Philippe de Villiers pulvérise le “nouveau monde”

Geoffroy Lejeune et Charlotte d'Ornellas (Valeurs Actuelles) • 15 juin 2020

Philippe de Villiers pulvérise le “nouveau monde”

Dernières nouvelles décapantes de Philippe de Villiers par Geoffroy Lejeune et Charlotte d'Ornellas dans Valeurs Actuelles :


Il vient de sauver le Puy du Fou grâce à son amitié avec Emmanuel Macron ; il revient en fanfare avec un livre exécutant les progressistes. Pastis, chloroquine et secrets d'alcôve : rencontre avec l'un des derniers Gaulois réfractaires.

C'est un héritage de ses années Pasqua, le bon temps où, avec l'infatigable bretteur marseillais, il faisait trembler le tout-puissant RPR en lui taillant des croupières aux élections. Charles Pasqua, fière moustache, ancien ministre de l'Intérieur, avait initié le Vendéen au plaisir de l'anis. Quand il sert un pastis - à peu près tous les soirs, à l'heure de l'apéro -, Philippe de Villiers rend parfois hommage à son ancien compère, disparu en 2014. Mais en ce moment, c'est à un autre Marseillais qu'il pense. « Je prends ma chloroquine » , plaisante désormais le fondateur du Puy du Fou, lorsqu'il trempe ses lèvres dans le breuvage jauni. Il ne faudrait pas beaucoup le pousser pour attribuer les bons résultats sanitaires de la cité phocéenne, un « triomphe flagrant » en comparaison avec Lyon et Paris, au “petit jaune” plutôt qu'à la molécule préconisée par Raoult.

Il est beaucoup question, ces derniers temps, chez les Villiers, de coronavirus. On plaisante parfois mais c'est peu dire qu'au Puy du Fou, la colère est sacrément montée. Le pays a même frôlé une nouvelle révolte de chouans lorsque Édouard Philippe s'est entêté à ne pas laisser rouvrir le parc d'attractions. On connaît l'histoire : coups de fil tardifs à Emmanuel Macron, bras de fer au sommet de l'État, et les condors des Andes voleront dans le ciel des Epesses à partir du 11 juin… Tout cela a échaudé notre Vendéen et, comme souvent lorsqu'il s'enfièvre, Philippe de Villiers a pris la plume, s'est enterré dans l'antre empli d'archives familiales et historiques qui lui sert de bureau, à son domicile, à un jet de pierre du Puy du Fou. Il a lu, compilé et jeté compulsivement ses impressions sur papier. Le fruit de cette colère littéraire ? Les Gaulois réfractaires demandent des comptes au Nouveau Monde , son nouvel opus , écrit entre le 13 avril et le 7 mai, durant son confinement. « Un tournant » , dit-il.

Il fallait le voir au Puy du Fou, début juin, pour saisir l'atmosphère précédant cette sortie fracassante. On y retrouve un Philippe de Villiers galvanisé, ragaillardi par la joute qu'il vient de mener contre les sachants et les technos. La sueur d'Édouard Philippe n'est pas encore sèche que déjà le vicomte semble s'amuser de cette « deuxième vague » , éditoriale cette fois, qu'il a fomentée. Chemise rose, conduisant à toute vitesse la golfette qui nous permettra de visiter, en avant-première, le nouvel hôtel de la cité nocturne, une reproduction du château de Marly, et d'assister aux ultimes répétitions des Noces de feu , une création 2020, il tire le fil, et tout vient.

« La propagation de nouvelles souches virales ou bactériennes ou la réapparition sur le continent européen de souches anciennes résultent de l'ouverture des frontières »

Il y a Macron et cette impossible relation, illustration allégorique du “en même temps” présidentiel, dont il narre la genèse dans un chapitre où l'on s'invite à la table du jeune candidat qui voulait bouffer le monde. Et il y a ces 162 pages écrites « d'une plume inspirée et coruscante » , cette « expression aboutie, dense, littéraire et cinglante de la colère qui gronde partout aujourd'hui » . Ce compliment définitif est signé Sophie de Closets, son éditrice chez Fayard, « une normalienne de gauche » , précise Villiers pour montrer que le compliment vaut son pesant d'or.

