Pour une droite décomplexée ! L’exemple des élections madrilènes

Natacha Gray • 6 mai 2021

Pour une droite décomplexée ! L’exemple des élections madrilènes

Écrasante victoire de la droite ce mardi 4 mai ! Celle-ci double son score de 2019, lors des précédentes élections régionales et remporte, avec 44,7 % des voix, 65 sièges sur 136, frôlant de peu la majorité absolue ! Taux de participation historique de 76,24 % ! Un rêve ? Non une réalité ! Mais c’est en Espagne que cela se passe, plus précisément dans la communauté autonome de Madrid. Car hélas, il ne s’agit pas de la droite française mais du Partido Popular (PP) qui vient d’obtenir une victoire historique, lui permettant même de gouverner à la majorité simple puisqu’il a remporté à lui tout seul davantage de sièges que toute l’opposition de gauche réunie. Cela se passe chez nos voisins espagnols, certes, mais tant dans l’évolution de sa stratégie d’alliances, que dans une campagne ferme et fière se revendiquant d’une « droite décomplexée » et ne se trompant pas d’adversaire, dans les choix courageux assumés depuis un an dans la crise sanitaire, ce triomphe de la droite madrilène semble porteur de nombreux enseignements pour les LR, aujourd’hui écartelés entre plusieurs tropismes.


1.Rappelons tout d’abord le contexte .

Pourquoi seule la communauté madrilène était-elle concernée par ces élections régionales ? Le scrutin avait été provoqué par la décision surprise de Madame Díaz Ayuso, la présidente de l’assemblée régionale de mettre fin à son alliance avec le parti de centre droit Ciudadanos (l’équivalent de LREM).

Ensuite précisons que les enjeux sont beaucoup plus importants chez nos voisins que pour une élection régionale en France, les régions, qualifiées de communautés autonomes, ayant infiniment plus de pouvoirs que chez nous. Parmi elles, la région de Madrid est la plus riche du pays et la plus densément peuplée (avec 6,5 millions sur un peu moins de 47 millions d’habitants). Et c’est évidemment la région de la capitale.

Ces élections, très suivies par les médias espagnols, devaient donc faire l’effet de test , et cela d’autant plus que le chef du gouvernement s’était personnellement impliqué. Et même si les résultats ne sont pas censés avoir d’impact immédiat au niveau national, il semblait déjà évident à tous qu’ils pourraient faire et défaire des carrières politiques, ce qui est déjà le cas : dès l’annonce des résultats, calamiteux pour son parti, Pablo Iglesias, le leader de Podemos et de la coalition de gauche aux régionales, l’équivalent de LFI en France, a déjà annoncé qu’il quittait la politique . Et Isabel Díaz Ayuso, présidente de la région, confirme sa position de figure montante de la droite espagnole. La campagne s’est d’ailleurs déroulée dans un climat exceptionnellement tendu. En outre les électeurs ne s’y sont pas trompés et la très forte mobilisation reflète la portée nationale du scrutin. D’ailleurs le Partido Popular avait bel et bien présenté cette élection comme une étape cruciale sur le chemin de son retour au pouvoir en Espagne



2.Les résultats sont sans appel.

Le Partido popular, avec sa ligne clairement droitière, a donc doublé son score depuis le scrutin de 2019. Avec 44,7% des voix, 65 sièges sur 136, il manque de peu la majorité absolue (47,5%) mais pourra gouverner seul avec une majorité simple, tant que Vox ne s’oppose pas à lui, ce que la leader du parti d’extrême-droite n’a aucune intention de faire puisqu’elle a aussitôt annoncé que le PP pourrait toujours compter sur ses voix. Contrairement aux prévisions, la droite de la communauté madrilène n’a donc même pas besoin de faire la moindre alliance pour gouverner.

Vox, le parti d’extrême-droite, avec 13 sièges contre 12 l’année précédente, sort stabilisé de ce scrutin. Certains commentateurs disent qu’il est affaibli, ou marginalisé. Certes il ne peut établir le moindre chantage qu’une alliance nécessaire aurait rendu possible. Mais les grands perdants sont au centre, et à gauche.

Ciudadanos , le parti de centre droit qui voulait renouveler la politique et que certains ont comparé à LREM (1), disparaît de l’assemblée. Après ce revers historique il ne compte plus aucun député à l’assemblée régionale, ses électeurs semblant s’être majoritairement reportés sur le PP après l’accord du PSOE avec l’extrême gauche.

