2002-2019 : La longue chute de la droite française

David GERSON • 13 août 2019

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Je n’ai pas voulu m’exprimer à chaud concernant le dernier résultat de mon parti LR aux dernières élections européennes. Ce score désastreux est finalement la conséquence des choix effectués et des lignes défendues depuis 2002. Certes Nicolas Sarkozy a réussi en 2007 à remporter l’élection présidentielle, mais cela a été surtout dû à son talent, son énergie, sa personnalité, et le renouveau qu’attendaient les Français qui lui ont permis de la remporter.

Mais revenons à 2002, et la création de l’UMP. Ce mouvement créé dans la précipitation du fait que Jean-Marie Le Pen étant arrivé au second tour, il était urgent pour nos cadres du RPR de créer un mouvement pour rassembler la droite et le centre et éviter qu’un jour arrive à la droite ce qui était arrivé au PS. Mais quand on analyse bien les résultats du 1er tour en 2002, l’élimination de Lionel Jospin n’est due qu’au fait qu’il avait laissé d’autres candidatures de gauche se présenter au nom de la pluralité (Taubira, Mamère, Chevènement…). Au final, moins de 1% d’écart entre lui et JM Le Pen, et surtout le nombre de voix obtenu par ce dernier est le même qu’en 1995 ! La gauche absente des urnes pour le 2nd tour, décida de descendre dans la rue, ce qui donnera naissance au fameux « Front Républicain » qui sonne le début de la longue descente de la droite dont la première conséquence est la disparition du RPR et la création de l’UMP.

Vivre ensemble et cohabiter le temps d’une élection sont deux choses bien différentes : Le RPR et l’UDF se retrouvaient généralement au soir du 1er tour des différentes élections, celui qui arrivait en tête était soutenu par l’autre et dans la majorité des cas ce sont les candidats RPR qui viraient en tête, ce qui prouve bien que les Français étaient majoritairement de droite plutôt que du centre. S’il y avait victoire on gouvernait ensemble, s’il y avait défaite chacun rentrait chez soi bons amis. Avec la création de l’UMP, cette fois, on force des gens avec des idées différentes sur plusieurs domaines à vivre ensemble en permanence et dès le début il y a un premier grain de sable qui se prénomme François Bayrou. Avec ses 8% réalisés en 2002, et sa certitude de devenir un jour Président de la République, il refuse de rentrer dans ce mouvement et maintient une partie de l’UDF en vie mais tout le monde à l’UMP pense qu’il échouera ou qu’il finira par se rallier, erreur là aussi qui aura de grandes conséquences néfastes pour la droite. Les premières élections pour l’UMP sont les élections régionales et cantonales de 2004 et on peut dire que c’est un véritable échec du fait que les socialistes récupèrent toutes les régions et la majorité des conseils départementaux ! Vient ensuite le camouflet européen où on s’aperçoit en interne de grandes différences de points de vue sur l’Europe au sein du mouvement.

Mais, comme je le dis au début, un homme va réussir à sauver le bateau en 2007 : Nicolas Sarkozy. Avec son franc parler, une image jeune et dynamique, quelques propositions emblématiques comme le” travailler plus pour gagner plus”, le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux et son discours sur l’immigration, sans être extrémiste, il assèche le FN de Jean Marie Le Pen pour qui, à mon avis, c’est la campagne de trop car il ne se renouvelle pas. Mais malgré tout , il n’arrive pas à assécher le centre et Bayrou fait lui aussi une sacrée campagne (on peut reconnaître qu’il a été le premier à dire la vérité sur l’état des finances françaises) et finalement arrive en 3ème avec un score de 18%. Mais si lui ne choisit pas entre les deux tours, la grande majorité de ses proches rallient NS au second tour ce qui amène une réserve de voix qui lui permet de remporter confortablement l’élection. Comme quoi même si on voulait créer un mouvement unique de la droite et du centre, le centre est, lui, toujours présent individuellement et pour cette fois encore s’est ralliée comme avant. Fin du 1er acte.