C'est un livre, et c'est aussi un film. Celui d'une « Covid politique » , dixit Lise Boëll, une autre amie éditrice. C'est un requiem pour le “nouveau monde” né sur les ruines du mur de Berlin, autant que pour ses représentants, avec le récit de l'étrange défaite d'une classe politique mentalement confinée. Aux commentaires du temps médiatique, Villiers oppose analyses, recul et mise en perspective des décisions qui ont mené le pays à rejeter ses dépendances historiques ou affectives par esprit liber-taire, tandis qu'il renforçait ses dépendances stratégiques par imprudences libérales. À ceux qui renvoient les Français persuadés qu'“ils savaient” dans les affres du complotisme, Philippe de Villiers répond. Selon lui, c'est évident et argumenté, les gouvernants, oui, savaient. Ils ne pouvaient deviner l'évolution, les particularités ou les mystères de ce virus-là, mais ils auraient pu - ils auraient dû - prêter attention aux préventions militaires éditées dans les Livres blancs de la défense, ainsi rédigées en 2008 : « La propagation de nouvelles souches virales ou bactériennes ou la réapparition sur le continent européen de souches anciennes résultent de l'ouverture des frontières, de la fluidité des transports et de la rapidité des échanges internationaux. »

Villiers 2022 ?

Étape par étape, dans une forme d'enquête politique, Villiers, saisi par « un sentiment d'effroi » , étrille ainsi le progressisme, les « homo zapiens » qui nous gouvernent, « ces mécaniciens qui sont tout sauf des visionnaires, car il n'y a plus de visionnaires » : à force d'imaginer un monde sans frontières, nous ne pouvons plus nous protéger ; à force de privilégier les flux, nous n'avons plus de stocks ; à force de délocaliser, nous n'avons plus la maîtrise de la production ; à force d'ouvrir les frontières, nous n'avons plus la maîtrise d'une propagation virale ; à force de judiciarisation, la responsabilité politique s'estompe…

La catastrophe était annoncée. Si Villiers dégaine aussi vite ce bilan accablant, c'est simplement parce qu'il reprend les combats d'une vie politique gâchée à prêcher dans le désert, à plaider des concepts honnis « sans parvenir à faire pénétrer la réalité conceptuelle sur le Formica » . En même temps que son pastis, il savoure une revanche, aux effluves largement plus enivrants. Il fait parler Richelieu pour décrire sa situation : « Il faut gagner la rive comme les rameurs, en lui tournant le dos. »

Ainsi réhabilité, le Vendéen nous confie dans les pages qui suivent, pour la première fois, son intention de ne pas rester les bras ballants devant la dérive de son pays. Villiers 2022 ? En attendant, le souverainiste livre ces pages en guise de manuel de reconversion à l'usage d'Emmanuel Macron. Au président, il a d'ailleurs adressé cette dédicace, aux airs de dernier avertissement : « À Emmanuel Macron, puisque vous avez appelé chacun à “se réinventer”, voici donc ce “petit manuel de réinvention”, préparé par mes soins comme une trousse d'urgence à votre intention. Faites-en bon usage, s'il vous plaît, dans l'esprit même de nos échanges, toujours vifs et amicaux. Afin que le “monde d'après” permette de relever la France, au bord de l'abîme. »

