Gérard Collomb : « Il va bien falloir qu’on revienne au réalisme »

Gérard Collomb • 11 mai 2022

Gérard Collomb : « Il va bien falloir qu’on revienne au réalisme »

Proposé par un de nos fidèles lecteur, un article du Point dans lequel G Coulombfait une analyseintéressantedu macronisme. On y retrouve notamment l'obsession d'Emmanuel Macron de vouloir toujours tout maitriser dans les détails, tout contrôler et décider sans tenir vraiment compte des autres, son manque d’humilité et cette façon de toujours vouloir montrer sa supériorité.


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EXCLUSIF. Gérard Collomb : « Il va bien falloir qu’on revienne au réalisme »

ENTRETIEN. Il fut l'un des inventeurs du macronisme et se taisait depuis trois ans. Il livre au « Point » une analyse aiguisée de l’action du président.

Propos recueillis par Jérôme Cordelier et Etienne Gernelle

Publié le 04/05/2022 à 10h00 - Modifié le 05/05/2022 à 07h43


Il a été le premier grand élu à croire en un Macron présidentiel, et il a fortement contribué à façonner ce qui allait devenir le « macronisme ». Nommé ministre d'État, ministre de l'Intérieur, dans le gouvernement d'Édouard Philippe, Gérard Collomb démissionne avec fracas moins d'un an et demi plus tard. Personne n'a oublié ses paroles fortes dans le discours solennel de la passation des pouvoirs devant son successeur, le Premier ministre, Édouard Philippe, médusé. Déplorant une situation « très dégradée » dans les quartiers, le chef de la police avait lancé : « Aujourd'hui, on vit côte à côte, je crains que demain on ne vive face à face. » Un ministre ne devrait pas dire ça... Ses mots prophétiques vaudront au premier des macronistes, intime du couple Macron, la mise au ban.

Une disgrâce que Gérard Collomb paiera cher : trahi par les siens, il ne retrouvera pas son fauteuil de maire de Lyon , ni de président de la métropole, que cet édile bâtisseur avait pourtant créé et propulsé dans la modernité. Celui qui n'est désormais plus que conseiller d'opposition à Lyon rompt trois ans de silence et dresse pour Le Point un bilan contrasté mais implacable, sans amertume, du premier quinquennat, et confie aussi ses espoirs pour la réussite du second.

Le Point : Pour vous qui en avez été l'un des pères fondateurs, qu'est devenu le macronisme ?

Gérard Collomb : À l'origine, selon moi, le macronisme a été façonné par quatre éléments. Premièrement, c'était l'idée selon laquelle l'affrontement entre partis traditionnels était dépassé. Moi qui étais socialiste, je trouvais qu'il y avait des Républicains ou des centristes plus proches de mes idées qu'un certain nombre de frondeurs. Dans un paysage statufié, il fallait rebattre les cartes. Notre macronisme rassemblait des jeunes qui entouraient Emmanuel Macron, et des élus locaux, dont par exemple Jean-Claude Boulard, le maire du Mans. Le deuxième élément était économique : on pensait qu'il y avait essentiellement une crise de l'offre alors que, au PS, on était pour une relance par la demande, ce qui faisait que la France perdait en compétitivité. Le troisième point, c'était de mettre fin aux deux fractures de la société française : d'abord le décrochage d'une France périphérique, ensuite la fracture sociale dans les villes entre des quartiers locomotives, engagés dans le mouvement du siècle, et d'autres où sont cantonnées des populations reléguées, provenant en grande partie de l'immigration. Quatrièmement, on avait pour ambition de prendre en compte sans œillères les problèmes de sécurité : Emmanuel Macron voyait bien que, à la fin du mandat de François Hollande, cela était bien moins affirmé qu'avec un Manuel Valls ministre de l'Intérieur, qui prenait ces questions à bras-le-corps. Une partie de la gauche parlait d'un sentiment d'insécurité, pas d'insécurité. Il fallait rompre avec l'angélisme.

Que reste-t-il de ce macronisme originel ?

Sur le premier point, casser les anciens partis, on peut dire qu'on a réussi (rires). Mais pour aboutir à quoi ? On est passé d'un système « camp contre camp » à la France des trois blocs. Il y a celui de Marine Le Pen, qui est très important – et il n'y a pas 42 % de fascistes dans le pays – donc si l'on ne prend pas en compte cette réalité, le désenchantement sera fort. Il y a aussi le bloc de Mélenchon, qui a fédéré d'une part des jeunes attirés par le wokisme, l'intersectionnalité, et d'autre part les banlieues, en cristallisant un vote immigré, une communauté qui a été choquée par le discours des Mureaux du président sur le séparatisme parce que, pour elle, il confondait musulmans et islamistes radicaux. Comme ministre de l'Intérieur, on me l'a suffisamment reproché, j'ai essayé de tenir un discours ferme sur l'immigration, mais aussi avec la volonté de « déghettoïser ». C'est mon côté Borloo. Le troisième bloc, au milieu, c'est celui du vote Macron. Ses 28 % de voix représentent un vaste espace, mais que va-t-il devenir ? Si demain il s'élargit sur la droite et sur la gauche, de Sarkozy à Rebsamen, va-t-il trouver le même élargissement dans la population ? Je ne le crois pas.

La logique d'un parti unique central vous semble donc dangereuse ?

Bien sûr ! Cela conduira à un rétrécissement politique puisque, au pouvoir, compte tenu des circonstances, on ne peut que s'user. Et on peut donc aboutir à la victoire de l'un des extrêmes, toutes les forces de gouvernement étant dans le même camp…

Et sur l'économie, le macronisme a-t-il réussi ?

Oui. Quand on injecte des centaines de milliards dans l'économie, comme ce fut le cas à cause du Covid-19, ça marche, c'est logique. Mais il n'y a pas que cela. Dès avant le Covid, il y a eu une hausse des créations d'entreprises. Il faut dire aussi que cela est dû en partie aux réformes consécutives au rapport Gallois, pacte de responsabilité et lois El Khomri. Hollande a fait ces réformes trop tard, mais cela a porté ses fruits dès le début du quinquennat suivant. Ensuite, Macron a continué en ce sens : il y a eu la réforme du droit du travail, par exemple, et aussi de la SNCF. Dans les esprits, cela a installé l'idée que ce jeune président ose s'attaquer à des sujets sensibles : il réforme, il débloque, il libère. Et cela a marché. En 2018, il y a eu en France 691 000 créations d'entreprises, soit 17 % de plus par rapport à l'année précédente. Puis, en 2019, 815 000 ; en 2020, 850 000 ; en 2021, 995 000. Au début du quinquennat, c'était beaucoup de microentreprises mais, la dernière année, des sociétés plus importantes ont été créées. D'où la baisse du chômage.

Sur le troisième objectif de votre macronisme, réduire les fractures, il y a eu en revanche les Gilets jaunes…

Il aurait fallu, pour réduire les fractures, mettre en place un acte III de la décentralisation. Nous avions plaidé pendant la campagne présidentielle de 2017 pour une révolution girondine. Vous connaissez la suite… Au moment où je quitte le gouvernement, Macron dit : « Il y a des moments dans l'Histoire où il faut assumer des périodes de jacobinisme. » Le discours sur Jupiter va naître. Ce qui va lui faire redécouvrir le rôle des territoires, c'est la crise du Covid, notamment dans la première période : heureusement que les collectivités sont là pour gérer les masques.

La logique d’un parti unique central conduira à un rétrécissement politique qui pourrait aboutir à la victoire de l’un des extrêmes. Mais alors pourquoi s'est-il mis autant d'élus à dos ?

