales financées à crédit et, de l’autre, sur la chute de la production, de l’emploi, de l’investissement et des exportations. Le naufrage de la France n’a rien de fatal. Son redressement dépend effectivement de son attractivité économique, qui est indissociable de sa compétitivité, de sa souveraineté et de sa sécurité. Et notre pays dispose d’atouts majeurs qui sont reconnus au-delà de nos frontières, qu’il s’agisse des entrepreneurs et des chercheurs, de l’épargne, de l’énergie décarbonée, des infrastructures, des grandes entreprises internationalisées, de sa culture et de sa civilisation. Mais ces points forts sont annihilés par l’improductivité et la faillite de l’État, incapable d’assurer les services de base alors qu’il accapare 57,2 % du PIB, ainsi que par la détestation et la prédation des entreprises par la classe politique. Et ce alors même qu’elles ne sont pas seulement le lieu de la création des richesses marchandes, dont dépendent le financement des services publics et celui de la solidarité, mais celui où se tissent en grande partie le lien social et la citoyenneté. Attirer les entreprises étrangères, c’est bien ; cesser de tuer les entreprises françaises, c’est mieux !
par Bérénice Levet, philosophe et essayiste, membre du Conseil d’orientation de l’Institut Thomas More 31 mai 2026
"Si ôter la vie n’est plus considéré comme substantiellement contraire à la notion d’humanité, avec la légalisation de l’euthanasie, notre société risque de perdre ses repères moraux, pourtant nécessaires pour affronter la montée de la violence, s’inquiète la philosophe." Un très beau texte sur un sujet qui dépasse largement les clivages politiques et dont les enjeux sont fondamentaux pour notre société ! https://institut-thomas-more.org/2026/05/12/legaliser-leuthanasie-cest-briser-a-jamais-lequation-de-lhumanite-et-du-non-possumus/
par Maxime Duclos 30 mai 2026
Un billet d'humeur de notre ami Maxime Duclos Il est temps de mettre sur la table un sujet dont peu osent réellement parler. Tout le monde le pressent. Beaucoup s’y préparent déjà. Pourtant, rares sont ceux qui acceptent d’aborder publiquement cette réalité : l’élection présidentielle de 2027 risque de provoquer en France une fracture politique et sociale d’une ampleur inédite, y compris au sein même des familles. Car derrière l’échéance électorale qui approche, une autre réalité se dessine progressivement : celle d’un affrontement idéologique devenu profondément émotionnel. À titre personnel, je suis convaincu que 2027 verra une dynamique puissante en faveur du camp national et souverainiste. Et avec elle, très probablement, une majorité parlementaire capable de remettre au cœur du débat les intérêts de la Nation, la souveraineté, l’autorité de l’État, la stabilité et la défense des intérêts français. Mais ce billet n’a pas pour objectif d’analyser les sondages ou les rapports de force électoraux. Le sujet ici est plus humain. Depuis plusieurs années, la politique ne divise plus seulement les électeurs : elle fragmente désormais les cercles privés, les groupes d’amis, les couples et parfois même les familles. Beaucoup de Français le vivent déjà sans forcément l’exprimer : certains évitent volontairement les sujets politiques lors des repas de famille ; d’autres préfèrent se taire plutôt que d’assumer certaines convictions ; d’autres encore constatent qu’un simple désaccord politique suffit désormais à déclencher tensions, jugements moraux ou ruptures relationnelles. Et cette situation risque de s’intensifier fortement à mesure que la campagne présidentielle approchera. Car l’élection de 2027 ne sera pas une élection classique. Elle opposera des visions du monde profondément différentes. D’un côté, une vision souverainiste, attachée à la Nation, à l’autorité, à la maîtrise des frontières, à la stabilité et à une approche pragmatique des politiques publiques. De l’autre, une vision davantage mondialisée, progressiste et idéologique, souvent portée par une lecture morale des débats politiques plutôt que par une logique d’efficacité concrète. Car il faut rappeler une chose simple : une loi ne devrait jamais être votée parce qu’elle est “bien-pensante”, médiatiquement valorisée ou moralement à la mode. Une loi devrait être votée parce qu’elle est utile, applicable, efficace et finançable. Or, depuis plusieurs années, le débat public s’est progressivement transformé en affrontement moral permanent. Celui qui pense différemment n’est plus simplement contredit : il est parfois immédiatement caricaturé, disqualifié ou assimilé à une menace politique ou sociale. Et c’est précisément ce climat qui peut