Les socialistes du PSOE étaient arrivés en tête en 2019 mais n’avaient pas trouvé d’alliés pour se hisser au pouvoir, laissant la place à la coalition droite-centre droit. Ils perdent 13 députés régionaux, n’ont plus que 24 sièges. Ils sont même devancés sur leur gauche par la petite formation de gauche Más Madrid (MM) , conduite par Mónica García, une jeune médecin inconnue du grand public. C’est un revers cinglant pour Pedro Sánchez, à la tête du gouvernement depuis 2018, car ce dernier s’était investi personnellement dans la campagne, cherchant à mobiliser l’électorat de gauche et centriste en brandissant la menace de l’extrême droite (« fascisme », « dictature »). Il a d’ailleurs qualifié de « tragédie » le triomphe du Parti Populaire qu’il décrit comme « la droite trumpiste ».

Podemos ou Unidas Podemos (UP) (allié du PSOE dans ces élections régionales mais aussi partenaire des socialistes au sein de la coalition au pouvoir en Espagne), l’équivalent de la France Insoumise là-bas, est considéré comme le grand perdant car c’est son leader Pablo Iglesias qui était le chef de file de la coalition de gauche. Aspirant à diriger la Communauté de Madrid, il avait même quitté son poste de vice président du gouvernement Sánchez pour mener son parti dans la bataille des régionales. Il vient donc d’annoncer son retrait de la vie politique après cette victoire écrasante de la droite.

En définitive la gauche tout entière ne totalise plus que 58 sièges soit moins que le Partido Popular à lui tout seul

Notons enfin, une fois encore, la participation qui traduit une très forte mobilisation malgré la pandémie, 5,1 million d’électeurs s’étant déplacés en masse, soit plus de 76% des électeurs, une hausse de plus de 10 % par rapport au scrutin de l’année dernière qui avait pourtant, déjà, fortement mobilisé.

Les illustrations ci-dessous (source El País ) témoignent visuellement, au-delà des mots, du triomphe de la droite et de l’effondrement de ses adversaires

Les résultats (par commune) en 2019 et en 2021 (en rouge la gauche, en bleu, la droite) :


Répartition (en voix) en 2019 et 2021 :


Répartition (en sièges) comparaison 2019 et 2021 :


Répartition et majorité absolue en mai 2021 :

3. Les raisons de la victoire


Une campagne nettement à droite

Sous l’égide de l’expert en marketing politique Miguel Ángel Rodríguez, le PP a fait le pari gagnant de jouer la carte d’une droite décomplexée , que ses adversaires ont qualifiée de « populiste » (qualificatif que le PP n’a pas rejeté), une droite très droitière, fière de ses valeurs libérales et consciente des enjeux identitaires et sécuritaires, à l’opposé du choix opéré deux ans auparavant d’une droite recentrée qui avait conduit à l’alliance avec Ciudadanos (parti se disant « progressiste et de centre droit). Le slogan de campagne était « Le communisme ou la liberté», faisant de la gauche, et plus particulièrement de Pedro Sánchez, le président du gouvernement socialiste, son unique adversaire (ce qui prouve bien la dimension nationale de cette élection régionale).

En revanche la candidate du PP n’a jamais attaqué l’extrême droite, ne l’a pas soutenue non plus, a refusé de prendre position lors d’une campagne d’affichage de Vox qui avait scandalisé la gauche qui dénonçait un « appel à la haine », où se trouvaient mises en parallèle la retraite d’une personne âgée et les dépenses, estimées à 10 fois supérieures, pour un mena (un mineur isolé). Isabel Díaz Ayuso s’était contentée de contester les chiffres exagérés des affiches qu’elle a reconnus comme «faux » mais sans dénoncer le fond (le coût important d’un mineur non accompagné) et sans nier les problèmes sécuritaires que ces bandes de jeunes, souvent liés à des filières crapuleuses, posent à la capitale espagnole.

D’un autre côté, l’extrême droite, par l’intermédiaire de sa candidate Rocío Monasterio, n’a pas fait campagne contre Isabel Díaz Ayuso, prévoyant sans doute que le PP aurait besoin de Vox pour gouverner. De toutes façons, lors d’un débat marqué par une passe d’arme que les médias ont qualifiée de « très polie », elle aussi avait annoncé clairement son choix de s’allier, s’il le fallait, au PP (jugé pourtant trop progressiste) pour « ne pas laisser les rouges prendre le pouvoir ».

Ajoutons que les sondages avaient montré qu’à droite 8 électeurs sur 10 approuvaient cette ligne droitière, la fin de l’alliance avec le centre droit et le refus de faire de Vox un épouvantail. Les résultats du vote ont montré que ce soutien s’est retrouvé jusque dans les urnes.