Il agit avec la conviction qu'il faut un État fort. Et, pour lui, alors, l'État, c'est seulement l'État central. Pour la majorité des Marcheurs, les territoires ne signifient pas grand-chose, leur monde, c'est celui du numérique, de l'universel. Ceux qui étaient sensibles à ces sujets, c'était nous, les élus locaux. Mais Macron lui-même en parlait peu.

C'est cela qui l'a empêché de faire le Grand Paris ?

J'ai travaillé avec le préfet d'Île-de-France pendant un an et demi sur ce sujet. Macron a toujours hésité entre deux postures : unir Paris et la première couronne – ce qui me semblait être la bonne solution – ou articuler le projet autour de la grande région. Cette hésitation était peut-être due à quelques interrogations politiques : Paris, c'est Hidalgo, et la région, Pécresse. Mais, au moment où je suis parti, on avait dans l'idée de créer deux autres métropoles intégrant l'échelon départemental, sur le modèle de celle de Lyon : Bordeaux et Toulouse.

Pas Nice, exemple qu'a cité récemment Macron ?

À Nice, le projet était un peu différent. Le problème, ce n'était pas de s'étendre sur la côte, mais de remonter dans les terres, sur les contours de la Nice savoyarde. C'est cela, la pensée d'Estrosi, et il a raison. J'ai toujours pensé qu'il fallait structurer les métropoles en fonction de l'histoire et de la géographie de chaque territoire.

Macron peut-il maintenant devenir un président girondin, décentralisateur ?

Il aura du mal. L'économiste qu'il est voit bien que les grandes villes sont porteuses d'une bonne partie du PIB français. Mais, après, quand il s'agit de dire que ce n'est pas à l'État d'impulser le mouvement, c'est sans doute plus difficile pour lui.

Sur les sujets régaliens, quel bilan dressez-vous du quinquennat ?

D'un point de vue strictement comptable, il a fait ce qu'il avait dit, en créant 10 000 postes dans la police et la gendarmerie. C'est le cas aussi en matière de lutte contre le terrorisme, du renforcement de la DGSI. On a par ailleurs rééquipé les forces en voitures, rénové les commissariats et les gendarmeries. Il n'empêche qu'aujourd'hui l'insécurité baisse et… augmente. Elle diminue sur les atteintes aux biens, cambriolages et vols de voitures, grâce aux technologies de sécurité. Mais les violences sont en croissance : intrafamiliales, contre les femmes – même si c'est aussi parce que, comme le dit Gérald Darmanin, la parole s'est libérée – et dans la rue. Et, surtout, il reste le fléau du trafic de drogue, qui a grimpé et représente aujourd'hui un volume de 4,2 milliards d'euros quand l'achat de livres, par exemple, c'est 3,5 milliards. C'est ainsi qu'on voit une société en train de se déconstruire.

Macron aura du mal à devenir un président décentralisateur. L’économiste qu’il est voit bien que les grandes villes sont porteuses d’une bonne partie du PIB français. Mais, après, quand il s’agit de dire que ce n’est pas à l’État d’impulser le mouvement, c’est sans doute plus difficile pour lui.

Et sur l'immigration ?

Je n'ai jamais confondu l'immigration économique et celle qui répond aux vrais besoins d'asile, au sens de la convention de Genève. Quand on voit aujourd'hui que la seconde catégorie de demandeurs d'asile est représentée par les personnes venant de Côte d'Ivoire, qui est un pays sûr et économiquement pas le plus défavorisé, c'est un non-sens. Ce n'est pas comme ceux qui fuient des théâtres de guerre comme le Tigré (Éthiopie) ou aujourd'hui l'Ukraine. Ceux-là, bien évidemment, nous devons les accueillir. Il faut que le droit d'asile s'applique à ceux qui doivent être protégés, aux personnes menacées dans leur pays, parce qu'il y a la guerre ou parce qu'ils peuvent être victimes de persécutions. Faisons-le, c'est bien. Mais il est impossible d'accueillir le monde entier. On évoque le sujet seulement sous l'émotion, avec des coups de balancier. C'est sur ces sujets-là que nous nous sommes séparés avec le président.

Pourquoi ?

Je ne me sentais pas soutenu. Le président voyait bien que ce problème se posait avec toujours plus d'acuité dans notre pays, mais, à l'échelle européenne, face au groupe de Visegrad rassemblant les États partisans du « pas d'immigration chez nous » (Hongrie, Pologne, Tchéquie, Slovaquie), il voulait incarner le visage humaniste de l'Europe. C'est un équilibre difficile à trouver.

Vous pensez qu'il y a eu trop d'angélisme ?

Quand vous laissez diffuser le message « portes ouvertes chez nous », il y a inévitablement un effet d'attractivité. Ce mot d'attractivité hérissait tellement le président que l'on parlait de « pull effect ». C'est la même chose, mais en anglais. En réalité, c'est bien avant son arrivée que notre système est devenu l'un des plus susceptibles d'attirer une immigration forte. Il y a besoin de mettre davantage l'accent sur l'intégration : accueillir moins, mais mieux, à l'instar des dispositifs mis en place en Allemagne, où l'organisation est extrêmement performante.

Comment voyez-vous ce second quinquennat ?

C'est peu dire qu'il ne débute pas sous des auspices favorables. On pensait qu'on allait retrouver une période de croissance, or l'inflation grimpe, la guerre en Ukraine provoque des pénuries, le Covid en Chine affecte les chaînes de production, et toute notre industrie se retrouve en grande difficulté. Et puis les entreprises ont des prêts à rembourser, comme les prêts garantis par l'État (PGE), et on commence à voir certaines sociétés se retrouver devant les tribunaux de commerce. La croissance a été de zéro au premier trimestre… Enfin, on a débloqué beaucoup d'argent pour sauver nos économies durant la crise du Covid, et nous sommes donc hyperendettés.

Le «quoi qu’il en coûte» a mis dans les têtes l’idée selon laquelle la puissance publique bénéficiait de moyens infinis.

La dette est un sujet qui a presque disparu de la campagne présidentielle…

Absolument. Et pourtant, les banques centrales commencent à mener une politique plus restrictive après avoir beaucoup prêté. Nous faisons face à des problèmes structurels, et, en même temps, à des attentes très fortes. Le « quoi qu'il en coûte » a mis dans les têtes l'idée selon laquelle la puissance publique bénéficiait de moyens infinis. La contradiction entre la réalité et le désir va être complexe à gérer.

Sur la dépense publique, le macronisme ne s'est-il pas rapproché de l'ancien monde ?

Heureusement, deux hommes y étaient attentifs : Édouard Philippe et Alexis Kohler. Il va bien falloir qu'on rembourse, et qu'on revienne au réalisme. Car, parmi les pays industriels, on est aujourd'hui les plus endettés par rapport à nos recettes, après le Japon…

Ministre, vous disiez que la réforme était ralentie par la technostructure. Vous le pensez toujours ?

Si par technostructure vous entendez les personnels de la haute administration, je les trouve bien plus ouverts qu'on ne le dit : si vous êtes résolu, et que vous les convainquez, ils vous suivent bien volontiers. C'est plutôt dans la couche intermédiaire, entre le politique et l'administratif, que se situe le problème. Il y a là quelques trentenaires qui, parce qu'ils sont bardés de diplômes, sont persuadés d'avoir raison alors qu'ils ont une vision qui peut parfois manquer de réalisme. S'y ajoutent des visiteurs du soir qui peuvent dire le contraire de ce que les ministres ont dit durant la journée et amener le président à hésiter.

Macron, en 2017, avait fait campagne sur la défense des « outsiders » et la lutte contre les rentes… Cette volonté s'est-elle émoussée ?