devenir dangereux dans les sphères familiales. Car beaucoup de personnes engagées politiquement — ou simplement attachées à certaines valeurs traditionnelles, souverainistes ou patriotiques — vont probablement faire face, dans les prochains mois, à des réactions parfois très virulentes de la part de proches influencés par un climat médiatique extrêmement polarisé. Il faut être lucide : une partie importante du débat public reposera moins sur l’analyse des programmes que sur une stratégie de diabolisation du camp national. Nous assisterons probablement à une campagne où certains médias, certaines figures militantes et certains relais politiques chercheront avant tout à faire peur, à hystériser le débat et à présenter toute alternative souverainiste comme une menace pour la démocratie. Dans ce contexte, il sera essentiel de garder son calme. Car le véritable piège serait de répondre à la radicalité par la radicalité. Il faudra faire preuve de patience, de retenue et parfois même de distance émotionnelle face à certains débats devenus impossibles. Tout le monde ne réagit pas de manière rationnelle à la politique, surtout dans un climat de tension médiatique permanente. Les réseaux sociaux, les bulles algorithmiques et les logiques de confirmation idéologique ont profondément transformé la manière dont beaucoup de citoyens perçoivent la réalité politique. Il faut donc accepter que certaines personnes proches puissent réagir avec émotion, inquiétude ou hostilité à l’idée d’une victoire du camp national. Mais cela ne doit pas conduire à la haine, à la rupture familiale ou à l’animosité permanente. Car la stabilité, le calme et le pragmatisme doivent précisément rester les qualités de ceux qui prétendent vouloir redresser le pays. Ne tombons pas dans le piège de la colère permanente ou de la conflictualisation absolue des relations humaines. La politique passe. Les élections passent. Les familles, elles, doivent continuer d’exister après les campagnes électorales. Et si 2027 doit être une année de rupture politique, elle ne doit pas devenir une année de rupture humaine.
par Élodie Messéant dans Contrepoints 29 mai 2026
"Engagements de 87 milliards d’euros, prix déconnectés du marché, cas de sur-rémunération, fraude non sanctionnée… La Cour des comptes a publié un rapport qui évalue le coût réel du soutien étatique aux énergies renouvelables (EnR) : un scandale bien étouffé." Une tribune passionnante sur le coût exorbitant de développement coute que coute des ENR en France à lire dans Contrepoints : https://contrepoints.org/soutien-aux-energies-renouvelables-ou-comment-le-contribuable-se-fait-plumer/
par Maxime Duclos 27 mai 2026
Au printemps 2026, l'Assemblée nationale se trouve confrontée à l'un des défis majeurs de son histoire contemporaine : l’effondrement de la natalité française. Ce phénomène ne constitue pas l'unique crise nationale, mais il s'impose comme un défi vital que le gouvernement actuel, et plus encore l'exécutif futur, devra relever d'une main ferme et résolue. Le dépôt d'un nouveau texte législatif à la Présidence ravive un débat nécessaire, mais met en lumière l'écart abyssal entre la froideur des solutions bureaucratiques et la réalité sociologique du pays.  La proposition de loi n° 2679 intitulé : “ faciliter l’accès au logement des familles par la création d’un prêt à taux zéro” pose un constat démographique initial indiscutable lorsqu’elle rappelle pertinemment qu'« en 2025, 651 000 décès ont été enregistrés [...] tandis que 645 000 naissances ont été recensées » et qu'elle admet judicieusement que « le logement et son accession demeurent l'un des plus marquants » freins au projet parental , mais l'examen rigoureux du texte révèle un manque de fond flagrant dès lors que l'exposé des motifs affirme de manière simpliste que « le prêt à taux zéro constitue un instrument indispensable pour notre société » et qu'« il a pour vocation de proposer une aide concrète aux familles » , limitant ainsi la relance de la natalité au seul dispositif de l'article 1er destiné à « financer [...] l'acquisition, la construction ou l'agrandissement de la résidence principale » dans la limite d'un « plafond de 100 000 euros par opération ». Cette posture, bien qu'appuyée sur la réalité statistique rappelant qu'« un jeune sur cinq doit renoncer à avoir un bébé à cause de son logement », mérite d'être abordée avec une plus grande nuance psychologique. S'il est crucial de reconnaître la sincérité de ces difficultés matérielles sans poser de jugement sur les couples actuels, il apparaît tout aussi impératif de constater l'influence profonde du modèle