par Jean-Marie Montali 10 juin 2026
"Emmanuel Razavi vit sous protection policière. Nora Bussigny est régulièrement la cible de menaces et de campagnes de haine. D’autres parmi nous vivent la même chose. Leur point commun ? Avoir enquêté sur l’islamisme, ses réseaux, l’antisémitisme contemporain ou encore les dérives de la dictature iranienne. Face aux intimidations, aux menaces de mort et aux tentatives de censure, le plus inquiétant n’est peut-être pas la violence des fanatiques. Le plus inquiétant est le silence. Celui d’une partie du monde médiatique, intellectuel et politique, qui semble avoir renoncé à défendre des principes qu’il prétend pourtant universels ." Jean-Marie Montali (né en 1962) est un journaliste français spécialisé en presse écrite , auteur de plusieurs ouvrages et réalisateur de documentaires pour la télévision . Grand reporter , il a occupé divers postes de direction, notamment rédacteur en chef , directeur adjoint et directeur exécutif de la rédaction au Figaro Magazine , directeur adjoint de la rédaction de France-Soir , et directeur adjoint des rédactions du Parisien – Aujourd'hui en France . Dans La Nouvelle Revue Politique, il s'insurge contre une étrange hiérarchie de l’indignation ... https://nouvellerevuepolitique.fr/journalistes-le-silence-qui-deshonore/
par Nicolas Baverez dans FigaroVox 9 juin 2026
"Choose France" est souvent présenté comme un énorme succès de l'économie française. Nicolas Baverez remet les choses en perspective ... "La véritable mesure de l’attractivité de la France reste fournie par la balance des paiements : or elle fait apparaître au 30 juin 2025, sur douze mois, des entrées nettes d’investissements directs de 29,5 milliards, mais des sorties nettes des investissements de portefeuille à hauteur de 136,6 milliards. La France est en réalité confrontée à une fuite massive de capitaux, mais surtout de talents" https://www.lefigaro.fr/vox/economie/nicolas-baverez-de-choose-france-a-loose-france-20260606 CHRONIQUE - La stratégie de restauration de l’attractivité de la France, mise en scène par Choose France sous les ors de Versailles, se trouve en réalité minée par le bilan calamiteux des présidences d’Emmanuel Macron. Passer la publicité La 9 e édition du sommet Choose France , qui s’est déroulée le 1 er juin au château de Versailles, s’est achevée sur un record de promesses d’investissement dans l’Hexagone : 93 milliards d’euros contre 87 milliards cumulés de 2018 à 2025. Et ce en raison de la décision du conglomérat japonais SoftBank, présidé par Masayoshi Son, de mobiliser 75 milliards pour la construction de data centers dans notre pays. Ces annonces, effectuées alors que la guerre d’Iran et le blocage du détroit d’Ormuz font basculer l’économie mondiale dans la stagflation, sont d’autant plus positives qu’elles favoriseront le rattrapage du retard que la France a accumulé dans la révolution de l’IA, avec une capacité de calcul limitée à 1,5 GW fin 2025, loin derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni. Elles soulignent l’intérêt des investisseurs internationaux pour notre pays, en raison des atouts que constituent son énergie nucléaire décarbonée, ses infrastructures et sa situation géographique au cœur du grand marché européen. Elles confirment le succès de la promotion de l’attractivité de la France vis-à-vis des entreprises étrangères, qui demeure l’unique réussite de la politique économique conduite par Emmanuel Macron depuis 2017. Passer la publicité Mais, pour cette raison même, les résultats de Choose France et l’amélioration de l’image de la France demeurent à la fois partiels et fragiles. Tous les projets annoncés ne sont pas réalisés, comme l’a montré l’abandon de plusieurs gigafactories, spécialisées notamment dans la construction de batteries et les semi-conducteurs. Les emplois effectivement créés sont très inférieurs à ceux affichés. Par ailleurs, les opérations annoncées en 2026 concernent en quasi-totalité des data centers, très consommateurs d’électricité, d’eau et d’espace. Avec pour corollaire un risque de dépendance aux géants de la Big Tech américaine qui poursuivent la vassalisation numérique de l’Europe et de monopolisation de l’électricité décarbonée par l’IA au détriment des autres entreprises et des ménages. Les filiales de groupes étrangers n’entrent par ailleurs que pour 15 % de la valeur ajoutée dans notre pays contre 18 % en Allemagne et en Italie et 22 % en Espagne, ce qui témoigne d’un déficit persistant d’attractivité dont la première cause se trouve dans le niveau excessif du coût du travail, de la fiscalité et de la réglementation. La véritable