Il est vrai qu'en 2017 il y avait un allant, une énergie formidable. Si l'on considère les difficultés des banlieues, par exemple, on ne peut pas dire après cinq ans que les « outsiders » sont devenus des « insiders ». Il a manqué, à mon avis, la dimension géographique de l'action. On a pensé en termes d'individus. Or un quartier, ce n'est pas une somme d'individus, c'est un collectif, avec une culture qui est la sienne. L'action de Macron a pâti de ne pas être inscrite dans les territoires. Comment voulez-vous pousser à l'émancipation d'outsiders, si les politiques menées sont un peu en apesanteur et ne s'adaptent pas à la situation propre d'un territoire comme la Seine-Saint-Denis ?

L’action de Macron a pâti de ne pas être inscrite dans les territoires.

Globalement, vous pensez donc Emmanuel Macron capable de lancer de nouvelles réformes ?

Je l'espère ! Il le faut ! Mais ça va être dur. D'autant qu'il aura face à lui les blocs Le Pen et Mélenchon, qui ont, d'une certaine manière, la même approche de l'économie. Et sachant que le PS ou EELV sont en train de se rallier à Mélenchon…

Justement, vous qui êtes un enfant du congrès d'Épinay (1971), comment jugez-vous le rapprochement entre Mélenchon et le PS ?

J'étais là avant même Épinay, j'ai adhéré en 1969 à la Convention des institutions républicaines ! La rupture historique avec un socialisme ancien, c'est François Mitterrand qui l'a accomplie avec le tournant de la rigueur en 1983 pour tenir compte des réalités de l'époque. Or regardez la situation : le monde est aujourd'hui engagé dans une période de profonde révolution scientifique, technologique, avec des innovations qui vont bouleverser la donne. Les États-Unis et la Chine en tête. Or en France aujourd'hui, notamment chez un certain nombre de partisans de Mélenchon ou des Verts, il y a une pensée antiprogrès, antiscientifique, voire antivaccin, qui s'est développée. C'est là mon désaccord d'ailleurs avec les Verts : non sur l'écologie, mais parce que je pense que c'est avant tout par l'innovation et par la science que l'on répondra aux défis qui sont les nôtres, notamment sur le climat.

Dans l'exercice du pouvoir, Macron a dit qu'il voulait changer de méthode. Que lui conseillez-vous ?

D'abord de se changer lui-même (rires). Dans la gestion de la crise, et il en a subi au long de ce quinquennat, il est plutôt bon. Mais, quelquefois, il peut mettre en danger toute sa politique par une attitude. On l'a encore vu lors de son débat face à Marine Le Pen : il n'était pas utile d'afficher un tel sentiment de supériorité. Même s'il avait une maîtrise totale des dossiers techniques. Cela a choqué les téléspectateurs, bien au-delà des partisans de Marine Le Pen. Ce constat a renvoyé à un certain nombre de petites phrases où il avait peut-être raison sur le fond, mais pas sur la forme. Un élu local ne se serait pas exprimé ainsi : dans la rue, vous écoutez les gens même si vous n'êtes pas d'accord avec eux. Pour les convaincre, il faut avoir conscience qu'il y a toujours une part de vérité dans ce qu'ils vous disent.

Au Champ-de-Mars, le soir de la victoire, il y avait un signe qui ne trompait pas : le visage de Brigitte Macron, il était grave, on voyait bien qu’elle savait que les cinq prochaines années seront extrêmement dures.

Et dans le fonctionnement du gouvernement ?

Certains disent qu'il voulait être ministre de tout… Je peux en témoigner… Il épluchait tout. Pendant les conseils des ministres, tout en dirigeant la réunion, il lisait toutes les fiches sur la sécurité provenant du ministère de l'Intérieur. Macron, c'est un inventeur, un lanceur d'idées, quelqu'un qui a de la culture, mais qui peut parfois trop se focaliser sur le détail. Il peut être dans une pensée cosmique ou être totalement absorbé par les microsujets, mais il peut pécher au niveau intermédiaire, celui de l'organisation. D'où le rôle complémentaire de Philippe et de Kohler pour que l'idée devienne réalité. Philippe avait donc un rôle que j'ai jugé positif, car il me semble que le président a besoin aussi d'un Premier ministre fort. Rappelons-le : le Premier ministre dirige l'administration.

En quoi Macron a-t-il changé ?

Lorsqu'il m'a remis la Légion d'honneur, début mars, je l'ai trouvé plus en forme que je ne l'aurais pensé, même si forcément, le quinquennat l'a marqué et s'il sait la situation actuelle difficile. Mais au Champ-de-Mars, le soir de la victoire, il y avait un signe qui ne trompait pas : le visage de Brigitte Macron, il était grave, on voyait bien qu'elle savait que les cinq prochaines années seront extrêmement dures. Et lui en a parfaitement conscience aussi. Il faut donc qu'il s'entoure de gens qui n'hésitent pas l'informer de la réalité, même quand elle est moins bonne qu'on ne le souhaiterait. S'il n'a autour de lui que des béni-oui-oui, cela peut devenir compliqué ! Alors c'est vrai que l'on peut se faire taper sur les doigts, ça m'est arrivé. Par exemple, quand j'ai dit ce que je pensais des 80 km/heure sur route, je ne pensais pas commettre une hérésie absolue, et la suite a montré que j'avais plutôt raison… Le problème, c'est qu'il est toujours difficile d'entendre des vérités un peu trop abruptes. C'est bien là le problème qui a causé mon départ. Pourtant, vous savez quel était mon attachement pour le président, je me serais mis en quatre pour lui. J'ai donc été beaucoup affecté par la période qui a suivi, au cours de laquelle on ne s'est plus beaucoup parlé.

L'Europe a toujours été la colonne vertébrale de Macron et c’est sa chance, car les Français perçoivent peut-être mieux aujourd’hui combien elle est importante pour l’avenir de notre pays.

Quel est le principal atout de Macron pour réussir son quinquennat ?

L'Europe, indéniablement. Ce sujet a toujours été sa colonne vertébrale et c'est sa chance, car les Français perçoivent peut-être mieux aujourd'hui combien l'Europe est importante pour l'avenir de notre pays. Cela a été démontré avec le Covid : on n'a – hélas ! – pas réussi à produire de vaccins en France, mais la politique européenne commune sur ce sujet nous a permis de venir à bout de la pandémie. Il y a eu aussi le plan de relance européen, une avancée fantastique. Enfin, la guerre en Ukraine nous fait prendre conscience de notre faiblesse en matière de défense. Or, si l'Europe veut peser sur l'Histoire, c'est maintenant.