de surconsommation et d'ultra libéralisme dans lequel évolue la jeunesse. L'hésitation face à la parentalité ne saurait être réduite à une simple impasse immobilière ; elle traduit également la nécessité d'accompagner et de guider les consciences vers la valeur fondamentale de la cellule familiale. Face aux injonctions d'un individualisme ambiant qui privilégie parfois le confort personnel et les plaisirs immédiats, le rôle de la puissance publique n'est pas de blâmer, mais d'offrir un cheminement rassurant, capable de réorienter les priorités loin des dérives matérialistes pour redonner le goût de l'engagement durable. Enfin, l'analyse se positionne foncièrement contre la dérive légistique et budgétaire de l'Article 2, lequel énonce de manière automatique que « la perte de recettes pour l'État est compensée à due concurrence par la création d'une taxe additionnelle à l'accise sur les tabacs ». Ce recours systématique à la fiscalité punitive, devenu une clause de style interchangeable pour satisfaire formellement aux exigences de l'article 40 de la Constitution, trahit une paresse méthodologique. Le financement du réarmement démographique de la Nation ne peut pas dépendre d'une taxe comportementale instable, mais doit être compensé de manière économiquement viable par une baisse ciblée et rigoureuse des dépenses de fonctionnement superflues de l'État. En définitive, bien que cette proposition de loi soit, dans la forme, en partie recevable, le fond du problème n'y est pas pleinement discuté. L'urgence démographique exige de travailler sur plusieurs paliers essentiels afin de rassurer et d'accompagner les jeunes couples. Des mesures fiscales protectrices, des aménagements ambitieux du temps familial et un accompagnement moral vers un modèle centré sur la famille sont indispensables pour relancer la natalité. Stop aux demi-mesures unilatérales et technocratiques : il est temps d'ouvrir le champ des possibles et de guider la société, car la chute de la natalité en France ne représente pas un simple défi comptable, elle signe une lente extinction culturelle.
par Gabrielle Cluzel (dans Boulevard Voltaire) 11 mai 2026
Quand les fervents défenseurs du "vivre ensemble" se heurte au réel ... Un édito de Gabrielle Cluzel dans Boulevard Voltaire : https://www.bvoltaire.fr/edito-allegorie-a-la-concorde-le-vrai-vivre-ensemble-a-detruit-le-fantasme/
par Le bureau LD31 8 mai 2026
Une conférence de Thibault de Montbrial qui promet d'être passionnante sur le thème "France le choc ou la chute" ! Salle Barcelone mercredi 20 mai à 18h30 Thibault de Montbrial est un avocat français , président du Centre de Réflexion sur la Sécurité Intérieure (CRSI), un think thank ayant pour objectif de « permettre aux différents professionnels concernés ainsi plus généralement qu’à toutes les personnes intéressées, de se rencontrer et d’échanger ». Il souhaite aussi « permettre de contribuer au débat public et politique sur les questions de sécurité intérieure en proposant des analyses et en apportant des propositions opérationnelles concrètes » [
par Maxime Duclos 30 avril 2026
La France a fait le choix de la puissance. L'actualisation de la Loi de Programmation Militaire (LPM) 2024-2030, adoptée en commission le 23 avril 2026, confirme une trajectoire de réarmement : le budget des armées aura doublé entre 2017 et 2027. En injectant 36 milliards d’euros de ressources nouvelles pour la période 2026-2030, portant le budget total à 435,7 milliards d’euros, la Nation assume son rang. L’objectif est clair : porter l’effort de défense à 2,5 % du PIB d’ici 2030. Cette démarche n'est pas qu'une question de chiffres, c'est une stratégie de survie industrielle. La France impose désormais une « économie de guerre » où l’État peut exiger des industriels la constitution de stocks stratégiques couvrant jusqu’à 6 mois d’activité. Nos fleurons de la Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD) sont les piliers de cette souveraineté : l'accélération des livraisons de munitions, avec une hausse vertigineuse de +400 % pour les munitions téléopérées et +190 % pour l'artillerie de 155 mm, prouve que nous passons d'une logique de flux à une logique de masse. Soutenir nos industries, c'est garantir que nos Rafale, nos frégates et nos blindés ne soient jamais à court d'effecteurs dans un conflit de haute intensité. Réinvestir dans notre défense, c'est aussi refuser la dépendance technologique. En finançant des ruptures dans le spatial, l'IA et le combat ollaboratif, la France s'assure de rester maîtresse de son destin face aux pressions hégémoniques mondiales. à suivre... Maxime Duclos