Débat entre les droites : billet d'humeur

Eule • 4 mars 2023

Débat entre les droites : billet d'humeur

Un de nos fidèles sympathisants qui a assisté au débat organisé par Lignes Droites le 22 février nous a adressé cette tribune passionnante. Merci à lui. Nous partageons ce texte avec vous avec enthousiasme. N'hésitez pas à nous faire part de vos réactions.


"Chers amis,

Me permettrez-vous de vous adresser ce petit billet d’humeur, suite à la réunion de Lignes droites du mercredi 22 février 2023. Et tout d’abord de vous adresser mes compliments pour les efforts que vous déployez pour unir les droites.

Ce billet volontairement critique ne met pas en cause le bureau de Lignes droites, loin s’en faut. Mais il témoigne d’une certaine amertume. Tout de même, cette réunion où les leaders de Haute- Garonne avaient la parole. Quelle indigence. Je partage l’opinion d’une personne de l’assistance qui a exprimé sa déception.

Explication :

Que de banalités maintes fois ressassées sur les fausses oppositions binaires gauche-droite remplacée par l’opposition mondialistes-nationalistes, sur la défense de nos valeurs (non définies, quelles valeurs ? Celles de la République, celles de la démocratie ? Est-ce la même chose ?). On trouve à mon sens une bonne définition de la république chez Michel Winock (Revue Le débat numéro 210, mai-aout 2020). La république, c’est « l’intériorisation par les citoyens de la primauté de l’intérêt général sur les intérêts particuliers ». Y sommes-nous ? Quant à la démocratie, suivons Régis Debray dans sa célèbre distinction entre république et démocratie. En bref, l’idée de la république est proche de la définition ci-dessus, la république, c’est la liberté plus le citoyen autonome (« auto-nome » ça veut dire capable de s’imposer à soi-même des règles), alors que la démocratie (modèle essentiellement anglo-saxon), ce sont avant tout les libertés individuelles. La tolérance est du côté de la démocratie et donc du communautarisme et donc du voile islamique. La république « à la française » si j’ose dire est du côté de l’indivisibilité de la nation. Que choisissent les droites ? J’ajoute cette réflexion trouvée chez Jacques Julliard qui met en doute la capacité de la démocratie, à l’instar de la démocratie athénienne, à fonctionner dans de grands ensembles. (Jacques Julliard, L’esprit du peuple. Robert Laffont. Collection bouquins).

L’Union Européenne ne s’est pas bâtie sur le modèle de la démocratie. Elle en est même le déni. Et aujourd’hui, elle édicte des règles qui s’imposent aux états « démocratiques ». Ce qui ne veut pas dire que nous n’avons pas besoin d’Europe. Sans elle, la folie dépensière de notre actuel Etat serait comme la Grèce d’il y a quelques années, sous la tutelle du FMI. Nous tirons donc des traites sur une institution qui nous impose son autre tutelle. Quelle position, forcément intermédiaire une union des droites (LR + RN et les autres satellites) peut-elle raisonnablement chercher dans cette union ?

Que de questions brulantes que l’on n’a pas posées. On parle beaucoup des valeurs de la République. Voir ci-dessus. Quelle République ? On en est à la cinquième. Et aujourd’hui, prenons l’école. Les valeurs défendues aujourd’hui à l’école ont-elles encore quelque chose à voir avec celles de la République du Jules Ferry ?

Prenons le nationalisme. Selon le mot de Mitterrand, ce grand président (venu de droite) que l’opportunisme a transformé en homme de gauche pour la conquête du pouvoir. Il disait « le nationalisme, c’est la guerre ». Ne faut-il pas aujourd’hui assumer à droite le nationalisme comme forme de fidélité à la nation ? Et le crier assez fort pour couvrir ceux qui hurlent au fascisme dès que l’on prononce ce mot. Ils sont nombreux dans les milieux intellectuels, universitaires, culturels, médiatiques (là ils sont quasiment majoritaires). Et combien de personnes à droite s’arque boutent sur la dangereuse ligne rouge à ne pas dépasser, alors que les fascistes sont à l’ultragauche, soutenus par ce qui reste de la gauche qui ayant, par trahison, perdu l’électorat populaire parti chez madame le Pen, se voue au diable pour exister. La nation, c’est l’histoire commune, massacrée à l’école et par la France d’aujourd’hui, qui s’abstient ou qui vote Macron. La nation, c’est l’enracinement, cher à la philosophe Simone Weil. L’enracinement, besoin naturel de tout être humain.