Dès le début du 2ème, la grosse erreur de NS élu Président est d’ouvrir son gouvernement à des personnalités de la gauche et du PS ! Résultat les anciens électeurs du FN se sentent pris pour des cons, les électeurs de droite se sentent trahis, ce qui a pour conséquence grave que son programme présidentiel n’est finalement pas, dans son ensemble, appliqué ! Et puis en 2010 retournement complet avec son discours de Grenoble sur l’identité nationale, le départ des ministres de gauche, la ligne très droitière et extrémiste de son conseiller Buisson… Tout le quinquennat a été marqué par une ligne qui variait au fil du temps et finalement la ligne essentielle de la droite française a souvent été orpheline . Vient 2012 et l’élection présidentielle ou NS pendant toute la campagne du 1e tour chasse sur les terres du FN voulant réitérer 2007, mais à la différence qu’il n’innove rien, fait plutôt du copier-coller des thèses frontistes et on sait bien que là, on préfère l’original à la copie surtout après s’être senti floué une fois, et le programme économique passe un peu au second plan malgré la crise financière toujours existante. Au fond il applique le rituel : on rassemble son camp élargi au 1er puis au second on élargit à tous sauf quand le résultat tombe au soir du 1e tour: Marine Le Pen fait un gros score à 19% et NS est derrière Hollande ! De plus, cette campagne du 1er tour a marqué au sein de l’UMP les prémices de 2017, certains anciens cadres de la droite dite modérée annonçant qu’ils pourraient ne pas voter NS au 2nd tour. Puis arrive l’onde de choc Bayrou qui appelle à voter Hollande ! Ça y est, le centre a dévié sur sa gauche et celui qui le fait a été ministre avec Balladur et Chirac ! NS perd et l’UMP se retrouve dans l’opposition pour la première fois de son histoire. Fin du 2nd acte, début du 3ème.


Pourtant malgré le duel pour la présidence du parti entre Copé et Fillon qui sera désastreux au niveau de l’image entraînant le début de la fin du mouvement, jamais la ligne politique pendant les deux années suivantes n’a été aussi clairvoyante. Nous avions retrouvé nos idéaux que ce soit au niveau sociétal ou au niveau économique, et il faut reconnaître aux deux candidats la qualité des propositions qu’ils voulaient mettre en application en cas d’alternance, avec pour Copé un programme dur au niveau sécuritaire et économiquement libéral et, pour son concurrent, une véritable baisse des dépenses publiques, une fusion des retraites publiques et privées. C’est finalement davantage une question de leadership entre les deux, mais si ces deux personnalités s’étaient entendues, notre pays en serait sorti gagnant. Hélas c’est l’inverse qui se produira.

Copé, président de l’UMP mais discrédité, travaille sur la prochaine échéance électorale, les élections municipales de 2014 et, pour en avoir été un témoin, étant moi-même candidat, sur le terrain tous les militants étaient motivés, les fédérations étaient en état de marche et le résultat a été extraordinaire avec plus de 66% de villes gagnées de plus de 50.000 habitants. Jamais notre formation politique n’avait autant eu de villes en sa possession. En avril 2014 une ligne claire, une belle victoire mais une ombre dans ce tableau, l’élection grâce au soutien de l’UMP voulu par Juppé de Bayrou à la mairie de Pau alors qu’il n’avait plus de mandat d’élu depuis 2012. Du coup, cela lui permet de se remettre dans le jeu politique et cela aura son importance en 2016.

Les municipales gagnées, en route vers les scrutins départementaux et régionaux de 2015, une ambiance au sein du mouvement que l’on pensait apaisée … Mais non il a fallu que l’affaire Bygmalion fasse son entrée, déclenchant de nouveau des guerres fratricides : Copé mis sur le pilori qui démissionne pour se défendre, un collège Juppé Raffarin Fillon qui assure la gouvernance sans savoir que NS prépare son retour en septembre et se fait réélire Président du mouvement. Dès son retour, NS veut tout changer, crée un nouveau parti ou plutôt un nouveau nom Les Républicains sans changer à l’intérieur le logiciel et doit sous la pression accepter le principe d’une primaire ouverte.

Les scrutins départementaux et régionaux sont gagnés mais sans triomphalisme et se prépare donc la primaire de « la droite du centre » dont le favori annoncé est Alain Juppé soutenu par Bayrou, qui ne souhaite pas faire entrer son mouvement parmi les participants. On dit que cela sera un duel entre lui et NS et que FF est, lui, extrêmement loin derrière. Plus la date de la primaire avançait, plus AJ se centrisait, et inversement plus NS, lui, s’extrêmisait, tandis que FF restait sur la ligne d’une droite ancrée sur ses valeurs sur le plan sociétal, ferme au niveau la politique sécuritaire et l’islamisation radicale grandissant sur notre territoire, voulant enclencher une politique de rigueur au niveau des dépenses publiques, et libérer véritablement le travail. Et finalement lors des débats télévisés pendant que les deux candidats favoris se neutralisaient, FF lui crevait l’écran avec son programme de droite assumé et finit par gagner la Primaire en écrasant ses adversaires ! Quand on sait parler aux électeurs de droite on sait aussi bien rassembler sur son nom ceux qui sont plus modérés et ceux qui sont plus durs, c’est en fait ce que faisaient très bien Pompidou et Chirac au temps de l’UDR et du RPR !