Un bilan

Ajoutons que, comme tout sortant, Isabel Díaz Ayuzo pouvait présenter un bilan, libéral, conservateur et sécuritaire. Mais il est indéniable qu’a particulièrement compté sa politique sanitaire, applaudie par une majorité de citoyens de la Communauté madrilène et décriée par ses adversaires. Dans sa campagne, toujours avec son slogan « liberté ! », Isabel Díaz Ayuso a toujours expliqué son choix de préserver « l’art de vivre à la madrilène » avec des restaurants et des bars toujours ouverts en pleine crise sanitaire. En effet la présidente s’est toujours affirmée comme une ferme opposant e au x stricte s restrictions sanitaires , malgré les pressions du gouvernement central, afin de protéger les entreprises, entre autres les bars et les restaurants qui sont restés ouverts. Cette stratégie a porté ses fruits sur le plan économique et de la santé mentale d’une population qui a exprimé à de nombreuses reprises son ras-le-bol à l’égard des mesures anti Covid. En revanche, les adversaires de la présidente de région ne se sont pas privés, sans succès, de pointer le bilan sanitaire effectivement plus sombre qu’ailleurs de la région de Madrid.

Un parti renouvelé

Le Parti populaire a été profondément renouvelé, suite à un scandale de corruption (qui avait chassé du pouvoir les anciens, autour de Rajoy et permis l’accession au pouvoir en 2018 des socialistes), avec l’arrivée de nouveaux cadres, dont Díaz Ayuso (42 ans), au parler vrai et dans la droite ligne de cette droite décomplexée qui s’est affirmée lors du scrutin madrilène.

Des erreurs à gauche

Inversement, le succès de la droite a été amplifié par les erreurs de ses adversaires de gauche. Comme souvent, leur programme s’est résumé d’une part à diaboliser la droite et une éventuelle alliance avec les « fachos » de Vox (bien plus à droite et conservateur, il est vrai, que le parti de Marine Le Pen) ; d’autre part le PSOE et ses alliés se sont enferrés, notamment lors d’un calamiteux débat retransmis par la télévision, en multipliant les mensonges et les dénis de réalité, leur seule stratégie d’opposition. Certains journaux régionaux ont même écrit qu’en écoutant les représentants madrilènes du parti socialiste et de Podemos, ils avaient eu le sentiment de découvrir l’existence d’une « réalité parallèle » (les libertés accordées par la présidente lors de la pandémie auraient plongé la région une sorte d’apocalypse, où règneraient la misère et la mort). Enfin, en catastrophe, les leaders des deux gauches rivales qui s’étaient opposées pendant la campagne ont décidé d’une alliance (« démocratie contre fascisme »), moins de deux semaines après avoir annoncé qu’il n’y en aurait jamais. Cette ligne fluctuante a poussé, d’après les analystes, les électeurs centristes, déçus par Ciudadanos, tentés de voter PSOE mais horrifiés par l’extrême gauche de Podemos, à aller voter pour le PP.


En conclusion, il semblerait que l’Espagne soit revenue au bipartisme idéologique et que la tentation du grand centre soit en train d’exploser. Le choix d’une droite décomplexée, fière de ses valeurs, ne se dispersant pas dans les attaques contre l’extrême droite comme s’il s’agissait, honteuse, de prouver qu’elle n’est pas ce que la gauche dit qu’elle est, mais indiquant clairement sa priorité et son principal adversaire, i.e. la coalition de gauche, a porté ses fruits au-delà de toute attente. En témoigne également la très forte mobilisation des électeurs qui sont revenus aux urnes.

En dépit des différences culturelles, dans les institutions, et de deux histoires différentes, l’Espagne et la France se ressemblent. Sans doute y a-t-il dans ce triomphe du Partido Popular dans les élections régionales, des leçons à tirer pour la droite française qui cherche désespérément, en ce moment, un cap et une colonne vertébrale. Lorsqu’elle affirme fièrement qui elle est, ce qu’elle veut, qu’elle avance en fonction de ses valeurs et non pas en répondant en permanence aux procès d’intention de ses adversaires qu’elle semble parfois vouloir séduire et convaincre de sa respectabilité, lorsqu’elle n’oublie pas quel est son principal adversaire et néglige (en ne la diabolisant pas) l’extrême droite à laquelle la gauche la renvoie en permanence, lorsqu’elle n’est pas dans les dénis de réalité pour rassurer ceux qui souvent s’y complaisent au centre et à gauche, lorsqu’elle ne se perd pas dans d’improbables alliances qui l’éloignent de son ADN, la droite triomphe et retrouve ses électeurs perdus. Et bien au-delà.