La nation, c’est ce qui unit les Hommes dans une identité. Qu’est devenu aujourd’hui le concept d’identité ? Les grands esprits (dominants) nous expliquent qu’elle n’existe pas. L’identité façon 21ème siècle est quelque chose de fluide, donc de fluctuant. Ce qui fait que la personne, réduite à un écoulement permanent ne sait plus ce qu’elle est. Elle ne se reconnait plus dans sa nature devenue éphémère et protéiforme. Vive la déconstruction préparée de longue date (les philosophes français de gauche des années 60, Foucault, Derida, Deleuze ou Bourdieu ont implanté dans les campus américains, sous le nom de French theory (nul n’est prophète en son pays) le concept de la déconstruction au temps du Général de Gaulle, qui savait ce qu’était une nation. Et on a 50 ans plus tard en retour le wokisme en Europe (occidentale, précisons-le). Quelle position de la droite (notamment locale) sur ce sujet ?

Civilisation. La personne dans l’auditoire du mercredi l’a dit : Personne n’en a parlé. Les invités à la table ronde ont-ils seulement esquissé une réponse ? Donc je reprends la question. Quelle civilisation européenne voulons-nous ? Ce qui fondait la civilisation européenne, c’était le Christianisme. Un philosophe mondain de droite, ancien ministre de l’Education de Nicolas Sarkozy, Luc Ferry, rabâche sur les ondes de Radio classique que comme le Christianisme s’est effondré, ce qui est vrai, désormais même avec l’aide de son chef spirituel actuel, le pape François qui préfère tendre la main aux Musulmans, nouvel entité victimaire pour tous nos bien-pensants, plutôt que de défendre les Chrétiens d’Orient, précisément massacrés par les dits Musulmans. Si nous ne voulons plus d’une Europe chrétienne, laquelle voulons-nous ? Celle de la commission européenne ? Celle de Macron ? C’est la même chose. C’est une Europe désincarnée. C’est une Europe de marché. Sans transcendance. Pas étonnant qu’elle ne fasse pas rêver les peuples. Comme la France ne fait plus rêver les citoyens, réduits à l’état brut de consommateurs débiles.


Ce que veulent les tenants du libéralisme économique, de la semaine à quatre jours. Même l’art est devenu une marchandise comme les autres. Il y a en ce moment une exposition sur Vermeer au Rijksmuseum d’Amsterdam, de janvier à juin. 200 000 billets ont été vendus. Il n’y a plus de places disponibles avant la fin de l’expo. Je renvoie aux pages féroces du philosophe Michel Onfray qui décrit avec la nausée ces masses d’abrutis qui défilent agglutinés en cohue pressée devant les chefs-d’œuvre en photographiant les tableaux au lieu de les regarder et de les admirer. Comme l’école de la République ne fait plus rêver les enfants. Tant elle leur tend un miroir pour qu’ils admirent l’auto-phénomène de leur propre épanouissement. Pour les adultes, qui ne vont plus à l’école, le miroir, c’est le selfie. Grâce à Apple. Grâce au progrès scientifique, grâce au progrès de la civilisation des progressistes. Grâce à l’avènement de cette société voulue par les « mondialistes » qui fabrique des consommateurs versatiles et tue le citoyen. Alors oui, dans ce cas, défendons notre pouvoir d’achat. Au diable le citoyen ! Quel politique osera aller contre cela ? Dans la Rome antique, c’était panem et circenses. Quelle élévation a-t-on connu depuis ? Le progrès, oui, le progrès scientifique certes. Mais le progrès dans le domaine moral ? Regardons le monde, celui de l’Ukraine et d’ailleurs, mais aussi chez nous. Où est le progrès moral ?