mesure de l’attractivité de la France reste fournie par la balance des paiements : or elle fait apparaître au 30 juin 2025, sur douze mois, des entrées nettes d’investissements directs de 29,5 milliards, mais des sorties nettes des investissements de portefeuille à hauteur de 136,6 milliards. La France est en réalité confrontée à une fuite massive de capitaux, mais surtout de talents (elle a été ravalée au 19 e rang pour l’accueil des entrepreneurs et des cerveaux) et d’entreprises, avec pour symboles le déménagement de Criteo et la cotation à succès de TotalEnergies aux États-Unis. La stratégie de restauration de l’attractivité de la France, mise en scène par Choose France sous les ors de Versailles, se trouve en réalité minée par le bilan calamiteux des présidences d’Emmanuel Macron en termes de déstabilisation des institutions de la V e République, de paralysie et de faillite de l’État, d’explosion des violences et de disparition de la paix civile. La production, l’investissement et l’innovation ne peuvent se développer dans un environnement d’incertitude radicale et d’hostilité à l’entreprise. Or la dissolution de 2024 a ouvert un cycle d’instabilité politique qui risque fort d’être amplifié et non pas refermé par l’élection présidentielle de 2027. L’ordre public a disparu et l’ultraviolence gagne l’ensemble du territoire et de la population, comme le montrent la montée en puissance du narcotrafic ou les émeutes qui ont à nouveau accompagné la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions. L’attractivité de la France est ruinée par la schizophrénie d’une politique économique qui prétend encourager les investissements étrangers tout en poursuivant l’euthanasie des entreprises françaises, créant une paradoxale préférence économique pour l’étrangerSimultanément, l’économie française a basculé dans la stagflation sous l’effet d’un triple choc fiscal, financier et énergétique. L’activité est en récession depuis le premier trimestre 2026 ; l’inflation est passée de 0,9 % à 2,4 % et dépassera 3 % cette année ; le chômage a augmenté de 0,7 % sur un an et tendra vers 9 % de la population active ; le déficit se situera autour de 5,5 % du PIB, portant la dette à près de 120 % du PIB. Ce surendettement est devenu insoutenable, dès lors que le seul service de la dette représentera bientôt 3,5 % du PIB, ce qui exigera un équilibre strict pour toutes les autres dépenses de l’État, des collectivités locales et de la protection sociale. La France, l’homme malade de l’Europe L’attractivité de la France est ainsi ruinée par la schizophrénie d’une politique économique qui prétend encourager les investissements étrangers tout en poursuivant l’euthanasie des entreprises françaises, créant une paradoxale préférence économique pour l’étranger. Au moment même où l’État déroule le tapis rouge et se mobilise pour accueillir géants américains et capitaux japonais, le nombre de faillites atteint un record et les destructions d’emplois se multiplient, notamment dans l’industrie, entraînant une floraison de plans sociaux. Tandis que les oligarques de la Silicon Valley, les promoteurs des Lumières sombres et du transhumanisme, les princes de Wall Street et les as de la gestion de fortune banquettent dans la galerie des Batailles, les entreprises françaises, touchées de plein fouet par le troisième choc pétrolier, sont accablées de hausses d’impôts (23 milliards en 2025 et 21 milliards en 2026), de prélèvements sociaux (2 milliards en plus de la hausse du smic de 2,4 %) et de réglementations kafkaïennes (avec pour dernier avatar la transposition de la directive européenne de 2023 sur la transparence des rémunérations). La France est ainsi devenue un pays de non-droit pour les entreprises, où l’imprévisibilité du cadre réglementaire et fiscal compromet tout investissement de long terme. Keynes, interrogé dans les années 1930 sur la meilleure manière de sortir du trou, avait répondu : « Il faut d’abord cesser de le creuser. » Emmanuel Macon a choisi de creuser le trou des finances publiques de plus en plus vite et de plus en plus profondément, jusqu’à faire de la France l’homme malade de l’Europe. En accumulant 1 500 milliards d’euros de dettes publiques supplémentaires en dix ans, il a fait exploser le modèle français reposant, d’un côté, sur une croissance tirée par la seule consommation alimentée par des aides sociales financées à crédit et, de l’autre, sur la chute de la production, de l’emploi, de l’investissement et des exportations. Le naufrage de la France n’a rien de fatal. Son redressement dépend effectivement de son attractivité économique, qui est