Malheureusement on connaît la suite ! Mais avec ce qui lui est tombé dessus, FF fait quand même un peu plus de 20% alors qu’entre temps il a été lâché par la droite centriste et que Bayrou, lui, a rejoint Macron pendant la campagne confirmant bien mes craintes quand on l’a remis au centre du jeu en 2014 ! On avait créé l’UMP pour éviter un 21 avril 2002 à l’envers, nous aurons notre 23 avril 2017. Et on se dit tout ça pour ça ! Macron est élu Président, cassant tous les codes de la politique. Fin du 3ème acte et début du 4ème !


Dès son ascension à l’Elysée, Macron trouble le jeu en nommant un 1er ministre issu des LR accompagné de deux autres figures du mouvement, Darmanin et Le Maire, mais ces trois-là avait quitté le navire pendant la campagne de FF. Edouard Philippe, proche d’AJ, représentait donc la droite modérée dite de plus en plus centriste et nos dirigeants allaient tomber tout droit dans le piège créé par Macron. Au lieu de bien analyser la défaite de FF qui est surtout due à sa personne mais pas à son programme , Laurent Wauquiez, plutôt que de reprendre celui qui avait triomphé lors de la primaire, est reparti dans les thèses du FN, à la chasse des électeurs. Et c’est bien dommage car à la sortie du 2nd tour et du débat catastrophique de Marine Le Pen, la discréditant sur le moment, un vrai programme de droite aurait pu ramener les électeurs (ils étaient près à la sortie de la primaire et avant l’affaire Pénélope de voter pour FF). Mais à ce jeu, comme d’habitude, on préfère là encore l’original à la copie et malgré la bonne image de Bellamy, on connaît le résultat des européennes avec 8,5%. Le résultat fait qu’aujourd’hui on a le choix entre l’ extrême centre ou l’extrême droite !

Pourtant pendant ces deux ans il y avait de quoi montrer autrement que Macron ne faisait pas une politique de droite autrement qu’avec les 80km/h ! Prenons l’exemple sur quelques réformes de son quinquennat : il dit avoir supprimé l’ISF, ce qui est faux car il a remplacé par l’IFI, certes on ne paye plus d’impôts sur les placements financiers mais, en revanche, on le paye toujours le patrimoine immobilier et c’est celui-là qui touche la majorité des personnes qui sont soumises à l’ISF. Et quand on voit le seuil pour être éligible, on se rend compte que ceux qui ont placé dans la pierre et ceux qui ont hérité de leurs parents se retrouvent toujours asphyxiés et que la majorité sont des classes moyennes.

La réforme sur le travail qui avait comme but de faire baisser le chômage en réduisant les charges sociales sur les salaires ne porte toujours pas ses fruits car elle ne concerne que le salarié qui se retrouve avec un net plus important, et tant mieux, mais aucun bénéfice pour les PME qui voient le coût total du salaire au même niveau et qui, malgré une conjoncture internationale favorable, ne recrutent pas vraiment plus. La croissance reste très faible. Quand on analyse, c’est finalement une relance par la consommation en augmentant (faiblement ) le pouvoir d’achat, ce qui n’est pas une réforme de droite mais bien de gauche du temps de Mitterrand ! Aucun cadre de notre mouvement ou personnalité de droite n’a dénoncé tout cette mascarade, que ce soit Wauquiez, Pécresse, Bertrand ….


En mars prochain auront lieu les élections municipales, et on entend déjà des maires de notre famille politique, élus en 2014 avec notre étiquette, dire que les investitures de partis sont d’une autre époque, que la politique municipale dépasse les traditionnels clivages … Et donc on discute avec toutes les composantes, dans le seul but de garder son siège. Pourtant quand on évoque les questions budgétaires ou de sécurité dans les différentes composantes dans un conseil municipal, on peut se demander comment elles pourraient tenir six ans de mandature ensemble tant leurs désaccords sont profonds. Au final, on va finir par répéter au niveau local ce qui se dessine au niveau national aujourd’hui : il ne restera plus que l’extrême droite et l’extrême gauche dans l’opposition.

Mais à force de jouer avec le feu, un jour l’extrême droite arrivera au pouvoir et le fameux front républicain n’y pourra rien. Je ne peux me résoudre à cette éventualité. Alors oui la droite a un rôle à jouer pour éviter ce cataclysme. Elle doit, dans un premier temps, revenir à ses fondamentaux pour redevenir une opposition crédible et audible. Elle doit, au niveau de ses idées, de ses propositions, de ne pas courir après le centre ou l’extrême droite mais au contraire affirmer ses véritables convictions. Elle mettra du temps, peut-être, pour reconquérir ses électeurs, mais si sa ligne reste constante elle redonnera envie à des militants et adhérents de revenir à moyen terme. Tant pis si 2022 ne s’avérait pas une élection gagnante pour nous mais elle marquerait, quoi qu’il en soit, le début de la reconquête pour mieux préparer les élections suivantes. En tout cas cela est mon souhait et si ma situation le permet, j’apporterai ma petite pierre à l’édifice.