Dans ce monde démantelé, où l’individualisme est triomphant, où il n’y a que des droits (de l’humain, pas de l’Homme… Il faut penser aux femmes tout de même !), quel statut du citoyen ? Que dit la Droite ou que dirait l’union des droites à ce sujet ? Nos participants à la table ronde y ont-ils pensé ? Quand l’individualisme devient la norme dans une société, quelle possibilité pour l’autorité ? Si le nationalisme, c’est la guerre (voir ci-dessus), l’individualisme, c’est la barbarie. Là-dessus la droite a quelques idées sur le régalien. Cela peut devenir un bout de la plateforme des droites. Mais il ne faut pas avoir peur de froisser (était-ce le mot, employé mercredi par un membre du panel ?) les media. Surtout ne pas les fâcher. Les media sont les nouveaux terroristes de la pensée correcte. Il faut les ménager. Ou bien l’union des droites aurait-elle le courage de les affronter ? Zemmour, combien de voix aux élections ? Mieux que Pécresse tout de même. La droite de LR (car sa gauche, c’est Macron). Cette droite a déjà renoncé à tout ce dont nous parlons ici. Elle est « sociétale », pas nationale, est-elle prête à défendre ce qui fait nation ? Que fait-elle sur les questions éthiques ? Une partie d’entre elle ne vote-t-elle pas comme la gauche les « avancées sociétales » des droits de l’individu ? Les députés républicains qui paniquent à l’idée qu’ils vont devoir expliquer à leurs élus qu’ils vont voter « l’immonde » réforme des retraites (tellement radicale qu’il faudra en refaire une autre dans 10 ans) sont-ils prêts à défendre une société où l’on a des devoirs de solidarité générationnelle et pas seulement des droits. Combien de voix défendent les générations futures que ce gouvernement et d’autres auparavant accablent par anticipation de dettes insoutenables ? Individualisme, voire égoïsme foncier, oblige. Mais c’est aussi cet individualisme (d’ailleurs aussi à la racine du Christianisme, il faut le reconnaitre) qui entraîne la violence dans la société et jusque dans l’hémicycle.


Crise de l’autorité tous azimuts. On en parle ? Je ne vais pas énumérer. Il suffit de voir se multiplier les refus d’obtempérer. Absence d’Etat. Un président qui désacralise la fonction. Une société désarticulée, « archipellisée » (Jérôme Fourquet). Refus du travail, même chez les cadres du pays. Critiques de jeunes brillants diplômés qui abîment l’école d’élite qui les a formés le jour de la remise des diplômes. Du jamais vu. On ne s’en émeut même pas, tant ceux qui en sont conscients, mesurent le travail à faire pour sortir de l’ornière.


Face à ces défis, il est affligeant d’entendre dire « Je ne peux pas voter avec un parti qui vote les lois du gouvernement » ! Et si la loi est bonne pour le peuple ?


Des droites traditionnelles, qui depuis l’analyse célèbre de René Raymond sont au nombre de 3. Une Légitimiste, une Orléaniste et une Bonapartiste. Laquelle des 3 est susceptible de promouvoir une union des droites ? La première est monarchiste et la monarchie a son utilité en Belgique, au Royaume-Uni (C’est justement elle qui l’unit) ou en Espagne. Pour la France, c’est râpé. La seconde, c’est l’idéologie de Macron. Râpé aussi. Reste l’option Bonaparte. Qu’en pensent ces politiques du panel ? Ils ont intérêt à se faire vite une religion. Car la République des juges est déjà en train de les remplacer.


J’ai eu l’inélégance d’être beaucoup trop long. Je prie mes lecteurs éventuels de m’en excuser."