indissociable de sa compétitivité, de sa souveraineté et de sa sécurité. Et notre pays dispose d’atouts majeurs qui sont reconnus au-delà de nos frontières, qu’il s’agisse des entrepreneurs et des chercheurs, de l’épargne, de l’énergie décarbonée, des infrastructures, des grandes entreprises internationalisées, de sa culture et de sa civilisation. Mais ces points forts sont annihilés par l’improductivité et la faillite de l’État, incapable d’assurer les services de base alors qu’il accapare 57,2 % du PIB, ainsi que par la détestation et la prédation des entreprises par la classe politique. Et ce alors même qu’elles ne sont pas seulement le lieu de la création des richesses marchandes, dont dépendent le financement des services publics et celui de la solidarité, mais celui où se tissent en grande partie le lien social et la citoyenneté. Attirer les entreprises étrangères, c’est bien ; cesser de tuer les entreprises françaises, c’est mieux !
par Bérénice Levet, philosophe et essayiste, membre du Conseil d’orientation de l’Institut Thomas More 31 mai 2026
"Si ôter la vie n’est plus considéré comme substantiellement contraire à la notion d’humanité, avec la légalisation de l’euthanasie, notre société risque de perdre ses repères moraux, pourtant nécessaires pour affronter la montée de la violence, s’inquiète la philosophe." Un très beau texte sur un sujet qui dépasse largement les clivages politiques et dont les enjeux sont fondamentaux pour notre société ! https://institut-thomas-more.org/2026/05/12/legaliser-leuthanasie-cest-briser-a-jamais-lequation-de-lhumanite-et-du-non-possumus/
par Maxime Duclos 30 mai 2026
Un billet d'humeur de notre ami Maxime Duclos Il est temps de mettre sur la table un sujet dont peu osent réellement parler. Tout le monde le pressent. Beaucoup s’y préparent déjà. Pourtant, rares sont ceux qui acceptent d’aborder publiquement cette réalité : l’élection présidentielle de 2027 risque de provoquer en France une fracture politique et sociale d’une ampleur inédite, y compris au sein même des familles. Car derrière l’échéance électorale qui approche, une autre réalité se dessine progressivement : celle d’un affrontement idéologique devenu profondément émotionnel. À titre personnel, je suis convaincu que 2027 verra une dynamique puissante en faveur du camp national et souverainiste. Et avec elle, très probablement, une majorité parlementaire capable de remettre au cœur du débat les intérêts de la Nation, la souveraineté, l’autorité de l’État, la stabilité et la défense des intérêts français. Mais ce billet n’a pas pour objectif d’analyser les sondages ou les rapports de force électoraux. Le sujet ici est plus humain. Depuis plusieurs années, la politique ne divise plus seulement les électeurs : elle fragmente désormais les cercles privés, les groupes d’amis, les couples et parfois même les familles. Beaucoup de Français le vivent déjà sans forcément l’exprimer : certains évitent volontairement les sujets politiques lors des repas de famille ; d’autres préfèrent se taire plutôt que d’assumer certaines convictions ; d’autres encore constatent qu’un simple désaccord politique suffit désormais à déclencher tensions, jugements moraux ou ruptures relationnelles. Et cette situation risque de s’intensifier fortement à mesure que la campagne présidentielle approchera. Car l’élection de 2027 ne sera pas une élection classique. Elle opposera des visions du monde profondément différentes. D’un côté, une vision souverainiste, attachée à la Nation, à l’autorité, à la maîtrise des frontières, à la stabilité et à une approche pragmatique des politiques publiques. De l’autre, une vision davantage mondialisée, progressiste et idéologique, souvent portée par une lecture morale des débats politiques plutôt que par une logique d’efficacité concrète. Car il faut rappeler une chose simple : une loi ne devrait jamais être votée parce qu’elle est “bien-pensante”, médiatiquement valorisée ou moralement à la mode. Une loi devrait être votée parce qu’elle est utile, applicable, efficace et finançable. Or, depuis plusieurs années, le débat public s’est progressivement transformé en affrontement moral permanent. Celui qui pense différemment n’est plus simplement contredit : il est parfois immédiatement caricaturé, disqualifié ou assimilé à une menace politique ou sociale. Et c’est précisément ce climat qui peut devenir dangereux dans les sphères familiales. Car beaucoup de personnes engagées politiquement — ou simplement attachées à certaines valeurs traditionnelles, souverainistes ou patriotiques — vont probablement faire face, dans les prochains mois, à des réactions