par Institut Thomas More 27 juin 2026
Dans un rapport inédit, l’Institut Thomas More dresse l’inventaire des décisions politiques qui ont mis la France à genoux pendant ces 50 dernières années. Chute du niveau scolaire, 35 heures, système de retraite, chômage, déficits, dette, insécurité… Autant d'occasions ratées pour maintenir la France sur le chemin de la prospérité !  "Notre ambition, dans ce rapport, est d’identifier les cinquante décisions qui ont mis la France à genoux en cinquante ans, de les replacer dans leur contexte, d’expliquer les motivations de fond ou les choix opportunistes qui ont abouti à ce qu’elles soient prises, de décrire et chiffrer leur impact et leurs effets cumulatifs, les comparer aussi aux options prises par des pays semblables. Ce travail inédit n’a jamais été réalisé de cette manière : il constitue une somme considérable. Les données citées, les sources et les conséquences mesurées sont issues de statistiques et de rapports publics et parfois privés, incontestables. Il se veut et nous l’avons pensé ainsi, d’intérêt général. Car dans la perspective de 2027, il constitue un préalable à l’élaboration de tout programme crédible. Au regard de la gravité de sa situation, il est impossible de penser redresser le pays sans analyser objectivement les causes" https://institut-thomas-more.org/2026/06/25/rapport36/
par Jean-Marie Montali 10 juin 2026
"Emmanuel Razavi vit sous protection policière. Nora Bussigny est régulièrement la cible de menaces et de campagnes de haine. D’autres parmi nous vivent la même chose. Leur point commun ? Avoir enquêté sur l’islamisme, ses réseaux, l’antisémitisme contemporain ou encore les dérives de la dictature iranienne. Face aux intimidations, aux menaces de mort et aux tentatives de censure, le plus inquiétant n’est peut-être pas la violence des fanatiques. Le plus inquiétant est le silence. Celui d’une partie du monde médiatique, intellectuel et politique, qui semble avoir renoncé à défendre des principes qu’il prétend pourtant universels ." Jean-Marie Montali (né en 1962) est un journaliste français spécialisé en presse écrite , auteur de plusieurs ouvrages et réalisateur de documentaires pour la télévision . Grand reporter , il a occupé divers postes de direction, notamment rédacteur en chef , directeur adjoint et directeur exécutif de la rédaction au Figaro Magazine , directeur adjoint de la rédaction de France-Soir , et directeur adjoint des rédactions du Parisien – Aujourd'hui en France . Dans La Nouvelle Revue Politique, il s'insurge contre une étrange hiérarchie de l’indignation ... https://nouvellerevuepolitique.fr/journalistes-le-silence-qui-deshonore/
par Nicolas Baverez dans FigaroVox 9 juin 2026
"Choose France" est souvent présenté comme un énorme succès de l'économie française. Nicolas Baverez remet les choses en perspective ... "La véritable mesure de l’attractivité de la France reste fournie par la balance des paiements : or elle fait apparaître au 30 juin 2025, sur douze mois, des entrées nettes d’investissements directs de 29,5 milliards, mais des sorties nettes des investissements de portefeuille à hauteur de 136,6 milliards. La France est en réalité confrontée à une fuite massive de capitaux, mais surtout de talents" https://www.lefigaro.fr/vox/economie/nicolas-baverez-de-choose-france-a-loose-france-20260606 CHRONIQUE - La stratégie de restauration de l’attractivité de la France, mise en scène par Choose France sous les ors de Versailles, se trouve en réalité minée par le bilan calamiteux des présidences d’Emmanuel Macron. Passer la publicité La 9 e édition du sommet Choose France , qui s’est déroulée le 1 er juin au château de Versailles, s’est achevée sur un record de promesses d’investissement dans l’Hexagone : 93 milliards d’euros contre 87 milliards cumulés de 2018 à 2025. Et ce en raison de la décision du conglomérat japonais SoftBank, présidé par Masayoshi Son, de mobiliser 75 milliards pour la construction de data centers dans notre pays. Ces annonces, effectuées alors que la guerre d’Iran et le blocage du détroit d’Ormuz font basculer l’économie mondiale dans la stagflation, sont d’autant plus positives qu’elles favoriseront le rattrapage du retard que la France a accumulé dans la révolution de l’IA, avec une capacité de calcul limitée à 1,5 GW fin 2025, loin derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni. Elles soulignent l’intérêt des investisseurs internationaux pour notre pays, en raison des atouts que constituent son énergie nucléaire décarbonée, ses infrastructures et sa situation géographique au cœur du grand marché européen. Elles confirment le succès de la promotion de l’attractivité de la France vis-à-vis des entreprises étrangères, qui demeure l’unique réussite de la politique économique conduite par Emmanuel Macron depuis 2017. Passer la publicité