par Institut Thomas More 27 juin 2026
Dans un rapport inédit, l’Institut Thomas More dresse l’inventaire des décisions politiques qui ont mis la France à genoux pendant ces 50 dernières années. Chute du niveau scolaire, 35 heures, système de retraite, chômage, déficits, dette, insécurité… Autant d'occasions ratées pour maintenir la France sur le chemin de la prospérité !  "Notre ambition, dans ce rapport, est d’identifier les cinquante décisions qui ont mis la France à genoux en cinquante ans, de les replacer dans leur contexte, d’expliquer les motivations de fond ou les choix opportunistes qui ont abouti à ce qu’elles soient prises, de décrire et chiffrer leur impact et leurs effets cumulatifs, les comparer aussi aux options prises par des pays semblables. Ce travail inédit n’a jamais été réalisé de cette manière : il constitue une somme considérable. Les données citées, les sources et les conséquences mesurées sont issues de statistiques et de rapports publics et parfois privés, incontestables. Il se veut et nous l’avons pensé ainsi, d’intérêt général. Car dans la perspective de 2027, il constitue un préalable à l’élaboration de tout programme crédible. Au regard de la gravité de sa situation, il est impossible de penser redresser le pays sans analyser objectivement les causes" https://institut-thomas-more.org/2026/06/25/rapport36/
par Jean-Marie Montali 10 juin 2026
"Emmanuel Razavi vit sous protection policière. Nora Bussigny est régulièrement la cible de menaces et de campagnes de haine. D’autres parmi nous vivent la même chose. Leur point commun ? Avoir enquêté sur l’islamisme, ses réseaux, l’antisémitisme contemporain ou encore les dérives de la dictature iranienne. Face aux intimidations, aux menaces de mort et aux tentatives de censure, le plus inquiétant n’est peut-être pas la violence des fanatiques. Le plus inquiétant est le silence. Celui d’une partie du monde médiatique, intellectuel et politique, qui semble avoir renoncé à défendre des principes qu’il prétend pourtant universels ." Jean-Marie Montali (né en 1962) est un journaliste français spécialisé en presse écrite , auteur de plusieurs ouvrages et réalisateur de documentaires pour la télévision . Grand reporter , il a occupé divers postes de direction, notamment rédacteur en chef , directeur adjoint et directeur exécutif de la rédaction au Figaro Magazine , directeur adjoint de la rédaction de France-Soir , et directeur adjoint des rédactions du Parisien – Aujourd'hui en France . Dans La Nouvelle Revue Politique, il s'insurge contre une étrange hiérarchie de l’indignation ... https://nouvellerevuepolitique.fr/journalistes-le-silence-qui-deshonore/
par Nicolas Baverez dans FigaroVox 9 juin 2026
"Choose France" est souvent présenté comme un énorme succès de l'économie française. Nicolas Baverez remet les choses en perspective ... "La véritable mesure de l’attractivité de la France reste fournie par la balance des paiements : or elle fait apparaître au 30 juin 2025, sur douze mois, des entrées nettes d’investissements directs de 29,5 milliards, mais des sorties nettes des investissements de portefeuille à hauteur de 136,6 milliards. La France est en réalité confrontée à une fuite massive de capitaux, mais surtout de talents" https://www.lefigaro.fr/vox/economie/nicolas-baverez-de-choose-france-a-loose-france-20260606 CHRONIQUE - La stratégie de restauration de l’attractivité de la France, mise en scène par Choose France sous les ors de Versailles, se trouve en réalité minée par le bilan calamiteux des présidences d’Emmanuel Macron. Passer la publicité La 9 e édition du sommet Choose France , qui s’est déroulée le 1 er juin au château de Versailles, s’est achevée sur un record de promesses d’investissement dans l’Hexagone : 93 milliards d’euros contre 87 milliards cumulés de 2018 à 2025. Et ce en raison de la décision du conglomérat japonais SoftBank, présidé par Masayoshi Son, de mobiliser 75 milliards pour la construction de data centers dans notre pays. Ces annonces, effectuées alors que la guerre d’Iran et le blocage du détroit d’Ormuz font basculer l’économie mondiale dans la stagflation, sont d’autant plus positives qu’elles favoriseront le rattrapage du retard que la France a accumulé dans la révolution de l’IA, avec une capacité de calcul limitée à 1,5 GW fin 2025, loin derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni. Elles soulignent l’intérêt des investisseurs internationaux pour notre pays, en raison des atouts que constituent son énergie nucléaire décarbonée, ses infrastructures et sa situation géographique au cœur du grand marché européen. Elles confirment le succès de la promotion de l’attractivité de la France vis-à-vis des entreprises étrangères, qui demeure l’unique réussite de la politique économique conduite par Emmanuel Macron depuis 2017. Passer la publicité