par Arthur de Watrigant 5 avril 2026
"La loi du milieu" un éditorial d'Arthur de Watrigant dans le dernier numéro de "L'incorrect" https://lincorrect.org/editorial-darthur-de-watrigant-la-loi-du-milieu/ Rachida Dati a perdu, Patrick Cohen jubile sur France Inter. Il n’a pas tort ce lundi 23 mars au matin. Toutes les planètes étaient alignées, des retraits de listes à la réforme du scrutin qui l’inquiétait quelques mois plus tôt, comme nous le révélions dans ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Legrand-Cohen. Mais voilà, la sentence est tombée, l’ex-ministre de la Culture ne siègera pas rue de Rivoli. Pour service rendu (sic), le château de Versailles lui ouvre ses portes, il y a pire comme antichambre pour attendre les procès. Emmanuel Grégoire peut souffler. L’affaire ignoble du réseau pédocriminel dans le périscolaire parisien ne l’a pas affecté. Il annonce l’avenir en grande pompe : toujours plus de HLM, et le paradis des LGBT. La cohabitation s’annonce rock’n’roll. Mais Paris n’est pas la France, et les municipales ne sont pas une élection nationale. Tirer des conclusions pour 2027 s’avère périlleux. En revanche, la carte est limpide. Les grandes métropoles à la gauche et aux progressistes ; le reste aux autres. Le fossé entre les Français et les élites s’agrandit. Bientôt, ils ne se croiseront plus du tout. Il est des pouvoirs d’autant plus sûrs d’eux-mêmes qu’ils ne se reconnaissent plus comme tels. Ils se croient naturels. Ils ne s’imposent pas : ils vont de soi. Depuis longtemps, l’audiovisuel public français exerce ce magistère feutré. Il ne gouverne pas le pays ; il en administre le récit. C’est un sanctuaire moderne qui voit une caste se contempler sous les traits de l’universel. C’est tout le privilège des cléricatures tardives : elles parlent au nom de tous depuis leur nombril. Rien, d’ailleurs, n’est tout à fait caché. Les connivences, les indulgences, les enthousiasmes comme les répulsions composent un paysage si connu qu’il en devient presque invisible. « Avec Patrick, on fait ce qu’il faut pour Dati », affirmait Thomas Legrand pour rassurer les socialistes. Les petites phrases ont parfois cette vertu de condenser un régime. C’est un monde qui a ses rites. Il aime particulièrement les cérémonies funèbres, qui permettent de travestir le bilan en élégie, surtout dès qu’un socialiste tombe. Jack Lang ? « Le plus grand ministre de la Culture de la ve ». Jospin ? « Le meilleur Premier ministre de la ve ». On a la canonisation aussi généreuse que l’excommunication sur France Inter. Mais les 35 heures n’existent pas au Purgatoire. Et puis survient parfois un grain de sable dans cette belle mécanique de l’innocence. Les Rayons et les Ombres, le film magistral de Xavier Giannoli. En choisissant Jean Luchaire pour raconter la collaboration, le cinéaste touche juste : il rappelle que les trahisons ne sont pas l’apanage d’un camp et naissent aussi dans les salons, les rédactions, les consciences raffinées et… à gauche. Soudain, le récit se trouble : quoi, la gauche n’est pas immunisée contre le mal ? Heureusement, des experts volent à la rescousse : l’historien Laurent Joly – qui, il y a un an, appelait à voter contre le RN en toute neutralité et tentait de liquider Jean-Yves Camus la veille dans Le Monde – est convoqué sur France 5 pour affirmer que « Luchaire est une anomalie ». Ça en fait tout de même un paquet… D’ailleurs quelques villes gagnées par LFI, au Blanc-Mesnil et ailleurs, refoulaient des odeurs d’épuration le jour d’intronisation des nouveaux maires. Certains avaient prévenu, mais par crainte de guerre civile, on a préféré leur agrafer une étiquette de facho sur la tronche. La paix vaut bien tous les renoncements. S’il y en a un qui ne renonce pas, c’est bien Charles Alloncle. Le jeune député et rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public s’apprête à rendre ses conclusions. Elles ne seront peut-être jamais publiées, et toutes les preuves peuvent disparaître. Il suffit d’un vote. Ses adversaires le savent. Ils ont tout essayé : corruption, menaces, diffamation, des plus hautes sphères du privé jusqu’au perchoir de l’Assemblée. Rien n’y fait, Alloncle ne flanche pas. Il accuse. Le scandale est immense. Tentaculaire. Quant au pluralisme, il fait pâle figure face au système mafieux. Un système qui absout les siens et condamne les autres. Un monde qui se croit encore le centre alors qu’il n’est plus qu’un milieu.
par Maxime Duclos 26 mars 2026
Depuis quelques années, l’Allemagne a engagé un tournant stratégique majeur. Longtemps critiquée pour la faiblesse relative de son effort militaire, elle opère aujourd’hui un réarmement rapide et assumé, notamment au sein de son armée de terre, la Heer. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : un budget de défense passé d’environ 44 milliards d’euros en 2020 à près de 79 milliards en 2025, avec des projections dépassant les 100 milliards si l’on intègre les enveloppes exceptionnelles engagées depuis 2022. Officiellement, cette montée en puissance s’inscrit dans le contexte du conflit russo- ukrainien et dans une volonté de renforcer la sécurité européenne. Cet argument est recevable. L’environnement stratégique s’est dégradé, et il est logique que les États européens cherchent à combler leurs lacunes militaires. L’Allemagne, première puissance économique du continent, ne pouvait durablement rester en retrait. Mais au-delà de cette lecture immédiate, une question demeure : jusqu’où ira ce réarmement, et dans quel but réel s’inscrit-il à long terme ? Les ambitions affichées sont considérables. La modernisation de l’équipement de la Heer, avec une montée en puissance massive des chars Léopard, des véhicules blindés, de l’artillerie, des systèmes antiaériens et des drones, traduit une volonté claire : disposer d’une armée complète, robuste et projetable. L’objectif implicite, parfois évoqué dans certains cercles, de faire de l’armée allemande la première force terrestre d’Europe, marque une rupture stratégique profonde. Certes, l’Allemagne est aujourd’hui un allié, au sein de structures communes comme l’OTAN et l’Union européenne, un allié qui collabore étroitement avec le gouvernement et l’industrie française. Des projets de développement commun sont en cours dans le secteur de la défense et de la BITD (Base industrielle et technologique de défense), notamment le projet SCAF (Système de combat aérien du futur), qui prévoit d’ici 2040 de développer un nouvel avion de chasse destiné à remplacer le Rafale et l’Eurofighter. Le MGCS (Main Ground Combat System) est le futur système de combat terrestre destiné à remplacer les chars Leclerc français et Léopard 2 allemands vers 2040. Le projet MAWS (Maritime Airborne Warfare System) est une coopération lancée par une lettre d’intention franco-allemande en 2018 pour concevoir une capacité européenne de patrouille maritime et de lutte ASM (anti-sous-marine). Mais l’histoire enseigne une réalité simple : les alliances évoluent au gré des intérêts nationaux. Cette histoire européenne ne peut être écartée d’un revers de main. Les conflits passés, de la guerre de 1870 sous Otto von Bismarck et Napoléon III jusqu’aux deux guerres mondiales, ont façonné un équilibre fondé sur la méfiance autant que sur la coopération. Pendant des décennies, cet équilibre s’est traduit non pas par des plafonds juridiques stricts, mais par une forme de retenue politique et stratégique propre à l’Allemagne. Sans être formalisées comme après 1945, certaines limites existaient de facto : sous- investissement militaire, armée réduite et culture de réserve héritée de l’histoire. Le tournant opéré depuis 2022 marque une rupture : sous l’effet du conflit russo-ukrainien, ces freins politiques et historiques