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(1) Un de nos lecteurs, Pierre Boixareu, nous envoie ce très intéressant commentaire concernant la Ciudadanos et sa proximité idéologique avec LREM :

"Ciudadanosest bien l'ancêtre de lrem. Son fondateur charismatique (Alberto Rivera) fut d'abord militant PS, puis PP avant de fonder C's sur la rhétorique utilisée plus tard par macron : d'abord parti catalan - Ciutadans, son bailleur de fonds était une petite caisse d'épargne régionale présidée par l'un de mes cousins qui m'avait rejoindre l'opération au commencement (le PP est laminé en Catalogne depuis longtemps, C's et le PSC sont les 2 partis représentatifs anti indépendantistes, et dans les terres profondément nationalistes, seul le PSC survit, ce qui m'a valu d'accepter de figurer sur leur liste aux dernières municipales; mon nom est connu sur le plan local, grand-père puis oncle maires, la liste PSC est passée d'1 à 3 élus sur 11 grâce à ma représentation connue à C's et au PP, les 8 autres sont indépendantistes ... -, il avait vocation à briser la spirale indépendantiste (comme le veut le PP) mais à réclamer plus de compétences - donc d'autonomie pour la Generalitat (comme ne le souhaite pas le PP). Son "en-même temps", en quelque sorte. Depuis le départ de Rivera, le parti ne cesse de s'effondrer. Au Parlement européen, C's et lrem siègent ds le même groupe "Renew Europe)"