parfois très virulentes de la part de proches influencés par un climat médiatique extrêmement polarisé. Il faut être lucide : une partie importante du débat public reposera moins sur l’analyse des programmes que sur une stratégie de diabolisation du camp national. Nous assisterons probablement à une campagne où certains médias, certaines figures militantes et certains relais politiques chercheront avant tout à faire peur, à hystériser le débat et à présenter toute alternative souverainiste comme une menace pour la démocratie. Dans ce contexte, il sera essentiel de garder son calme. Car le véritable piège serait de répondre à la radicalité par la radicalité. Il faudra faire preuve de patience, de retenue et parfois même de distance émotionnelle face à certains débats devenus impossibles. Tout le monde ne réagit pas de manière rationnelle à la politique, surtout dans un climat de tension médiatique permanente. Les réseaux sociaux, les bulles algorithmiques et les logiques de confirmation idéologique ont profondément transformé la manière dont beaucoup de citoyens perçoivent la réalité politique. Il faut donc accepter que certaines personnes proches puissent réagir avec émotion, inquiétude ou hostilité à l’idée d’une victoire du camp national. Mais cela ne doit pas conduire à la haine, à la rupture familiale ou à l’animosité permanente. Car la stabilité, le calme et le pragmatisme doivent précisément rester les qualités de ceux qui prétendent vouloir redresser le pays. Ne tombons pas dans le piège de la colère permanente ou de la conflictualisation absolue des relations humaines. La politique passe. Les élections passent. Les familles, elles, doivent continuer d’exister après les campagnes électorales. Et si 2027 doit être une année de rupture politique, elle ne doit pas devenir une année de rupture humaine.
par Élodie Messéant dans Contrepoints 29 mai 2026
"Engagements de 87 milliards d’euros, prix déconnectés du marché, cas de sur-rémunération, fraude non sanctionnée… La Cour des comptes a publié un rapport qui évalue le coût réel du soutien étatique aux énergies renouvelables (EnR) : un scandale bien étouffé." Une tribune passionnante sur le coût exorbitant de développement coute que coute des ENR en France à lire dans Contrepoints : https://contrepoints.org/soutien-aux-energies-renouvelables-ou-comment-le-contribuable-se-fait-plumer/
par Maxime Duclos 27 mai 2026
Au printemps 2026, l'Assemblée nationale se trouve confrontée à l'un des défis majeurs de son histoire contemporaine : l’effondrement de la natalité française. Ce phénomène ne constitue pas l'unique crise nationale, mais il s'impose comme un défi vital que le gouvernement actuel, et plus encore l'exécutif futur, devra relever d'une main ferme et résolue. Le dépôt d'un nouveau texte législatif à la Présidence ravive un débat nécessaire, mais met en lumière l'écart abyssal entre la froideur des solutions bureaucratiques et la réalité sociologique du pays.  La proposition de loi n° 2679 intitulé : “ faciliter l’accès au logement des familles par la création d’un prêt à taux zéro” pose un constat démographique initial indiscutable lorsqu’elle rappelle pertinemment qu'« en 2025, 651 000 décès ont été enregistrés [...] tandis que 645 000 naissances ont été recensées » et qu'elle admet judicieusement que « le logement et son accession demeurent l'un des plus marquants » freins au projet parental , mais l'examen rigoureux du texte révèle un manque de fond flagrant dès lors que l'exposé des motifs affirme de manière simpliste que « le prêt à taux zéro constitue un instrument indispensable pour notre société » et qu'« il a pour vocation de proposer une aide concrète aux familles » , limitant ainsi la relance de la natalité au seul dispositif de l'article 1er destiné à « financer [...] l'acquisition, la construction ou l'agrandissement de la résidence principale » dans la limite d'un « plafond de 100 000 euros par opération ». Cette posture, bien qu'appuyée sur la réalité statistique rappelant qu'« un jeune sur cinq doit renoncer à avoir un bébé à cause de son logement », mérite d'être abordée avec une plus grande nuance psychologique. S'il est crucial de reconnaître la sincérité de ces difficultés matérielles sans poser de jugement sur les couples actuels, il apparaît tout aussi impératif de constater l'influence profonde du modèle de surconsommation et d'ultra libéralisme dans lequel évolue la jeunesse. L'hésitation face à la parentalité ne saurait être réduite à une simple impasse immobilière ; elle traduit également la nécessité d'accompagner et de guider les consciences vers la valeur