ont été levés, ouvrant la voie à un réarmement rapide et massif, notamment à travers un fonds exceptionnel de 100 milliards d’euros. C’est ici que doit s’exprimer une position claire. Oui, l’Allemagne a le droit d’assurer sa défense et de participer à la sécurité du continent. Mais elle ne peut pas être considérée comme un État militaire « comme les autres ». Son histoire militaire au XXe siècle, marquée par deux conflits mondiaux majeurs et des dizaines de millions de morts, impose une responsabilité particulière. Je pense en particulier aux propos de Monsieur Thierry Berthier, enseignant-chercheur au Centre de recherche Saint-Cyr et directeur scientifique de la Fédération professionnelle européenne des drones de sécurité. Sa recommandation pose question : « L’Allemagne pourrait s’engager à son tour dans le développement de sa propre dissuasion nucléaire, avec un soutien technologique franco-britannique. » Bien entendu, cette phrase vient compléter une analyse plus large sur le réarmement de l’Europe. Mais de tels propos peuvent inquiéter. Sommes-nous aujourd’hui réellement prêts, nous Européens, mais Français avant tout, à accompagner le développement de la dissuasion nucléaire allemande ? Il est permis d’en douter. Ignorer cette réalité au nom d’une lecture purement contemporaine serait une faute stratégique. Le réarmement allemand ne doit pas être refusé, mais il doit être encadré, transparent et politiquement assumé au niveau européen. Il ne peut se faire sans débat, sans limites et sans vigilance. Car l’histoire montre que les dynamiques de puissance, une fois enclenchées, échappent parfois à ceux qui les initient. Le véritable danger ne réside pas dans le réarmement en lui-même, mais dans l’oubli des leçons de l’histoire et dans l’absence de cadre politique clair. À long terme, ce type de transformation stratégique peut redéfinir les équilibres européens. Et si aujourd’hui personne ne peut sérieusement envisager une confrontation, il serait irresponsable d’écarter toute dérive future par principe. La lucidité impose donc une ligne simple : coopérer avec l’Allemagne, mais sans naïveté ; accompagner son réarmement, mais en fixant des exigences claires à l’échelle européenne. Car en matière de puissance militaire, l’histoire européenne a déjà montré que les équilibres ne sont jamais définitivement acquis.
par Renaud Girard dans FigaroVox 25 mars 2026
Une tribune très instructive de Renaud Girard dans FigaroVox sur l'Iran: https://www.lefigaro.fr/vox/monde/renaud-girard-les-trois-erreurs-strategiques-de-la-theocratie-iranienne-20260303 CHRONIQUE - En bombardant les pétromonarchies du Golfe, les ayatollahs ont ajouté à leur idéologie obscurantiste une imbécillité stratégique. Au pouvoir à Téhéran depuis 47 ans, la théocratie chiite iranienne n’a jamais paru aussi faible. Elle est à la fois contestée de l’intérieur et attaquée de l’extérieur. À découvrir Intérieurement, elle a perdu tout soutien auprès des classes moyennes éduquées, depuis qu’elle a réprimé dans le sang, le 8 janvier 2026, les manifestations populaires contre la vie chère et la mauvaise gestion économique du gouvernement. Passer la publicité Extérieurement, elle est attaquée, depuis le 28 février 2026, par les deux plus grandes puissances militaires présentes au Moyen-Orient, à savoir les États-Unis d’Amérique et Israël. Son chef quasi-sacré, l’ayatollah Khamenei, a été tué, dès le début de la guerre par un missile de Tsahal, qui a montré, une fois de plus, son talent à recueillir des renseignements fiables en territoire ennemi et à y effectuer des frappes précises au mètre près. Trump s’est montré habile quand il a promis l’immunité aux gardiens de la révolution s’ils déposaient leurs armes Les Américains et les Israéliens n’ont pas caché que leur guerre visait à obtenir un changement de régime. Y parviendront-ils ? Cela dépendra de leur volonté ou non de prendre des risques supplémentaires, y compris sous la forme de commandos de forces spéciales à terre. Mais, à Washington comme à Jérusalem, on sait qu’une situation aussi favorable ne se reproduira pas en Iran avant très longtemps. C’est le moment ou jamais pour renverser le gouvernement islamique à Téhéran. Trump s’est montré habile quand il a promis l’immunité aux gardiens de la révolution s’ils déposaient leurs armes. Le problème le plus difficile aujourd’hui est celui du choix d’un bon pouvoir de transition pour remplacer celui des ayatollahs. Les Américains ont-ils en tête une personnalité iranienne qui pourrait jouer le rôle que joue la nouvelle présidente Delcy Rodriguez au Venezuela ? Sont-ils prêts à présider une transformation encore plus profonde des institutions iraniennes ? Songent-ils à confier la gestion des affaires courantes à l’armée régulière iranienne ? La question du pouvoir de transition à Téhéran devrait préoccuper la Maison-Blanche bien davantage que le gouvernement de Jérusalem. Benyamin Netanyahou a déjà eu son succès, en décapitant un régime qui affirmait publiquement vouloir « effacer Israël de la carte » du Moyen-Orient. Pour Donald Trump, l’affaire est plus compliquée. Il faut qu’il obtienne, à l’issue de son expédition militaire, un Iran à la fois stable et aligné sur les intérêts américains. Si tel n’était pas le cas, le 47e président des États-Unis aborderait l’automne et la campagne pour les élections de mi-mandat du 3 novembre 2026 dans les pires conditions. Car le Parti démocrate se ferait fort de le traiter de parjure, lui qui avait solennellement promis aux électeurs américains qu’il ne commencerait jamais de guerre. À lire aussi Attaque en Iran : le régime des mollahs s’active pour organiser la succession et contredire le scénario de son effondrement Trump s’est engagé dans une très grosse partie de poker internationale. Force est de constater qu’elle a bien commencé pour lui. Mais elle est loin d’être terminée. Un gros joueur ne peut se juger que sur ses gains, lorsqu’il est dans l’avion qui décolle de Las Vegas. Trump n’est pas encore dans cette situation. C’est maintenant qu’il devra jouer très finement, en surfant sur son avantage. La théocratie iranienne est dans une situation aux antipodes de celle des gouvernements américain et israélien. Elle est dans un état de grande faiblesse. Elle est proche du point de rupture. Comment en est-elle venue là ? En 2003, elle était pourtant dans une situation solide. Intérieurement, le pouvoir religieux suprême ne s’était pas opposé à l’élection d’un président réformateur, le populaire Mohammad Khatami, élu en 1997, et réélu en 2001. Extérieurement, l’Amérique lui avait fait un cadeau en or en Irak sans le vouloir, en y renversant le pouvoir sunnite de Saddam Hussein, pour le remplacer par un pouvoir chiite proche de Téhéran. Au lieu de profiter intelligemment d’une situation aussi favorable, l’ayatollah Khamenei a commis trois fautes stratégiques lourdes. Au lieu de saisir l’occasion de la difficile Administration américaine de la Mésopotamie pour aider les Américains et se réconcilier avec eux, l’ayatollah Khamenei a été saisi par la démesure. En 2005, son pouvoir s’en prend verbalement à Israël et organise des forums révisionnistes à Téhéran, prétendant que l’Occident a beaucoup exagéré le nombre des victimes de la Shoah, etc. En 2006, par défaut de contrôle de son vassal libanais, Téhéran laisse le Hezbollah attaquer physiquement le territoire israélien internationalement reconnu. La réplique israélienne sera maladroite et inachevée. À lire aussi Frappé au cœur, le régime iranien met le feu au Moyen-Orient La première erreur stratégique fut d’avoir pris de la maladresse pour de la faiblesse. Israël n’est pas un pays faible. C’est une nation riche, industrieuse, très déterminée à se défendre. En menaçant