par Institut Thomas More 27 juin 2026
Dans un rapport inédit, l’Institut Thomas More dresse l’inventaire des décisions politiques qui ont mis la France à genoux pendant ces 50 dernières années. Chute du niveau scolaire, 35 heures, système de retraite, chômage, déficits, dette, insécurité… Autant d'occasions ratées pour maintenir la France sur le chemin de la prospérité !  "Notre ambition, dans ce rapport, est d’identifier les cinquante décisions qui ont mis la France à genoux en cinquante ans, de les replacer dans leur contexte, d’expliquer les motivations de fond ou les choix opportunistes qui ont abouti à ce qu’elles soient prises, de décrire et chiffrer leur impact et leurs effets cumulatifs, les comparer aussi aux options prises par des pays semblables. Ce travail inédit n’a jamais été réalisé de cette manière : il constitue une somme considérable. Les données citées, les sources et les conséquences mesurées sont issues de statistiques et de rapports publics et parfois privés, incontestables. Il se veut et nous l’avons pensé ainsi, d’intérêt général. Car dans la perspective de 2027, il constitue un préalable à l’élaboration de tout programme crédible. Au regard de la gravité de sa situation, il est impossible de penser redresser le pays sans analyser objectivement les causes" https://institut-thomas-more.org/2026/06/25/rapport36/
par Jean-Marie Montali 10 juin 2026
"Emmanuel Razavi vit sous protection policière. Nora Bussigny est régulièrement la cible de menaces et de campagnes de haine. D’autres parmi nous vivent la même chose. Leur point commun ? Avoir enquêté sur l’islamisme, ses réseaux, l’antisémitisme contemporain ou encore les dérives de la dictature iranienne. Face aux intimidations, aux menaces de mort et aux tentatives de censure, le plus inquiétant n’est peut-être pas la violence des fanatiques. Le plus inquiétant est le silence. Celui d’une partie du monde médiatique, intellectuel et politique, qui semble avoir renoncé à défendre des principes qu’il prétend pourtant universels ." Jean-Marie Montali (né en 1962) est un journaliste français spécialisé en presse écrite , auteur de plusieurs ouvrages et réalisateur de documentaires pour la télévision . Grand reporter , il a occupé divers postes de direction, notamment rédacteur en chef , directeur adjoint et directeur exécutif de la rédaction au Figaro Magazine , directeur adjoint de la rédaction de France-Soir , et directeur adjoint des rédactions du Parisien – Aujourd'hui en France . Dans La Nouvelle Revue Politique, il s'insurge contre une étrange hiérarchie de l’indignation ... https://nouvellerevuepolitique.fr/journalistes-le-silence-qui-deshonore/
par Nicolas Baverez dans FigaroVox 9 juin 2026
"Choose France" est souvent présenté comme un énorme succès de l'économie française. Nicolas Baverez remet les choses en perspective ... "La véritable mesure de l’attractivité de la France reste fournie par la balance des paiements : or elle fait apparaître au 30 juin 2025, sur douze mois, des entrées nettes d’investissements directs de 29,5 milliards, mais des sorties nettes des investissements de portefeuille à hauteur de 136,6 milliards. La France est en réalité confrontée à une fuite massive de capitaux, mais surtout de talents" https://www.lefigaro.fr/vox/economie/nicolas-baverez-de-choose-france-a-loose-france-20260606 CHRONIQUE - La stratégie de restauration de l’attractivité de la France, mise en scène par Choose France sous les ors de Versailles, se trouve en réalité minée par le bilan calamiteux des présidences d’Emmanuel Macron. Passer la publicité La 9 e édition du sommet Choose France , qui s’est déroulée le 1 er juin au château de Versailles, s’est achevée sur un record de promesses d’investissement dans l’Hexagone : 93 milliards d’euros contre 87 milliards cumulés de 2018 à 2025. Et ce en raison de la décision du conglomérat japonais SoftBank, présidé par Masayoshi Son, de mobiliser 75 milliards pour la construction de data centers dans notre pays. Ces annonces, effectuées alors que la guerre d’Iran et le blocage du détroit d’Ormuz font basculer l’économie mondiale dans la stagflation, sont d’autant plus positives qu’elles favoriseront le rattrapage du retard que la France a accumulé dans la révolution de l’IA, avec une capacité de calcul limitée à 1,5 GW fin 2025, loin derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni. Elles soulignent l’intérêt des investisseurs internationaux pour notre pays, en raison des atouts que constituent son énergie nucléaire décarbonée, ses infrastructures et sa situation géographique au cœur du grand marché européen. Elles confirment le succès de la promotion de l’attractivité de la France vis-à-vis des entreprises étrangères, qui demeure l’unique réussite de la politique économique conduite par Emmanuel Macron depuis 2017. Passer la publicité Mais, pour cette raison même, les résultats de Choose France et l’amélioration de l’image de la France demeurent à la fois partiels et fragiles. Tous les projets annoncés ne sont pas réalisés, comme l’a montré l’abandon de plusieurs gigafactories, spécialisées notamment dans la construction de batteries et les semi-conducteurs. Les emplois effectivement créés sont très inférieurs à ceux affichés. Par ailleurs, les opérations annoncées en 2026 concernent en quasi-totalité des data centers, très consommateurs d’électricité, d’eau et d’espace. Avec pour corollaire un risque de dépendance aux géants de la Big Tech américaine qui poursuivent la vassalisation numérique de l’Europe et de monopolisation de l’électricité décarbonée par l’IA au détriment des autres entreprises et des ménages. Les filiales de groupes étrangers n’entrent par ailleurs que pour 15 % de la valeur ajoutée dans notre pays contre 18 % en Allemagne et en Italie et 22 % en Espagne, ce qui témoigne d’un déficit persistant d’attractivité dont la première cause se trouve dans le niveau excessif du coût du travail, de la fiscalité et de la réglementation. La véritable mesure de l’attractivité de la France reste fournie par la balance des