Mais, pour cette raison même, les résultats de Choose France et l’amélioration de l’image de la France demeurent à la fois partiels et fragiles. Tous les projets annoncés ne sont pas réalisés, comme l’a montré l’abandon de plusieurs gigafactories, spécialisées notamment dans la construction de batteries et les semi-conducteurs. Les emplois effectivement créés sont très inférieurs à ceux affichés. Par ailleurs, les opérations annoncées en 2026 concernent en quasi-totalité des data centers, très consommateurs d’électricité, d’eau et d’espace. Avec pour corollaire un risque de dépendance aux géants de la Big Tech américaine qui poursuivent la vassalisation numérique de l’Europe et de monopolisation de l’électricité décarbonée par l’IA au détriment des autres entreprises et des ménages. Les filiales de groupes étrangers n’entrent par ailleurs que pour 15 % de la valeur ajoutée dans notre pays contre 18 % en Allemagne et en Italie et 22 % en Espagne, ce qui témoigne d’un déficit persistant d’attractivité dont la première cause se trouve dans le niveau excessif du coût du travail, de la fiscalité et de la réglementation. La véritable mesure de l’attractivité de la France reste fournie par la balance des paiements : or elle fait apparaître au 30 juin 2025, sur douze mois, des entrées nettes d’investissements directs de 29,5 milliards, mais des sorties nettes des investissements de portefeuille à hauteur de 136,6 milliards. La France est en réalité confrontée à une fuite massive de capitaux, mais surtout de talents (elle a été ravalée au 19 e rang pour l’accueil des entrepreneurs et des cerveaux) et d’entreprises, avec pour symboles le déménagement de Criteo et la cotation à succès de TotalEnergies aux États-Unis. La stratégie de restauration de l’attractivité de la France, mise en scène par Choose France sous les ors de Versailles, se trouve en réalité minée par le bilan calamiteux des présidences d’Emmanuel Macron en termes de déstabilisation des institutions de la V e République, de paralysie et de faillite de l’État, d’explosion des violences et de disparition de la paix civile. La production, l’investissement et l’innovation ne peuvent se développer dans un environnement d’incertitude radicale et d’hostilité à l’entreprise. Or la dissolution de 2024 a ouvert un cycle d’instabilité politique qui risque fort d’être amplifié et non pas refermé par l’élection présidentielle de 2027. L’ordre public a disparu et l’ultraviolence gagne l’ensemble du territoire et de la population, comme le montrent la montée en puissance du narcotrafic ou les émeutes qui ont à nouveau accompagné la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions. L’attractivité de la France est ruinée par la schizophrénie d’une politique économique qui prétend encourager les investissements étrangers tout en poursuivant l’euthanasie des entreprises françaises, créant une paradoxale préférence économique pour l’étrangerSimultanément, l’économie française a basculé dans la stagflation sous l’effet d’un triple choc fiscal, financier et énergétique. L’activité est en récession depuis le premier trimestre 2026 ; l’inflation est passée de 0,9 % à 2,4 % et dépassera 3 % cette année ; le chômage a augmenté de 0,7 % sur un an et tendra vers 9 % de la population active ; le déficit se situera autour de 5,5 % du PIB, portant la dette à près de 120 % du PIB. Ce surendettement est devenu insoutenable, dès lors que le seul service de la dette représentera bientôt 3,5 % du PIB, ce qui exigera un équilibre strict pour toutes les autres dépenses de l’État, des collectivités locales et de la protection sociale. La France, l’homme malade de l’Europe L’attractivité de la France est ainsi ruinée par la schizophrénie d’une politique économique qui prétend encourager les investissements étrangers tout en poursuivant l’euthanasie des entreprises françaises, créant une paradoxale préférence économique pour l’étranger. Au moment même où l’État déroule le tapis rouge et se mobilise pour accueillir géants américains et capitaux japonais, le nombre de faillites atteint un record et les destructions d’emplois se multiplient, notamment dans l’industrie, entraînant une floraison de plans sociaux. Tandis que les oligarques de la Silicon Valley, les promoteurs des Lumières sombres et du transhumanisme, les princes de Wall Street et les as de la gestion de fortune banquettent dans la galerie des Batailles, les entreprises françaises, touchées de plein fouet par le troisième choc pétrolier, sont accablées de hausses d’impôts (23 milliards en 2025 et 21 milliards en 2026), de prélèvements sociaux (2 milliards en plus de la hausse du smic de 2,4 %) et de réglementations kafkaïennes (avec pour dernier avatar la transposition de la directive européenne de 2023 sur la transparence des rémunérations). La France est ainsi devenue un pays de