Mais, pour cette raison même, les résultats de Choose France et l’amélioration de l’image de la France demeurent à la fois partiels et fragiles. Tous les projets annoncés ne sont pas réalisés, comme l’a montré l’abandon de plusieurs gigafactories, spécialisées notamment dans la construction de batteries et les semi-conducteurs. Les emplois effectivement créés sont très inférieurs à ceux affichés. Par ailleurs, les opérations annoncées en 2026 concernent en quasi-totalité des data centers, très consommateurs d’électricité, d’eau et d’espace. Avec pour corollaire un risque de dépendance aux géants de la Big Tech américaine qui poursuivent la vassalisation numérique de l’Europe et de monopolisation de l’électricité décarbonée par l’IA au détriment des autres entreprises et des ménages. Les filiales de groupes étrangers n’entrent par ailleurs que pour 15 % de la valeur ajoutée dans notre pays contre 18 % en Allemagne et en Italie et 22 % en Espagne, ce qui témoigne d’un déficit persistant d’attractivité dont la première cause se trouve dans le niveau excessif du coût du travail, de la fiscalité et de la réglementation. La véritable mesure de l’attractivité de la France reste fournie par la balance des paiements : or elle fait apparaître au 30 juin 2025, sur douze mois, des entrées nettes d’investissements directs de 29,5 milliards, mais des sorties nettes des investissements de portefeuille à hauteur de 136,6 milliards. La France est en réalité confrontée à une fuite massive de capitaux, mais surtout de talents (elle a été ravalée au 19 e rang pour l’accueil des entrepreneurs et des cerveaux) et d’entreprises, avec pour symboles le déménagement de Criteo et la cotation à succès de TotalEnergies aux États-Unis. La stratégie de restauration de l’attractivité de la France, mise en scène par Choose France sous les ors de Versailles, se trouve en réalité minée par le bilan calamiteux des présidences d’Emmanuel Macron en termes de déstabilisation des institutions de la V e République, de paralysie et de faillite de l’État, d’explosion des violences et de disparition de la paix civile. La production, l’investissement et l’innovation ne peuvent se développer dans un environnement d’incertitude radicale et d’hostilité à l’entreprise. Or la dissolution de 2024 a ouvert un cycle d’instabilité politique qui risque fort d’être amplifié et non pas refermé par l’élection présidentielle de 2027. L’ordre public a disparu et l’ultraviolence gagne l’ensemble du territoire et de la population, comme le montrent la montée en puissance du narcotrafic ou les émeutes qui ont à nouveau accompagné la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions. L’attractivité de la France est ruinée par la schizophrénie d’une politique économique qui prétend encourager les investissements étrangers tout en poursuivant l’euthanasie des entreprises françaises, créant une paradoxale préférence économique pour l’étrangerSimultanément, l’économie française a basculé dans la stagflation sous l’effet d’un triple choc fiscal, financier et énergétique. L’activité est en récession depuis le premier trimestre 2026 ; l’inflation est passée de 0,9 % à 2,4 % et dépassera 3 % cette année ; le chômage a augmenté de 0,7 % sur un an et tendra vers 9 % de la population active ; le déficit se situera autour de 5,5 % du PIB, portant la dette à près de 120 % du PIB. Ce surendettement est devenu insoutenable, dès lors que le seul service de la dette représentera bientôt 3,5 % du PIB, ce qui exigera un équilibre strict pour toutes les autres dépenses de l’État, des collectivités locales et de la protection sociale. La France, l’homme malade de l’Europe L’attractivité de la France est ainsi ruinée par la schizophrénie d’une politique économique qui prétend encourager les investissements étrangers tout en poursuivant l’euthanasie des entreprises françaises, créant une paradoxale préférence économique pour l’étranger. Au moment même où l’État déroule le tapis rouge et se mobilise pour accueillir géants américains et capitaux japonais, le nombre de faillites atteint un record et les destructions d’emplois se multiplient, notamment dans l’industrie, entraînant une floraison de plans sociaux. Tandis que les oligarques de la Silicon Valley, les promoteurs des Lumières sombres et du transhumanisme, les princes de Wall Street et les as de la gestion de fortune banquettent dans la galerie des Batailles, les entreprises françaises, touchées de plein fouet par le troisième choc pétrolier, sont accablées de hausses d’impôts (23 milliards en 2025 et 21 milliards en 2026), de prélèvements sociaux (2 milliards en plus de la hausse du smic de 2,4 %) et de réglementations kafkaïennes (avec pour dernier avatar la transposition de la directive européenne de 2023 sur la transparence des rémunérations). La France est ainsi devenue un pays de