fondamentale de la cellule familiale. Face aux injonctions d'un individualisme ambiant qui privilégie parfois le confort personnel et les plaisirs immédiats, le rôle de la puissance publique n'est pas de blâmer, mais d'offrir un cheminement rassurant, capable de réorienter les priorités loin des dérives matérialistes pour redonner le goût de l'engagement durable. Enfin, l'analyse se positionne foncièrement contre la dérive légistique et budgétaire de l'Article 2, lequel énonce de manière automatique que « la perte de recettes pour l'État est compensée à due concurrence par la création d'une taxe additionnelle à l'accise sur les tabacs ». Ce recours systématique à la fiscalité punitive, devenu une clause de style interchangeable pour satisfaire formellement aux exigences de l'article 40 de la Constitution, trahit une paresse méthodologique. Le financement du réarmement démographique de la Nation ne peut pas dépendre d'une taxe comportementale instable, mais doit être compensé de manière économiquement viable par une baisse ciblée et rigoureuse des dépenses de fonctionnement superflues de l'État. En définitive, bien que cette proposition de loi soit, dans la forme, en partie recevable, le fond du problème n'y est pas pleinement discuté. L'urgence démographique exige de travailler sur plusieurs paliers essentiels afin de rassurer et d'accompagner les jeunes couples. Des mesures fiscales protectrices, des aménagements ambitieux du temps familial et un accompagnement moral vers un modèle centré sur la famille sont indispensables pour relancer la natalité. Stop aux demi-mesures unilatérales et technocratiques : il est temps d'ouvrir le champ des possibles et de guider la société, car la chute de la natalité en France ne représente pas un simple défi comptable, elle signe une lente extinction culturelle.
par Gabrielle Cluzel (dans Boulevard Voltaire) 11 mai 2026
Quand les fervents défenseurs du "vivre ensemble" se heurte au réel ... Un édito de Gabrielle Cluzel dans Boulevard Voltaire : https://www.bvoltaire.fr/edito-allegorie-a-la-concorde-le-vrai-vivre-ensemble-a-detruit-le-fantasme/
par Le bureau LD31 8 mai 2026
Une conférence de Thibault de Montbrial qui promet d'être passionnante sur le thème "France le choc ou la chute" ! Salle Barcelone mercredi 20 mai à 18h30 Thibault de Montbrial est un avocat français , président du Centre de Réflexion sur la Sécurité Intérieure (CRSI), un think thank ayant pour objectif de « permettre aux différents professionnels concernés ainsi plus généralement qu’à toutes les personnes intéressées, de se rencontrer et d’échanger ». Il souhaite aussi « permettre de contribuer au débat public et politique sur les questions de sécurité intérieure en proposant des analyses et en apportant des propositions opérationnelles concrètes » [
par Maxime Duclos 30 avril 2026
La France a fait le choix de la puissance. L'actualisation de la Loi de Programmation Militaire (LPM) 2024-2030, adoptée en commission le 23 avril 2026, confirme une trajectoire de réarmement : le budget des armées aura doublé entre 2017 et 2027. En injectant 36 milliards d’euros de ressources nouvelles pour la période 2026-2030, portant le budget total à 435,7 milliards d’euros, la Nation assume son rang. L’objectif est clair : porter l’effort de défense à 2,5 % du PIB d’ici 2030. Cette démarche n'est pas qu'une question de chiffres, c'est une stratégie de survie industrielle. La France impose désormais une « économie de guerre » où l’État peut exiger des industriels la constitution de stocks stratégiques couvrant jusqu’à 6 mois d’activité. Nos fleurons de la Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD) sont les piliers de cette souveraineté : l'accélération des livraisons de munitions, avec une hausse vertigineuse de +400 % pour les munitions téléopérées et +190 % pour l'artillerie de 155 mm, prouve que nous passons d'une logique de flux à une logique de masse. Soutenir nos industries, c'est garantir que nos Rafale, nos frégates et nos blindés ne soient jamais à court d'effecteurs dans un conflit de haute intensité. Réinvestir dans notre défense, c'est aussi refuser la dépendance technologique. En finançant des ruptures dans le spatial, l'IA et le combat ollaboratif, la France s'assure de rester maîtresse de son destin face aux pressions hégémoniques mondiales. à suivre... Maxime Duclos
par Maxime Duclos 23 avril 2026