non-droit pour les entreprises, où l’imprévisibilité du cadre réglementaire et fiscal compromet tout investissement de long terme. Keynes, interrogé dans les années 1930 sur la meilleure manière de sortir du trou, avait répondu : « Il faut d’abord cesser de le creuser. » Emmanuel Macon a choisi de creuser le trou des finances publiques de plus en plus vite et de plus en plus profondément, jusqu’à faire de la France l’homme malade de l’Europe. En accumulant 1 500 milliards d’euros de dettes publiques supplémentaires en dix ans, il a fait exploser le modèle français reposant, d’un côté, sur une croissance tirée par la seule consommation alimentée par des aides sociales financées à crédit et, de l’autre, sur la chute de la production, de l’emploi, de l’investissement et des exportations. Le naufrage de la France n’a rien de fatal. Son redressement dépend effectivement de son attractivité économique, qui est indissociable de sa compétitivité, de sa souveraineté et de sa sécurité. Et notre pays dispose d’atouts majeurs qui sont reconnus au-delà de nos frontières, qu’il s’agisse des entrepreneurs et des chercheurs, de l’épargne, de l’énergie décarbonée, des infrastructures, des grandes entreprises internationalisées, de sa culture et de sa civilisation. Mais ces points forts sont annihilés par l’improductivité et la faillite de l’État, incapable d’assurer les services de base alors qu’il accapare 57,2 % du PIB, ainsi que par la détestation et la prédation des entreprises par la classe politique. Et ce alors même qu’elles ne sont pas seulement le lieu de la création des richesses marchandes, dont dépendent le financement des services publics et celui de la solidarité, mais celui où se tissent en grande partie le lien social et la citoyenneté. Attirer les entreprises étrangères, c’est bien ; cesser de tuer les entreprises françaises, c’est mieux !
par Bérénice Levet, philosophe et essayiste, membre du Conseil d’orientation de l’Institut Thomas More 31 mai 2026
"Si ôter la vie n’est plus considéré comme substantiellement contraire à la notion d’humanité, avec la légalisation de l’euthanasie, notre société risque de perdre ses repères moraux, pourtant nécessaires pour affronter la montée de la violence, s’inquiète la philosophe." Un très beau texte sur un sujet qui dépasse largement les clivages politiques et dont les enjeux sont fondamentaux pour notre société ! https://institut-thomas-more.org/2026/05/12/legaliser-leuthanasie-cest-briser-a-jamais-lequation-de-lhumanite-et-du-non-possumus/
par Maxime Duclos 30 mai 2026
Un billet d'humeur de notre ami Maxime Duclos Il est temps de mettre sur la table un sujet dont peu osent réellement parler. Tout le monde le pressent. Beaucoup s’y préparent déjà. Pourtant, rares sont ceux qui acceptent d’aborder publiquement cette réalité : l’élection présidentielle de 2027 risque de provoquer en France une fracture politique et sociale d’une ampleur inédite, y compris au sein même des familles. Car derrière l’échéance électorale qui approche, une autre réalité se dessine progressivement : celle d’un affrontement idéologique devenu profondément émotionnel. À titre personnel, je suis convaincu que 2027 verra une dynamique puissante en faveur du camp national et souverainiste. Et avec elle, très probablement, une majorité parlementaire capable de remettre au cœur du débat les intérêts de la Nation, la souveraineté, l’autorité de l’État, la stabilité et la défense des intérêts français. Mais ce billet n’a pas pour objectif d’analyser les sondages ou les rapports de force électoraux. Le sujet ici est plus humain. Depuis plusieurs années, la politique ne divise plus seulement les électeurs : elle fragmente désormais les cercles privés, les groupes d’amis, les couples et parfois même les familles. Beaucoup de Français le vivent déjà sans forcément l’exprimer : certains évitent volontairement les sujets politiques lors des repas de famille ; d’autres préfèrent se taire plutôt que d’assumer certaines convictions ; d’autres encore constatent qu’un simple désaccord politique suffit désormais à déclencher tensions, jugements moraux ou ruptures relationnelles. Et cette situation risque de s’intensifier fortement à mesure que la campagne présidentielle approchera. Car l’élection de 2027 ne sera pas une élection classique. Elle opposera des visions du monde profondément différentes. D’un côté, une vision souverainiste, attachée à la Nation, à l’autorité, à la maîtrise des frontières, à la stabilité et à une approche pragmatique des politiques publiques. De l’autre, une vision davantage mondialisée, progressiste et idéologique, souvent portée par une lecture morale des débats politiques plutôt que par une logique d’efficacité concrète. Car il faut rappeler une chose simple : une loi ne devrait jamais être votée parce qu’elle est “bien-pensante”, médiatiquement