non-droit pour les entreprises, où l’imprévisibilité du cadre réglementaire et fiscal compromet tout investissement de long terme. Keynes, interrogé dans les années 1930 sur la meilleure manière de sortir du trou, avait répondu : « Il faut d’abord cesser de le creuser. » Emmanuel Macon a choisi de creuser le trou des finances publiques de plus en plus vite et de plus en plus profondément, jusqu’à faire de la France l’homme malade de l’Europe. En accumulant 1 500 milliards d’euros de dettes publiques supplémentaires en dix ans, il a fait exploser le modèle français reposant, d’un côté, sur une croissance tirée par la seule consommation alimentée par des aides sociales financées à crédit et, de l’autre, sur la chute de la production, de l’emploi, de l’investissement et des exportations. Le naufrage de la France n’a rien de fatal. Son redressement dépend effectivement de son attractivité économique, qui est indissociable de sa compétitivité, de sa souveraineté et de sa sécurité. Et notre pays dispose d’atouts majeurs qui sont reconnus au-delà de nos frontières, qu’il s’agisse des entrepreneurs et des chercheurs, de l’épargne, de l’énergie décarbonée, des infrastructures, des grandes entreprises internationalisées, de sa culture et de sa civilisation. Mais ces points forts sont annihilés par l’improductivité et la faillite de l’État, incapable d’assurer les services de base alors qu’il accapare 57,2 % du PIB, ainsi que par la détestation et la prédation des entreprises par la classe politique. Et ce alors même qu’elles ne sont pas seulement le lieu de la création des richesses marchandes, dont dépendent le financement des services publics et celui de la solidarité, mais celui où se tissent en grande partie le lien social et la citoyenneté. Attirer les entreprises étrangères, c’est bien ; cesser de tuer les entreprises françaises, c’est mieux !
par Bérénice Levet, philosophe et essayiste, membre du Conseil d’orientation de l’Institut Thomas More 31 mai 2026
"Si ôter la vie n’est plus considéré comme substantiellement contraire à la notion d’humanité, avec la légalisation de l’euthanasie, notre société risque de perdre ses repères moraux, pourtant nécessaires pour affronter la montée de la violence, s’inquiète la philosophe." Un très beau texte sur un sujet qui dépasse largement les clivages politiques et dont les enjeux sont fondamentaux pour notre société ! https://institut-thomas-more.org/2026/05/12/legaliser-leuthanasie-cest-briser-a-jamais-lequation-de-lhumanite-et-du-non-possumus/
par Maxime Duclos 30 mai 2026
Un billet d'humeur de notre ami Maxime Duclos Il est temps de mettre sur la table un sujet dont peu osent réellement parler. Tout le monde le pressent. Beaucoup s’y préparent déjà. Pourtant, rares sont ceux qui acceptent d’aborder publiquement cette réalité : l’élection présidentielle de 2027 risque de provoquer en France une fracture politique et sociale d’une ampleur inédite, y compris au sein même des familles. Car derrière l’échéance électorale qui approche, une autre réalité se dessine progressivement : celle d’un affrontement idéologique devenu profondément émotionnel. À titre personnel, je suis convaincu que 2027 verra une dynamique puissante en faveur du camp national et souverainiste. Et avec elle, très probablement, une majorité parlementaire capable de remettre au cœur du débat les intérêts de la Nation, la souveraineté, l’autorité de l’État, la stabilité et la défense des intérêts français. Mais ce billet n’a pas pour objectif d’analyser les sondages ou les rapports de force électoraux. Le sujet ici est plus humain. Depuis plusieurs années, la politique ne divise plus seulement les électeurs : elle fragmente désormais les cercles privés, les groupes d’amis, les couples et parfois même les familles. Beaucoup de Français le vivent déjà sans forcément l’exprimer : certains évitent volontairement les sujets politiques lors des repas de famille ; d’autres préfèrent se taire plutôt que d’assumer certaines convictions ; d’autres encore constatent qu’un simple désaccord politique suffit désormais à déclencher tensions, jugements moraux ou ruptures relationnelles. Et cette situation risque de s’intensifier fortement à mesure que la campagne présidentielle approchera. Car l’élection de 2027 ne sera pas une élection classique. Elle opposera des visions du monde profondément différentes. D’un côté, une vision souverainiste, attachée à la Nation, à l’autorité, à la maîtrise des frontières, à la stabilité et à une approche pragmatique des politiques publiques. De l’autre, une vision davantage mondialisée, progressiste et idéologique, souvent portée par une lecture morale des débats politiques plutôt que par une logique d’efficacité concrète. Car il faut rappeler une chose simple : une loi ne devrait jamais être votée parce qu’elle est “bien-pensante”, médiatiquement