paiements : or elle fait apparaître au 30 juin 2025, sur douze mois, des entrées nettes d’investissements directs de 29,5 milliards, mais des sorties nettes des investissements de portefeuille à hauteur de 136,6 milliards. La France est en réalité confrontée à une fuite massive de capitaux, mais surtout de talents (elle a été ravalée au 19 e rang pour l’accueil des entrepreneurs et des cerveaux) et d’entreprises, avec pour symboles le déménagement de Criteo et la cotation à succès de TotalEnergies aux États-Unis. La stratégie de restauration de l’attractivité de la France, mise en scène par Choose France sous les ors de Versailles, se trouve en réalité minée par le bilan calamiteux des présidences d’Emmanuel Macron en termes de déstabilisation des institutions de la V e République, de paralysie et de faillite de l’État, d’explosion des violences et de disparition de la paix civile. La production, l’investissement et l’innovation ne peuvent se développer dans un environnement d’incertitude radicale et d’hostilité à l’entreprise. Or la dissolution de 2024 a ouvert un cycle d’instabilité politique qui risque fort d’être amplifié et non pas refermé par l’élection présidentielle de 2027. L’ordre public a disparu et l’ultraviolence gagne l’ensemble du territoire et de la population, comme le montrent la montée en puissance du narcotrafic ou les émeutes qui ont à nouveau accompagné la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions. L’attractivité de la France est ruinée par la schizophrénie d’une politique économique qui prétend encourager les investissements étrangers tout en poursuivant l’euthanasie des entreprises françaises, créant une paradoxale préférence économique pour l’étrangerSimultanément, l’économie française a basculé dans la stagflation sous l’effet d’un triple choc fiscal, financier et énergétique. L’activité est en récession depuis le premier trimestre 2026 ; l’inflation est passée de 0,9 % à 2,4 % et dépassera 3 % cette année ; le chômage a augmenté de 0,7 % sur un an et tendra vers 9 % de la population active ; le déficit se situera autour de 5,5 % du PIB, portant la dette à près de 120 % du PIB. Ce surendettement est devenu insoutenable, dès lors que le seul service de la dette représentera bientôt 3,5 % du PIB, ce qui exigera un équilibre strict pour toutes les autres dépenses de l’État, des collectivités locales et de la protection sociale. La France, l’homme malade de l’Europe L’attractivité de la France est ainsi ruinée par la schizophrénie d’une politique économique qui prétend encourager les investissements étrangers tout en poursuivant l’euthanasie des entreprises françaises, créant une paradoxale préférence économique pour l’étranger. Au moment même où l’État déroule le tapis rouge et se mobilise pour accueillir géants américains et capitaux japonais, le nombre de faillites atteint un record et les destructions d’emplois se multiplient, notamment dans l’industrie, entraînant une floraison de plans sociaux. Tandis que les oligarques de la Silicon Valley, les promoteurs des Lumières sombres et du transhumanisme, les princes de Wall Street et les as de la gestion de fortune banquettent dans la galerie des Batailles, les entreprises françaises, touchées de plein fouet par le troisième choc pétrolier, sont accablées de hausses d’impôts (23 milliards en 2025 et 21 milliards en 2026), de prélèvements sociaux (2 milliards en plus de la hausse du smic de 2,4 %) et de réglementations kafkaïennes (avec pour dernier avatar la transposition de la directive européenne de 2023 sur la transparence des rémunérations). La France est ainsi devenue un pays de non-droit pour les entreprises, où l’imprévisibilité du cadre réglementaire et fiscal compromet tout investissement de long terme. Keynes, interrogé dans les années 1930 sur la meilleure manière de sortir du trou, avait répondu : « Il faut d’abord cesser de le creuser. » Emmanuel Macon a choisi de creuser le trou des finances publiques de plus en plus vite et de plus en plus profondément, jusqu’à faire de la France l’homme malade de l’Europe. En accumulant 1 500 milliards d’euros de dettes publiques supplémentaires en dix ans, il a fait exploser le modèle français reposant, d’un côté, sur une croissance tirée par la seule consommation alimentée par des aides sociales financées à crédit et, de l’autre, sur la chute de la production, de l’emploi, de l’investissement et des exportations. Le naufrage de la France n’a rien de fatal. Son redressement dépend effectivement de son attractivité économique, qui est indissociable de sa compétitivité, de sa souveraineté et de sa sécurité. Et notre pays dispose d’atouts majeurs qui sont reconnus au-delà de nos frontières, qu’il s’agisse des entrepreneurs et des chercheurs, de l’épargne, de l’énergie décarbonée, des infrastructures, des grandes entreprises internationalisées, de sa culture et de sa civilisation. Mais ces points forts sont annihilés par l’improductivité et la faillite de l’État, incapable d’assurer les services de base alors qu’il accapare 57,2 % du PIB, ainsi que par la détestation et la prédation des entreprises par la classe politique. Et ce alors même qu’elles ne sont pas seulement le lieu de la création des richesses marchandes, dont dépendent le financement des services publics et celui de la solidarité, mais celui où se tissent en grande partie le lien social et la citoyenneté. Attirer les entreprises étrangères, c’est bien ; cesser de tuer les entreprises françaises, c’est mieux !
par Bérénice Levet, philosophe et essayiste, membre du Conseil d’orientation de l’Institut Thomas More 31 mai 2026
"Si ôter la vie n’est plus considéré comme substantiellement contraire à la notion d’humanité, avec la légalisation de l’euthanasie, notre société risque de perdre ses repères moraux, pourtant nécessaires pour affronter la montée de la violence, s’inquiète la philosophe." Un très beau texte sur un sujet qui dépasse largement les clivages politiques et dont les enjeux sont fondamentaux pour notre société ! https://institut-thomas-more.org/2026/05/12/legaliser-leuthanasie-cest-briser-a-jamais-lequation-de-lhumanite-et-du-non-possumus/