valorisée ou moralement à la mode. Une loi devrait être votée parce qu’elle est utile, applicable, efficace et finançable. Or, depuis plusieurs années, le débat public s’est progressivement transformé en affrontement moral permanent. Celui qui pense différemment n’est plus simplement contredit : il est parfois immédiatement caricaturé, disqualifié ou assimilé à une menace politique ou sociale. Et c’est précisément ce climat qui peut devenir dangereux dans les sphères familiales. Car beaucoup de personnes engagées politiquement — ou simplement attachées à certaines valeurs traditionnelles, souverainistes ou patriotiques — vont probablement faire face, dans les prochains mois, à des réactions parfois très virulentes de la part de proches influencés par un climat médiatique extrêmement polarisé. Il faut être lucide : une partie importante du débat public reposera moins sur l’analyse des programmes que sur une stratégie de diabolisation du camp national. Nous assisterons probablement à une campagne où certains médias, certaines figures militantes et certains relais politiques chercheront avant tout à faire peur, à hystériser le débat et à présenter toute alternative souverainiste comme une menace pour la démocratie. Dans ce contexte, il sera essentiel de garder son calme. Car le véritable piège serait de répondre à la radicalité par la radicalité. Il faudra faire preuve de patience, de retenue et parfois même de distance émotionnelle face à certains débats devenus impossibles. Tout le monde ne réagit pas de manière rationnelle à la politique, surtout dans un climat de tension médiatique permanente. Les réseaux sociaux, les bulles algorithmiques et les logiques de confirmation idéologique ont profondément transformé la manière dont beaucoup de citoyens perçoivent la réalité politique. Il faut donc accepter que certaines personnes proches puissent réagir avec émotion, inquiétude ou hostilité à l’idée d’une victoire du camp national. Mais cela ne doit pas conduire à la haine, à la rupture familiale ou à l’animosité permanente. Car la stabilité, le calme et le pragmatisme doivent précisément rester les qualités de ceux qui prétendent vouloir redresser le pays. Ne tombons pas dans le piège de la colère permanente ou de la conflictualisation absolue des relations humaines. La politique passe. Les élections passent. Les familles, elles, doivent continuer d’exister après les campagnes électorales. Et si 2027 doit être une année de rupture politique, elle ne doit pas devenir une année de rupture humaine.
par Élodie Messéant dans Contrepoints 29 mai 2026
"Engagements de 87 milliards d’euros, prix déconnectés du marché, cas de sur-rémunération, fraude non sanctionnée… La Cour des comptes a publié un rapport qui évalue le coût réel du soutien étatique aux énergies renouvelables (EnR) : un scandale bien étouffé." Une tribune passionnante sur le coût exorbitant de développement coute que coute des ENR en France à lire dans Contrepoints : https://contrepoints.org/soutien-aux-energies-renouvelables-ou-comment-le-contribuable-se-fait-plumer/
par Maxime Duclos 27 mai 2026
Au printemps 2026, l'Assemblée nationale se trouve confrontée à l'un des défis majeurs de son histoire contemporaine : l’effondrement de la natalité française. Ce phénomène ne constitue pas l'unique crise nationale, mais il s'impose comme un défi vital que le gouvernement actuel, et plus encore l'exécutif futur, devra relever d'une main ferme et résolue. Le dépôt d'un nouveau texte législatif à la Présidence ravive un débat nécessaire, mais met en lumière l'écart abyssal entre la froideur des solutions bureaucratiques et la réalité sociologique du pays.  La proposition de loi n° 2679 intitulé : “ faciliter l’accès au logement des familles par la création d’un prêt à taux zéro” pose un constat démographique initial indiscutable lorsqu’elle rappelle pertinemment qu'« en 2025, 651 000 décès ont été enregistrés [...] tandis que 645 000 naissances ont été recensées » et qu'elle admet judicieusement que « le logement et son accession demeurent l'un des plus marquants » freins au projet parental , mais l'examen rigoureux du texte révèle un manque de fond flagrant dès lors que l'exposé des motifs affirme de manière simpliste que « le prêt à taux zéro constitue un instrument indispensable pour notre société » et qu'« il a pour vocation de proposer une aide concrète aux familles » , limitant ainsi la relance de la natalité au seul dispositif de l'article 1er destiné à « financer [...] l'acquisition, la construction ou l'agrandissement de la résidence principale » dans la limite d'un « plafond de 100 000 euros par opération ». Cette posture, bien qu'appuyée sur la réalité statistique rappelant qu'« un jeune sur cinq doit renoncer à avoir un bébé à cause de son logement », mérite d'être abordée avec une plus grande