valorisée ou moralement à la mode. Une loi devrait être votée parce qu’elle est utile, applicable, efficace et finançable. Or, depuis plusieurs années, le débat public s’est progressivement transformé en affrontement moral permanent. Celui qui pense différemment n’est plus simplement contredit : il est parfois immédiatement caricaturé, disqualifié ou assimilé à une menace politique ou sociale. Et c’est précisément ce climat qui peut devenir dangereux dans les sphères familiales. Car beaucoup de personnes engagées politiquement — ou simplement attachées à certaines valeurs traditionnelles, souverainistes ou patriotiques — vont probablement faire face, dans les prochains mois, à des réactions parfois très virulentes de la part de proches influencés par un climat médiatique extrêmement polarisé. Il faut être lucide : une partie importante du débat public reposera moins sur l’analyse des programmes que sur une stratégie de diabolisation du camp national. Nous assisterons probablement à une campagne où certains médias, certaines figures militantes et certains relais politiques chercheront avant tout à faire peur, à hystériser le débat et à présenter toute alternative souverainiste comme une menace pour la démocratie. Dans ce contexte, il sera essentiel de garder son calme. Car le véritable piège serait de répondre à la radicalité par la radicalité. Il faudra faire preuve de patience, de retenue et parfois même de distance émotionnelle face à certains débats devenus impossibles. Tout le monde ne réagit pas de manière rationnelle à la politique, surtout dans un climat de tension médiatique permanente. Les réseaux sociaux, les bulles algorithmiques et les logiques de confirmation idéologique ont profondément transformé la manière dont beaucoup de citoyens perçoivent la réalité politique. Il faut donc accepter que certaines personnes proches puissent réagir avec émotion, inquiétude ou hostilité à l’idée d’une victoire du camp national. Mais cela ne doit pas conduire à la haine, à la rupture familiale ou à l’animosité permanente. Car la stabilité, le calme et le pragmatisme doivent précisément rester les qualités de ceux qui prétendent vouloir redresser le pays. Ne tombons pas dans le piège de la colère permanente ou de la conflictualisation absolue des relations humaines. La politique passe. Les élections passent. Les familles, elles, doivent continuer d’exister après les campagnes électorales. Et si 2027 doit être une année de rupture politique, elle ne doit pas devenir une année de rupture humaine.
par Élodie Messéant dans Contrepoints 29 mai 2026
"Engagements de 87 milliards d’euros, prix déconnectés du marché, cas de sur-rémunération, fraude non sanctionnée… La Cour des comptes a publié un rapport qui évalue le coût réel du soutien étatique aux énergies renouvelables (EnR) : un scandale bien étouffé." Une tribune passionnante sur le coût exorbitant de développement coute que coute des ENR en France à lire dans Contrepoints : https://contrepoints.org/soutien-aux-energies-renouvelables-ou-comment-le-contribuable-se-fait-plumer/
par Maxime Duclos 27 mai 2026
Au printemps 2026, l'Assemblée nationale se trouve confrontée à l'un des défis majeurs de son histoire contemporaine : l’effondrement de la natalité française. Ce phénomène ne constitue pas l'unique crise nationale, mais il s'impose comme un défi vital que le gouvernement actuel, et plus encore l'exécutif futur, devra relever d'une main ferme et résolue. Le dépôt d'un nouveau texte législatif à la Présidence ravive un débat nécessaire, mais met en lumière l'écart abyssal entre la froideur des solutions bureaucratiques et la réalité sociologique du pays.  La proposition de loi n° 2679 intitulé : “ faciliter l’accès au logement des familles par la création d’un prêt à taux zéro” pose un constat démographique initial indiscutable lorsqu’elle rappelle pertinemment qu'« en 2025, 651 000 décès ont été enregistrés [...] tandis que 645 000 naissances ont été recensées » et qu'elle admet judicieusement que « le logement et son accession demeurent l'un des plus marquants » freins au projet parental , mais l'examen rigoureux du texte révèle un manque de fond flagrant dès lors que l'exposé des motifs affirme de manière simpliste que « le prêt à taux zéro constitue un instrument indispensable pour notre société » et qu'« il a pour vocation de proposer une aide concrète aux familles » , limitant ainsi la relance de la natalité au seul dispositif de l'article 1er destiné à « financer [...] l'acquisition, la construction ou l'agrandissement de la résidence principale » dans la limite d'un « plafond de 100 000 euros par opération ». Cette posture, bien qu'appuyée sur la réalité statistique rappelant qu'« un jeune sur cinq doit renoncer à avoir un bébé à cause de son logement », mérite d'être abordée avec une plus grande