Il y a quelques jours , le 17 avril,, l’Institut Français des Relations Internationales (IFRI) organisait une conférence de haut niveau sur les implications énergétiques du conflit en cours au Moyen-Orient. Les échanges ont été d’une grande densité stratégique. Les spécialistes ont dressé un constat lucide et macroéconomique : l’Europe dispose aujourd’hui de réserves énergétiques nettement plus confortables qu’en 2021-2022. Cette marge de manœuvre constitue une opportunité réelle pour renforcer sa souveraineté énergétique. Le gaz, le nucléaire, les énergies renouvelables et les énergies propres doivent être développés dans un esprit de coopération entre États, tout en préservant la souveraineté nationale de chacun. La France, avec son parc nucléaire important et son avance en matière d’électrification, a été citée comme un exemple pertinent. Les intervenants ont également souligné que le conflit actuel entre l’Iran, Israël et les États-Unis accentue la nécessité pour l’Europe de réduire sa dépendance aux hydrocarbures du Moyen-Orient. Ils ont insisté sur le fait que les pays du Golfe, directement impactés par les tensions, pourraient être contraints à une coopération pragmatique avec l’Iran sur les questions de ressources et de positions territoriales. Enfin, la question de l’électrification massive a été évoquée comme un axe structurant, la France étant présentée comme un modèle en la matière, notamment pour le parc automobile. Jusqu’ici, l’analyse de l’IFRI reste technique, géopolitique et relativement neutre. Elle met en lumière une fenêtre de tir historique pour l’Europe et pour la France. C’est précisément sur cette opportunité que porte mon commentaire. Car si les faits exposés par les experts sont clairs, la manière dont le gouvernement français et la Commission européenne les interprètent pose problème. Derrière les discours officiels sur la « souveraineté européenne », on assiste à une instrumentalisation politique du conflit. Au lieu d’utiliser cette marge de manœuvre pour alléger la pression sur les ménages et renforcer notre indépendance réelle, le pouvoir exécutif maintient des taxes sur les carburants à des niveaux historiquement élevés. Cette inertie fiscale n’est pas neutre : elle sert subtilement à orienter les Français vers le véhicule électrique, conformément à la vision fédérale et verte promue par Ursula von der Leyen. Cette stratégie est doublement critiquable. D’abord, elle est socialement injuste. L’électrification massive du parc automobile exclut de facto les classes populaires et une grande partie des classes moyennes, qui n’ont ni les moyens financiers ni l’infrastructure nécessaire pour passer à l’électrique dans des conditions acceptables. Imposer ce choix par la fiscalité punitive revient à pénaliser ceux qui n’ont pas les capacités d’investissement, tout en prétendant agir pour le bien commun. Ensuite, elle est stratégiquement contestable. La souveraineté énergétique ne se décrète pas depuis Bruxelles ni par une uniformisation forcée des politiques nationales. Elle se construit par des États souverains qui coopèrent librement, sans se dissoudre dans une logique fédérale. Or, la vision actuelle tend à privilégier une Europe qui impose son mix énergétique aux nations plutôt que l’inverse. C’est une erreur profonde : une Europe des nations fortes et responsables sera toujours plus résiliente qu’une Europe centralisée et idéologique. Les experts de l’IFRI ont également rappelé que l’Iran constitue une menace directe pour les pays du Golfe, bien au-delà des seuls intérêts américains et israéliens. Les attaques récentes ont montré que ces États subissent de plein fouet les conséquences économiques et sécuritaires du conflit, notamment sur l’approvisionnement en énergie et en eau. Sous-estimer cet impact serait une faute d’analyse. Enfin, la question restée en suspens à la fin de la conférence mérite attention : l’approvisionnement en kérosène pour l’été. Le détroit d’Ormuz a rouvert, mais pour combien de temps ? Une pénurie, même partielle, reste une hypothèse sérieuse. Les Français ont le droit d’être informés sans langue de bois sur les risques qui pèsent sur leurs déplacements cet été. La conclusion s’impose avec force. Le conflit au Moyen-Orient offre à l’Europe et à la France une opportunité historique de renforcer sa souveraineté énergétique dans un cadre réaliste et équilibré. Mais cette opportunité est aujourd’hui détournée au service d’une idéologie verte et fédéraliste qui pénalise les plus modestes et affaiblit la souveraineté nationale. Il est temps de reprendre le contrôle du débat. La souveraineté énergétique doit servir les intérêts concrets des Français, et non une vision dogmatique qui exclut une partie de la population. C’est à cette condition seulement que nous transformerons une crise géopolitique en véritable atout stratégique pour la nation.