nuance psychologique. S'il est crucial de reconnaître la sincérité de ces difficultés matérielles sans poser de jugement sur les couples actuels, il apparaît tout aussi impératif de constater l'influence profonde du modèle de surconsommation et d'ultra libéralisme dans lequel évolue la jeunesse. L'hésitation face à la parentalité ne saurait être réduite à une simple impasse immobilière ; elle traduit également la nécessité d'accompagner et de guider les consciences vers la valeur fondamentale de la cellule familiale. Face aux injonctions d'un individualisme ambiant qui privilégie parfois le confort personnel et les plaisirs immédiats, le rôle de la puissance publique n'est pas de blâmer, mais d'offrir un cheminement rassurant, capable de réorienter les priorités loin des dérives matérialistes pour redonner le goût de l'engagement durable. Enfin, l'analyse se positionne foncièrement contre la dérive légistique et budgétaire de l'Article 2, lequel énonce de manière automatique que « la perte de recettes pour l'État est compensée à due concurrence par la création d'une taxe additionnelle à l'accise sur les tabacs ». Ce recours systématique à la fiscalité punitive, devenu une clause de style interchangeable pour satisfaire formellement aux exigences de l'article 40 de la Constitution, trahit une paresse méthodologique. Le financement du réarmement démographique de la Nation ne peut pas dépendre d'une taxe comportementale instable, mais doit être compensé de manière économiquement viable par une baisse ciblée et rigoureuse des dépenses de fonctionnement superflues de l'État. En définitive, bien que cette proposition de loi soit, dans la forme, en partie recevable, le fond du problème n'y est pas pleinement discuté. L'urgence démographique exige de travailler sur plusieurs paliers essentiels afin de rassurer et d'accompagner les jeunes couples. Des mesures fiscales protectrices, des aménagements ambitieux du temps familial et un accompagnement moral vers un modèle centré sur la famille sont indispensables pour relancer la natalité. Stop aux demi-mesures unilatérales et technocratiques : il est temps d'ouvrir le champ des possibles et de guider la société, car la chute de la natalité en France ne représente pas un simple défi comptable, elle signe une lente extinction culturelle.
par Gabrielle Cluzel (dans Boulevard Voltaire) 11 mai 2026
Quand les fervents défenseurs du "vivre ensemble" se heurte au réel ... Un édito de Gabrielle Cluzel dans Boulevard Voltaire : https://www.bvoltaire.fr/edito-allegorie-a-la-concorde-le-vrai-vivre-ensemble-a-detruit-le-fantasme/
par Le bureau LD31 8 mai 2026
Une conférence de Thibault de Montbrial qui promet d'être passionnante sur le thème "France le choc ou la chute" ! Salle Barcelone mercredi 20 mai à 18h30 Thibault de Montbrial est un avocat français , président du Centre de Réflexion sur la Sécurité Intérieure (CRSI), un think thank ayant pour objectif de « permettre aux différents professionnels concernés ainsi plus généralement qu’à toutes les personnes intéressées, de se rencontrer et d’échanger ». Il souhaite aussi « permettre de contribuer au débat public et politique sur les questions de sécurité intérieure en proposant des analyses et en apportant des propositions opérationnelles concrètes » [
par Maxime Duclos 30 avril 2026
La France a fait le choix de la puissance. L'actualisation de la Loi de Programmation Militaire (LPM) 2024-2030, adoptée en commission le 23 avril 2026, confirme une trajectoire de réarmement : le budget des armées aura doublé entre 2017 et 2027. En injectant 36 milliards d’euros de ressources nouvelles pour la période 2026-2030, portant le budget total à 435,7 milliards d’euros, la Nation assume son rang. L’objectif est clair : porter l’effort de défense à 2,5 % du PIB d’ici 2030. Cette démarche n'est pas qu'une question de chiffres, c'est une stratégie de survie industrielle. La France impose désormais une « économie de guerre » où l’État peut exiger des industriels la constitution de stocks stratégiques couvrant jusqu’à 6 mois d’activité. Nos fleurons de la Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD) sont les piliers de cette souveraineté : l'accélération des livraisons de munitions, avec une hausse vertigineuse de +400 % pour les munitions téléopérées et +190 % pour l'artillerie de 155 mm, prouve que nous passons d'une logique de flux à une logique de masse. Soutenir nos industries, c'est garantir que nos Rafale, nos frégates et nos blindés ne soient jamais à court d'effecteurs dans un conflit de haute intensité. Réinvestir dans notre défense, c'est aussi refuser la dépendance technologique. En finançant des ruptures dans le spatial, l'IA et le combat ollaboratif, la France s'assure de rester maîtresse de son destin face aux pressions hégémoniques mondiales. à suivre... Maxime Duclos