nuance psychologique. S'il est crucial de reconnaître la sincérité de ces difficultés matérielles sans poser de jugement sur les couples actuels, il apparaît tout aussi impératif de constater l'influence profonde du modèle de surconsommation et d'ultra libéralisme dans lequel évolue la jeunesse. L'hésitation face à la parentalité ne saurait être réduite à une simple impasse immobilière ; elle traduit également la nécessité d'accompagner et de guider les consciences vers la valeur fondamentale de la cellule familiale. Face aux injonctions d'un individualisme ambiant qui privilégie parfois le confort personnel et les plaisirs immédiats, le rôle de la puissance publique n'est pas de blâmer, mais d'offrir un cheminement rassurant, capable de réorienter les priorités loin des dérives matérialistes pour redonner le goût de l'engagement durable. Enfin, l'analyse se positionne foncièrement contre la dérive légistique et budgétaire de l'Article 2, lequel énonce de manière automatique que « la perte de recettes pour l'État est compensée à due concurrence par la création d'une taxe additionnelle à l'accise sur les tabacs ». Ce recours systématique à la fiscalité punitive, devenu une clause de style interchangeable pour satisfaire formellement aux exigences de l'article 40 de la Constitution, trahit une paresse méthodologique. Le financement du réarmement démographique de la Nation ne peut pas dépendre d'une taxe comportementale instable, mais doit être compensé de manière économiquement viable par une baisse ciblée et rigoureuse des dépenses de fonctionnement superflues de l'État. En définitive, bien que cette proposition de loi soit, dans la forme, en partie recevable, le fond du problème n'y est pas pleinement discuté. L'urgence démographique exige de travailler sur plusieurs paliers essentiels afin de rassurer et d'accompagner les jeunes couples. Des mesures fiscales protectrices, des aménagements ambitieux du temps familial et un accompagnement moral vers un modèle centré sur la famille sont indispensables pour relancer la natalité. Stop aux demi-mesures unilatérales et technocratiques : il est temps d'ouvrir le champ des possibles et de guider la société, car la chute de la natalité en France ne représente pas un simple défi comptable, elle signe une lente extinction culturelle.
par Gabrielle Cluzel (dans Boulevard Voltaire) 11 mai 2026
Quand les fervents défenseurs du "vivre ensemble" se heurte au réel ... Un édito de Gabrielle Cluzel dans Boulevard Voltaire : https://www.bvoltaire.fr/edito-allegorie-a-la-concorde-le-vrai-vivre-ensemble-a-detruit-le-fantasme/
par Le bureau LD31 8 mai 2026
Une conférence de Thibault de Montbrial qui promet d'être passionnante sur le thème "France le choc ou la chute" ! Salle Barcelone mercredi 20 mai à 18h30 Thibault de Montbrial est un avocat français , président du Centre de Réflexion sur la Sécurité Intérieure (CRSI), un think thank ayant pour objectif de « permettre aux différents professionnels concernés ainsi plus généralement qu’à toutes les personnes intéressées, de se rencontrer et d’échanger ». Il souhaite aussi « permettre de contribuer au débat public et politique sur les questions de sécurité intérieure en proposant des analyses et en apportant des propositions opérationnelles concrètes » [
par Maxime Duclos 30 avril 2026
La France a fait le choix de la puissance. L'actualisation de la Loi de Programmation Militaire (LPM) 2024-2030, adoptée en commission le 23 avril 2026, confirme une trajectoire de réarmement : le budget des armées aura doublé entre 2017 et 2027. En injectant 36 milliards d’euros de ressources nouvelles pour la période 2026-2030, portant le budget total à 435,7 milliards d’euros, la Nation assume son rang. L’objectif est clair : porter l’effort de défense à 2,5 % du PIB d’ici 2030. Cette démarche n'est pas qu'une question de chiffres, c'est une stratégie de survie industrielle. La France impose désormais une « économie de guerre » où l’État peut exiger des industriels la constitution de stocks stratégiques couvrant jusqu’à 6 mois d’activité. Nos fleurons de la Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD) sont les piliers de cette souveraineté : l'accélération des livraisons de munitions, avec une hausse vertigineuse de +400 % pour les munitions téléopérées et +190 % pour l'artillerie de 155 mm, prouve que nous passons d'une logique de flux à une logique de masse. Soutenir nos industries, c'est garantir que nos Rafale, nos frégates et nos blindés ne soient jamais à court d'effecteurs dans un conflit de haute intensité. Réinvestir dans notre défense, c'est aussi refuser la dépendance technologique. En finançant des ruptures dans le spatial, l'IA et le combat ollaboratif, la France s'assure de rester maîtresse de son destin face aux pressions hégémoniques mondiales. à suivre... Maxime Duclos