directement Israël, la théocratie iranienne s’est imprudemment attaquée à plus fort qu’elle. Elle a fini par perdre. Lorsque Trump est revenu au pouvoir au début de 2025, elle aurait dû se méfier et faire d’immédiates concessions, comme reconnaître le droit à l’existence d’Israël dans ses frontières de 1966, et renoncer à enrichir l’uranium au-delà de 4 %, qui est le taux requis pour la production d’électricité. La seconde erreur stratégique fut d’avoir privilégié la coûteuse constitution militaro-politique d’un axe chiite au Moyen-Orient (Téhéran-Bagdad-Damas-Beyrouth-Sanaa) à la satisfaction des besoins économiques essentiels d’une population iranienne jeune et en pleine expansion démographique. La puissance d’un pays est une affaire intérieure bien davantage qu’une affaire extérieure. Vous n’êtes jamais puissants si vous avez la population contre vous. La troisième erreur stratégique vient d’être commise. Pourquoi l’Iran s’est-il mis à bombarder les pétromonarchies du Golfe, lesquelles avaient tout fait pour persuader Trump de ne pas se lancer dans la guerre ? N’aurait-il pas été plus intelligent de n’attaquer aucun État sunnite, de concentrer tous ses tirs contre Israël, et de tenter de soulever l’oumma des musulmans contre les « diables » sionistes ? À leur idéologie obscurantiste, les ayatollahs ont ajouté, pour leur perte, leur imbécillité stratégique.
par Maxime Duclos 19 février 2026
Quentin est parti. Il est tombé, fauché par une haine viscérale, celle de l'anti-patriotisme, de l'anti-France. Ce jeune homme que l'on décrit comme pieux, sain, respectable et profondément non-violent. Un casier judiciaire vierge pour seul témoin de son intégrité était l'incarnation même de l'honneur. C’est au nom de ses valeurs les plus hautes qu’il avait choisi de s’engager dans la sécurité du collectif Némésis à Lyon. Un engagement digne, celui de protéger les femmes du fléau des agressions sexuelles et des violences. Il nous a quittés en martyr, et sa perte vient meurtrir une fois de plus une France déjà dépressive. Nos larmes coulent, mêlées de colère et d'une tristesse infinie. Alors, comment rester rationnel face à l'inacceptable ? Comment retrouver la raison quand le cœur hurle ? La réponse est dans la sublimation : nous devons convertir cette douleur en une force qui nous dépasse. Car cette cause, c’est la France. Partout, des rassemblements en son hommage s'organisent, mais ils sont massivement interdits par les préfectures, sous prétexte d'éviter des débordements alimentés par les contre-manifestations d’une extrême-gauche complice, celle de LFI et de ses satellites. Notre combat est juste, il est légitime. Mais pour qu’il soit victorieux, nous ne devons pas céder à la pulsion de la rue interdite. Nous devons rester focalisés sur le seul levier capable de redonner des couleurs à nos villes et nos campagnes : le vote. Votez, mes amis. Jeunes, seniors, retraités : votez pour l'avenir de la France. Votez pour qu'enfin la droite puisse réformer ce système à bout de souffle, pour que la "Justice rouge" soit endiguée, pour que la sécurité redevienne un droit et non un souvenir, et pour que nous cessions enfin de verser des larmes de sang. Leur antifascisme tue. Leur fascisme rouge tue. Mais notre détermination, elle, est immortelle. Restons concentrés, restons stables, et votons. « L'honneur, le bon sens, l'intérêt supérieur de la Patrie, commandent à tous les Français libres de continuer le combat, là où ils seront et comme ils pourront. » Charles De Gaulle Pour Quentin. Pour la France !
par Maxime Duclos 30 janvier 2026
Le monde traverse aujourd'hui un véritable tsunami technologique, une révolution de l’intelligence artificielle qui, sous l’impulsion de l’impérialisme débridé des géants de la Silicon Valley comme NVIDIA, OpenAI ou les projets titanesques d’Elon Musk, est en train de redéfinir les rapports de force mondiaux. Face à cette déferlante qui brutalise l’Europe et nous force enfin à sortir de notre zone de confort léthargique, la France ne doit plus se contenter d’être une simple spectatrice de son propre déclin, mais doit s'affirmer comme une puissance de souveraineté intégrale, riche de son histoire, de ses révolutions et de son génie industriel. Nous possédons une carte maîtresse que le monde entier nous envie et que nos concurrents tentent de copier à prix d'or : notre parc nucléaire civil, socle d'une indépendance énergétique qui doit devenir l’arme de guerre économique absolue pour nos champions nationaux. La survie de fleurons comme Mistral AI ne passera pas par des subventions administratives saupoudrées par une bureaucratie bruxelloise déconnectée des réalités de terrain, mais par un choix stratégique radical et gaullien : offrir à nos infrastructures de calcul et à nos pépites technologiques une alimentation massive de 1 GW de puissance nucléaire stable au coût marginal d’EDF, soit environ 50 €/MWh. Pour mesurer l’abîme stratégique qui nous sépare de la concurrence, il suffit de regarder outre-Atlantique où Microsoft est contraint d'engager des milliards pour ressusciter la centrale de Three Mile Island à un coût estimé à 130 $/MWh ; la France dispose ici d'un avantage comparatif inédit qu’elle doit exploiter pour faire de son territoire le hub mondial de l’IA. Cette énergie souveraine est le carburant indispensable du projet Fluidstack en Essonne, visant à déployer d'ici 2028 à Bruyères-le-Châtel le plus grand cluster d’IA d’Europe, un campus géant capable de rivaliser frontalement avec les infrastructures de Microsoft. Cette excellence technologique n’est pas un cas isolé : elle s’inscrit dans la lignée de nos réussites en matière de Défense, véritable carte maîtresse pour redorer le blason bleu-blanc-rouge. Lorsque l’on parcourt les revues spécialisées comme DSI ou Diplomatie, on comprend que le projet Vortex de Dassault Aviation, ce drone suborbital boosté à l’IA ainsi que le programme SCAF (Système de Combat Aérien du Futur) et les innovations de rupture de Thales et Safran sur l'IA embarquée et la cybersécurité ne sont pas des chimères, mais la preuve que la France reste une nation de premier rang. Cependant, cette puissance de feu industrielle, portée également par MBDA et Naval Group, restera vaine si nous ne mettons pas fin à deux hémorragies distinctes mais également dévastatrices. D'un côté, nous subissons la fuite de nos ingénieurs et de nos cerveaux, qui s’exilent faute de perspectives industrielles audacieuses ou de reconnaissance. De l'autre, nous assistons au départ massif de nos investisseurs et créateurs de richesse, avec 800 millionnaires ayant quitté le territoire l'année dernière, représentant une perte sèche de 4,4 milliards de dollars de capitaux fuyant des surtaxes infernales et un climat fiscal punitif. On ne bâtit pas une puissance mondiale en chassant ceux qui peuvent financer nos licornes de demain. Soutenir nos géants en devenir exige de coupler notre puissance nucléaire à un assouplissement fiscal radical et des incitations massives à l'investissement local. C’est avec cette force de caractère, héritée du Général de Gaulle, que nous devons imposer une stratégie de rupture pour protéger nos talents et nos capitaux, car la technologie, l'énergie et la rigueur budgétaire sont les seules clés pour que la France cesse de se complaire dans un souverainisme nostalgique pour redevenir, enfin, le centre de gravité du futur mondial.
par Lignes Droites 10 janvier 2026