par Maxime Duclos 30 mai 2026
Un billet d'humeur de notre ami Maxime Duclos Il est temps de mettre sur la table un sujet dont peu osent réellement parler. Tout le monde le pressent. Beaucoup s’y préparent déjà. Pourtant, rares sont ceux qui acceptent d’aborder publiquement cette réalité : l’élection présidentielle de 2027 risque de provoquer en France une fracture politique et sociale d’une ampleur inédite, y compris au sein même des familles. Car derrière l’échéance électorale qui approche, une autre réalité se dessine progressivement : celle d’un affrontement idéologique devenu profondément émotionnel. À titre personnel, je suis convaincu que 2027 verra une dynamique puissante en faveur du camp national et souverainiste. Et avec elle, très probablement, une majorité parlementaire capable de remettre au cœur du débat les intérêts de la Nation, la souveraineté, l’autorité de l’État, la stabilité et la défense des intérêts français. Mais ce billet n’a pas pour objectif d’analyser les sondages ou les rapports de force électoraux. Le sujet ici est plus humain. Depuis plusieurs années, la politique ne divise plus seulement les électeurs : elle fragmente désormais les cercles privés, les groupes d’amis, les couples et parfois même les familles. Beaucoup de Français le vivent déjà sans forcément l’exprimer : certains évitent volontairement les sujets politiques lors des repas de famille ; d’autres préfèrent se taire plutôt que d’assumer certaines convictions ; d’autres encore constatent qu’un simple désaccord politique suffit désormais à déclencher tensions, jugements moraux ou ruptures relationnelles. Et cette situation risque de s’intensifier fortement à mesure que la campagne présidentielle approchera. Car l’élection de 2027 ne sera pas une élection classique. Elle opposera des visions du monde profondément différentes. D’un côté, une vision souverainiste, attachée à la Nation, à l’autorité, à la maîtrise des frontières, à la stabilité et à une approche pragmatique des politiques publiques. De l’autre, une vision davantage mondialisée, progressiste et idéologique, souvent portée par une lecture morale des débats politiques plutôt que par une logique d’efficacité concrète. Car il faut rappeler une chose simple : une loi ne devrait jamais être votée parce qu’elle est “bien-pensante”, médiatiquement valorisée ou moralement à la mode. Une loi devrait être votée parce qu’elle est utile, applicable, efficace et finançable. Or, depuis plusieurs années, le débat public s’est progressivement transformé en affrontement moral permanent. Celui qui pense différemment n’est plus simplement contredit : il est parfois immédiatement caricaturé, disqualifié ou assimilé à une menace politique ou sociale. Et c’est précisément ce climat qui peut devenir dangereux dans les sphères familiales. Car beaucoup de personnes engagées politiquement — ou simplement attachées à certaines valeurs traditionnelles, souverainistes ou patriotiques — vont probablement faire face, dans les prochains mois, à des réactions parfois très virulentes de la part de proches influencés par un climat médiatique extrêmement polarisé. Il faut être lucide : une partie importante du débat public reposera moins sur l’analyse des programmes que sur une stratégie de diabolisation du camp national. Nous assisterons probablement à une campagne où certains médias, certaines figures militantes et certains relais politiques chercheront avant tout à faire peur, à hystériser le débat et à présenter toute alternative souverainiste comme une menace pour la démocratie. Dans ce contexte, il sera essentiel de garder son calme. Car le véritable piège serait de répondre à la radicalité par la radicalité. Il faudra faire preuve de patience, de retenue et parfois même de distance émotionnelle face à certains débats devenus impossibles. Tout le monde ne réagit pas de manière rationnelle à la politique, surtout dans un climat de tension médiatique permanente. Les réseaux sociaux, les bulles algorithmiques et les logiques de confirmation idéologique ont profondément transformé la manière dont beaucoup de citoyens perçoivent la réalité politique. Il faut donc accepter que certaines personnes proches puissent réagir avec émotion, inquiétude ou hostilité à l’idée d’une victoire du camp national. Mais cela ne doit pas conduire à la haine, à la rupture familiale ou à l’animosité permanente. Car la stabilité, le calme et le pragmatisme doivent précisément rester les qualités de ceux qui prétendent vouloir redresser le pays. Ne tombons pas dans le piège de la colère permanente ou de la conflictualisation absolue des relations humaines. La politique passe. Les élections passent. Les familles, elles, doivent continuer d’exister après les campagnes électorales. Et si 2027 doit être une année de rupture politique, elle ne doit pas devenir une année de rupture humaine.
par Élodie Messéant dans Contrepoints 29 mai 2026
"Engagements de 87 milliards d’euros, prix déconnectés du marché, cas de sur-rémunération, fraude non sanctionnée… La Cour des comptes a publié un rapport qui évalue le coût réel du soutien étatique aux énergies renouvelables (EnR) : un scandale bien étouffé." Une tribune passionnante sur le coût exorbitant de développement coute que coute des ENR en France à lire dans Contrepoints : https://contrepoints.org/soutien-aux-energies-renouvelables-ou-comment-le-contribuable-se-fait-plumer/
par Maxime Duclos 27 mai 2026