Il fallait bien que cela arrive. Après avoir réglé les questions mineures — crise démocratique, dette publique, cohésion nationale — la République pouvait enfin se consacrer à l’essentiel : la gravure inclusive sur plaque commémorative. Grâce à une décision éclairée, mesurée et courageuse, le juge administratif a solennellement confirmé que l’Histoire de France pouvait désormais être racontée par des formulations inclusives respectueus·e·s des diversités genrées et lexicales. À Paris, les monument·e·s emblématiques accueillent désormais les passant·e·s, les visiteur·se·s, les citoyen·ne·s et les usager·ère·s occasionnel·le·s de l’espace public urbain patrimonial. La Tour Eiffel, ancien symbole phallo-vertical non questionné, reçoit aujourd’hui les regardeur·se·s émerveillé·e·s dans une neutralité syntaxique enfin apaisée. Le fer reste riveté, mais la langue, elle, a été soigneusement déconstruite. Au Musée du Louvre, les œuvre·s exposé·e·s continuent d’être observé·e·s par des public·s pluriel·le·s, tandis que les cartel·s explicatif·ve·s s’emploient à réparer rétroactivement les biais genré·e·s de cinq siècles de création artistiqu·e·s. La Joconde sourit toujours, mais désormais elle sourit à tou·te·s, ce qui, juridiquement, change tout. À Notre-Dame de Paris, les bâtisseur·se·s médiéval·e·s, les artisan·e·s, les restaurateur·rice·s contemporain·e·s et les décideur·se·s politico-administratif·ve·s sont enfin réuni·e·s dans une même phrase, longue, prudente et parfaitement imprononçable. La cathédrale a brûlé, mais la grammaire, elle, a été sauvée. Sous l’Arc de Triomphe, les combattant·e·s mort·e·s pour la Patrie reposent en paix, désormais certain·e·s que leur sacrifice est reconnu dans un cadre lexical respectueux de l’égalité symbolique. Le soldat inconnu demeure inconnu, mais il ou elle ou iel est grammaticalement reconnu·e, ce qui, chacun·e en conviendra, était l’urgence mémorielle de notre temps. Dans les jardins du Luxembourg, les sénateur·rice·s, parlementair·e·s, collaborateur·rice·s, assistant·e·s, promeneur·se·s et joggeur·se·s méditent ensemble sur la neutralité de l’État, assis·e·s sur des chaise·s métalliqu·e·s non genré·e·s. La République respire, rassuré·e par cette décision ferme : le sens n’est pas altéré, seulement l’accès cognitif. Sur les Champs-Élysées, les manifestant·e·s engagé·e·s, les consommateur·rice·s responsable·s, les touriste·s international·e·s et les automobilist·e·s contrarié·e·s circulent dans une harmonie grammaticale fragile mais juridiquement validée. Les plaques commémoratives, patient·e·s, expliquent à chacun·e ce qu’il ou elle ou iel doit comprendre du passé, à condition de réussir à finir la phrase. À Montmartre, le Sacré-Cœur domine la ville et rappelle que la transcendance reste possible, à condition d’être accompagnée d’une note explicative inclusive. À l’Opéra Garnier, les chanteur·se·s, musicien·ne·s, technicien·ne·s et gestionnair·e·s culturel·le·s produisent des œuvres chantées en italien, applaudies en français et commentées en écriture inclusive réglementaire. On nous dira, bien sûr, que rien n’est imposé. Que tout est facultatif. Que personne n’est contraint·e. C’est simplement autorisé, validé, encouragé, gravé, protégé et sanctuarisé par la jurisprudence. Une liberté souple, discrète, institutionnalisée. Ainsi Paris poursuit son œuvre civilisatrice : la pierre demeure, l’Histoire reste inchangée, mais le récit, lui, doit faire preuve de vigilance, d’exemplarité et d’une endurance visuelle certaine. La capitale n’est plus seulement une ville-musée : elle est devenue un manuel de grammaire morale à ciel ouvert. Paris, ville des Lumières, entre définitivement dans l’ère des caractères spéciaux. Et l’on peut désormais l’affirmer sans crainte : la typographie a triomphé là où la réflexion s’est arrêtée.
par Nicole Doro 3 janvier 2026
Une nouvelle agression au couteau, dans le métro parisien, a failli faire 3 nouvelles victimes. L’agresseur ? Comme d’habitude un étranger (malien), comme d’habitude sous OQTF, comme d’habitude déjà condamné pour le même type d’agression... Le triste quotidien aujourd’hui, en France. Mais si ce énième drame a pu se produire, c’est « grâce » (si vous me permettez cette locution...) aux « sages » du Conseil Constitutionnel qui ont, le 7 août dernier et à une voix près, censuré l’allongement de la durée de rétention pour les étrangers jugés dangereux alors que le texte avait été adopté par les députés quelques semaines plus tôt. Cette voix, c’est celle du président, Richard Ferrand, qui a ainsi fait pencher la balance. Mesdemoiselles, à votre sortie de l’hôpital, j’espère que vous vous fendrez d’une lettre de remerciement ! Que voulez-vous Mesdemoiselles, chez les socialistes, l’idéologie est plus forte que tout ! Plus forte que la réalité de notre société, qu’ils refusent de voir, plus forte que la sécurité d’une nation et de ses habitants, dont ils n’ont que faire, plus forte que l’abîme qui s’ouvre sous leurs pieds à chaque nouvelle agression ! Les étrangers, c’est leur ADN aux gens de gauche, fussent-ils délinquants, violeurs, agresseurs, ils sont, comme le disait si bien feu leur gourou Mitterrand « chez eux chez nous ». Et bien moi, petite fille d’immigrés italiens, venus comme tant d’autres trouver du travail en France à l’aube du XXème siècle, ayant pour s’intégrer francisé les prénoms de leurs 8 enfants, n’ayant jamais bénéficie de quelques avantages que ce soit, moi je refuse de voir mon pays sombrer dans un aveuglement dévastateur ! Non, Messieurs les sages, vous ne l’êtes plus ! Vous avez du sang sur les mains. Vous n’avez même plus cette once de bon sens, dont le vieux Descartes disait qu’il était « la chose du monde la mieux partagée » et qui pourtant vous ouvrirait les yeux sur ce qui s’appelle le réel ! Au bord du précipice, vous continuez d’avancer, aveuglés par une idéologie surannée que vous refusez de remettre en question. Béni sera le jour où cette instance suprême que devrait être le Conseil Constitutionnel sera dirigée par de vrai sages, qui placeront la sécurité de la France et des français au-delà de tout. Nicole DORO
par Le Bureau de Lignes Droites 31 3 janvier 2026
Chers amis, Nous vous présentons nos meilleurs vœux de santé, de bonheur et de réussite pour la nouvelle année, à vous-mêmes ainsi qu’à vos proches. L’espoir est bien là malgré la criticité de notre situation ! Notre pays, la France, traverse la situation la plus difficile qu’il ait connue depuis les années trente et quarante: les finances de l’Etat sont hors de contrôle, la sécurité a déserté l’espace public, les frontières ne nous protègent plus, on nous oblige à accueillir les détraqués du monde entier et on s’interdit de les empêcher de nuire, le communautarisme triomphe, le citoyen qui essaie de défendre honnêtement son pays est désavoué au profit de l’immigrant illégal qui prétend détruire notre civilisation, l’hôpital n’est plus en mesure de soigner, l’école n’est plus en mesure d’éduquer. La caste au pouvoir a renversé les valeurs qui ont fondé notre démocratie : l’impunité règne, des privilèges ont été instaurés pour les minorités, l’oisiveté prévaut sur le mérite, les droits surclassent les devoirs, la fureur de la déconstruction et de la haine de soi l’emporte sur l’amour de la patrie et sur le respect pour les générations qui ont fait de la France le superbe pays qu’il est aujourd’hui. Les chars sont envoyés face aux agriculteurs –qui pourtant s’agenouillent devant la Marseillaise- alors que les dealers, les délinquants et les casseurs hurlent publiquement leurs insultes contre la France et, pour les quelques-uns d’entre eux qui sont arrêtés, sont condamnés à des peines dérisoires et libérés le lendemain de leur arrestation. Quatorze ans de progressisme enragé -cinq ans de hollandisme et neuf ans de macronisme- ont fait leur œuvre de destruction. François Hollande a eu la décence de ne pas se présenter à un second mandat à la présidence de la République. Emmanuel Macron aura-t’il à son tour le jugement nécessaire pour mettre fin à la spirale de folie qui engloutit la France, soit en démissionnant, soit en dissolvant l’Assemblée Nationale ? Car l’espoir est là ! Le peuple français, longtemps victime des formateurs d'opinion soixante-huitards qui lui ont imposé l'idéologie diversitaire et permissive pendant près de soixante ans, reprend sa liberté de penser. Le moment arrive où notre peuple portera aux responsabilités des dirigeants respectueux de nos traditions, de ceux qui produisent, de ceux qui nous nourrissent, de ceux qui travaillent, de ceux qui respectent la loi, de ceux qui vivent leur foi dans leur espace privé sans en faire une revendication ni une provocation sociétale permanente. La volonté éclate partout chez notre peuple de rétablir l’ordre et l’autorité, de rendre sa noblesse au mérite, de replacer l’intérêt général au coeur des décisions, de mettre fin à la foire aux privilèges, de reprendre le contrôle de nos finances publiques, de ne plus tolérer l’entrisme religieux ni communautariste. C’est en installant la droite au pouvoir que nous répondrons à ces aspirations. Nous Lignes Droites 31 oeuvrons pour que la droite revienne aux responsabilités – et pour qu’elle s’unisse afin d’y accéder, car si elle en été écartée dans le passé, c’est à cause de son incapacité à s’unir. Les élections municipales de mars 2026 seront la première occasion d’élire des dirigeants de droite et de mettre un terme à cette spirale de folie. Dans chaque commune de Haute-Garonne où cela sera possible, Lignes Droites 31 soutiendra la liste d’union des droites : nous soutiendrons les listes qui sont déjà en préparation à Blagnac, à Launaguet, à Muret, à Tournefeuille et à Toulouse. A mesure que d’autres listes d’union des droites se formeront dans d’autres communes, nous leur apporterons notre aide également. Nous sommes impatients de mener ce combat à vos côtés pour le redressement notre pays ! Bien cordialement, Le Bureau de Lignes Droites 31
par Eric Duprix (Radio Présence) 7 décembre 2025
Nicolas Bonleux était l'invité cette semaine d'Eric Duprix dans l'émission "La mêlée de l'info" sur Radio Présence avec Monique Iborra (ex-députée de la Haute-Garonne) et Julien Klotz, conseiller départemental de la Haute-Garonne. L'émission peut être réécouté en replay ici : https://www.radiopresence.com/emissions/information/regionale/la-melee-de-l-info/article/la-melee-de-l-info-du-05-dec-120177
par Maxime Duclos 25 novembre 2025
Une tribune d'un de nos fidèle adhérents, Maxime Duclos : La situation politique actuelle ressemble à un champ de ruines. Emmanuel Macron, président de la République, se retrouve aujourd’hui au bord du gouffre. Selon les derniers sondages, près de deux Français sur trois souhaitent sa démission. Un président rejeté par une majorité du pays, isolé politiquement, et désormais prisonnier de ses propres manœuvres. Tout remonte à la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024. En activant l’article 12 de la Constitution, Emmanuel Macron pensait reprendre la main, créer une nouvelle dynamique et affaiblir ses opposants. En réalité, il a plongé la France dans une crise démocratique sans précédent. L’Assemblée est devenue ingouvernable, les forces politiques s’entre-déchirent, aucun compromis n’est possible. La majorité relative est devenue synonyme d’impuissance. E. Macron croyait sans doute que l’instabilité pousserait les Français à se lasser des partis d’opposition, à réclamer un retour à l’ordre et à son autorité. Mais le calcul s’est retourné contre lui. Les Français ne croient plus à ses équilibres précaires, ils en ont assez des manœuvres et des discours creux. Le pouvoir s’est vidé de sens, et l’Élysée s’est transformé en forteresse assiégée. L’épisode S. Lecornu en est la parfaite illustration. Lundi 6 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a remis sa démission, conscient qu’il allait droit vers une motion de censure. Dans un réflexe de survie, Emmanuel Macron lui a demandé de rester encore quarante-huit heures, le temps de tenter l’impossible : trouver un accord entre des forces irréconciliables. Une manœuvre de plus pour gagner du temps. Pendant ce temps-là, le pays s’enlise, et le président se tait. Là où il aurait dû parler, rassurer, agir, il reste muet. Autour de lui, le cercle se fissure. Ses plus proches alliés prennent leurs distances. Édouard Philippe l’invite à envisager la démission, Gabriel Attal trace sa route en solo, conscient que le macronisme vit ses dernières heures. Même son propre camp prépare déjà l’après. Ce silence présidentiel est celui d’un homme seul, coupé du réel, persuadé encore d’incarner la solution alors qu’il est devenu le problème. Politiquement, toutes les options sont dans l’impasse. Un Premier ministre de gauche serait immédiatement censuré. Un maintien de S. Lecornu ne ferait que prolonger l’agonie. Les oppositions, qu’elles soient du Rassemblement national ou du Nouveau Front populaire, ont déjà prévenu : aucune confiance, aucune alliance. La dissolution du Parlement, en revanche, apparaît de plus en plus inévitable. Dans ce chaos institutionnel, une certitude émerge. Sans union des droites, rien ne changera. Si les Républicains, si Reconquête, si Identité Liberté, Debout la France etc... persistent dans leur isolement, la responsabilité nous incombera entièrement. Pas à Macron, pas à la gauche, à nous. Marion Maréchal a déjà fait part de sa volonté d’une union des droites, mais tiendra-t-elle parole ? Est-ce un coup de com’ pour remonter dans les sondages et satisfaire la grande majorité de la demande des Français ? L’avenir nous le dira. Les sondages sont clairs : 52% des Français appellent de leurs vœux une coalition conservatrice et patriotique. Chez les électeurs de droite, c’est encore plus massif : 88% des sympathisants RN, 82% des LR, 100% des zemmouristes veulent cette alliance. 100% ! Imaginez : même si E. Zemmour refuse, toute sa base ira voir ailleurs. Mais si par fierté, par calcul personnel ou par peur de perdre un ego, ces partis refusent de suivre l’exemple d’Éric Ciotti qui, lui, a quitté Les Républicains pour bâtir une alliance réelle avec le RN, alors oui : nous serons responsables. Responsables de laisser la Macronie s’accrocher, responsables de laisser la gauche revenir, responsables d’une Assemblée ingouvernable et d’un pays qui s’enlise. À ce jour, le Premier ministre Sébastien Lecornu réussi de peu à se maintenir à son poste, la récente motion de censure ayant échoué pour 18 voix. Le Président le sait, le Parlement également et les Français, bien entendu, s'attendent à la chute du Premier ministre dans les mois à venir ; ce n'est plus qu'une question de temps. L'alliance honteuse, faite de fausses promesses tenues lors du discours de politique générale de Sébastien Lecornu, entre les Socialistes et Les Républicains restera gravée dans l'histoire. Ils devront en assumer les conséquences. Mais cette alliance reste éphémère et fragile : 18 voix manquantes peuvent vite apporter leur soutien à la censure et la faire adopter. S'en suivra, je le pense sincèrement, au minimum une dissolution de l'Assemblée nationale et, si cela arrive, la Droite aura la lourde charge d'être responsable du destin de la France. La Droite ne pourra pas trouver d'excuses : ce ne sera ni la Gauche, ni le Centre qui sera responsable du nombre de sièges que la Droite obtiendra, car tout le monde est conscient que si l'union des droites est fonctionnelle, alors aucune alliance centro-gauchiste ne pourra arrêter ce raz-de-marée populaire et patriote. Dans le chaos actuel et face à l'attente claire des Français, les responsables politique de droite doivent dépasser leurs divergences personnelles et s'unir sans délai, non par intérêt partisan, mais par devoir envers le destin de la France.