Au printemps 2026, l'Assemblée nationale se trouve confrontée à l'un des défis majeurs de son histoire contemporaine : l’effondrement de la natalité française. Ce phénomène ne constitue pas l'unique crise nationale, mais il s'impose comme un défi vital que le gouvernement actuel, et plus encore l'exécutif futur, devra relever d'une main ferme et résolue. Le dépôt d'un nouveau texte législatif à la Présidence ravive un débat nécessaire, mais met en lumière l'écart abyssal entre la froideur des solutions bureaucratiques et la réalité sociologique du pays.  La proposition de loi n° 2679 intitulé : “ faciliter l’accès au logement des familles par la création d’un prêt à taux zéro” pose un constat démographique initial indiscutable lorsqu’elle rappelle pertinemment qu'« en 2025, 651 000 décès ont été enregistrés [...] tandis que 645 000 naissances ont été recensées » et qu'elle admet judicieusement que « le logement et son accession demeurent l'un des plus marquants » freins au projet parental , mais l'examen rigoureux du texte révèle un manque de fond flagrant dès lors que l'exposé des motifs affirme de manière simpliste que « le prêt à taux zéro constitue un instrument indispensable pour notre société » et qu'« il a pour vocation de proposer une aide concrète aux familles » , limitant ainsi la relance de la natalité au seul dispositif de l'article 1er destiné à « financer [...] l'acquisition, la construction ou l'agrandissement de la résidence principale » dans la limite d'un « plafond de 100 000 euros par opération ». Cette posture, bien qu'appuyée sur la réalité statistique rappelant qu'« un jeune sur cinq doit renoncer à avoir un bébé à cause de son logement », mérite d'être abordée avec une plus grande nuance psychologique. S'il est crucial de reconnaître la sincérité de ces difficultés matérielles sans poser de jugement sur les couples actuels, il apparaît tout aussi impératif de constater l'influence profonde du modèle de surconsommation et d'ultra libéralisme dans lequel évolue la jeunesse. L'hésitation face à la parentalité ne saurait être réduite à une simple impasse immobilière ; elle traduit également la nécessité d'accompagner et de guider les consciences vers la valeur fondamentale de la cellule familiale. Face aux injonctions d'un individualisme ambiant qui privilégie parfois le confort personnel et les plaisirs immédiats, le rôle de la puissance publique n'est pas de blâmer, mais d'offrir un cheminement rassurant, capable de réorienter les priorités loin des dérives matérialistes pour redonner le goût de l'engagement durable. Enfin, l'analyse se positionne foncièrement contre la dérive légistique et budgétaire de l'Article 2, lequel énonce de manière automatique que « la perte de recettes pour l'État est compensée à due concurrence par la création d'une taxe additionnelle à l'accise sur les tabacs ». Ce recours systématique à la fiscalité punitive, devenu une clause de style interchangeable pour satisfaire formellement aux exigences de l'article 40 de la Constitution, trahit une paresse méthodologique. Le financement du réarmement démographique de la Nation ne peut pas dépendre d'une taxe comportementale instable, mais doit être compensé de manière économiquement viable par une baisse ciblée et rigoureuse des dépenses de fonctionnement superflues de l'État. En définitive, bien que cette proposition de loi soit, dans la forme, en partie recevable, le fond du problème n'y est pas pleinement discuté. L'urgence démographique exige de travailler sur plusieurs paliers essentiels afin de rassurer et d'accompagner les jeunes couples. Des mesures fiscales protectrices, des aménagements ambitieux du temps familial et un accompagnement moral vers un modèle centré sur la famille sont indispensables pour relancer la natalité. Stop aux demi-mesures unilatérales et technocratiques : il est temps d'ouvrir le champ des possibles et de guider la société, car la chute de la natalité en France ne représente pas un simple défi comptable, elle signe une lente extinction culturelle.
par Gabrielle Cluzel (dans Boulevard Voltaire) 11 mai 2026
Quand les fervents défenseurs du "vivre ensemble" se heurte au réel ... Un édito de Gabrielle Cluzel dans Boulevard Voltaire : https://www.bvoltaire.fr/edito-allegorie-a-la-concorde-le-vrai-vivre-ensemble-a-detruit-le-fantasme/
par Le bureau LD31 8 mai 2026
Une conférence de Thibault de Montbrial qui promet d'être passionnante sur le thème "France le choc ou la chute" ! Salle Barcelone mercredi 20 mai à 18h30 Thibault de Montbrial est un avocat français , président du Centre de Réflexion sur la Sécurité Intérieure (CRSI), un think thank ayant pour objectif de « permettre aux différents professionnels concernés ainsi plus généralement qu’à toutes les personnes intéressées, de se rencontrer et d’échanger ». Il souhaite aussi « permettre de contribuer au débat public et politique sur les questions de sécurité intérieure en proposant des analyses et en apportant des propositions opérationnelles concrètes » [
par Maxime Duclos 30 avril 2026
La France a fait le choix de la puissance. L'actualisation de la Loi de Programmation Militaire (LPM) 2024-2030, adoptée en commission le 23 avril 2026, confirme une trajectoire de réarmement : le budget des armées aura doublé entre 2017 et 2027. En injectant 36 milliards d’euros de ressources nouvelles pour la période 2026-2030, portant le budget total à 435,7 milliards d’euros, la Nation assume son rang. L’objectif est clair : porter l’effort de défense à 2,5 % du PIB d’ici 2030. Cette démarche n'est pas qu'une question de chiffres, c'est une stratégie de survie industrielle. La France impose désormais une « économie de guerre » où l’État peut exiger des industriels la constitution de stocks stratégiques couvrant jusqu’à 6 mois d’activité. Nos fleurons de la Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD) sont les piliers de cette souveraineté : l'accélération des livraisons de munitions, avec une hausse vertigineuse de +400 % pour les munitions téléopérées et +190 % pour l'artillerie de 155 mm, prouve que nous passons d'une logique de flux à une logique de masse. Soutenir nos industries, c'est garantir que nos Rafale, nos frégates et nos blindés ne soient jamais à court d'effecteurs dans un conflit de haute intensité. Réinvestir dans notre défense, c'est aussi refuser la dépendance technologique. En finançant des ruptures dans le spatial, l'IA et le combat ollaboratif, la France s'assure de rester maîtresse de son destin face aux pressions hégémoniques mondiales. à suivre... Maxime Duclos